Pierre Samuel du Pont de Nemours

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Pierre Samuel du Pont de Nemours, né le à Paris[1] et mort le à Wilmington aux États-Unis, est un entrepreneur, économiste, homme politique et diplomate d'origine française naturalisé américain.

Il est à l'origine de l'une des plus riches familles des États-Unis[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Fils d'un horloger huguenot de Paris, Du Pont de Nemours commence par étudier la médecine, qu'il abandonne pour s'intéresser aux problèmes économiques.

En 1766, il épouse Charlotte Marie Louise le Dée de Rencourt, qui lui donnera deux fils.

Le physiocrate[modifier | modifier le code]

Lié au cercle des physiocrates, il s'attache particulièrement à François Quesnay, dont il réédite plusieurs textes, de Physiocratie (1768), dans De l'origine et des progrès d'une science nouvelle, en 1768 également[pas clair]. De 1769 à 1772Il remplace officiellement l'abbé Nicolas Baudeau à la tête des Éphémérides du citoyen.

Il se lie avec Turgot, qui l'appelle près de lui en 1774 pendant qu'il est Contrôleur général des finances, et partage sa disgrâce (exilé en Gâtinais).

Séjours à l'étranger[modifier | modifier le code]

Gustave III, roi de Suède, le fait chevalier de l'ordre agricole de Vasa, ce qui lui permet de faire partie de la Société d'agriculture en 1784[pas clair].

Il séjourne en Pologne comme secrétaire du roi Stanislas Poniatowski et contribue aux travaux de la Commission de l'éducation nationale qui réorganise le système scolaire polonais à la suite de la suppression de la Compagnie de Jésus.

Retour aux affaires en France (1780-1789)[modifier | modifier le code]

Il est rappelé aux affaires en France par Vergennes, en tant qu'expert économique. Calonne le fait entrer au Conseil d'État et le nomme commissaire général du Commerce[3].

Il est l'un des rédacteurs du Traité de Versailles de 1783, qui met fin à la guerre d'indépendance des États-Unis. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance de Thomas Jefferson, qui l'aidera lors de son installation aux États-Unis. En remerciement de son action, Louis XVI lui accorde une patente de noblesse, chose exceptionnelle pour un protestant, et l'autorise à ajouter de Nemours à son nom d'origine du Pont.

Dupont de Nemours et Pierre-Michel Hennin, premier commis au ministère des Affaires Etrangères, sont les deux secrétaires-greffiers de l'Assemblée des notables, et à ce titre, ils rassemblent les procès-verbaux des délibérations prises dans les sept bureaux constitués pour examiner le plan Calonne. Bien que collaborateur de Calonne, il ne manque pas de critiquer ce qui lui semble mauvais, mais refuse de s'associer à la cabale montée contre lui. Pour preuve du progrès des idées économiques : l'Assemblée se montre favorable à la suppression de la corvée et au rétablissement de la liberté du commerce des grains ; elle accepte l'impôt territorial, à peu près tel que le proposait Dupont de Nemours, avec perception d'argent ; elle réclame l'abolition de la gabelle et la suppression des droits de traite et se déclare favorable à l'établissement des assemblées provinciales.

La Révolution (1789-1799)[modifier | modifier le code]

Député en 1789 aux États généraux pour le bailliage de Nemours, il est d'abord partisan de la Révolution française et sert en 1790 comme président de l’Assemblée nationale constituante. Il vote les réformes les plus importantes mais encourt la colère du peuple pour avoir combattu la création des assignats et s'être montré fidèle à Louis XVI. Devenu correspondant de la nouvelle Société d'agriculture le 16 mars 1789, il en sera associé ordinaire à partir du 6 mai 1807.

Lui et son fils Éleuthère défendent physiquement Louis XVI et Marie Antoinette de la foule assiégeant le palais des Tuileries pendant l’insurrection du . Il est condamné à mort pendant la Terreur, mais évite l'exécution du fait de la chute de Robespierre le 9 Thermidor (26 juillet 1794).

Il épouse Françoise Robin le (). Sous le Directoire, il est membre du Conseil des Cinq-Cents. Sa maison ayant été pillée pendant le coup d'État du 18 fructidor an V (1797), il émigre aux États-Unis avec sa famille, arrivant au Rhode Island le 1er janvier 1800.

Aux Etats-Unis (1800-1817)[modifier | modifier le code]

Pierre du Pont de Nemours établit aux États-Unis des liens forts avec l’industrie et le gouvernement, en particulier avec Thomas Jefferson.

En 1802, il s’engage dans les relations diplomatiques entre les États-Unis et la France, désormais dirigée par Napoléon Bonaparte, Premier Consul : il est à l’origine de l’achat de la Louisiane par les États-Unis (1803), négociant pour les États-Unis un compromis destiné à éviter des conflits entre les populations française et américaine sur place, alors que les réfugiés français de Saint-Domingue commencent à y affluer, et à redonner à Napoléon les moyens de reconstruire une flotte face à l'Angleterre.

En 1814, après l'abdication de Napoléon, il est nommé secrétaire du gouvernement provisoire français. Il repart aux États-Unis lorsque Napoléon revient de l'île d'Elbe pendant les Cent-Jours.

Son fils, Éleuthère Irénée, est le fondateur (1802) d'une fabrique de poudre à l'origine d’une des plus grandes entreprises du monde, la E. I. du Pont de Nemours and Company. Cette usine, appelée Eleutherian Mills, située à Wilmington (Delaware), donne son nom à la propriété de la famille Du Pont de Nemours, dans laquelle Pierre Samuel meurt en 1817.

Son second fils, Victor Marie du Pont (1767-1827), a mené une carrière diplomatique et été, entre autres, consul de France aux États-Unis.

Publications[modifier | modifier le code]

Dupont de Nemours a laissé une grande quantité d'ouvrages sur l'économie, la politique, la physiologie, l'histoire naturelle, la physique générale.

  • De l'origine et des progrès d'une science nouvelle (1768)
  • Philosophie du bonheur, où il fonde la morale sur une seule loi, aimer
  • Mémoires sur les animaux, où il prête aux bêtes un langage
  • une traduction en vers du Roland furieux de l'Arioste
  • des mémoires sur Turgot
  • Rapport fait sur le droit de marque des cuirs [en août 1788], Paris, 1788 (Impr. de la Ve Goujon fils, 1804, in-8°, VII-296 p.)
  • Rapport fait, au nom du comité des finances, à l'Assemblée nationale, par M. Du Pont, député de Nemours. Le 14 août 1790, sur la répartition de la contribution en remplacement des grandes gabelles, des petites gabelles, des gabelles locales & des droits de marque des cuirs, de marque des fers, de fabrication sur les amidons, de fabrication & de transport dans l'intérieur du royaume sur les huiles & savons [Imprimé par ordre de l'Assemblée nationale], Paris, 1790, in-8°, 80 p.
  • Troisième rapport fait, au nom du comité des finances, par M. Dupont, député de Nemours, sur le remplacement de la gabelle & des droits sur les cuirs, les fers, les huiles, les savons & les amidons, Paris : chez Baudouin, oct. 1790, in-8°, 23 p.

Il fut rédacteur en chef du Journal d'agriculture, du commerce et des finances, de septembre 1765 à novembre 1766. Il avait été nommé membre de l'Institut de France dès sa fondation en 1795.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Les bases du monde métaphysique et moral ne sont pas connues. C’est au sein d’un océan brumeux, une chaîne d’îles … deux vaisseaux nous ont été donnés pour prendre terre, en relever les anses et les caps, l’un se nomme L’Observation et l’autre La Pensée Profonde. » Philosophie de la nature 1796
  • Définition du rôle du roi: « Vous verrez comme est simple et facile l'exercice de vos fonctions sacrées, qui consistent principalement à ne pas empêcher le bien qui se fait tout seul et à punir, par le ministère des magistrats, le petit nombre de ceux qui portent atteinte à la propriété d'autrui. »
  • « Point de propriété, sans liberté ; point de liberté, sans sûreté », De l'origine et des progrès d'une science nouvelle (1768)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis-Gabriel Michaud, Bibliographie universelle, ancienne et moderne, 1843, t. 12, p. 32-36
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Pierre Samuel du Pont de Nemours » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (Wikisource)
  • Florian Reynaud, Les bêtes à cornes (ou l'élevage bovin) dans la littérature agronomique de 1700 à 1850, Caen, thèse de doctorat en histoire, 2009, annexe 2 (publications)
  • G. Lioret, « Du Pont de Nemours », Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais, 1914-1915, t. XXXII, p. 1-75
  • « Pierre Samuel du Pont de Nemours », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'autres sources donnent la date du 14 ou du 18 décembre 1739, ainsi Louis-Gabriel Michaud, Bibliographie universelle, ancienne et moderne, 1843, t. 12, p. 32
  2. (en) America's Richest Families » #13 Du Pont family » Net Worth $15 Billion - Forbes
  3. Louis-Gabriel Michaud, Bibliographie universelle, ancienne et moderne, 1843, t. 12, p. 33-34

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