Bataille du pont d'Arcole

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Bataille du pont d’Arcole
Tableau d'Horace Vernet
Tableau d'Horace Vernet
Informations générales
Date 15 -
Lieu Arcole
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France République française Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Commandants
Napoléon Bonaparte Josef Alvinczy
Forces en présence
19 000 hommes 24 000 hommes
Pertes
3 500 morts ou blessés
1 300 prisonniers
535 morts
1 535 blessés
4 141 prisonniers
11 canons perdus[1]
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Batailles
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Coordonnées 45° 21′ N 11° 17′ E / 45.35, 11.2833333345° 21′ Nord 11° 17′ Est / 45.35, 11.28333333

Géolocalisation sur la carte : Vénétie

(Voir situation sur carte : Vénétie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille du pont d'Arcole.

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille du pont d'Arcole.

La bataille du pont d’Arcole s'est déroulée du 15 au (25 au 27 brumaire an V) lors de la première campagne d’Italie. Elle opposa les 19 000 Français de l’armée d'Italie, sous les ordres de Napoléon Bonaparte, aux 24 000 hommes de l'armée autrichienne, commandée par le général Josef Alvinczy.

Contexte[modifier | modifier le code]

Une nouvelle armée autrichienne, sous les ordres de Josef Alvinczy, entre en Italie pour en refouler Bonaparte. Divisée en deux colonnes, elle affronte les Français à plusieurs reprises. Bonaparte réussit à battre Alvinczy à Brenta, mais le général Vaubois est battu à Rivoli puis à La Corona. Bonaparte, fragilisé par les défaites de Vaubois, doit se retirer sur Vérone.

Tentant sans succès d'enlever la position de Caldiero, le général Bonaparte laisse la garde de Vérone au général Kilmaine, et descend le long de l'Adige pour rencontrer les Autrichiens[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Prélude[modifier | modifier le code]

L'armée française traverse l'Adige à Ronco, et se dirige vers l'un de ses affluents, l'Alpone (it). Durant deux jours de bataille, les Français tentent de passer, mais la manœuvre de tenaille effectuée par les généraux Pierre Augereau et André Masséna échoue.

Assaut français[modifier | modifier le code]

Le passage du pont d'Arcole

Les forces françaises tentent de prendre le village d'Arcole en franchissant l'Alpone par un pont sous le feu des forces autrichiennes. Augereau passe l’Adige mais est repoussé par un feu violent devant le pont d’Arcole, tandis que Masséna s'enlise dans les marais. Dans les premiers assauts, le général Lannes est à la tête de deux bataillons de la 58e demi-brigade et tente de traverser ; ses troupes doivent reculer devant la violence du feu ennemi, et leur chef est blessé par deux fois. Augereau l'appuie avec trois bataillons. Lannes doit être transporté à l'ambulance de Ronco pour se faire panser.

Augereau tente alors d'emmener ses troupes sur la digue : prenant un drapeau, il s'élance le premier, mais les soldats ne le suivent pas. Alors commandant de l'armée d'Italie, Bonaparte saisit lui-aussi un drapeau, s'élance sur le pont et l'y plante.

Joseph Sulkowski, témoin de la campagne d'Italie et aide de camp d’origine polonaise de Bonaparte, décrit la scène :

« En attendant, le général en chef, instruit de l'état des affaires, s'était déjà avancé lui-même à moitié chemin : on lui apprend les pertes irréparables qu'on vient de faire, l'obstination de l'ennemi, le découragement de nos soldats. Le combat était engagé, il fallait vaincre ou périr, et il prend un parti digne de sa gloire. Nous le voyons tout à coup paraître sur la digue, entouré de son état-major et suivi de ses guides, il descend de cheval, tire son sabre, prend un drapeau et s'élance sur le pont au milieu d'une pluie de feu. Les soldats le voient et aucun d'eux ne l’imite[3]. »

Un autre témoin décrit la suite : « Sa colonne l'avait à moitié franchi lorsqu'un feu de flanc la fit rétrograder. Les grenadiers enlevèrent Bonaparte et l'entrainèrent, il fut précipité dans un marais où il enfonça jusqu'à mi-corps. Lannes qui était blessé était accouru de Milan, il couvrit le général de son corps. Muiron aide de camp en fit autant et il fut tué ainsi que le général Jean Gilles André Robert »[4].

L'intervention de Lannes, à cheval alors que ses grenadiers sont à pied, permet à Bonaparte de se dégager des troupes adverses, alors que le général en chef se retrouvait entouré de toute part[5]. Bonaparte tente alors d'envoyer des renforts à Masséna mais tombe dans un marécage. C'est le général Belliard qui rallie ses hommes et sauve à nouveau Bonaparte.

Celui-ci ordonne à ses tambours d'aller discrètement sur les arrières des Autrichiens et de faire le plus de bruit possible afin de faire croire que des renforts sont arrivés. Alvinczy, pensant que les Français en train d'attaquer ses arrières, désunit sa solide défense et poursuit les tambours avec son armée, ce qui permet à Masséna de traverser l'Adige. Bonaparte donne alors ordre à Masséna et à Augereau de prendre l'armée ennemie en tenaille par un gué découvert par Masséna, ce qui permet de l'anéantir.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Napoléon au pont d'Arcole, par Antoine-Jean Gros, (ca. 1801), Louvre, Paris

L'armée française est victorieuse et reste solidement accrochée dans le nord de la péninsule italienne. Le siège de Mantoue continue, et la campagne aboutit courant 1797 à l’éviction des Autrichiens de la péninsule italienne.

Quatre jours après l'événement, Bonaparte décrit la bataille au Directoire :

« Ce fut en vain que les généraux, sentant toute l'importance du temps, se jetèrent à la tête pour obliger nos colonnes de passer le petit pont d'Arcole : trop de courage nuisit : ils furent presque tous blessés : les généraux Verdier, Bon, Verne, Lannes furent mis hors de combat […] Le général Lannes, blessé déjà de deux coups de feu, retourna et reçu une troisième blessure plus dangereuse[6]. »

Le Corps législatif lui offrira, en l'honneur de sa victoire, le drapeau qu'il portait sur le pont. Bonaparte l'offrira alors à Lannes[7].

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin des sciences militaires, p.289.
  2. Thoumas 1891, p. 26
  3. Marcel Reinhard, Avec Bonaparte en Italie, d'après les lettres inédites de son aide de camp Joseph Sulkowski, Hachette, 1946, Paris (chapitre 7, page 178)
  4. Récit de Jean Antoine François Ozanam, témoin visuel, alors sous-lieutenant au 1er régiment des hussards de Bercheny, Livre de famille, tome 1, fonds Ozanam (non publié). L'orthographe du manuscrit original qui suit les usages de l'époque (pas d'accent, s long etc.) n'a pas été conservée dans cette citation.
  5. Thoumas 1891, p. 28
  6. Zins 1994, chap. 3 « Les vertes plaines d'Italie », p. 39, correspondance de Napoléon Ier, no 1196)
  7. Thoumas 1891, p. 29

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]