Pierre Samuel du Pont de Nemours

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Pierre Samuel du Pont de Nemours
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Pierre Samuel du Pont de Nemours
Fonctions
Député
Membre du Conseil des Anciens
Biographie
Naissance
Décès
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Sépulture
Domicile
Activités
Conjoint
Charlotte Marie Louise le Dée de Rencourt
Enfants

Pierre Samuel Du Pont de Nemours, né le à Paris[1] et mort le à Wilmington aux États-Unis, est un philosophe, journaliste, économiste, homme politique, diplomate, et entrepreneur français. Il obtiendra la nationalité américaine à la fin de sa vie.

Il est à l'origine de l'une des plus riches familles des États-Unis d'Amérique[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Pierre Samuel Du Pont est le fils d'un horloger huguenot de Paris. Sa mère, Anne Alexandrine de Montchanin, protestante également, appartient à une famille noble mais sans fortune. Dans sa jeunesse, Pierre Samuel reçoit une éducation très soignée qui doit beaucoup à sa mère[3]. Il étudie la médecine, les mathématiques et se prépare d'abord à une carrière d’ingénieur militaire. Cependant, grand amateur de belles-lettres, Du Pont se passionne ensuite pour la littérature, le journalisme, le théâtre et la poésie. Il poursuit aussi sa formation en s'intéressant aux questions politiques, juridiques et économiques. Sa rencontre avec les physiocrates viendra parachever ses années d'apprentissage et détermineront son engagement intellectuel.

En 1766, il épouse Charlotte Marie Louise le Dée de Rencourt, qui lui donnera deux fils.

Le physiocrate[modifier | modifier le code]

En 1763, Du Pont est l’auteur d’une brochure intitulée Réflexions sur l’écrit intitulé : Richesse de l’Etat, qui attire l’attention des économistes et de François Quesnay en personne. Le jeune homme devient alors un des principaux propagandistes des théories physiocratiques[3].

D'abord rédacteur en chef du Journal de l’agriculture, du commerce et des finances, il en est renvoyé en novembre 1766 à cause de ses sympathies physiocratiques. A compter de mai 1768, il obtient la direction des Éphémérides du citoyen ou bibliothèque raisonnée des sciences morales et politiques, périodique créé par l’abbé Nicolas Baudeau. La même année, il compose avec François Quesnay un des ouvrages fondateurs de la pensée physiocratique : Physiocratie, ou constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux au genre humain[3].

En 1772, les Éphémérides du citoyen se voient interdites par le gouvernement. Du Pont continue alors d'écrire et effectue différents voyages à travers l'Europe.

En 1774, son ami Turgot, devenu Contrôleur général des finances, fait appel à ses services. Il devient un de ses plus proches collaborateurs et est nommé inspecteur général des manufactures. Disgracié en même temps que Turgot, il prend du recul pendant quelques années et se retire en Gâtinais.

Séjours à l'étranger[modifier | modifier le code]

Gustave III, roi de Suède, le fait chevalier de l'ordre agricole de Vasa, ce qui lui permet de faire partie de la Société d'agriculture en 1784[pas clair].

Il séjourne en Pologne comme secrétaire du roi Stanislas Poniatowski et contribue aux travaux de la Commission de l'éducation nationale qui réorganise le système scolaire polonais à la suite de la suppression de la Compagnie de Jésus.

Retour aux affaires en France (1780-1789)[modifier | modifier le code]

Il est rappelé aux affaires en France par Vergennes, en tant qu'expert économique. Calonne le fait entrer au Conseil d'État et le nomme commissaire général du Commerce[4].

Il est l'un des rédacteurs du Traité de Versailles de 1783, qui met fin à la guerre d'indépendance des États-Unis. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance de Thomas Jefferson, qui l'aidera lors de son installation aux États-Unis. En remerciement de son action, Louis XVI lui accorde une patente de noblesse, chose exceptionnelle pour un protestant, et l'autorise à ajouter de Nemours à son nom d'origine Du Pont.

Du Pont de Nemours et Pierre-Michel Hennin, premier commis au ministère des Affaires Etrangères, sont les deux secrétaires-greffiers de l'Assemblée des notables, et à ce titre, ils rassemblent les procès-verbaux des délibérations prises dans les sept bureaux constitués pour examiner le plan Calonne. Bien que collaborateur de Calonne, il ne manque pas de critiquer ce qui lui semble mauvais, mais refuse de s'associer à la cabale montée contre lui. Pour preuve du progrès des idées économiques des physiocrates : l'Assemblée se montre favorable à la suppression de la corvée et au rétablissement de la liberté du commerce des grains ; elle accepte l'impôt territorial, à peu près tel que le proposait Du Pont de Nemours, avec perception d'argent ; elle réclame l'abolition de la gabelle et la suppression des droits de traite et se déclare favorable à l'établissement des assemblées provinciales.

La Révolution (1789-1799)[modifier | modifier le code]

Député en 1789 aux États généraux pour le bailliage de Nemours, il est d'abord partisan de la Révolution française et sert en 1790 comme président de l’Assemblée nationale constituante. Il vote les réformes les plus importantes mais encourt la colère du peuple pour avoir combattu la création des assignats et s'être montré fidèle à Louis XVI. Devenu correspondant de la nouvelle Société d'agriculture le 16 mars 1789, il en sera associé ordinaire à partir du 6 mai 1807.

Lui et son fils Éleuthère défendent physiquement Louis XVI et Marie Antoinette de la foule assiégeant le palais des Tuileries pendant l’insurrection du . Il est condamné à mort pendant la Terreur, mais évite l'exécution du fait de la chute de Robespierre le 9 Thermidor (26 juillet 1794). Avec son fils Éleuthère, il est imprimeur-libraire, au n° 1232 rue de la loi[5].

Il épouse Françoise Robin le . Sous le Directoire, il est membre du Conseil des Cinq-Cents. Sa maison ayant été pillée pendant le coup d'État du 18 fructidor an V (1797), il émigre aux États-Unis avec sa famille, arrivant à Rhode Island le 1er janvier 1800.

Aux États-Unis (1800-1817)[modifier | modifier le code]

Pierre Du Pont de Nemours établit aux États-Unis des liens forts avec l’industrie et le gouvernement, en particulier avec Thomas Jefferson.

En 1802, il s’engage dans les relations diplomatiques entre les États-Unis et la France, désormais dirigée par Napoléon Bonaparte, Premier Consul : il est à l’origine de l’achat de la Louisiane par les États-Unis (1803), négociant pour les États-Unis un compromis destiné à éviter des conflits entre les populations française et américaine sur place, alors que les réfugiés français de Saint-Domingue commencent à y affluer, et à redonner à Napoléon les moyens de reconstruire une flotte face à l'Angleterre.

En 1814, après l'abdication de Napoléon, il est nommé secrétaire du gouvernement provisoire français. Il repart aux États-Unis lorsque Napoléon revient de l'île d'Elbe pendant les Cent-Jours.

Son fils, Éleuthère Irénée, est le fondateur (1802) d'une fabrique de poudre à l'origine d’une des plus grandes entreprises du monde, la E. I. Du Pont de Nemours and Company. Cette usine, appelée Eleutherian Mills, située à Wilmington (Delaware), donne son nom à la propriété de la famille Du Pont de Nemours, dans laquelle Pierre Samuel meurt en 1817.

Son second fils, Victor Marie Du Pont (1767-1827), a mené une carrière diplomatique et été, entre autres, consul de France aux États-Unis.

Publications[modifier | modifier le code]

Dupont de Nemours a laissé une grande quantité d'ouvrages sur l'économie, la politique, la physiologie, l'histoire naturelle, la physique générale.

  • De l'origine et des progrès d'une science nouvelle (1768)
  • Philosophie du bonheur, où il fonde la morale sur une seule loi, aimer
  • Mémoires sur les animaux, où il prête aux bêtes un langage
  • une traduction en vers du Roland furieux de l'Arioste
  • des mémoires sur Turgot
  • Rapport fait sur le droit de marque des cuirs [en août 1788], Paris, 1788 (Impr. de la Ve Goujon fils, 1804, in-8°, VII-296 p.)
  • Rapport fait, au nom du comité des finances, à l'Assemblée nationale, par M. Du Pont, député de Nemours. Le 14 août 1790, sur la répartition de la contribution en remplacement des grandes gabelles, des petites gabelles, des gabelles locales & des droits de marque des cuirs, de marque des fers, de fabrication sur les amidons, de fabrication & de transport dans l'intérieur du royaume sur les huiles & savons [Imprimé par ordre de l'Assemblée nationale], Paris, 1790, in-8°, 80 p.
  • Troisième rapport fait, au nom du comité des finances, par M. Dupont, député de Nemours, sur le remplacement de la gabelle & des droits sur les cuirs, les fers, les huiles, les savons & les amidons, Paris : chez Baudouin, oct. 1790, in-8°, 23 p.

Il fut rédacteur en chef du Journal d'agriculture, du commerce et des finances, de septembre 1765 à novembre 1766. Il avait été nommé membre de l'Institut de France dès sa fondation en 1795.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'autres sources donnent la date du 14 ou du 18 décembre 1739, ainsi Louis-Gabriel Michaud, Bibliographie universelle, ancienne et moderne, 1843, t. 12, p. 32. Dans une lettre à Jean-Baptise Say datée du 6 février 1816, du Pont de Nemours écrit à propos de son âge : « Vous m'en donnez quatre-vingts ; je n'en ai que soixante-seize, y compris même celui qui commencera le mois prochain.»
  2. (en) America's Richest Families » #13 Du Pont family » Net Worth $15 Billion - Forbes
  3. a, b et c Anthony Mergey, L’État des physiocrates : autorité et décentralisation, Aix-en-Provence, PUAM, , 586 p., p. 563
  4. Louis-Gabriel Michaud, Bibliographie universelle, ancienne et moderne, 1843, t. 12, p. 33-34
  5. http://data.bnf.fr/12000629/pierre-samuel_dupont_de_nemours/

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