Anacharsis Cloots

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Anacharsis Cloots
Description de cette image, également commentée ci-après

Anacharsis Cloots,
estampe de Edme Quenedey,
Paris, BnF, département Estampes et photographie, vers 1792-1794.

Nom de naissance Johann Baptist Hermann Maria Baron de Cloots
Naissance
Clèves
Décès
Paris
Nationalité Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse, puis Drapeau de la France France
Profession
Signature de Anacharsis Cloots

[1] Le baron Jean-Baptiste de Cloots, dit Anacharsis Cloots, né le au château de Gnadenthal (Val-de-Grâce), près de Clèves en Allemagne et guillotiné le à Paris, est un penseur et militant politique prussien, fait citoyen d'honneur de la France le 26 juin 1792, très favorable à la Révolution française et tenant fervent de l'athéisme .

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille noble prussienne d'origine hollandaise, il est l'héritier d’une grande fortune ; érudit, critique des religions révélées, Cloots se fait connaître, dès avant la Révolution, par ses opinions francophiles : en 1786, dans un ouvrage intitulé Vœux d’un Gallophile, il envisage le rattachement de la rive gauche du Rhin à la France.

À la fin de 1789, il s’installe en France et pousse les différents gouvernements à répandre les idées révolutionnaires en Europe. Ayant changé son nom en Anacharsis, il se proclame « Orateur du genre humain » et publie à partir de 1792 L’orateur universel. En février 1792, il publie son livre République universelle. Cependant, en 1791, il avait défendu contre les jacobins le maintien du système esclavagiste dans les colonies, estimant prématuré d'engager une réforme aussi radicale.

Il est proclamé citoyen français par l’Assemblée nationale législative le 26 août 1792[2], est élu député de l'Oise à la Convention en septembre où il fait l'apologie des massacres ("scrutin épuratoire dans les prisons"[3]) ; il est d'abord proche des Girondins Roland puis Brissot. Mais, en janvier 1793, lors du procès du roi (qu'il nomme « Louis le Dernier »), il se rapproche des Montagnards en votant la mort sans appel au peuple et sans sursis. En avril, il vote contre la mise en accusation de Marat. Il est président du club des Jacobins à la fin de 1793, juste avant sa chute.

À l’instigation de Robespierre, qui reproche à Cloots son rêve d'une république universelle, sa "rage de conquête" et son athéisme militant, encouragé par les remarques acerbes de Camille Desmoulins formulées dans le numéro 2 du Vieux Cordelier, la Convention vote son exclusion (ainsi que celle de l'Américain Thomas Paine), en tant qu’étrangers le 6 nivôse an II (26 décembre 1793). Il est arrêté deux jours plus tard, et, traduit devant le Tribunal révolutionnaire dans le cadre du procès des hébertistes, il est condamné à mort et exécuté le 4 germinal an II (24 mars 1794) avec 18 autres condamnés dont Hébert, Ronsin, Proly, Momoro, Vincent, Mazuel, Desfieux et Pereyra. Il a tenu à être guillotiné le dernier.

Hommages[modifier | modifier le code]

Joseph Beuys (1921-1986), qui admirait en Anacharsis Cloots l’esprit et le cosmopolitisme, lui a rendu un honneur tardif, allant jusqu’à se faire appeler JosephAnacharsis Clootsbeuys.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Écrits révolutionnaires (1790-1794).
  • Écrits révolutionnaires (1790-1794), présentés par Michèle Duval, volume relié, Paris, éditions Champ Libre, 1979.
  • Certitude des preuves du mahométisme ou réfutation de l’examen critique des apologies de la religion mahométane, Londres, 1780.
  • Lettre sur les juifs à un ecclésiastique de mes amis, Berlin, 1782.
  • L’Alcoran des princes, Saint-Pétersbourg, 1783.
  • Vœux d’un gallophile, 1786.
  • Motion, 1790.
  • Adresse d’un Prussien à un Anglais [Edmond Burke], 1790.
  • Anacharsis à Paris, 1791.
  • Correspondance avec le chevalier d'Éon, 1791.
  • L’Orateur du genre humain ou dépêche du prussien Cloots au prussien Hertzberg, 1791.
  • La république universelle ou adresse aux tyrannicides, 1792.
  • Bases constitutionnelles de la république du genre humain , 1793.
  • Appel au genre humain, 1793.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Leuwers, Robespierre, Paris, Fayard, 2014, p. 307-308.
  2. Décret du 26 août 1792
  3. J.Tulard, Histoire et Dictionnaire de la Révolution Française 1789-1799, Paris, Editions Robert Laffont, 1987,1998

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]