Jean-Sifrein Maury

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Jean-Sifrein Maury
Image illustrative de l'article Jean-Sifrein Maury
Biographie
Naissance
Valréas (États pontificaux)
Ordination sacerdotale 1769 par le
card. Paul d’Albert de Luynes
Décès
Rome (Italie)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de la Trinité-des-Monts
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Francesco de Zelada
Fonctions épiscopales Archevêque de Montefiascone (Italie)
Archevêque de Paris (France)

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean-Sifrein (ou Siffrein) Maury, né à Valréas (États pontificaux) le et mort à Rome (Italie) le , est un écrivain et ecclésiastique français, cardinal et archevêque de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un cordonnier pauvre, Jean-Siffrein Maury montre très jeune de grandes dispositions intellectuelles et est admis au séminaire Saint-Charles à Avignon. Âgé de vingt ans, il vient chercher fortune à Paris et publie un Éloge funèbre de Monseigneur le Dauphin (), (en hommage au dauphin Louis-Ferdinand mort prématurément le ) et un Éloge du roi Stanislas le Bienfaisant (), en hommage au beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczyński, qui vient de mourir. L'année suivante, il est nommé sous-diacre à Meaux et concourt aux prix de l'Académie française avec un Éloge de Charles V, roi de France () et un Discours sur les avantages de la paix, mais il n'obtient que les félicitations. En , son Éloge de Fénelon est récompensé d’un accessit.

Il est ordonné prêtre en et nommé, en , chanoine et official de l'évêque de Lombez. La même année, il prononce devant l'Académie un Panégyrique de Saint Louis et en , un Panégyrique de Saint Augustin devant l'assemblée du clergé de France. Ces discours établissent sa réputation et il est appelé à prêcher à Versailles devant le roi. En , il publie son Essai sur l'éloquence de la chaire[1], ouvrage devenu un classique sur le sujet. En , il est nommé prieur de Lihons au diocèse de Noyon. Il entre à l'Académie française le . La même année, il prononce son discours religieux tenu pour le plus remarquable, le Panégyrique de Saint Vincent de Paul.

« Danse aristocrate. Il ne sait sur quel pied danser. »
Caricature anonyme de 1790 montrant le cardinal Maury sur une corde raide tenue par le diable habillé en bouffon, encouragé à gauche par deux aristocrates et harcelé à droite par deux membres du tiers état.

Il est élu député du clergé aux États généraux de 1789 pour la circonscription de Péronne, dans le ressort de laquelle se situe son prieuré. Il défend les intérêts du clergé et de la noblesse et s'oppose à Mirabeau, élu du tiers état. Il lutte contre l'émancipation des Juifs de France en 1789 et 1790. Il proteste notamment contre la Constitution civile du clergé et défend l'autorité pontificale. Quand l'Assemblée constituante est dissoute, il émigre et est accueilli à « bras ouverts » à Coblence, puis à Rome. Le , il y est sacré archevêque in partibus de Nicée et nommé ambassadeur de la Cour de Rome à Francfort-sur-le-Main pendant l'élection impériale. En , il reçoit le chapeau de cardinal et est nommé évêque titulaire des diocèses réunis de Montefiascone et de Corneto, qui comptent parmi les plus riches d'Italie. Il joue un rôle important pendant le conclave de 1799-1800 en proposant l'élection du futur Pie VII.

Il se rallie à l'Empire, et est nommé sénateur (), aumônier du roi de Westphalie, membre de l'Académie française (1806), comte de l'Empire () avant d'accepter en l'archevêché de Paris, malgré l'opposition de Pie VII, alors prisonnier à Savone (Italie), qui lui avait défendu d'accepter ce siège[2]. Il soutient activement Napoléon Ier dans ses mandements et ses sermons.

À la Restauration, on lui fait payer durement son ralliement à l'Empire.

Repoussé par le roi, la noblesse et le clergé, il est déposé par le chapitre de Paris, exclu de l'Académie et exilé. Il retourne en 1814 à Rome, où le Pape le fait mettre six mois en prison au château Saint-Ange, puis chez les lazaristes, pour punir sa désobéissance. Rentré en grâce, il meurt en dans un monastère.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b icône Commons Pierre Larousse, « Éloquence de la chaire (essai sur l’) », Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. 7e,‎ (lire en ligne), p. 387
  2. « Au vénérable Frère le cardinal Jean Maury, évêque de Montefiascone et Corneto, à Paris.

    Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique.
    Il y a cinq jours que nous avons reçu la lettre par laquelle vous nous apprenez votre nomination à l'archevêché de Paris, et votre installation dans le gouvernement de ce diocèse. Cette nouvelle a mis le comble à nos afflictions et nous pénètre d'un sentiment de douleur que nous avons peine à contenir, et qu'il est impossible de vous exprimer. Vous étiez parfaitement instruit de notre lettre au cardinal Caprara, pour lors archevêque à Milan, dans laquelle nous avons exposé les motifs puissants qui nous faisaient un devoir, dans l'état présent des choses, de refuser l'institution canonique aux évêques nommés par l'empereur.
    Vous ne rougissez pas de prendre parti contre nous dans une lutte que nous ne soutenons que pour défendre la dignité de l'Église. Est-ce ainsi que vous faites assez peu de cas de notre autorité pour oser en quelque sorte, par cet acte public, prononcer contre nous, à qui vous deviez obéissance et fidélité ? Mais ce qui nous afflige encore davantage, c'est de voir qu'après avoir mendié près d'un chapitre l'administration d'un archevêché, vous vous soyez, de votre propre autorité, et sans nous consulter, chargé du gouvernement d'une autre église, bien loin d'imiter le bel exemple du cardinal Joseph Fesch, archevêque de Lyon, lequel, ayant été nommé avant vous au même archevêché de Paris, a cru si sagement devoir absolument s'interdire toute l'administration spirituelle de cette église, malgré l'invitation du chapitre.
    Où veut-on en venir ? On veut introduire dans l'Église un usage aussi nouveau que dangereux, au moyen duquel la puissance civile puisse insensiblement parvenir à n'établir, pour l'administration des sièges vacants, que les sujets qu'il lui plaira. Et qui ne voit évidemment que c'est non-seulement nuire à la liberté de l'Église, mais encore ouvrir la porte au schisme et aux élections invalides ?
    Quittez donc sur-le-champ cette administration ; non-seulement nous vous l'ordonnons, mais nous vous en prions, nous vous en conjurons, pressé par la charité paternelle que nous avons pour vous, afin que nous ne soyons pas forcé de procéder malgré nous, et avec le plus grand regret, conformément aux saints canons. »

    — Donné à Savone, le . (in Félix Dupanloup, Réponse de Mgr l'évêque d'Orléans à M. le baron Molroguier, Ch. Douniol,‎ 1860, 16 p. (lire en ligne)).)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]