Femmes sous la Révolution française

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En 1792, les hommes acquièrent un nouveau système politique prônant de grandes valeurs : la Première République. Cette République, qui, pour les hommes est synonyme de nouvelles libertés et d'égalité n'est en fait rien de cela pour les femmes. En effet, si les hommes font une grande avancée, les femmes, elles, malgré leur souhait, sont délaissées par ce nouveau régime. Cependant, elles luttent avec une certaine férocité pour être des citoyennes qui ne soient plus confinées dans la maison familiale, elles se manifestent et veulent acquérir un nouveau statut.

Les différents types de femmes en 1789[modifier | modifier le code]

La femme « classique » vue par ses contemporains[modifier | modifier le code]

En 1789, lors de l’élaboration des droits de l’homme, la question de la femme ne fut pas abordée par l’assemblée constituante. Les femmes étaient évincées du fait qu’il leur était interdit de prendre part aux affaires publiques. Elles devaient rester dans une sphère privée.

De nombreux philosophes, médecins, écrivains ont croisé leurs approches pour décrire la féminité. Les termes qui en ressortent sont : « constitution délicate », « tendresse excessive », « raison limitée », « nerfs fragiles[1] ». On considérait donc comme acquise l’infériorité de la femme intellectuellement et psychologiquement.

Les femmes ne sont pas considérées comme de vrais individus pour les hommes de 1789. Elles doivent se contenter d'une activité domestique, extérieure à la société civile. Elles sont donc considérées comme des mères ou ménagères, loin des fonctions sociales politiques que certaines désirent. La femme est restreinte à la sphère familiale et caractérisée par elle, elle perd donc toutes ses caractéristiques individuelles.

La femme Républicaine[modifier | modifier le code]

Le modèle républicain de la femme est principalement celui de la mère. En élevant son fils de façon qu’il devienne un bon citoyen, elle permet de renforcer « l’ordre civil » dans lequel elle vit. Elle est donc absente de la scène politique mais y exerce une certaine responsabilité en préparant l’avenir à travers son fils.

Elle a également un autre rôle, plus secondaire. Elle est chargée de veiller à la vertu et à la moralité qui sont les valeurs qui ont permis à la nation de gagner la révolution. Sans elles, la république ne peut pas survivre.

La femme militante[modifier | modifier le code]

La militante féminine type a, soit moins de trente ans, soit, au contraire, plus de cinquante ans, contrairement à l'homme militant type qui est âgé d’environ quarante ans. Cela s’explique par le partage des tâches au sein de la famille.

En effet, une femme entre trente et cinquante ans a des obligations. Elle doit élever ses enfants ce qui ne lui laisse donc pas beaucoup de temps pour les pratiques révolutionnaires.

La femme militante est avant tout Parisienne et appartient à la classe populaire.

En effet, à la campagne il y n'a que très peu de rassemblement et ceux qui s’y produisent sont moins spectaculaires qu’à Paris. Quand les femmes, vivant à la campagne, veulent participer à la révolution, elles ont tendance à envoyer des dons ou encore à acheter un fusil pour la garde nationale. Les femmes de classe sociale élevée tiennent des salons privés ou publics qui sont des lieux d’échanges politiques entre les sexes. Les hommes politiques ne partageant pas les mêmes convictions peuvent donc y échanger leurs points de vue en toute sérénité. Avant les conflits opposant les Girondins et les Montagnards, Robespierre, par exemple, assistait souvent au salon tenu par Manon Roland surnommée «  l’égérie des Girondins ».

Les femmes et la politique[modifier | modifier le code]

Prémices des Révoltes, émeutières[modifier | modifier le code]

Gravure représentant les femmes marchant sur Versailles, 5 octobre 1789

Pendant la Révolution, certaines femmes se veulent les égales des hommes. Elles participent aux actions collectives et descendent dans la rue. Mais dès que cela est fait, elles sont rappelées à leurs obligations, à leurs devoirs.

Les femmes vont marquer leur présence et l'importance de leur rôle dès 1788. En 1788, à Grenoble, a lieu la journée des Tuiles. La population prend les armes pour empêcher le départ des parlementaires souhaité par le Roi et repousse les régiments royaux qui occupent la ville. Les témoins sont alors étonnés de l'énergie qu'elles déploient, de la détermination dont elles font preuve. Elles immobilisent les voitures au milieu des rues, elles entourent et gardent les magistrats qui sont séquestrés toute une nuit.

En 1789, elles sont les premières à se rendre à Versailles, symbole de la monarchie absolue, pour ramener de force le Roi Louis XVI et sa femme Marie-Antoinette à Paris. La garde républicaine, composée exclusivement d’hommes, ne se manifeste que dans l’après-midi. Mais cette Révolution rejette les femmes alors que celles-ci jouent un rôle moteur lors des soulèvements. Ce rejet s’explique par le fait qu’elles ne sont ni dans le peuple armé, c’est-à-dire la garde nationale, ni dans le peuple délibérant, c'est-à-dire l’assemblée sectionnaire. Mais aussi par le fait que dès que les associations révolutionnaires dirigent les évènements, elles en sont exclues.

Le 1er avril 1789, elles déclenchent également des violences dans la Sarthe à cause d'un manque d'approvisionnement en grain. Un maréchal déclare " Sans les femmes, je pense que nous aurions pu faire entendre raison aux hommes; pour cela, j'avais à écarter le sexe, amis, voyant que pendant ma harangue la voiture était déjà à portée de vue, elles ont crié et passé malgré nos menaces, et ont déterminé les hommes à les seconder"[2].

Au printemps 1795, le soulèvement commence par les manifestations des femmes. Elles « battent le tambour », dans leurs mouvements elles entraînent les gens plutôt réticents. Elles se moquent des autorités qui écrivent que celles-ci jouent « un rôle boutefeux », puis elles sont rejointes par les hommes à qui elles cèdent la place.

En mai 1795, un policier note : « c’est principalement les femmes que l’on agite, lesquelles faisant passer toute leur frénésie dans l’esprit des hommes, les échauffent par leurs propos séditieux, et excitent la plus violente effervescence. » [3] Ce rapport montre bien que les femmes jouent un rôle non négligeable dans les révolutions et qu’elles sont le moteur des soulèvements. Mais, même si le 20 mai est caractérisé par l’intervention des femmes, elles sont absentes des mouvements le 21. En Effet, elles sont dans l’obligation de s'effacer au profit de l’assemblée sectionnaire et de la garde nationale, et sont contraintes d’abandonner le devant de la scène.

1789, 1793, 1795, les femmes descendent dans la rue, elles y forment des groupes de manifestantes. (Le 23 mai 1795 les députés leur interdisent de s’attrouper à plus de cinq personnes.) Les femmes appellent les hommes à l’action, elles savent que ceux-ci vont les suivre. Avant l’insurrection de mai-juin 1793, un député déclare « les femmes commenceront le mouvement ¬ (…) les hommes viendront à l’appui des femmes. »[4] Ce mouvement n'aura pas lieu mais démontre le rôle joué par les femmes

Exclues de l’assemblée et des organisations révolutionnaires, elles les contrent[modifier | modifier le code]

Les femmes sont, à l’époque, complètement exclues des assemblées politiques. Cela ne les empêche pas de se presser dans les tribunes ouvertes au public où elles sont en supériorité numérique et où on leur reproche leur rage à courir les assemblées. Elles crient, elles applaudissent ce qui trouble bien souvent les débats et influence les législateurs.

Leur présence dans les tribunes montre qu’elles s’immiscent concrètement dans la vie politique. En effet, même si elles ne font pas partie de l’assemblée, et donc des législateurs, elles exercent une partie de la souveraineté puisqu'elles influencent les élus en prenant place dans la tribune politique. Les femmes prenant place dans la tribune sont appelées " les tricoteuses". Ce terme était, sous l’ancien régime, considéré comme une injure. En effet il faisait référence à une position sociale misérable et peu enviable. À partir de l’an II, soit 1793, on nommera ainsi les femmes qui veulent prendre part à la politique de la nation. Mais ce terme perd sa connotation péjorative puisque ces femmes qui peut-être tricotaient dans les tribunes n'en suivaient pas moins les débats avec attention. Exclues des organisations révolutionnaires, elles se regroupent en club, dans environ 30 villes. Dans les séances qu'elles tiennent, elles lisent les lois ainsi que les journaux et animent des discussions autour de problèmes politiques locaux ou nationaux. Elles s’occupent également des tâches philanthropiques et défendent le clergé constitutionnel auprès de leurs concitoyennes. À partir de 1791 ces clubs se démocratisent et les femmes prennent une part active à la vie politique de leurs régions aux côtés des Jacobins.

À Paris, deux clubs se succèdent. Le premier se nomme la Société patriotique et de bienfaisance des Amies de la Vérité et prend place de 1791 à 1792. Ce club fut fondé par Etta Palm d'Aelders, s’intéressa à l’éducation des petites filles pauvres et réclama le droit au divorce ainsi que des droits politiques pour les femmes. Vient ensuite le Club des Citoyennes Républicaines Révolutionnaires qui fonctionna du 10 mai au 30 octobre 1793. Ce club est composé de militantes populaires, de marchandes, de couturières et d'ouvrières. Il est proche de la sans-culotterie et intervient dans le conflit Gironde-Montagne ainsi que dans le débat politique de l’été 1793. Les clubs féminins sont interdits le 30 octobre 1793.

Les femmes veulent la souveraineté et le font entendre[modifier | modifier le code]

Les femmes, quel que soit le pays traversé par la Révolution, donnent leurs avis sur le déroulement des évènements mais leurs façons de les manifester diffèrent selon les pays.

En France, les femmes souhaitant s’exprimer ont la possibilité de le faire publiquement et ne sont pas dans l’obligation de se restreindre au cercle privé, l’expression peut avoir lieu dans un cercle ouvert, une situation plutôt large.

À partir de 1789, les femmes veulent être incluses dans la vie politique. Elles veulent apporter leur pierre à l’édifice. Pour montrer, clamer leurs espérances, leurs revendications ainsi que dans le but de présenter les réformes, les femmes s’aident de pétitions ou de brochures ce qui leur permet de sensibiliser un maximum de monde. Elles font circuler ces écrits qui ont subi une lecture préalable dans l’organisation révolutionnaire. Quand leurs revendications sont imprimées, elles sont criées dans les rues par les marchandes de journaux et achetées par les militantes qui ont pour rôle de les faire connaître. Par exemple, le 6 mars 1792, Pauline Léon lit, à la barre de l’assemblé législative, une pétition qui fut signée par plus de 300 Parisiennes demandant le droit de faire partie des gardes nationaux. Pouvoir faire partie de l’armée est l’un des fondements de la citoyenneté, et donc accepter les femmes dans la garde nationale reviendrait à leur donner la citoyenneté. Le président de l’assemblée répond donc à cette lecture par le rappel des rôles, des tâches auxquels est appelé chaque sexe. Ces moyens de se faire entendre sont les plus répandus et les plus communs mais certaines, comme Mary Wollstonecraft appelle à l’insurrection au printemps 1795, placardent leurs idées ou le message qu’elles souhaitent faire passer sur les murs des maisons où ils sont alors lus de tous.

La constitution du 24 juin 1793 fut soumise au suffrage universel masculin. Les femmes, toujours animées par leur désir de participer à la vie politique, se réunissent et font le serment de faire connaître à la nation leur adhésion à cette constitution. Pour cela, elles transforment un acte privé (leur adhésions à cette nouvelle constitutions d'où elles ont été exclues) en un acte politique dont les initiateurs s’imposent dans le corps politique. Cet acte montre leur besoin et leur désir de faire partie du peuple souverain. Elles ne veulent plus être simplement un sujet de la nation, elles veulent faire partie des acteurs de l'émancipation nationale.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La femme acquiert un nouveau statut[modifier | modifier le code]

La constitution de septembre 1791 définit de façon identique l’accession à la majorité civile pour les hommes et les femmes. La femme peut donc témoigner dans les actes d’états civils et elle peut contracter librement des obligations (1792). Elle accède au partage des biens communautaires (1793) et, dans le premier projet de code civil présenté par Cambacérès à la convention en 1793, la mère avait la même autorité parentale que le père.

Mais la grande loi de septembre 1792 est primordiale. En effet, cette loi porte sur l’état civil et le divorce. Elle établit une symétrie stricte dans les procédures comme dans l’énoncé des droits. La loi met en place la dissolution du mariage c’est-à-dire le divorce pour incompatibilité d’humeur, par consentement mutuel ou encore pour motifs déterminés. Le mariage n’est donc plus une fin en soi. Il apparaît juste comme un moyen d’accéder au bonheur individuel et s’il n’est plus facteur de bonheur, il perd son sens donc peut être annulé. Les femmes sont désormais libres de se marier ou non, et d'épouser qui elles désirent. Les lois de septembre 1792 sur l'état civil et le divorce traitent à égalité les deux époux. La femme mariée est ainsi délivrée de la tutelle de son mari.

Durant l’année 1793, les militantes acquièrent un certain poids dans la sans-culotterie. À la suite de cela, de plus en plus d’hommes et de femmes s’interrogent sur l’inégalité politique persistante envers les femmes dans un État qui se qualifie d'égal pour tous.

En septembre 1793, La sans-culotterie féminine lance une campagne dans le but de faire voter le port de la cocarde tricolore par les femmes. Dans les rues s’opposent donc les femmes pour et contre cette nouvelle loi. Le club des Cordeliers reconnait, par exemple, que « les citoyennes qui partagent nos travaux doivent également partager cet avantage »[5] Inquiète par la tournure que prennent les évènements et par leur ampleur, la Convention accède à leur revendication le 21 septembre et promulgue la loi autorisant le port de la cocarde aux femmes. Or depuis 1789 la cocarde étant un symbole de la citoyenneté, ce décret remet en cause la question de son partage et pourrait évoluer vers un partage du pouvoir. Avec toutes ces lois, la femme acquiert un véritable statut de citoyenne, d’individu libre et raisonnable capable de se gouverner seule même si la liberté civile n’inclut pas encore les droits civiques mais elle en est la clé.

10 ans après ces lois, le conseil d’État déplore que la Révolution ait donné aux femmes de mauvaises habitudes, qu’elle ait ruiné l’autorité du mari. Ainsi le 27 septembre 1801, Portalis insiste sur le fait que la soumission des épouses ne doit pas être entendue comme un fait politique mais comme leur vraie nature. Ainsi, sous la pression et l'action de forces sociales contre-révolutionnaires et réactionnaires, les femmes se voient rejetées dans la position qu’elles avaient avant la révolution.

Les hommes face à ces nouvelles femmes[modifier | modifier le code]

Les hommes qui sont témoins passifs de ces changements, de cette mini révolution appréhendent que la cocarde ne soit pas la seule revendication féminine. Ils s’effraient à l’idée que le bonnet phrygien, les armes et le droit de vote succèdent à la cocarde. Pour les hommes le pouvoir ne peut pas se partager entre les deux sexes. C’est impensable, inimaginable et cela entrainerait une société déstabilisée par la confusion des sexes entrainant inévitablement le chaos.

Le théoricien monarchiste Bonald accuse les révolutionnaires d’avoir ruiné la société naturelle où la femme est présentée comme un sujet et l’homme comme détenteur légitime du pouvoir. Par le terme sujet, on entend un être incapable d’autonomie, incapable de décider pour lui-même et les autres. L’homme qui laisse une liberté à sa femme manque donc à ses devoirs naturels envers Dieu et envers l’État.

Bonald n’est pas le seul à penser ainsi. Le député travailliste Anglais Burke écrit en 1796 que la révolution a créé «  un système de mœurs le plus licencieux, le plus dépravé et en même temps le plus grossier, le plus sauvage et le plus féroce » [6] qui puisse exister. Ce système affranchit les femmes ce qui a pour conséquence un relâchement des liens du mariage puisque le mari n’a plus tous les droits sur sa femme, mais cela transgresse aussi les lois prétendues naturelles du partage des rôles selon le sexe.

La révolution est le seul régime qui est revenu sur la hiérarchie des sexes même si ce fut en partie par opportunisme.

Burke ajoute «  on dit que les femmes avaient été trop longtemps sous le joug des maris, il est inutile de m’étendre sur les suites funestes que peut avoir une loi qui ôte la moitié de notre espèce de dessous la protection de l’autre moitié »[7] . Selon Burke cela serait une suite funeste pour la paix des ménages mais également pour l’ensemble du corps social.

Personnalités s’illustrant dans ce combat[modifier | modifier le code]

Olympe De Gouges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Olympe de Gouges.
Portrait d’Olympe de Gouges.

Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze, est née à Montauban le 7 mai 1748. Elle fut mariée à 18 ans. Son mari mourut peu de temps après qu’elle eut donné naissance à leur fils.

De ce mariage, elle garde une grande déception. Le mariage était pensé comme un moyen d’accéder au bonheur, or son expérience ne lui en avait pas apporté. Elle refuse donc de se remarier. De plus, être veuve à cette époque était une condition sociale confortable. C’était la seule manière pour une femme de garder une autonomie financière puisque quand elle se mariait elle passait de la tutelle de son père à celle de son mari. Elle utilise donc son autonomie financière en s’installant à Paris. À partir de 1770, elle devient autodidacte. Elle se cultive, lit beaucoup, dirige une compagnie de théâtre, et se montre très active politiquement. Elle écrit de nombreuses brochures, des billets dans lesquels elle soutient la cause de toutes les catégories opprimées et oubliées ; elle demande la légalisation du divorce. Mais ses demandes ne sont pas prises au sérieux. Son sexe fait obstacle à sa crédibilité.

La plupart des projets qu’elle soumet sont liés à la condition de la femme. Son grand œuvre est la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), dans laquelle elle revendique que la femme soit libre et égale aux hommes en droits. Elle démontre que la nation est composée par les femmes autant que par les hommes. Elle affirme que l’homme est le seul être vivant qui cherche à asservir sa compagne, que l'homme est un despote qui n'a pour seul but que d’étendre son empire. Alors que, selon elle[8], la femme est supérieure à l'homme en beauté comme en courage. Ces affirmations sont une réponse à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, dans laquelle les femmes sont oubliées, mises de côté.

En 1793, Olympe de Gouges est guillotinée sous le régime de la terreur.

Dans les années 1970, elle devient pour les Américaines un précurseur du féminisme.

Claire Lacombe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Claire Lacombe.

Mary Wollstonecraft[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mary Wollstonecraft.
Portrait de Mary Wollstonecraft.

Mary Wollstonecraft est née le 27 avril 1759 à Spitalfields, un quartier du Grand Londres. Comme Olympe de Gouges, elle défend les droits des femmes. Après avoir vécu une enfance difficile avec un père violent, elle quitte le domicile familial et entre en qualité de gouvernante au service d'une famille anglaise expatriée en Irlande. Ceci lui permet de constater que les femmes cultivées mais pauvres n’ont aucun moyen de travailler quels que soient leurs savoirs. Frustrée, elle le dénoncera dans un chapitre de Pensées sur l'éducation des filles qu’elle nommera « Situation malheureuse des personnes de sexe féminin, ayant reçu une bonne éducation et laissées sans fortune ». À la suite de cela, elle décide de quitter son rôle de gouvernante et retourne à Londres où elle se cultive, apprends le français et l’allemand, et publie des critiques littéraires.

Ses deux plus grands écrits sont A Vindication of the Rights of Men écrit en 1790 et A Vindication of the Rights of Woman écrit deux ans plus tard.

Le premier est une réponse à Burke qui écrit la même année Reflections on the French Révolution in France, dans lequel il défend la monarchie constitutionnelle britannique, l'aristocratie et l'Église d'Angleterre. A Vindication of the Rights of Men s’attaque au contraire à l’aristocratie et défend la République. Dans cet écrit elle reprend également les arguments que tenait Burke à l’égard des femmes dans un autre ouvrage[Lequel ?] et les tourne en dérision. Cet écrit est considéré comme son premier ouvrage féministe et la met en lumière.

Dans son deuxième ouvrage, Mary Wollstonecraft affirme que les femmes ont un rôle primordial dans la société. Elle concède que la plupart des femmes sont inintelligentes mais elle explique que cela n'est pas dû à leur nature profonde mais tout simplement au manque d’éducation dont elles sont victimes à cause des hommes. Elle dénonce le fait que dès leur plus jeune âge les filles ne sont admirées que pour leur beauté. Si on les éduquait, elles pourraient enfin sortir de cette sphère infernale. A Vindication of the Rights of Woman est l'un des premiers ouvrages de philosophie féministe.

Elle écrit plusieurs autres romans défendant la cause des femmes, et meurt le 10 septembre 1797.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • ARIES Philippe, DUBY Georges, Histoire de la vie privée, Perront Michelle, Paris, 1987, Le Seuil, Tome 5 de la Révolution à la Grande Guerre, 636p.
  • BRET Christian, THERY Irène, La famille, la loi, l'État de la Révolution au code civil. Imprimerie national et centre Georges Pompidou, Paris, 1989.
  • DUPAQUES Jacques, Histoire de la population française, PUF, Paris, 1988, Quadriges Tome 3 de 1789 à 1914.
  • FAURE Christine (dir), Encyclopédie politique et historique des femmes, PUF, Paris, 1997.
  • FRAISSE Geneviève, PERROT Michelle (dir), Histoire des femmes, Plon, Eure, 1997.
  • PERROT Michelle, Une histoire de la femme est-elle, possible ?, Perrot Michelle, Marseille- Paris, 1984, Rivages, 227p.

Ouvrages spécialisés[modifier | modifier le code]

  • DUHET Paule-Marie, Les femmes et la Révolution, Gallimard, Paris, 1973, Les Archives. Première parution en 1791.
  • FRAISSE Geneviève (ed), Opinions des femmes, de la veille au lendemain de la Révolution Française, Coté femmes, Paris, 1989, 1789 Révolution Française/1989 Bicentenaire.
  • GODINEAU Dominique, Citoyennes tricoteuses les femmes du peuple à Paris pendant la Révolution Française, Librairie Académique Perrin, Paris, 2004, Femmes et Révolution.
  • HUFTON Olwen, Women in Revolution 1789-1796, Past and Present 53, 1971, p. 90-108. By permission of Oxford University Press.
  • HUNT Lynn (dir), L'axe masculin/ féminin dans le discours révolutionnaire dans la Révolution Française et le processus de la socialisation de l'homme moderne. Acte de Colloque de Rouen du 13 au 15 octobre 1988 IRED Université de Rouen, Messidor, Paris, 1985.
  • LANDES Joan, Women and the public sphere in the age of French Revolution, Reprint, Ithaca-Londres, 1988.
  • ROSA Anette, Citoyennes : Les Femmes et la Révolution Française, Messidor, Paris, 1989.
  • MARTIN Jean-Clément, La Révolte brisée, Femmes dans la Révolution française et l'Empire, Armand Colin, 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)« Les femmes et la République en France »
  2. Le maréchal des logis, Encyclopédie politique et historique des femmes, 1997, PUF
  3. Un policier, Histoire des femmes, Paris, Plon, 1997
  4. Un député, Histoire des femmes, Paris, Plon, 1997
  5. le club des Cordeliers, Histoire des femmes, 1997, Plon
  6. Burke, Histoire des femmes, Paris, Plon, 1997
  7. Histoire des femmes, Paris, Plon, 1997
  8. Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791, préambule