Crest (Drôme)

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Crest
Crest (Drôme)
Vue sur la ville depuis la tour de Crest.
Blason de Crest
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Die
Intercommunalité Communauté de communes du Crestois et du pays de Saillans
Maire
Mandat
Hervé Mariton
2020-2026
Code postal 26400
Code commune 26108
Démographie
Gentilé Crestois, Crestoises
Population
municipale
8 629 hab. (2018 en augmentation de 5,48 % par rapport à 2013)
Densité 369 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 43′ 45″ nord, 5° 01′ 22″ est
Altitude Min. 166 m
Max. 463 m
Superficie 23,38 km2
Unité urbaine Crest
(ville-centre)
Aire d'attraction Crest
(commune-centre)
Élections
Départementales Canton de Crest
(bureau centralisateur)
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Crest
Liens
Site web mairie-crest.fr

Crestprononcé /kʁe/ — est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont dénommés les Crestois[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue sur la tour de Crest depuis les rues piétonnes du centre-ville.

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Crest est située à 25 km de Valence (préfecture de la Drôme), 110 km de Grenoble, 131 km de Lyon, 213 km de Marseille et 591 km de Paris.

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique
Carte avec les communes environnantes

Relief et géologie[modifier | modifier le code]

Sites particuliers :

Géologie[modifier | modifier le code]

Le sol de Crest est riche en marne, molasse[2] et fossiles[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La rivière Drôme traverse Crest.

La Drôme, passant par Crest, traverse le département d'est en ouest, de sa source à la Bâtie des Fonds sur la commune de Valdrôme jusqu'à Livron.

Climat[modifier | modifier le code]

Relevé météorologique mensuel de Montélimar
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 1,6 2,5 4,9 7,1 11 14,7 17,2 16,9 13,7 10,3 5,5 2,7
Température maximale moyenne (°C) 8,3 10,4 14,7 17,6 22,3 26,3 29,7 29,2 24,4 18,9 12,4 8,8
Précipitations (mm) 26 28,8 32,6 29,9 34,8 25,3 28,9 33,9 24,9 33 25,9 31,4
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
8,3
1,6
26
 
 
 
10,4
2,5
28,8
 
 
 
14,7
4,9
32,6
 
 
 
17,6
7,1
29,9
 
 
 
22,3
11
34,8
 
 
 
26,3
14,7
25,3
 
 
 
29,7
17,2
28,9
 
 
 
29,2
16,9
33,9
 
 
 
24,4
13,7
24,9
 
 
 
18,9
10,3
33
 
 
 
12,4
5,5
25,9
 
 
 
8,8
2,7
31,4
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Il pleut autant qu'à Lyon (827 mm par an).
La moyenne d’ensoleillement est d'environ 2 250 heures par an (comparaisons : 2 899 à Toulon, 1 976 à Lyon, 1 797 à Paris).

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par les routes départementales D 93, D 104, D 164, D 38 et D 888.
La sortie n°16 de Loriol-sur-Drôme de l'autoroute A7 dessert les communes de Crest et Privas[4].

Transports en commun[modifier | modifier le code]
L'arrêt de bus Crest Kiosque.

Les lignes 21, 25, 26, 27 et 28 du réseau Valence Romans Déplacements relient Crest aux autres communes de la Drôme[5].

Transport à la demande[modifier | modifier le code]

Un service de transport pour se déplacer à travers la commune : Mouv' à Crest. Ce service est accessible à tous sur réservation téléphonique, certains jours de la semaine[réf. nécessaire].

Réseau ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare de Crest est située sur la ligne Valence-Livron-Aspres-sur-Buëch. Les trains TER Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-côtes-d'Azur passant par Crest, relient Romans-Bourg-de-Péage à Gap ou Briançon. Elle est aussi desservie par le train de nuit Intercités Paris-Briançon.

La gare de Valence TGV, située à 35 km de Crest donne accès aux lignes à grande vitesse qui desservent, Paris à 2h, Lyon et Avignon à 0h30, Marseille à 1h, Genève à 3h et Bruxelles à 4h.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Crest est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[6],[7],[8]. Elle appartient à l'unité urbaine de Crest, une agglomération intra-départementale regroupant 5 communes[9] et 14 301 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[10],[11].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Crest, dont elle est la commune-centre[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 17 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[12],[13].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,4 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (64,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (28,7 %), zones agricoles hétérogènes (28,3 %), forêts (22,6 %), zones urbanisées (7,9 %), prairies (5,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (2,6 %)[14].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[15].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La ville, vue sur le clocher.

Quartiers, hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Site Géoportail (carte IGN)[16] :

  • Abeille
  • Barnavon
  • Béal
  • Bernard
  • Bouvier
  • Bresson
  • Bruel
  • Chapelle Saint-Ferréol
  • Chaufondés
  • Chaumet
  • Courbis
  • Court
  • Dor
  • Duc
  • Eymeri
  • Gamon
  • Guichard
  • Guillaumont
  • la Baumette
  • la Chevalerie
  • la Maladière
  • la Plaine
  • la Sansonne
  • les Auberts
  • les Blaches
  • les Gardettes
  • les Monchauds
  • les Plantas
  • Leyronat
  • Lombard
  • Maffet
  • Masse Panier
  • Masseron
  • Mazorel (ouest)
  • Mazorel (est)
  • Morel
  • Moulin Jouve
  • Nébois
  • Os de Gras
  • Permingeat
  • Portier
  • Richaud (nord)
  • Richaud (sud)
  • Rostagnon
  • Rousse
  • Roux
  • Saint-Ferréol
  • Saint-Sauveur
  • Soubeyrand

Logement[modifier | modifier le code]

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

Le plan local d'urbanisme de Crest est approuvé le 17 mars 2006[17]. Il vise principalement l'aménagement des terrains inexploités ou inutilisés pour améliorer le cadre de vie dans la commune.

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Crest a subi de nombreuses crues de la Drôme[18].
Les risques d'inondation sont étudiés, détaillés et encadrés dans le cadre du plan de prévention des risques (PPR)[19].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations[modifier | modifier le code]

Dictionnaire topographique du département de la Drôme[20] :

  • 1120 : apud castrum Cristam (Jaffé, Reg. pontific. roman.).
  • 1144 : de Cresto (cartulaire de Saint-Chaffre, 13).
  • 1145 : Cristum et Crestum (cartulaire de Die, 33).
  • 1157 : castrum Cresti (Gall. christ., XVI, 104).
  • 1165 : Crista (cartulaire de Die, 20).
  • 1187 : Crest (cartulaire de Die, 53).
  • 1192 : mention de l'église, originairement Sainte-Marie : ecclesia Beate Marie de Crista (Repert. Sancti Ruffi, 88).
  • 1196 : mention de l'église, devenue Saint-Sauveur : ecclesia Sancti Salvatoris de Crista (cartulaire de Die, 57).
  • 1201 : mention du mandement : mandamentum de Crista (cartulaire de Die, 24).
  • 1217 : Crest-Arnaut (cartulaire de Saint-Chaffre, 40).
  • 1234 : mention de l'archiprêtré : archiprebyteratus de Crista (cartulaire de Léoncel, 177).
  • XIIIe siècle : Crest-Arnaud (chron. de la guerre des Albigeois : Hist. de Languedoc, V, 141).
  • 1308 : castrum Criste (inventaire des dauphins, 219).
  • 1376 : Crista Arnaudi (cartulaire de Montélimar, 61).
  • XIVe siècle : mention de la paroisse : capella de Crista (pouillé de Die).
  • 1426 : Christa Arnaudi (confirm. des libertés municipales).
  • 1447 : le Crest-Arnauld (ordonnance de Louis XI).
  • 1450 : mention de l'archiprêtré : archiprebyteratus Criste Arnaudi (Rev. de l'évêché de Die).
  • XVe siècle : villa Christae (Guy-Pape, quest., 63).
  • 1499 : Cresta-Armandy (sic.) (ann. d'Aiguebelle, I, 559).
  • 1501 : Cresta-Arnaudi (ann. d'Aiguebelle, I, 563).
  • 1509 : mention du chapitre (ou collégiale) : ecclesia parochialis et collegiata Sancti Salvatoris Cristae Arnaudi (visites épiscopales).
  • 1516 : mention du chapitre (ou collégiale) : collegium Sancti Salvatoris Cristae Arnaudi (rôle de décimes).
  • 1576 : mention de l'archiprêtré : l'archipresbyterat de Crest (rôle de décimes).
  • 1891 : Crest, chef-lieu de deux cantons de l'arrondissement de Die.

Étymologie[modifier | modifier le code]

De l'occitan crest, lui-même du latin crista « crête d'un oiseau » qui a pris, comme en français, le sens de « crête de montagne, sommet, cime ».

  • Le village est « dominé par une crête rocheuse, au nord de la ville, site d'un donjon dominant le cours de la Drôme ».
  • La famille Arnaud fait construire au Xe siècle un château dont l'enceinte englobe une petite ville, alors dénommée Crista Arnaldorum (« La crête des Arnaud »). Cette cité prendra plus tard le nom de Crest-Arnaud puis Crest[21].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'une maison à l'âge de fer.

Une fouille préventive au passage du TGV Méditerranée sur la commune de Crest a été réalisée entre novembre 1995 et juin 1996 par Jean-Michel Treffort et son équipe d'archéologues.
Le site fouillé, dénommé Bourbousson 1, situé sur la rive droite de la Drôme, a permis d'identifier un habitat hallstattien daté du Ve siècle avant notre ère[22].

Sur ce site, fréquenté dès le néolithique, ont été mises en évidence les conditions du développement de l'agriculture (épierrements et murs de pierre sèche délimitant les champs, terrasses de culture).
Réoccupé dans la première moitié du Ve siècle avant notre ère, il s'y développa un habitat groupé, qui a pu être parfaitement daté grâce à la présence de céramique d'importation de Grèce et d'amphores massaliotes, ainsi que par des objets métalliques (fibules)[23]. L'occupation fut de courte durée, celle d'une génération, entre 500 et 440, mais permit l'édification de plusieurs bâtiments en terre et en bois ayant chacun une surface approximative de 40 m2[24].

Les bâtiments sont de deux types :

  • Le premier suit un tracé rectangulaire, ses murs sont en colombage hourdé de terre et le toit à deux pans.
  • Le second type correspond à l'architecture protohistorique du domaine alpin. Il utilise un cadre de poutres reposant sur un substrat de galets.

Entre ces bâtiments, constituant un village, existaient différentes parties domestiques (fosses-silos, greniers) et des allées ou chemins empierrés[25].

La fouille du site a permis de recueillir 24 000 tessons de céramique, dont 95,5 % non tournées. La céramique tournée était d'importation (amphores massaliotes et poteries attiques à vernis noir).
Il fut aussi exhumé 200 objets métalliques, dont nombre de parures typiques de la civilisation de Hallstatt[26].
L'outillage lithique était composé de meules en grès ou en basalte, de polissoirs et de petites enclumes. Un seul outil, une aiguille à chas, était en os[27].

Bourbousson 1, situé au débouché d'une importante voie transalpine qui se croisait avec une piste protohistorique menant de Massalia à Lugdunum[28], est le témoignage de l'influence hallstattienne en vallée du Rhône. Il marque la frontière entre la vallée de la Drôme et le Tricastin où, à 40 kilomètres, se trouvent Le Pègue et l'oppidum Saint-Marcel sous influence méditerranéenne[27].

Antiquité : les Gallo-romains[modifier | modifier le code]

La base de la tour date du IVe siècle[29].

L'auberge de Bourbousson[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'une auberge sous l'Antiquité romaine.
Araire avec reille.
Monnaie d'argent de Magnence.

La découverte à Crest, sur le site de Bourbousson 3, d'une caupona gallo-romaine datée du IIIe siècle est due aux chantiers de fouilles ouverts sur le tracé du TGV Méditerranée. Une équipe d'archéologues, sous la direction de Véronique Bastard, a pu dégager les restes d'un bâtiment quadrangulaire de 264 m2. La façade sud de celui-ci était précédé par deux pavillons d'angle réunis par une pergola. Cet ensemble formait cour. L'accès principal de l'auberge se situait à l'est et se faisait par un chemin raccordé à la voie romaine. À l'ouest, une ouverture menait à un lucus (bois sacré) où ont été retrouvées des offrandes monétaires[30].

L'intérieur de l'auberge était subdivisé en six salles organisées autour d'une pièce centrale de 54 m2, celle-ci était surmontée d'une mezzanine. Elle comportait un foyer qui servait tant pour la cuisson des aliments que pour le chauffage. Sur ces côtés a été identifiée la présence de plusieurs vaisseliers ainsi que celle d'un grand coffre de bois contenant des réserves de nourriture. La mezzanine permettait de stocker d'autres réserves, essentiellement des céréales, des légumineuses et des fruits. Ont été identifiés parmi ces réserves alimentaires de l'orge, des fèves, des lentilles, des betteraves, des pommes, des noix et des noisettes[30].

De la grande cuisine on accédait à une pièce toute en longueur, la salle à manger, qui a pu être identifiée grâce à une multitude de fragments de poterie et de reliefs alimentaires[31]. Sise au pied d'une colline, orientée plein sud, l'auberge de Boubousson avait pris la place d'un petit établissement agricole du début du IIIe siècle. Celui-ci fut totalement transformé lors de sa nouvelle affectation. La toiture fut refaite en utilisant, en alternance, des tuiles à rebord (tegulae) et des tuiles canal (imbrices), la charpente reposant sur des murs en briques crues (adobe) suivant les préconisations de Vitruve. Tous les sols étaient en terre battue, la cour pavée de petits galets et des gravillons recouvraient les voies d'accès[32].

Le site de Bourbousson 3 a permis de retrouver, dans une resserre de l'auberge, deux reilles d'araire qui ont été datées du courant du Ve siècle. Ces instruments aratoires, forgés d'un seul tenant, qui se présentent sous la forme d'un soc en forme de triangle ou de losange prolongé par une tige, ont été étudiées par Michel Feugère. Le premier est long de 45 cm et pesait 3 kg, le second de 62 cm pour 3,25 kg. Ces socs primitifs sont considérés comme faisant partie des plus grands objets en fer provenant de cette période de l'Antiquité[33].

Sur ce même site ont été recueillies 596 monnaies romaines toutes de billon ou de bronze à l'exception de deux pièces d'argent à l'effigie de l'empereur usurpateur Magnence qui furent frappées à Lyon en 351-352. Dans ce lot, 445 pièces ont été identifiées avec certitude. Sylviane Estiot, qui s'est chargée de cette étude, a regroupé ce numéraire en trois ensembles. Le premier ne comprend que neuf pièces. Elles ont été retrouvées groupées près de l'auberge de Bourbousson et semblent provenir d'une bourse perdue. Le second se compose des 247 monnaies provenant du sol en terre battue de l'auberge. Le troisième, qui est le plus important avec 329 pièces, a été retrouvé dans le lucus autour d'un bloc carré de molasse et correspond à un dépôt votif[34].

Du Moyen Âge à la Révolution[modifier | modifier le code]

André Borel d'Hauterive dans l’Armorial du Dauphiné donne les indications suivantes : famille nombreuse et puissante qu'Aymar du Rivail, historien du Dauphiné, prétend être d’origine roturière (in diensi agro ignobilis arnaudarum gens, page 419) et qui fit bâtir la ville de Crest, la Baume-des-Arnauds et Chastel-Arnaud.

  • Arnaud de Crest fit hommage le 15 août 1145, à l'évêque de Die, de ses châteaux de Crest, d'Aouste-sur-Sye, de Saint-Benoit, de Béconne, de Saint-Médard, de Divajeu, de Marsanne, de Cobonne, de la Recluse et de la Forest.
  • Le même Arnaud fut probablement connétable de Tripoli lors de la seconde croisade (1155). Cette maison possédait la seigneurie de Crest, soit en partie, soit totalement. Le 15 août 1146, afin de financer un voyage en terre sainte, Arnaud de Crest céda à l'évêque de Die ses possessions dans le diocèse de Die, dont le site fortifié de Crest.
  • Une fille et héritière Arnaud (fille de la comtesse de Marsanne) s'allia au comte Guillaume de Poitiers, originaire du Languedoc (ou d'Aquitaine selon Eugène Arnaud). La seigneurie, après une lutte acharnée entre les Arnaud et les Poitiers, revint à cette dernière famille. Les Arnaud furent chassés par les Poitiers et s'implantèrent au-delà de Die dans les Alpes-de-Haute-Provence (Embrun, Forcalquier, Château-Dauphin) où ils tombèrent dans l’oubli[réf. nécessaire].

La seigneurie[20] :

Charte de libertés octroyée aux habitants de Crest par Adhémar de Poitiers, comte de Valentinois, en 1188 (Tour de Crest).
  • Crest, dont la fondation médiévale n'est pas antérieure au XIe siècle fut tout d'abord possédée en franc-alleu par les Arnaud, ses fondateurs.
  • 1145 : Les Arnaud la soumettent au fief des évêques de Die.
  • Elle devient une propriété indivise entre les évêques et les comtes de Valentinois.
  • 1188 : les comtes de Valentinois accorde une charte des libertés municipales à ses habitants.
  • 1356 : les comtes de Valentinois acquièrent la part des évêques. Ils font de Crest la capitale de leurs états.
  • Début XVe siècle : ils y établissent un atelier monétaire.
  • 1419 : devient une terre domaniale lors du rattachement des comtés de Valentinois et de Diois à la France.
  • 1636 : incorporée dans le duché de Valentinois érigé pour les princes de Monaco, derniers seigneurs.

Après être sortie ruinée des guerres de religion, la ville connait une accalmie au XVIIe siècle notamment grâce à son fort développement économique rendu possible en raison de l'implantation d'industries fabricants du coton, de la laine ou encore de la soie[réf. nécessaire].

Plusieurs gouverneurs s'y succèdent jusqu'à la Révolution. Une pièce de théâtre écrite au XIXe siècle par Madame C*** de T*** (Camille de Tertulle, marquise de La Baume-Pluvinel), intitulée Catherine Bouliane[35], évoque l'entourage du gouverneur de la ville et château de Crest en 1660, notamment les familles Bouliane et Richaud, ainsi que David Rigaud, marchand et poète.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le lieu-dit Soubeyran, sur la rive gauche de la Drôme, abrite des moulins à papier que la famille Gaillardon (David, Sébastien, Etienne) fait prospérer. D'autres moulins à papier essaimeront en amont et au nord de Montpellier à l'instigation de cette famille[réf. nécessaire].

1627 : le château est démantelé[20] sur ordre de Louis XIII qui le trouvait potentiellement dangereux. Le donjon fut épargné et devint la tour de Crest.

1742 (commerce dans la ville de Crest) : 75 marchands ou fabricants[20].

1786 (commerce dans la ville de Crest) : 30 marchands, 20 cordonniers, 7 boulangers, 20 cabaretiers, aubergistes ou cafetiers, 11 muletiers[20].

Avant 1790, Crest était l'une des dix villes du Dauphiné dont les consuls siégeaient à la tête des députés du tiers état (dans les États généraux de cette province).

  • C'était en même temps le chef-lieu d'une subdélégation de l'élection de Montélimar, comprenant 106 paroisses ou communautés, et le siège d'une sénéchaussée, tribunal qui, remplaçant depuis 1447 l'ancienne Cour majeure des comtes de Valentinois et de Diois (1404 : Curia major comitatuum Valentinensis et Dyensis (arch. mun. de Crest)) était composé d'un visénéchal, d'un lieutenant particulier, d'un conseiller et d'un procureur du roi, et dont la juridiction s'étendait sur 56 paroisses ou communautés (voir l'introduction).
  • C'était aussi le siège d'un gouvernement militaire, dit de Crest ville et Tour, comprenant un gouverneur, un commandant et un major.
  • Cette ville formait une paroisse du diocèse de Die, dont l'église, originairement dédiée à sainte Marie et, dès 1196, sous le vocable de saint Sauveur, était depuis 1277 le siège d'un chapitre ou collégiale composé en dernier lieu d'un doyen, d'un chantre et de sept chanoines. Décimateur à Crest, à Lambreset et à Divajeu depuis sa création, ce chapitre jouissait en outre, par le fait d'unions successives, des revenus des prieurés d'Espenel, de Saint-Moirans, de Célas, de Comps, du Pègue et de Saint-Jean de Crest (voir ces noms).
Division du diocèse de Die, l'archiprêtré de Crest dont il est question dès 1187, comprenait les cantons de Bourdeaux et de la Chapelle-en-Vercors, celui de Saillans (moins Aurel), la plus grande partie de ceux de Crest-Nord, de Crest-Sud et de Dieutefit, deux communes du canton de Die et une de chacun de ceux de Chabeuil, de Marsanne et de Nyons.
  • Jusque vers la fin du XVIIe siècle, la partie nord-est de la banlieue de Crest forma une seconde paroisse, d'abord sous le vocable de Saint-André puis sous celui de Saint-Vincent (voir Le Calvaire et Saint-Vincent).
  • Comme établissements religieux, il y avait encore dans cette ville un couvent de cordeliers, un de capucins, un d'ursulines et un de visitandines (voir Le Champ-de-Foire, Les Capucins, Sainte-Ursule et L'Hôpital)[20].

De la Révolution à nos jours[modifier | modifier le code]

Crest au XIXe siècle illustrée par Alexandre Debelle (1805-1897).

En 1790, Crest devient le chef-lieu d'un district (ou arrondissement) comprenant les cantons d'Allex, Aouste, Bourdeaux, Chabrillan, le Plan-de-Baix, le Puy-Saint-Martin et Saillans. La réorganisation de l'an VIII (1799-1800) en fait le chef-lieu de seulement deux cantons :

  • Le canton de Crest-Nord, qui se compose des communes d'Allex, Aouste, Beaufort, Cobonne, Crest en partie, Eurre, Gigors, Mirabel-et-Blacons, Montclar, Montoison, Omblèze, Ourches, le Plan-de-Baix, la Rochette, Suze et Vaunaveys.
  • Le canton de Crest-Sud, comprenant les communes d'Auriple, Autichamp, Chabrillan, Crest en partie, Divajeu, Grane, Francillon, Piégros-la-Clastre, le Puy-Saint-Martin, la Répara, Roche-sur-Grane, Roynac, Saou et Soyans[20].

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795[réf. nécessaire].

La tour de Crest devient une prison d'État au XVIIIe siècle[20].

  • Au XIXe siècle, la tour de Crest, lors du coup d'état de Napoléon III, devient le lieu d'enfermement de plus de 400 insurgés, principalement des paysans[réf. nécessaire].
  • Toujours au XIXe siècle, elle sera utilisée comme maison de correction et comme caserne. En 1891, c'est une propriété privée[20].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Un camp de concentration pour Tsiganes d'Alsace-Lorraine de 1915 à 1919 fut créé dans la commune[36],[37].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1944, les Allemands amenèrent des groupes de prisonniers de l'Armée rouge des républiques soviétiques du Caucase ou d'Asie centrale chargés de violer, maltraiter et piller en échange de la vie sauve, à Crest et à Saint-Donat. La population locale pensait qu'il s'agissait de Mongols[38].

Le 13 août 1944, la ville va souffrir des bombardements américains[39].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter. : de la Révolution au Second Empire
1790 1871 ?    
Les données manquantes sont à compléter. : depuis la fin du Second Empire
1871   ?    
1874   ?    
1878   ?    
1884   ?    
1888   ?    
1892   ?    
1896   ?    
1900   ?    
1904   ?    
1908   ?    
1912   ?    
1919
(ou 1920 ?)
1925 Félix Rozier   pharmacien
sénateur de la Drôme
1925 1929 Félix Rozier   maire sortant
1929 1935 Félix Rozier   maire sortant
1935 1942 Félix Rozier   maire sortant
1943
(élect. partielle ?)
1944 Georges Bovet    
1944
(élect. partielle ?)
1945 Louis Vallon    
1945 1947 Louis Vallon   maire sortant
1947 1953 Charles Armorin[40]    
1953 1959 Charles Armorin   maire sortant
1959 1965 Charles Armorin   maire sortant
1965 1971 Charles Armorin   maire sortant
1971 1977 Maurice Rozier Radical conseiller général de la Drôme
1977 1983 Maurice Rozier   maire sortant
1983 1989 Max Tabardel    
1989 1995 Jean-Pierre Tabardel PS conseiller général de la Drôme
1995 2001 Hervé Mariton UDF-PR
puis DL
puis UMP
puis LR
ancien Ministre, ancien député
2001 2008 Hervé Mariton   maire sortant
2008 2014 Hervé Mariton   maire sortant
2014 2020 Hervé Mariton   maire sortant
2020 En cours
(au 15 janvier 2021)
Hervé Mariton[41][source insuffisante]   maire sortant

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Les cantons[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2015, Crest était le chef-lieu de deux cantons, la commune elle-même était divisée entre ces deux cantons (ce qui est rare pour une commune de moins de 10 000 habitants) :

À la suite d'un décret de 2014 modifiant le découpage des cantons du département et prenant effet dès les élections départementales françaises de 2015, il ne subsiste plus qu'un seul canton[42].

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Espaces verts et fleurissement[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune obtient le niveau « une fleur » au concours des villes et villages fleuris[43].

Développement durable[modifier | modifier le code]

En 2010, la commune de Crest a été récompensée par le label « Ville Internet @@ »[44].

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2006[45].

Seize points de collecte permanente de déchets recyclables sont implantés dans la commune[46].

Finances locales[modifier | modifier le code]

Finances locales de Crest de 2000 à 2018[47].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Voir l’image vierge
Localisation de Crest, Cromer, Nidda, Ponte San Nicolò et Medvode.

Au 1er août 2012, Crest est jumelée avec[48] :

Par ailleurs, une convention de partenariat aurait été signée avec la commune de Medvode (Slovénie) en 2008.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[49]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[50].

En 2018, la commune comptait 8 629 habitants[Note 3], en augmentation de 5,48 % par rapport à 2013 (Drôme : +4,05 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 5004 5004 3704 3354 9014 9834 9485 0795 423
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 1105 4605 3515 5685 6005 5355 6695 5695 582
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
5 5795 6605 5365 0055 2505 3795 5135 3595 773
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
6 2077 1407 5197 5187 5837 7397 7867 7897 793
2013 2018 - - - - - - -
8 1818 629-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[51] puis Insee à partir de 2006[52].)
Histogramme de l'évolution démographique

Services et équipements[modifier | modifier le code]

L'ancien hôpital (ou site de Sainte-Marie), situé sur les hauteurs de la ville, conserve son activité notamment pour tout ce qui est des activités para-hospitalières. On y retrouve : une crèche pour les petits au rez-de-chaussée, l'EHPAD Armorin, les jardins de la tour et les flamands et enfin l'unité d'autodialyse[réf. nécessaire].

Une médiathèque départementale assure la liaison avec l'ensemble des bibliothèques des communes voisines, située à côté de la gare (place Alexandre Soljenitsyne) et en face du lycée Francois Jean Armorin. Elle propose plusieurs milliers d'ouvrages pour adultes et enfants, une grande salle de consultation, des conférences et événements autour de la lecture, et possède un parc informatique permettant l’accès au catalogue de la bibliothèque et à internet ;

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'ensemble scolaire Saint-Louis.

Crest est située dans l'académie de Grenoble.

La commune possède trois écoles maternelles publiques : Claire-de-Chandeneux, Anne-Pierjean et Georges-Brassens ; trois écoles élémentaires : Royannez, Anne-Pierjean et Georges-Brassens ; le collège Tibor Revesz-Long et le collège-lycée François-Jean-Armorin et un établissement privé, l'ensemble scolaire Saint-Louis[53].

La commune possède aussi une école de musique, de danse et de théâtre[réf. nécessaire].

Santé[modifier | modifier le code]

La commune est dotée d'un hôpital disposant d'un service d'urgences employant 290 personnes[54] pour 199 lits[55].
Un nouvel hôpital est construit à côté du collège Tibor-Revesz-Long, dans le quartier Mazorel[réf. nécessaire].

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Placée aux portes des Préalpes, proche du Diois, Crest est une ville de passage pour tous les habitants de la vallée de la Drôme.
C'est un centre touristique qui accueille plusieurs festivals dont Crest Jazz Vocal[56] et Futura[réf. nécessaire].

La commune propose un calendrier festif et culturel varié :

Crest a connu son unique marche des fiertés le 11 mai 2013[65].

Loisirs[modifier | modifier le code]

Le cinéma Eden.
  • Piscine ouverte en juillet et en août ;
  • Cinéma Eden, disposant de trois salles numériques et 3D pour un total de 543 places, à la programmation variée (art et d'essai / classique) ;
  • L'ancien centre aéré est devenu un Accueil de loisirs intercommunal (ALSH).

Sports[modifier | modifier le code]

Quarante-deux associations sportives sont recensées en août 2012[66].

De nombreux équipements sportifs sont à disposition dans la commune dont quatre gymnases, un mur d'escalade, une salle d'haltérophilie, un boulodrome, une salle d'escrime, un terrain de rugby, un terrain de football, un club de tennis, un centre équestre, une piscine municipale, un dojo et un skatepark[67].

La manifestation sportive la plus importante est le Challenge Vallée de La Drôme qui rassemble chaque mois de mai plusieurs milliers de participants, amoureux de la course à pied[réf. nécessaire].

Rugby

En 1977, l'US Crest a été finaliste du championnat de France 1re série de rugby à XV[réf. nécessaire].

Football

En 2018, Le club de Football du village (Entente Crest-Aouste) se qualifie pour la première fois de son histoire pour le 8e tour de la Coupe de France de Football[68].

Médias[modifier | modifier le code]

Presse
  • Le Crestois est un journal hebdomadaire local imprimé depuis 1900[69].
  • L'Agriculture drômoise est un journal d'informations agricoles et rurales qui couvre l'ensemble du département de la Drôme.
Radio
Internet
  • Le Bec[1] est un journal numérique de la Vallée de la Drôme.

Cultes[modifier | modifier le code]

Christianisme[modifier | modifier le code]

Culte catholique
Culte protestant

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Islam[modifier | modifier le code]

Association culturelle musulmane de Crest[74].

Autres[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

La ville se caractérisait jusqu'en 1985 par une importante activité économique. Il ne reste plus que le cartonnage, la plasturgie et l'artisanat d'art. L'activité commerciale est en mutation. Crest reste attractif pour ses environs[réf. nécessaire].

Agriculture[modifier | modifier le code]

En 1992, l'agriculture se composait de polyculture (céréales, graines fourragères, ail), d'élevage (porcins, caprins, pintadeaux de la Drôme (AOC). Les produits locaux sont le Picodon et la pogne[29].
Elle se tourne peu à peu vers le « bio », avec des fermes d'exploitations de type familial[réf. nécessaire].

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Trois zones d'activité dont une en cours d'implantation, existent dans la commune : la Z.A.C Condamine (2,44 ha), la Z.I la Plaine (8,33 ha) et le futur Ecoparc dans le quartier Mazorel[75].

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'été, Crest vit essentiellement du tourisme de la vallée de la Drôme[réf. nécessaire].

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2009, le revenu net déclaré moyen par foyer fiscal de Crest est de 18 734 [76] (contre 21 157  dans l'ensemble du département de la Drôme[77]). Parmi ces foyers fiscaux, 42,1 %[76] sont imposables (contre 50,2 % dans le département de la Drôme[77]).

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2009, l'emploi total représente 4 067 personnes[76] (contre 203 335 personnes dans l'ensemble du département[77]). En nombre de personnes, l'emploi à Crest représente donc 2 % de l'emploi total du département..

Le taux de chômage des 15-64 ans représente 14,8 %[76] de la population active (contre 12,1 % dans la Drôme[77]).

La situation économique du bassin de Crest est particulièrement difficile : plus d'un tiers des habitants est contraint de travailler dans la région valentinoise[réf. nécessaire].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La tour de Crest.

La cité médiévale s'est construite à même une crête rocheuse, surplombée par la tour de Crest, donjon médiéval classé monument historique français [78].

Huit monuments sont inscrits au patrimoine historique français :

  • la tour de Crest[79] ;
  • l'église Saint-Sauveur[80] ;
  • la maison Breyton (façade et toiture)[81] ;
  • l'école maternelle (façade et toiture)[82] ;
  • l'hôtel de Pluvinel (salon, élévation, toiture et décor intérieur)[83] ;
  • la maison de la Poste (salle, élévation, toiture et décor intérieur)[84] : façade, toiture, grande salle (IMH)[29] ;
  • la chapelle de la Visitation[85] ;
  • la chapelle des Cordeliers[86]. Elle date du XVIe siècle : cinq travées voûtées d'ogives[29].

La tour de Crest[modifier | modifier le code]

La base de la tour est d'époque romaine (IVe siècle). Le reste date des XIe et XVe siècles : 50 mètres de hauteur, trois étages, cheminée remarquable, armes[29].

Dominant la ville du haut de ses 52 mètres, c'est le plus haut donjon médiéval de France et d'Europe. Cette tour, emblématique de la ville, est la gardienne d'une des portes des Préalpes drômoises. Elle propose une large vue panoramique et des tables d'orientations. Des expositions y sont organisées[réf. nécessaire].

L'église Saint-Sauveur[modifier | modifier le code]

Exemple d’architecture néo-classique du XIXe siècle, l'église s’écroula en 1836 et l'église actuelle fut reconstruite sur un emplacement contigu à l'ancienne mais orientée nord-sud pour libérer une place de marché. La construction fut terminée en 1847[réf. nécessaire].

  • Les armoiries du chapitre de Saint-Sauveur étaient d'argent au Saint-Sauveur de carnation, bénissant de la main dextre et tenant en la senestre un monde d'azur cerclé et croisé d'or[20].

Le couvent des capucins[modifier | modifier le code]

Le couvent des capucins, ordre contemplatif, vivant dans la pauvreté existe dans la ville depuis plus de 400 ans. Il peut se visiter durant les journées du patrimoine.
Il a servi de camp d'internement pour les tziganes expulsés d'Alsace (1915 à 1919) (voir plus haut : paragraphe Histoire).
Il a hébergé l'abbé Pierre de 1932 à 1939[87].

L'escalier des cordeliers[modifier | modifier le code]

Rattaché à la chapelle des cordeliers, en dessous de l'ancien hôpital de la ville. Construit durant la seconde moitié du XVIe siècle, il compte plus d'une centaine de marches faisant la liaison entre l'ancien et le nouveau centre-ville[88].

  • L'escalier compte 124 marches (dont 95 taillées dans le roc)[29].

Le pont en bois[modifier | modifier le code]

Ce pont est le plus grand pont en bois de France[89].

Autres[modifier | modifier le code]

  • XVe siècle : la tour de l'horloge[29].
  • Hôtel de ville : deux portes en bois sculpté (XVIe siècle)[29].
  • Chapelle de l'Hôpital : porte renaissance[29].
  • Calvaire surnommé Les Trois Croix, situé derrière la tour de Crest. Il symbolise le calvaire de Jésus. Il surplombe une petite chapelle et un cimetière avec des tombes appartenant à la famille Fayolle. La légende raconte que le rocher où sont implantées les croix abriterait une crypte dans laquelle les premiers seigneurs de la ville seraient enterrés[réf. nécessaire].
  • Avant 1822 : le temple protestant construit sous le ministère du pasteur Louis-François Arnaud, il est inauguré en 1822[90].
  • Après 1851 : le monument à la résistance au coup d'État du 2 décembre 1851 en Provence[91].

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

La ville possède son musée : le musée du Vieux-Crest[29].

Le centre d'arts[modifier | modifier le code]

L'ancienne caserne des pompiers est transformée en centre d'arts en 2018[92]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Un picodon AOP de la laiterie industrielle ValCrest basée à Crest.

Crest fait partie de l'aire de production du fromage de chèvre Picodon, appellation d'origine protégée grâce à une (AOP).

Les autres spécialités locales sont :

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Barnaud (1539-1604 ?) : médecin et alchimiste huguenot, auteur d'essais et de pamphlets, né à Crest.
  • Antoine de Pluvinel (1552-1620) : pionnier de l'École française d'équitation, né à Crest. Son neveu, Antoine de la Baume Pluvinel, fera construire un hôtel particulier dans le centre de la ville dont on peut encore aujourd'hui admirer la façade.
  • Isaac Casaubon (1559-1614) : humaniste et érudit huguenot, vécut une partie de son enfance à Crest, pendant l'époque conflictuelle des guerres de religion.
  • Guy de Passis (v. 1615 - ap. 1689) : médecin de l'Université de Montpellier[95]
  • Jean-Charles Antoine Curnier (1751-1821) : magistrat et administrateur né à Crest.
  • Antoine Digonet (1763-1811) : général des armées de la République et de l'Empire, né à Crest.
  • François Théodore Curnier (1767-1834) : militaire, frère du précédent.
  • Pierre-André-Hercule Berlier (1769-1821) : général d'Empire, né à Crest.
  • Camille de Tertulle, marquise de La Baume-Pluvinel (1818-1888) : auteur de Catherine Bouliane.
  • Aristide Dumont (1819-1902) : ingénieur des ponts et chaussées, né à Crest.
  • Paul Duseigneur (1822-1895) : photographe.
  • Eugène Arnaud (1826-1905) : pasteur, archéologue et historien du protestantisme, né et mort à Crest.
Le pasteur et historien François-Eugène Arnaud se disait descendant des Arnaud de Crest, qui furent à la fin du XVIe siècle repoussés dans les Alpes par les comtes de Poitiers. Ceci ressort d’une correspondance avec l'historien Rochas, auteur d’un dictionnaire biographique de la Drôme. Dans une autre correspondance avec l'historien Roman, en date du 25 juillet 1903, celui-ci indiqua à Eugène Arnaud que « la famille Arnaud n'est pas originaire des Hautes-Alpes, mais ce sont les Flotte, tous nommés Arnaud Flotte au baptême, qui sont une branche cadette des Arnaud de Crest. Ce sont les Arnaud Flotte qui ont possédé au XIe siècle la Roche et la Baume des Arnaud. Contrairement à ce que prétendait l'historien Aymar du Rivail, les Arnaud étaient nobles et chevaliers, ils prêtaient hommage aux comtes de Valentinois et du Diois ». Les possessions de la famille Arnaud allaient du Vivarais au Trieves. Ils fondèrent la ville de Crest[réf. nécessaire].
  • Claire de Chandeneux (1836-1881) : femme de lettres, née à Crest.
  • Élie Peyron (1857-1941) : homme politique français, mort à Crest où il résidait.
  • Maurice Long (1866-1923) : ancien ministre et député, né à Crest.
  • Edmond Ponsoye (1880-1954) : théologien protestant, pasteur, historien du protestantisme, né à Valence et mort à Crest.
  • Paul Goy (1883-1964) : médecin et poète, né à Crest.
  • Louis Vallon (1901-1981) : homme politique, né à Crest.
  • Albert Voisin (1905-1994), dit Vanber : peintre mort à Crest où il résidait. Il a fait de nombreuses toiles de Crest et ses environs.
  • Jacques Bouffartigue (1921-1986) : artiste peintre, vécut à Crest de 1971 à 1986.
  • Anne Pierjean (1921-2003) : écrivain français, morte à Crest où elle résidait.
  • François-Jean Armorin (1923-1950) : correspondant de guerre et écrivain, né à Crest.
  • Driss Chraïbi (1926-2007) : écrivain de littérature francophone d'origine marocaine, mort à Crest où il résidait depuis 1988.
  • Maurice Izier (1944) : coureur cycliste, né à Crest.
  • Denis Dufour (1953) : compositeur de musique instrumentale et électroacoustique, fondateur en 1993 du festival Futura, a vécu à Crest de 1984 à 1998.
  • Stéphane Courbit (1965) : entrepreneur dans l'audiovisuel, né à Crest.
  • Cédric Kahn (1966) : scénariste et réalisateur, a grandi à Crest.
  • Élisabeth Revol (1979) : alpiniste, notamment connue pour ses réalisations himalayennes en style alpin
  • Les membres du groupe de rock français Les Suprêmes Dindes sont originaires de Crest.

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Les armoiries de la ville de Crest sont d'azur au donjon carré ou tour de Crest, d'or, portillée, fenestrée et maçonnée de sable, sur une terrasse de sinople, chargée en pointe d'un C d'argent; au chef d'argent chargé de trois arêtes de coq de gueules[20].


Blason de Crest

Les armoiries de Crest se blasonnent ainsi : D'azur à la tour carré du lieu (tour de Crest) d'or ouvert, ajouré et maçonné de sable, sur une terrasse de sinople chargée de la lettre C capitale aussi d'or, au chef d'argent chargé de trois crêtes de coq de gueules[96].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1978 : Eugène Arnaud, Histoire et description des antiquités civiles, ecclésiastiques et militaires de la ville de Crest en Dauphiné, Laffitte, , 325 p..
  • 1989 : Bernard Coste, Jean-Noël Couriol, Claude Huot, Sébastien Huot, La tour de Crest, , 48 p.
D'abord donjon d'une forteresse médiévale, disputée entre Seigneurs et Comtes et démantelée sous Louis XIII en 1633, la Tour de Crest fut ensuite transformée dès le XVe siècle en geôle d'État. C'est le plus haut donjon de France.
  • 1999 : Luc Bucherie (préf. Claire Reverchon, photogr. Pascal Ciret), Murmures de la Tour : les Graffiti de la Tour de Crest, Grâne, Éditions Créaphis, coll. « Drôle d'endroit », , 86 p. (ISBN 2-913610-01-3).
  • 2001 : Musée de Valence, Archéologie sur toute la ligne : les fouilles du tgv méditerranée dans la moyenne vallée du Rhône, Paris, Somogy, coll. « Coédition Musée », , 213 p. (ISBN 978-2-85056-513-7).
  • 2004 : André Lacroix, Die, Crest et leurs environs, Res Universis, coll. « Monographies des villes », , 190 p. (ISBN 2-87760-217-6).
  • 2007 : Eugène Arnaud, Histoire des protestants de Crest : de la Réforme à la Révolution, Éditions Ampelos, coll. « Mémoires Prot », , 115 p. (ISBN 978-2-35618-004-9 et 2-35618-004-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilé sur le site habitants.fr.
  2. Charles Lory, Description géologique du Dauphiné (Isère, Drôme, Hautes-Alpes), Paris, , 747 p. (lire en ligne), p. 391.
  3. Scipion Gras, Statistique minéralogique du département de la Drôme ou Description géologique des terrains qui constituent ce département, Grenoble, , 296 p. (lire en ligne), p. 156.
  4. « Carte d'identité », sur le site de la mairie de Crest (consulté le 2 août 2012).
  5. [PDF] « Plan-guide 2012/2013 », sur le site du conseil général de la Drôme (consulté le 2 août 2012).
  6. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  7. « Commune urbaine - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 26 mars 2021).
  8. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  9. « Unité urbaine 2020 de Crest », sur https://www.insee.fr/ (consulté le 26 mars 2021).
  10. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  11. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 26 mars 2021).
  12. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 26 mars 2021).
  13. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 26 mars 2021).
  14. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 26 avril 2021)
  15. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 26 avril 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  16. https://www.geoportail.gouv.fr/
  17. « Plan de développement urbain et PLU », sur site de la mairie de Crest (consulté le 6 août 2012).
  18. « Le risque inondation - Les crues », sur le site du syndicat mixte rivière Drôme (consulté le 3 août 2012).
  19. [PDF]Préfecture de la Drôme, Commune de Crest : Fiche synthétique descriptive des risques, Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, , 2 p. (lire en ligne).
  20. a b c d e f g h i j et k J. Brun-Durand, Dictionnaire topographique du département de la Drôme, Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), page 117.
  21. « Les armes de la ville », sur site de la mairie de Crest (consulté le 1er août 2012).
  22. Jean-Michel Treffort, Archéologie sur toute la ligne, p. 85.
  23. Jean-Michel Treffort, Archéologie sur toute la ligne, p. 86.
  24. Jean-Michel Treffort, Archéologie sur toute la ligne, p. 87.
  25. Jean-Michel Treffort, Archéologie sur toute la ligne, p. 88.
  26. Jean-Michel Treffort, Archéologie sur toute la ligne, p. 89.
  27. a et b Jean-Michel Treffort, Archéologie sur toute la ligne, p. 90.
  28. Jean-Michel Treffort, Archéologie sur toute la ligne, p. 91.
  29. a b c d e f g h i j et k Michel de la Torre, Drôme, le guide complet de ses 371 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, (ISBN 2-7399-5026-8), p. Crest.
  30. a et b Véronique Bastard, Archéologie sur toute la ligne, p. 104.
  31. Véronique Bastard, Archéologie sur toute la ligne, p. 105.
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