Claire Lacombe

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Claire Lacombe
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Conflit

Claire Lacombe, née le à Pamiers est une actrice et militante révolutionnaire et féministe française. On ignore la date et les conditions de sa mort, postérieure à sa libération de prison le 3 fructidor an III (20 août 1795)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son acte de baptême mentionne qu'elle est la fille légitime de ses parents, son père Bertrand Lacombe était marchand, ce qui signifie qu'ils étaient mariés et donc, qu'elle n'est pas issue d'un milieu de comédiens, contrairement à ce qu'affirme Lamartine[2].

Avant la Révolution, elle est actrice, non sans succès, à Marseille et à Lyon. En 1792, elle arrive à Paris où elle fréquente le club des Cordeliers. Le 25 juillet 1792 elle prononce un bref discours à la barre de l'assemblée nationale :

« Née avec le courage d'une romaine et la haine des tyrans, je me tiendrais heureuse de contribuer à leur destruction. Périsse jusqu'au dernier despote, intrigants, vifs esclaves, des Néron et des Caligula, puissè-je tous vous anéantir. Et vous, mères de famille, que je blâmerais de quitter vos enfants pour suivre mon exemple, pendant que je ferai mon devoir en combattant les ennemis de la patrie, remplissez le vôtre en inculquant à vos enfants les sentiments que tout français doit avoir en naissant, l'amour de la liberté et l'horreur des despotes. Ne perdez jamais de vue que sans les vertus de Véturie, Rome aurait été privé du grand Coriolan[3]. »

Elle obtient une « couronne civique » pour avoir participé, lors de la journée du 10 août 1792, à l’assaut du palais des Tuileries avec un bataillon de Fédérés.

L’hiver suivant, elle est proche du groupe des Enragés (elle est un temps la compagne de Jean-Théophile Leclerc qui épousera plus tard Pauline Léon) et milite contre le chômage ou l’accaparement des richesses, préoccupations sociales qui l’amènent à fonder avec Pauline Léon la Société des républicaines révolutionnaires en mai 1793.

On sait que Claire Lacombe était belle femme, comme le dit avec condescendance le montagnard Choudieu, député de Maine-et-Loire : « Mlle Lacombe n’avait d’autre mérite qu’un assez beau physique. Elle représentait dans nos fêtes publiques la déesse de la liberté. Elle avait, comme Mlle Théroigne, une grande influence dans les groupes. Elle n’avait aucune qualité brillante, mais ses manières convenaient à la masse du peuple ».

Le , les Républicaines Révolutionnaires demandent le droit de porter les armes pour combattre en Vendée. Claire Lacombe joue un rôle important lors des journées du 31 mai et du 2 juin 1793, participant aux débats et poussant à l’insurrection. En août, elle réclame par une pétition que tous les nobles de l’armée soient destitués et le 5 septembre, elle demande même l’épuration du gouvernement. Cette fois, les Jacobins s’en prennent à elle et l’accusent de délits imaginaires, certes peu crédibles, mais extrêmement dangereux à l’époque : avoir donné asile à des aristocrates par exemple. Sur le registre de la prison de Sainte Pélagie la détenue Claire Lacombe est décrite ainsi : « Taille de 5 pieds, 2 pouces. Cheveux, sourcils et yeux bruns, nez moyen, bouche grande, visage et menton ronds, front ordinaire[4]. »

Arrêtée le 16 septembre elle est relâchée le soir même. Le , elle se présente à la barre de la Convention et réfute les arguments de ses adversaires, dénonçant au passage l’oppression dont sont victimes les femmes, ajoutant même : « Nos droits sont ceux du peuple, et si l’on nous opprime, nous saurons opposer la résistance à l’oppression ».

Le gouvernement n’apprécie pas et, quelques jours plus tard, Claire Lacombe est impliquée dans une affaire qui cause sa perte : des femmes de la Halle accusent les Républicaines révolutionnaires de les avoir forcées à prendre le bonnet rouge, coiffure réservée aux hommes. Victorieuses, les femmes de la Halle auraient même fouetté Claire Lacombe au passage. Cet évènement sert de prétexte au gouvernement révolutionnaire, qui interdit tous les clubs féminins, à commencer par les Républicaines révolutionnaires.

La chute des Enragés puis celle des hébertistes mettent Claire Lacombe en danger et elle doit se cacher. Elle est arrêtée le avec Pauline et Jean-Théophile Leclerc. Le 1er fructidor an III (), le Comité de sûreté générale signe l'ordre de sa libération, effective le 3 fructidor ()[5], un an après les époux Leclerc. Elle reprend ensuite son métier de comédienne. Trois mois plus tard, elle quitte Paris pour Nantes, où elle a un engagement. Elle est de retour à Paris en prairial an VI ; on perd sa trace après 1798[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lacour 1900, p. 413-414.
  2. Larue-Langlois, 2005.
  3. Claire Lacombe, Discours prononcé à la barre de l'Assemblée nationale, par Madame Lacombe, le 25 juillet 1792, l'an 4e de la liberté ([Reprod.]) impr. par ordre de l'Assemblée nationale, 1792, lire en ligne.
  4. Lacour 1900, p. 329, [lire en ligne].
  5. Lacour 1900, p. 413-414, [lire en ligne].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Évocations dans la littérature[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]