Rochechinard

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Rochechinard
L'église de Rochechinard.
L'église de Rochechinard.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Valence
Canton Vercors-Monts du Matin
Intercommunalité Communauté de communes Le Pays du Royans
Maire
Mandat
Claude Antelme
2014-2020
Code postal 26190
Code commune 26270
Démographie
Population
municipale
109 hab. (2014)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 02′ 06″ nord, 5° 15′ 15″ est
Altitude Min. 235 m – Max. 1 246 m
Superficie 9,78 km2
Localisation

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Rochechinard

Rochechinard est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Rochechinard est situé à 5 km à l'ouest de Saint-Jean-en-Royans et à 26 km à l'est de Romans-sur-Isère.

Les communes les plus proches sont Saint-Nazaire-en-Royans, La Motte-Fanjas et Oriol-en-Royans.

Rochechinard est située dans le parc naturel régional du Vercors, au pied du Bégealat et des monts du Matin, en zone ZNIEFF. Avec de grandes forêts, de nombreuses sources et les ruisseaux de la Prune et du Favet, le territoire de la commune est giboyeux et verdoyant. Totalement préservé, il ne subit ni pollution visuelle (aucune publicité), ni sonore (aucune industrie).


Cet environnement est aujourd'hui menacé par le projet d'ouverture d'une carrière à ciel ouvert de sables siliceux.


La carrière vue du ciel.

Le socle naturel est formé de roches calcaires dites « urgoniennes », comme les falaises de Combe Laval ou les gorges de la Bourne. Mais ici les couches géologiques ont été plissées et brisées, à l’occasion d’événements tectoniques survenus il y a 70, 20 et 10 millions d’années et liés à la surrection des Alpes.

L’érosion des reliefs et de remplissage des creux par des dépôts sableux ont achevé l’aspect actuel du relief. Sur une surface de 978 hectares, Rochechinard connaît de fort dénivelés (Musan 1250 m) et est organisée en deux espaces distincts : une zone montagneuse au-dessus de 600 m d’altitude, caractérisée aujourd’hui par son fort boisement et sa très faible densité d’habitat ; et une zone entre 250 et 600 m au relief plus doux, où se concentrent l’activité agricole et la population.

Économie[modifier | modifier le code]

  • Agriculture (élevage bovin et ovin, arboriculture de la noix de Grenoble, cultures du tabac et cultures vivrières pour les humains et les animaux).
  • Tourisme (gîtes, château, musée).
  • Petite maison d'édition de littérature.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des origines au Moyen Âge

Avant le Moyen Âge, les traces d’occupation humaines sont rares et ténues à Rochechinard, contrairement au reste du Royans, seuls les agriculteurs du Néolithique et quelques gallo-romains semblent avoir fréquenté ce territoire.

C’est probablement à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe siècle que la famille des seigneurs du Royans choisit d’installer un premier château pour contrôler les circulations. Les montagnes de Rochechinard forment alors un espace de circulation important pour les transhumances vers la plaine rhodanienne comme l’atteste la première mention de « Rocha Chinart » en 1174 dans les chartes de Léoncel.

Les seigneurs du Royans cèdent en 1250 leur terre aux dauphins. En 1340 elle est rachetée par la puissante famille Allemand qui la conservent jusqu’en 1547. Les limites de la future commune, fixés par eux en 1367 ne bougeront plus. Cette famille marque l’histoire du lieu, avec la reconstruction du château, le passage d’un prince turc et deux frères illustres : Charles Allemand (v1435-1512), chevalier hospitalier, grand prieur de Provence et Antoine Allemand (v1430-1493), évêque de Cahors.

Du XVIe siècle à nos jours

En 1547, après une série de successions difficiles, les Allemand vendent leur fief à Claude Mosnier, maître de la Monnaie à Romans-sur-Isère. Ce roturier sera ennobli par sa fidélité au roi pendant les guerres de Religion. De 1572 à 1590, durant ces luttes fratricides qui marquent durement le Royans, les Mosnier assurent, non sans difficultés et avec l'aide de quelques soldats demandés au roi, le maintien d’une petite garnison catholique au château.

À partir du XVIIe siècle les Mosnier délaissent Rochechinard au profit de leur demeure de Romans et ils s’éteignent en 1690 avec le décès au siège d’Huningue d’Alphonse, capitaine de cavalerie. Joseph de Barral, président au Parlement de Grenoble, maître de forges et richissime seigneur d'Allevard va racheter sur les conseils de son cousin germain, le cardinal de Tencin, le fief de Rochechinard pour 50 000 livres. Les Barral seigneurs au XVIIIe siècle, viennent peu sur place et se contentent de percevoir les revenus agricoles mais aussi ceux des péages du fer sur l'Isère, métal dont ils possèdent les mines du mandement d'Allevard et dont ils cherchent à contrôler le trafic en amont et en aval de la fonderie royale de canons de Saint-Gervais. Le fief de Rochechinard sera dévolu en 1749 au troisième fils de Joseph de Barral, le conseiller Charles Gabriel Justin de Barral de Rochechinard Le fils aîné de ce dernier, portera le nom de ce fief : André Horace François de Barral de Rochechinard (1743-1829). Cet ancien mousquetaire du roi, aide-major général de La Fayette, puis général de brigade, cousin par alliance de l'impératrice Joséphine de Beauharnais et oncle de la grande-duchesse de Bade, très proche donc de l'empereur mais peu apprécié du ministre Fouché, deviendra préfet du Cher. Le nom de ce personnage sera mis en évidence par le comte Alexandre de Tilly lorsqu'il évoquera dans ses "Mémoires" le personnage de Prévan, "l'ancien mousquetaire maladroit" des "Liaisons Dangereuses" de Laclos : M. de Rochech... dès lors confondu par les chercheurs des clés du roman avec un "Rochechouart". Pages de Napoléon puis sénateurs du Second Empire, les deux fils de ce personnage, fixés à La Buisse, Voiron et Saint-Laurent-du-Pont mais aussi à Gargilesse, compteront parmi les amis de George Sand.

Après la Révolution se développe une petite commune rurale tranquille, qui connaît au XIXe siècle son plein démographique, et une éphémère activité de production de pierre marbrière (« brèche » utilisé à Notre-Dame de Fourvière.)

Dans les années 1970, en réaction à l’exode rurale naissent deux initiatives étroitement liées : un spectacle son et lumière attirant près de 4 000 spectateurs par an de 1972 à 1990 et un musée ouvert en 1979 qui continue d'accueillir le public durant les mois d'été. Au début du XXIe siècle, des travaux de consolidation de la ruine sont réalisés.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs[1]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1793 1813 Joseph Pinat   Officier public (1793 - an IV)
Agent municipal (an IV-an VIII), lors de la municipalité de canton
Maire (an VIII - 1813), après la loi du 28 pluviôse an VIII.
1813 1822 Jean Bletton    
1822 1831 Jean-Antoine Fombonne    
1831 1835 Antoine Charve    
1835 1839 Louis Merle    
1839 1843 Pierre Martin    
1843 1847 Jean-Antoine Fombonne    
1847 1852 Louis Allemand    
1852 1884 Désiré Tardy    
1884 1888 Ferdinand Villard    
1888 1893 Désiré Tardy    
1893 1900 Ferdinand Villard    
1900 1904 Jean-Pierre-Joseph Ezingeard    
1904 1919 Jules Villard    
1919 1925 Louis Buissonet    
1925 1944 Régis Derbier    
Octobre 1944 mai 1945 Julien Antelme   Agriculteur
1945 1977 Léon Fombonne   Agriculteur
1977 2008 Roland Cottin   Agriculteur
2008 2014 Luc Villard   Enseignant
2014 en cours Claude Antelme[2]   Directeur d'association d'insertion professionnelle

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 109 habitants, en augmentation de 9 % par rapport à 2009 (Drôme : 3,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
344 304 353 387 424 409 415 434 385
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
386 368 363 308 321 333 310 280 263
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
254 234 232 183 184 168 158 158 137
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
114 101 103 107 118 113 100 106 109
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Il offre une vue splendide sur la vallée de l'Isère et a abrité le prince turc Djem Sultan, dit « Zizim » (1458-1495), fils de Mehmet II, le conquérant de Constantinople. Ecarté par son frère du pouvoir, Zizim se réfugia auprès des Chevaliers de l’Ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem, qui le garderont en otage. C'est notamment le Chevalier Charles Allemand de Rochechinard qui le ramènera en France, où il défraiera la chronique. Lorsqu'elle découvrit les tapisseries de La Dame à la licorne, exposées depuis au musée de Cluny, George Sand pensa qu'elles avaient été commandées par le prince Zizim.

  • En contrebas du château, l’église, le cimetière et l’ancien presbytère forment l’ancien centre de vie d’une communauté d’habitant n’ayant jamais aggloméré son habitat. Dès le Moyen Âge, et jusqu’à nos jours, cet espace est l’emplacement privilégié des événements religieux et profanes (offices, fêtes, proclamations seigneuriales…).

La première église fut probablement celle du château de Rochechinard, dont la protection par un saint guerrier, saint Georges, fut transféré au XIIIe siècle à l’église paroissiale. C’est peut-être son effigie qui ornait la fresque du tympan de la porte d’entré, protégé autrefois par un auvent. Lieu de sépulture privilégié pour les seigneurs, un à quatre prêtres desservaient au XVIe siècle cette église et ses chapelles Sainte-Marie et Saint-Jacques.

  • Le musée du Royans, installé dans l'ancien presbytère, à côté de l'église paroissiale. Plus de 2 000 objets rapprochent le visiteur de son passé. Reconstitution d'un habitat au XIXe siècle (cuisine, chambre, magnanerie... 7 pièces) où sont présentés le passé paysan et l'artisanat du Royans.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

La « légende » de Djem Sultan dit "Zizim"

L’histoire pourrait commencer par « il était une fois un prince oriental amoureux d’une belle dauphinoise », tellement elle fut embellie. Mais cela est bel et bien un fait historique qui prit place à la fin du Moyen Âge dans le Royans et eut en particulier pour cadre le château de Rochechinard.

Djem (dit Zizim), fils du sultan Mehmet II, battu par son frère Bayezid (Bajazet II) dans la lutte pour le trône de Constantinople, vint en 1482 demander l’aide des Chevaliers de l’Ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem à Rhodes. (le futur ordre des chevaliers de Malte). Il voulait s’assurer de leur aide pour gagner les Balkans où il avait des partisans. Le grand maître confie alors le prince à la garde de trois chevaliers, dont Charles Allemand de Rochechinard, alors commandeur du Poët-Laval (village dans la Drôme).

Leur mission est d’escorter Djem en France, sous le prétexte (entre autres) de lui faire rencontrer le roi. Le but est en réalité de le retenir prisonnier et de l’utiliser comme otage pour se prémunir des attaques de Bayezid sur Rhodes. Débarqué à Villefranche-sur-Mer Djem est d’abord conduit dans la commanderie savoyarde des Échelles, via l’Italie. Puis les chevaliers le font embarquer sur l’Isère à Saint-Quentin-sur-Isère, de manière à gagner la vallée du Rhône et de là, la commanderie du Poët-Laval. À la fin de l’été 1483, alors que la nouvelle de la mort du roi Louis XI parvient à Charles Allemand de Rochechinard, les chevaliers tombent le masque et désarment l’escorte du prince. En plein hiver 1483-1484, quittant Poët-Laval le commandeur amène Djem « dans un fort sur un rocher nommé Rosinul » (Rochechinard dans une chronique turque).

Dans la forteresse sans doute juste rénovée par la famille Allemand le prince demeurera quelques mois, mais on connaît par des descriptions du XVIIe siècle la mention d’une « salle du Turc ». Au printemps 1484 le prince est logé dans le château de la Bâtie-en-Royans. Ce dernier aujourd’hui disparu était situé sur l’actuelle commune de Saint-Laurent-en-Royans. Il était la possession de la famille de Sassenage, traditionnel allié de la famille Allemand « Le châtelain du lieu avait une aimable fille sans pareille. Entre celle-ci et Djem naquit un amour réciproque ». Voici comment en une ligne la chronique turque des Vaki- at i sultan Cem résume l’idylle de « Zizim » et de Philippe-Hélène de Sassenage. Après quatre ou cinq mois de séjour dans le Royans, le prince fut amené à Bourganeuf (Creuse) dans la tour Zizim où il demeura jusqu’en 1488, date à laquelle il fut confié au pape à Rome. En 1495 Charles VIII allant conquérir le Royaume de Naples demanda à Alexandre VI Borgia la garde du précieux otage. Djem mourut avant d’arriver à Naples dans des circonstances troublantes (poison ?).

Et celle qui portait en hommage à sa beauté, le surnom d’Hélène ne revit jamais son prince « des mille et une nuits ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sources :
    Archives Départementales de la Drôme, registres d'Etat Civil de la commune de Rochechinard (1793-1902) : Registres d'Etat Civil de Rochechinard (1793-1902)
    Registres de délibération du conseil municipal de la commune de Rochechinard (1837-1947)
  2. Rochechinard sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 8 mars 2015).
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .


Liens externes[modifier | modifier le code]

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