Antonin Proust

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Antonin Proust
Anders Zorn Antonin Proust.jpg

Antonin Proust
Portrait par Anders Zorn (1888)

Fonction
Député français
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Lieu de travail
Activités
Antonin Proust
Portrait par Édouard Manet (v. 1877)
Musée Pouchkine, Moscou

Antonin Proust (Niort, 10 mars 1832[1] -Paris, 20 mars 1905) est un journaliste et homme politique français, artiste, critique d'art, collectionneur, commissaire d'expositions, connu pour avoir été le premier « ministre de la Culture » de la République, en qualité d'éphémère secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts - avec rang de ministre - fonction créée par Léon Gambetta.

Biographie[modifier | modifier le code]

Antonin Proust, fils de Théodore-Bara Proust, est issu d'une famille de riches notables niortais et s'oriente d'abord vers la peinture sous l'influence de son camarade d'enfance Édouard Manet, qu'il a connu au collège Rollin. Il se tourne ensuite vers le journalisme et la politique.

Dans sa jeunesse, en 1858, il fait un voyage au mont Athos et publie ses souvenirs et le récit de son périple en 1860 dans la revue Le Tour du Monde.

Élu député républicain du département des Deux-Sèvres au début de la Troisième République, il fonde les journaux La Semaine universelle (1864) et La République, et devient le secrétaire personnel de l'homme politique Gambetta, qui, parvenu au Pouvoir en 1881, forme son éphémère « Grand Ministère » (novembre 1881-janvier 1882) et nomme son ami au nouveau poste de ministre des Arts.

En 1880 il est nommé président de l’Union centrale des Arts décoratifs, fonction qu'il exerce jusqu'en 1890.

Il est élu maire de Niort en 1881, fonction occupée par plusieurs membres de sa famille avant lui.

En 1882 Proust fonde l'École du Louvre et l'École nationale des sous-officiers d'active (ENSOA) à Saint-Maixent-l'École (Deux-Sèvres).

En 1888 le peintre suédois Anders Zorn fait le portrait reproduit ci-contre.

En 1889 il est commissaire de l'Exposition universelle de Paris (centenaire de la Révolution) ; organisateur à ce titre de l'Exposition centennale de l'art français, où ont été présentées quatorze toiles de Manet, dont la « scandaleuse » Olympia prêtée par sa veuve, il exprime certaines réticences et déclare ne pas aimer cette œuvre (qui un an plus tard entra par décret dans les collections du musée du Luxembourg).

Il a été proche du grand collectionneur Gustave Dreyfus.

Auguste Rodin fit son buste (bronze).

Fin 1891, Proust prend l'initiative, avec un groupe d'amateurs, d'acheter afin de l'offrir à l'État pour le musée du Luxembourg, le chef-d’œuvre de James Whistler l'Arrangement en gris et noir, portrait de la mère de l'artiste (1871, Paris, musée d'Orsay) dont le peintre demandait le prix élevé de 75 000 francs. À la suite d'une intervention du député Georges Clemenceau, désireux de voir cette œuvre rester en France, il la cède finalement à l'État pour 4 000 francs (arrêté d'acquisition du 30 novembre 1891), geste qui lui a offert « un second souffle décisif »[2].

Indéfectible ami de Manet[modifier | modifier le code]

La fin de sa vie est essentiellement consacrée à rendre hommage à son ami Manet, qui a réalisé de lui plusieurs portraits dont celui en pied, en parfait dandy en redingote, chapeauté, ganté, fleur à la boutonnière, s'appuyant sur une canne (1880, Toledo Museum of Art)-( 1869-1928); un autre (Musée Pouchkine, Moscou) fut acquis par le collectionneur Ivan Chtchoukine (1869-1908), installé à Paris en 1893, qui le revendit à Ilia Ostroukhov; Proust organise dès 1884 une importante exposition rétrospective sur la carrière du peintre, puis publie un recueil de souvenirs portant notamment sur leurs années communes passées au collège Rollin.

En 1882, devenu ministre, il lui commande des allégories des Saisons mais Manet, qui mourut l'année suivante, ne put réaliser que Le Printemps et L'Automne, représentée par l'actrice Anne-Rose Louviot (1849-1900), dite Méry Laurent, qui fut maîtresse du général Canrobert, gouverneur de Nancy, puis du richissime Thomas Wiltberger Evans, dentiste américain de la famille impériale et grand collectionneur, enfin de Stéphane Mallarmé.

Plusieurs assiettes peintes par Manet et cuites par le sculpteur et céramiste Cornélia Marjolin-Scheffer (1830-1899) fille unique d'Ary Scheffer,ont décoré les murs de son appartement, selon Tarabant (p .71).

Amie et modèle du peintre dès 1876, elle acquiert ce tableau à sa vente après décès et le lègue au musée de sa ville natale, en faisant ainsi le premier Manet à entrer dans une collection publique de province (1905).

En 1884 l'exposition La Terre, la Pierre et le Verre organisée par l'Union des Arts Décoratifs comprenait une petite buire en émail portant une inscription d'Émile Gallé destinée à convaincre Proust, président de la Commission des Monuments Historiques, de surseoir à la démolition de la porte Saint-Georges à Nancy.

Proust, compromis un temps par le scandale de Panama, a été acquitté en 1893.

Au mois de , souffrant d'une maladie incurable, il se tire une balle dans la tête et meurt deux jours plus tard; il a été prétendu que la cause réelle en était, outre un possible traumatisme psychologique à la suite de cette affaire, une querelle avec sa maîtresse la danseuse Rosita Mauri, chez qui il dînait deux jours auparavant.

Son buste en marbre posé sur un haut piédestal à une extrémité des allées Jacques Fouchier à Saint-Maixent-l'Ecole (Deux-Sèvres) fait face à celui de Léon Gambetta ; illustration d'une tenace vindicte locale - et peut-être d'une certaine jalousie sociale - à son endroit, le lendemain de l'inauguration du monument ce buste fut coiffé d'un Panama (chapeau)...

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Édouard Manet : souvenirs, édition L'Échoppe, Paris 1988. (ISBN 2905657391)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Antonin Proust », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]
  • Flore Collette, Modernités du XIXème siècle, dans "Le musée des beaux-arts de Nancy" (Dossier de l'Art n° 202 / décembre 2012, p. 44 reprod. coul. du tableau)
  • Clemenceau et les artistes modernes, catalogue de l'exposition de l'Historial de la Vendée 85 Les Lucs-sur-Boulogne, 8 décembre 2013-2 mars 2014 (pp. 88, 90, 91, 94, 96 et 186).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte naissance AD 79 p. 25/134
  2. Emmanuelle Héran, catalogue de l'exposition Clemenceau et les artistes modernes, op.cit., p 95