Pauline Léon

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Pauline Léon, née le à Paris, décédée le à Bourbon-Vendée, est une personnalité de la Révolution française. Elle participe à la prise de la Bastille. Elle est pétitionnaire pour l'armement des femmes. Elle fonde en mai 1793, avec Claire Lacombe la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires, cercle exclusivement féminin. Elle épouse Théophile Leclerc, membre des Enragés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Pierre-Paul Léon, fabricant de chocolat mort en 1784, et de Mathurine Télohan, elle aide dès l'âge de 16 ans sa mère à tenir le commerce et à entretenir sa famille. Elle est présente le 14 juillet 1789 lors de la prise de la Bastille. Dès , elle fréquente plusieurs sociétés : le club des Cordeliers (jusqu'en 1794), la Société fraternelle des patriotes de l'un et l'autre sexe, ou elle côtoie Jean-François Varlet et Louise Robert, et la Société de Mucius Scaevola.

Le , elle se rend à la tête d'une députation de citoyens à la barre de l'Assemblée Législative, où elle lit une adresse signée par 320 Parisiennes demandant la permission d'organiser une garde nationale féminine[1]. En , elle signe la pétition de la Société patriotique du Luxembourg qui réclame la mort du roi [2].

Le , elle fonde avec Claire Lacombe la Société des républicaines révolutionnaires. Le , elle conduit une délégation de Citoyennes républicaines révolutionnaires qui souhaitent être admises à la Convention. Le 20 juillet 1793, elle signe une délibération de la Citoyennes républicaines révolutionnaires qui demande l'érection d'un obélisque à la mémoire de Marat, sur la place du Carrousel. Le 30 octobre, toutes les sociétés de femmes sont dissoutes par la Convention.

En , elle épouse Jean-Théophile Leclerc, du groupe des Enragés, et déclare reprendre le commerce de chocolat familial. Le , elle se rend à La Fère, où son époux est mobilisé. C'est là qu'ils sont arrêtés le 3 avril, sur ordre du Comité de sûreté générale, sous l'accusation d'hébertisme[3]. Ramenés à Paris, ils sont écroués à la prison du Luxembourg le 6 avril.

Après le 9-Thermidor, elle cherche un appui auprès de Tallien, qu'elle a connu en 1792 et à qui elle écrit le 18 thermidor (5 août). Le surlendemain, Jean-Théophile Leclerc et son codétenu, Pierre-François Réal, sont amenés devant le Comité de sûreté générale. Pierre-François Réal est libéré immédiatement, Pauline Léon et Jean-Théophile Leclerc le 22 août. Ils sont à Lyon en 1798.

En 1804, son frère, François Léon, est arrêté et détenu trois mois et demi pour avoir, avec un nommé Sornet, rédigé et collé des papillons hostiles à Bonaparte. Dans son dossier se trouve une lettre de Pauline Léon datée du et adressée à Pierre-François Réal, devenu l’un des responsables de la Police générale, dans laquelle elle sollicite l’élargissement de son frère. Cette lettre nous apprend qu’elle exerce alors à Paris la profession d’institutrice. Signée « femme Leclerc », elle indique que Jean-Théophile Leclerc est vivant en 1804.

À une date inconnue, entre 1812 et 1835, elle s'installe chez sa sœur, Marie Reine Antoinette, à Bourbon-Vendée, où elle meurt en 1838, rentière, dans sa maison, rue de Bordeaux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Adresse individuelle à l'Assemblée nationale par des citoyennes de la capitale, le 6 mars 1792, imprimée par ordre de l'Assemblée nationale, Paris, Imprimerie nationale, 1792, in-8, 4 pages.
  • « Précis de la conduite révolutionnaire d'Anne Pauline Léon, femme Leclerc », rédigé le au Luxembourg et adressé au Comité de sûreté générale, Archives nationales, Paris, F7 4774/9 dossier Leclerc.

Hommage[modifier | modifier le code]

Depuis mars 2016, une voie privée de la ville de Nantes porte son nom[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luc Capdevila,Dominique Godineau, Armées, Presses universitaires du Mirail, 2004, p. 51 (ISBN 2-85816-755-9).
  2. Guillon Claude, Pauline Léon, révolutionnaire, Annales historiques de la Révolution française, no 344, 2006. p. 147-159
  3. Françoise Brunel, Thermidor: la chute de Robespierre, Éditions Complexe, 1989, 155 pages, p. 29 (ISBN 2870272758).
  4. « Nom de rues, place aux femmes », sur nantes.fr (consulté le 27 octobre 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]