Exécution de Maximilien de Robespierre

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Exécution de Robespierre et de ses complices conspirateurs contre la liberté et l'égalité : vive la Convention nationale qui par son énergie et surveillance a délivré la République de ses tyrans, estampe anonyme, 1794, Paris, BnF, département Estampes et photographie.

À la suite des événements du 9 thermidor (), Maximilien de Robespierre, décrété hors la loi, fut exécuté sans procès le 10 thermidor de l’an II (). Il fut amené en charrette sur la place de la Révolution (ancien nom de la place de la Concorde) en compagnie de 21 de ses partisans, dont son frère et Saint-Just pour y être guillotiné.

71 personnes de plus seront exécutées le lendemain, essentiellement des membres de la Commune insurrectionnelle de Paris, 12 le surlendemain.

Parcours de Robespierre vers la place de la Révolution[modifier | modifier le code]

Robespierre et ses partisans allant à l'échafaud (gravure du XIXe siècle).

Robespierre avait reçu, ou s'était tiré, une balle dans la mâchoire, Couthon avait eu la tête fracassée et Augustin Robespierre s’était gravement blessé en sautant par la fenêtre de l’hôtel de Ville. François Hanriot avait reçu un coup de baïonnette qui lui avait arraché l’œil de son orbite. Il fut sorti d'un égout, ensanglanté et défiguré. Deux mourants (Robespierre le jeune et Hanriot) et un infirme (Georges Couthon) furent transportés dans l’escalier de la Conciergerie ; le convoi se terminait par le cadavre de Philippe-François-Joseph Le Bas.

À 16 heures 30, les charrettes qui transportaient les condamnés sortirent de la cour du Mai et débouchèrent sur les quais. Lorsque les charrettes furent arrivées devant la maison où logeait Robespierre, elles furent arrêtées, et l'on barbouilla la façade de la maison avec du sang. À 18 heures 15 les charrettes arrivèrent place de la Révolution.

Exécution de Robespierre[modifier | modifier le code]

M.J. Maximilien Robespierre : surnommé le Catilina moderne, exécuté le 10 Thermidor an 2.e, de la République, estampe anonyme, Paris, BnF, 1794.

Adrien-Nicolas Gobeau, 53 ans, membre de la Commune, fut exécuté le premier. Quand ce fut le tour de Saint-Just de monter, il embrassa Georges Couthon, et, en passant devant Robespierre, il lui dit : « Adieu ». Maximilien de Robespierre fut exécuté en avant-dernier, le dernier fut Fleuriot-Lescaut. Lorsqu’un des aides du bourreau arracha brusquement les linges qui lui soutenaient sa mâchoire, Robespierre poussa un cri de douleur. Il fut placé sur la bascule et le couperet tomba. La tête de Robespierre fut montrée au peuple, sous des applaudissements.

Les vingt-deux têtes furent placées dans un coffre en bois, les corps étant rassemblés sur une charrette qui se dirigea vers le cimetière des Errancis (ouvert en mars 1794). On jeta les têtes et les troncs dans une fosse commune et on répandit de la chaux vive pour que le corps de Maximilien de Robespierre ne laisse aucune trace. Néanmoins entre le moment de la décapitation et la mise à la fosse commune, une empreinte mortuaire de la tête de Maximilien de Robespierre aurait été prise par Marie Tussaud[1], ce que conteste l'historien Hervé Leuwers qui considère qu'il s'agit d'un faux et souligne les incohérences du témoignage de Mme Tussaud[2].

Principaux guillotinés du 10 thermidor[modifier | modifier le code]

Ils furent au nombre de 21 à être exécutés avec Maximilien de Robespierre dont :

Certaines sources rapportent que Robert Jean-Jacques Arthur fut également guillotiné ce jour. Après ces premières exécutions, des rafles sont opérées dans la capitale parmi les membres du Conseil général de la Commune et les employés municipaux[3]. Le 11 thermidor (29 juillet), journée la plus sanglante, 71 personnes sont guillotinées et 12 personnes sont guillotinées le 12 thermidor (30 juillet).

Après avoir réussi à s'enfuir de l'hôtel de ville et à se cacher pendant plusieurs jours, Jean-Baptiste Coffinhal finit par être dénoncé et arrêté. Après la constatation de son identité par le tribunal criminel, il est guillotiné le 18 thermidor (5 août)[4].

Le 5 fructidor (22 août), François-Pierre Deschamps[5], aide de camp d'Hanriot, est à son tour guillotiné[6]. Le 15 fructidor (1er septembre), quarante-quatre membres des sections parisiennes ayant pris part au 9 thermidor aux côtés de la Commune sont traduits devant le tribunal révolutionnaire[7]. Parmi eux, Henri Sanson et son oncle, Pierre-Claude, capitaine et lieutenant de canonniers, sont accusés d'avoir pénétré dans le comité de sûreté générale à la suite de Coffinhal et délivré Hanriot, mais ils sont acquittés. Seul Joseph-Julien Lemonnier, marchand limonadier, commissaire civil de la Section de la Maison-Commune, né en 1756 à Paris, est condamné à mort et exécuté le même jour.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Robespierre: the oldest case of sarcoidosis ? » par Philippe Charlier et Philippe Froesch, in The Lancet, volume 382, numéro 9910, page 2068, 21 décembre 2013
  2. Hervé Leuwers, Robespierre, Paris, Fayard, 2014, p. 368-370.
  3. Françoise Brunel, Thermidor, la chute de Robespierre, Éditions Complexe, 1989, 160 pages, pp. 108-109 (ISBN 2870272758).
  4. Émile Campardon, op. cit., pp. 429-431.
  5. Âgé de 29 ans, François Pierre Deschamps est un riche marchand mercier de la rue Béthisy, à Paris, natif de Breville (Orne). Membre du club des Cordeliers, il se lie d'amitié avec Robespierre, lui demandant d'être le parrain de son fils. Il devient agent de la Commission du commerce et des subsistances, puis aide de camp du général Hanriot. Arrêté comme les autres à l'hôtel de ville, il est écroué aux Petits-Pères. Délivré par un officier de paix sur un mandat de Faro, il se cache à Janville. Capturé, il est condamné à mort le 5 fructidor an II comme rebelle, à la suite de sa mise hors la loi le 9 thermidor, et guillotiné. Voir Jean-Pierre Jessenne (dir.), Robespierre : de la nation artésienne à la République et aux nations : actes du colloque, Arras, 1-2-3 avril 1993, Centre d'histoire de la région du nord et de l'Europe du nord-ouest, Université Charles de Gaulle-Lille III, 1994, 458 pages, p. 117-124, et Annales historiques de la Révolution française, Société des études robespierristes, Firmin-Didot & Cie, 1995, n° 299-302, p. 97
  6. Françoise Brunel, op. cit., p. 140.
  7. « Série W: Juridictions extraordinaires », état général des fonds des Archives nationales, 2007, p. 8.