Châtiment corporel

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« Méchants garnements » : Caricature allemande de 1849 montrant un maître d'école faisant subir à ses élèves diverses formes de châtiments corporels.
Falak fouettant la voûte plantaire d'un criminel. Photo d'Antoin Sevruguin.

Un châtiment corporel est une forme de punition où une douleur physique est infligée à une personne, généralement associée à une certaine humiliation. Dans les pays occidentaux, il se distingue de la torture par le fait qu'on ne recherche pas un aveu, que la douleur ainsi causée est censée ne pas causer de dommages irrémédiables, et que les éventuels dommages corporels doivent être de faible durée et permettre le retour vers l'activité initiale ou au travail.

Forme de châtiments corporels[modifier | modifier le code]

  • la fessée, où les fesses de la personne sont frappées à l'aide de la main ou d'un instrument : les formes domestiques sont censées être assez bénignes et ne laisser tout au plus qu'une difficulté à s'asseoir, mais il en existe aussi des formes judiciaires plus douloureuses qui laissent des traces mettant du temps à s'estomper.
  • la flagellation, où le dos de la personne est frappé à l'aide d'un fouet : un tel châtiment peut être très douloureux, suivant le type de fouet et le nombre de coups. Une flagellation forte et longue peut aboutir à la mort de la personne.
  • la gifle, où un coup est porté sur la joue de la personne avec la main ou un gant.

Usage des châtiments corporels[modifier | modifier le code]

L'usage des châtiments corporels, et notamment de la fessée, à l'égard des enfants est très contesté. Dans certains pays, il est autorisé dans les écoles publiques et légitimé en référence à des traditions culturelles justifiant des formes d'éducation hiérarchiques et autoritaires. Dans d'autres, on considère qu'il s'agit d'une forme de maltraitance pouvant causer des dommages aux enfants. De telles formes de punitions ont ainsi été interdites en Suède en 1979 pour toute la société, et au Royaume-Uni, mais seulement dans les écoles[1],[2]. Les définitions physiques ne sont pas interdites en France[3].

L'usage des châtiments corporels est une « tradition » dans de nombreux pays où les châtiments corporels ne se limitent pas seulement aux gifles et fessées, mais à des pratiques approchant la torture dans certains pays, par exemple au Maroc [4]: "Le châtiment de la falakha était infligé à l'école, au début des années 1980 (témoignage d'un étudiant marocain). Un système de tourniquet servait à bloquer sur une barre de bois les chevilles des élèves définis dont le maître pouvait frapper la plante des pieds à son aise. Pratiqué par un père sur son fils dans le film tunisien Halfaouine, l'enfant des terrasses, il est probablement commun à tout le Maghreb. Appliqué aux prisonniers, il a été justement dénoncé. Pourquoi personne n'en parle-t-il lorsqu'on l'applique aux enfants ?"

Efficacité dans l'apprentissage scolaire ?[modifier | modifier le code]

Il a été constaté (mais le mécanisme n'est pas encore compris) qu'un stress négatif (aversif, qui n'est pas nécessairement un châtiment) vécu juste après une période d'apprentissage peut ponctuellement au moins protéger les souvenirs des effets de l'oubli (test de mémoire à 3 mois). Ce phénomène a été étudié en laboratoire au moyen du test au froid, ce qui a permis de confirmer cet effet « bénéfique », mais il n'a été avéré que chez les hommes[5]. Des renforcements positifs donnés avant et pendant l'apprentissage semblent pouvoir être aussi efficaces sinon plus.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Caron, À l'école de la violence, châtiments et sévices dans l'institution scolaire au XIXe siècle, Aubier-Montaigne "Histoire", 1999.
  • Sophie Chassat, Luc Forlivesi, Georges-François Pottier, Eduquer et Punir : La colonie agricole et pénitentiaire de Mettray (1839-1937), Presses universitaires de Rennes, 2005.
  • Jacqueline Cornet, Faut-il battre les enfants ? Relations entre les accidents et la violence éducative, Hommes et perspectives, Revigny, 1997 (ISBN 2911616073)
  • Diane Drory, Cris et châtiments : Du bon usage de l'agressivité, De Boeck, 2004.
  • Alice Miller, C'est pour ton bien, Aubier-Montaigne, 1998.
  • Olivier Maurel, La Fessée : Questions sur la violence éducative, La Plage, 2004.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste actualisée des pays abolitionnistes
  2. http://www.corpun.com/counuks.htm United Kingdom: Corporal definition in schools
  3. http://www.endcorporalpunishment.org/pages/pdfs/charts/Chart-Global.pdf
  4. Géographie de la violence éducative ordinaire par continents et par pays
  5. McCullough AM, Yonelinas AP. (2013), Cold-pressor stress after learning enhances familiarity-based recognition memory in men ; Neurobiol Learn Mem. 2013 Jun 30;106C:11-17. doi: 10.1016/j.nlm.2013.06.011. (résumé)

Liens externes[modifier | modifier le code]