Troisième Coalition

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Troisième Coalition
Napoléon à la Bataille d'Austerlitz, par François Pascal Simon
Informations générales
Date 1805[1]
Lieu Europe centrale, Italie et Espagne
Issue Victoire française décisive
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français

Flag of the Kingdom of Etruria.svgRoyaume d'Étrurie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau du Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Flagge Königreich Württemberg.svg Royaume de Wurtemberg
Drapeau du Grand-duché de Bade Grand-duché de Bade
Flag of the Batavian Republic.gifRépublique batave

Troisième Coalition:
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche

Drapeau de l'Empire russe Empire russe Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Drapeau de la Suède Royaume de Suède
Drapeau du Royaume des Deux-Siciles Royaume des Deux-Siciles

Commandants
Flag of France.svgNapoléon Ier
Flag of France.svgAndré Masséna
Flag of France.svgPierre-Charles Villeneuve
Flag of France.svgMichel Ney
Flag of France.svgLouis-Nicolas Davout
Flag of France.svgPierre Augereau
Flag of France.svgJean-Baptiste Bernadotte
Flag of France.svgJean Lannes
Flag of France.svgJoachim Murat
Flag of France.svgJean-de-Dieu Soult
Flag of France.svgAuguste Marmont
Flag of France.svgÉdouard Mortier
Flag of the Habsburg Monarchy.svgFrançois II du Saint-Empire Germanique
Flag of the Habsburg Monarchy.svgKarl Mack von Leiberich
Flag of the Habsburg Monarchy.svg Charles Louis d'Autriche
Flag of the Habsburg Monarchy.svgFerdinand d'Autriche
Flag of the Habsburg Monarchy.svgFranz von Weyrother
Coat of Arms of Russian Empire.svg Alexandre Ier de Russie
Coat of Arms of Russian Empire.svg Pierre de Bagration
Coat of Arms of Russian Empire.svg Mikhaïl Koutouzov
Flag of the United Kingdom (3-5).svg William Pitt
Flag of the United Kingdom (3-5).svg Horatio Nelson
Coat of arms of the Kingdom of the Two Sicilies.svg Ferdinand Ier des Deux-Siciles
Forces en présence
198 000 hommes 392 000 hommes
Pertes
45 000 morts, blessés ou prisonniers 120 000 morts, 20 000 prisonniers
Guerres napoléoniennes
Batailles
Batailles navales

Cap Finisterre · Trafalgar · Cap Ortegal · Gaète · Campo Tenese · Maida


Campagne d'Autriche (1805) : opérations en Bavière - Autriche - Moravie
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Campagne d'Italie (1805) : Opérations en Italie du Nord
Vérone · Caldiero


Traité de Presbourg
La Bataille de Trafalgar

La Troisième Coalition a été conclue en 1805[1] contre Napoléon Ier entre l'Empire russe, l'Empire d'Autriche et la Suède, sous les auspices du Royaume-Uni de William Pitt qui finance l'ensemble, afin de lutter contre les progrès de la domination française en Italie (annexion de la République de Gênes et du duché de Parme) et en Allemagne.

Avant la coalition : le conflit franco-britannique (1803-1805)[modifier | modifier le code]

L'échec du traité d'Amiens[modifier | modifier le code]

France et Royaume-Uni ont conclu le traité d'Amiens en 1802 mais la dimension économique n'a pas été prise en compte. Or la France poursuit sa politique économique protectionniste. Elle bloque ainsi les débouchés industriels britanniques et empêche les importations, notamment de produits agricoles, nécessaires au Royaume-Uni, qui n'est pas auto-suffisant en la matière. La France profite de la paix pour partir à la conquête de nouveaux marchés au détriment du Royaume-Uni, ce qui favorise la reprise de son commerce extérieur.

La City, qui espérait que cette paix se transformerait en traité commercial lui permettant de reprendre son activité, déchante très vite. D’autre part, le Cabinet de Londres ne supporte pas la présence d’une puissance à l’embouchure de l’Escaut et du Rhin, juge le pouvoir de la France « exagéré », et considère cette paix comme une simple trêve imposée par les circonstances. Malte du coup n’est pas évacué, contrairement aux stipulations du traité d’Amiens.

Londres et les autres capitales européennes sont exaspérées par la politique annexionniste de la France en pleine période de paix. En effet, le 28 août 1802, Bonaparte ampute la République helvétique du Valais qui est érigé en République indépendante. Le 11 septembre 1802, le Piémont est officiellement annexé à la France. Le 9 octobre 1802, profitant de la mort de Ferdinand de Bourbon-Parme, l'armée française envahit les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla.

Bonaparte prend alors ses aises sur le continent, estimant que les Anglais ne se lanceront pas dans une guerre, qu’il serait d’ailleurs sûr de gagner. Il pense donc pouvoir faire coup double et intimider l’Angleterre : il réunit le Piémont à la France, offensant au passage le Tsar protecteur du roi de Sardaigne ; par le Recès de l’Empire (23 février 1803), il s’assure la majorité des 10 Électeurs de la nouvelle Allemagne, tout en favorisant la Prusse au détriment de l’Autriche (la Prusse prenant soin de jouer double jeu avec une Russie inquiète) : l’Autriche est ainsi ulcérée de n’avoir aucune compensation à ses pertes en Italie. Les Suisses sollicitent en outre la médiation du premier consul dans leurs affaires. La Hollande n’est toujours pas évacuée, contrairement à un engagement datant du traité de Campo-Formio (9 février 1801).

Bonaparte exige l’évacuation de Malte de plus en plus violemment ; les Anglais répondent en avril 1803 par l'ultimatum suivant : Malte restera sous occupation anglaise pendant 10 ans et les Français évacueront la Hollande. Le premier consul estime alors la guerre inéluctable ; le manque d’argent et l'échec de l'expédition de Saint-Domingue le conduisent à vendre la Louisiane aux États-Unis, renonçant ainsi à son plan colonial. L’ultimatum anglais restant sans réponse, l’ambassadeur du Royaume-Uni quitte Paris ; Napoléon Bonaparte accepte alors in extremis les exigences britanniques relatives à Malte (13 mai 1803)[2] en échange de l’occupation de Tarente et d’Otrante en Italie. Ce geste en faveur de la paix reste inefficace.

La rupture[modifier | modifier le code]

Assuré d’une neutralité bienveillante des puissances européennes, qui craignent plus l’impérialisme français que l’impérialisme britannique, et dans l’idée que la guerre sera mal acceptée par les milieux d’affaires français, le 17 mai, sans déclaration de guerre, le gouvernement britannique fait saisir tous les navires français et hollandais à sa portée et confisque pour 200 millions de marchandises. La France répond par l'arrestation de tous les sujets britanniques se trouvant en France ou dans la République italienne. Le 23 mai 1803, le Royaume-Uni déclare la guerre officiellement à la France.

La guerre est essentiellement navale. La marine française étant largement inférieure à la Royal Navy, c'est rapidement que les Britanniques occupent les colonies françaises de Sainte-Lucie, Tobago, Saint-Pierre-et-Miquelon et les comptoirs des Indes. Les escadres françaises sont bloquées dans les ports français par la Marine britannique. Les troupes françaises occupent le royaume de Hanovre, propriété personnelle du roi Georges III, le 27 mai 1803. En bloquant les portes de la Weser et de l'Elbe, la France limite encore les exportations des marchandises britanniques en direction de l'Empire. Napoléon Bonaparte, conscient de l'infériorité maritime française, décide de se lancer dans la conquête des îles britanniques. Il concentre son armée et une grande flotte de débarquement à Boulogne afin de réaliser son projet.

Napoléon resserre la pression sur la République batave qui aimerait rompre l'alliance offensive et défensive contre le Royaume-Uni. Une nouvelle convention est signée en mai 1803 selon laquelle la République doit entretenir 18 000 soldats français et armer 16 000 hollandais sous commandement français. La flotte hollandaise aurait un rôle à jouer dans les plans d'invasion du Royaume-Uni. Les troupes françaises occupent le Brabant hollandais ainsi que le port de Cuxhaven, dépendant de Hambourg. Les ports napolitains, évacués un an plus tôt, sont également réoccupés. Pourtant, les produits coloniaux et les toiles de coton anglais continuent d'arriver en Europe par le Holstein danois, la Frise prussienne et les ports allemands de la Baltique.

La France recherche également l'alliance espagnole afin de pouvoir disposer de sa flotte. En octobre 1803, l'Espagne affirme sa neutralité mais s'engage à verser 6 millions de livres par mois à la France. Finalement en décembre 1804, elle entre en guerre contre le Royaume-Uni. Une convention est signée entre la France et l'Espagne en janvier 1805 selon laquelle la flotte espagnole se met à la disposition de Napoléon. La flotte franco-espagnole doit faire diversion dans les Antilles afin de dégager la Manche. En janvier, l'amiral Missiessy quitte Rochefort pour les Antilles où il doit attendre l'arrivée de Villeneuve, qui doit quitter Toulon. Ce dernier doit attirer le plus de navires britanniques, retourner en Espagne rejoindre la flotte espagnole et venir débloquer Ganteaume à Brest pour se présenter devant Boulogne. Les opérations prennent du retard et se terminent par un échec mais l'armée du camp de Boulogne est mobilisée à d'autres desseins du fait de la formation de la troisième coalition contre la France.

La constitution de la coalition (1805)[modifier | modifier le code]

Pendant cette manœuvre de diversion, le Royaume-Uni tente de reconstituer une coalition contre la France et éviter par là le débarquement des troupes françaises. Le 11 avril 1805 est signé le traité de Saint-Pétersbourg par lequel la Russie s'allie avec le Royaume-Uni. L'objectif des deux puissances est la libération du Hanovre, l'indépendance de la Hollande et de la Suisse, le rétablissement du roi de Sardaigne sur le Piémont, l'entière évacuation de la péninsule italienne par les troupes françaises et l'encerclement de la France par une série d'États puissants. Le Royaume-Uni paierait 1,25 million de livres par an par manche de 100 000 soldats russes.

Le Royaume-Uni cherche également à obtenir l'adhésion de l'Autriche, sans quoi l'alliance russe devient peu utile. Mais l'Autriche est réticente dans un premier temps. Elle reconnaît même l'Empire français. Ce qui provoque son revirement est la création du royaume d'Italie, satellite de l'Empire français, et l'annexion de la République ligurienne. Le 16 juin 1805, l'Autriche rejoint la coalition, moyennant d'importants subsides britanniques. La Suède de Gustave IV les rejoint également le 30 octobre.

La Prusse devient alors l'enjeu d'une âpre lutte diplomatique entre la France et la Russie. La France cherche depuis 1802 à faire entrer la Prusse dans son système d'alliance. Elle lui propose même la cession du Hanovre en août 1805. Mais la Russie ne reste pas inactive et trouve l'appui de la reine Louise. Finalement, la Prusse affirme sa neutralité. Napoléon Bonaparte, lui, peut compter sur l'alliance de la Bavière signée le 24 août 1805. En septembre, le Bade et le Wurtemberg, dont les États sont déjà traversés par la Grande Armée, entrent également dans l'alliance française.

La campagne d'Allemagne[modifier | modifier le code]

Le Général Mack cède son armée à Ulm. L'encerclement stratégique de Napoléon sur les Autrichiens, en conjonction avec la bataille d'Austerlitz six semaines plus tard, a scellé le sort de la Troisième Coalition.

Cette coalition entraîna une guerre. Le but de Pitt est d'éloigner la menace que Napoléon Ier fait planer sur l'Angleterre depuis le camp de Boulogne. Il y réussit par la bataille de Trafalgar et par le financement de la coalition. Il aboutit au projet de jonction des troupes autrichiennes et russes en Bavière. Dès le 27 août, l'armée des Côtes de l'Océan devenue la Grande Armée, constituée de 183 000 hommes, s'achemine à marche forcée vers le Rhin. Une autre armée de 50 000 hommes sous les ordres de Masséna et d'Eugène de Beauharnais, peut agir à partir de l'Italie. Les coalisés attaquaient à la fois le Hanovre avec 40 000 Russes, Suédois et Britanniques, Naples avec 30 000 Russes et Britanniques, la région du Danube avec 180 000 Autrichiens et Russes et l'Italie du Nord avec 142 000 Autrichiens. L'archiduc Jean, à la tête de 53 000 hommes, restait à la charnière de l'Empire et de l'Italie.

Napoléon envisageait une attaque au centre du dispositif allié, tandis que Masséna et Gouvion Saint-Cyr devaient contenir les coalisés en Italie. Les Autrichiens décident d'attendre Napoléon Ier en Forêt-Noire, mais ce dernier opère un vaste mouvement tournant de manière à couper les Autrichiens de leurs alliés russes. En septembre, la Grande Armée avait franchit le Rhin, puis le Main. Ney remporte une victoire sur Mack à Elchingen et parvient à l'enfermer dans Ulm. Mack capitule le 19 octobre. C'était une victoire éclatante pour Napoléon mais il fallait encore battre les Russes de Koutouzov et les quelques autres armées autrichiennes.

Dans le même temps, la flotte franco-espagnole connaissait quelques déboires. Villeneuve devait rompre le blocus de Brest mais il se dirige vers Cadix. Il se fait surprendre au large de Trafalgar par la flotte de l'amiral Nelson le 21 octobre 1805. Ce dernier rompt avec la tactique traditionnelle et attaque la longue ligne de navires français et espagnols avec deux colonnes de navires. La flotte de Villeneuve subit un véritable désastre, malgré la mort de Nelson. Villeneuve se suicide quelques mois plus tard. Cette victoire britannique marque la maîtrise absolue des mers par le Royaume-Uni.

Avec la défaite de Trafalgar et l'entrée imminente de la Prusse aux côtés des coalisés, Napoléon Ier devait faire vite pour éliminer définitivement l'Autriche. Le 20 novembre, le royaume de Naples déclare la guerre à la France, ce qui rend la position des troupes françaises en Italie inconfortable, puisque menacée au nord et au sud. À la nouvelle de la défaite d'Ulm, l'archiduc Charles est contraint de se replier sur Vienne mais il est retardé par le harcèlement des troupes de Masséna. Après avoir surpris les ponts de Vienne le 15 novembre, la Grande Armée entre en Moravie mais elle ne peut empêcher la jonction des troupes de Koutouzov avec celles d'Alexandre et de Ferdinand d'Autriche-Este. Le 2 décembre 1805, malgré son infériorité numérique, Napoléon Ier inflige une défaite humiliante aux coalisés à Austerlitz, après un chef-d'œuvre tactique. Les Russes se retirent en Pologne tandis que l'Autriche demande la paix. L'armistice est signé le 6 décembre.

La paix de Presbourg[modifier | modifier le code]

Tous les participants de la guerre de la Troisième Coalition. Bleu: La Coalition, ses alliés et ses colonies. Vert : L'empire français et ses alliés

Le 15 décembre 1805 est signé le traité de Schönbrunn entre la France et la Prusse. Cette dernière est représentée par un envoyé quelque peu intimidé. La Prusse se voit autoriser à occuper le royaume de Hanovre mais doit céder Ansbach à la Bavière et la principauté de Neuchâtel à Napoléon, ainsi que le duché de Clèves et la principauté de Bayreuth.

Sans attendre la conclusion de la paix avec l'Autriche, Napoléon récompense ses alliés du sud de l'Empire. La France, l'Italie, Bade, le Wurtemberg et la Bavière concluent une alliance perpétuelle et sans condition. La Bavière cède le duché de Berg à la France et Bade cède la forteresse de Kehl sur la rive droite du Rhin.

Le 26 décembre 1805, l'empereur des Français, bien décidé à affaiblir la monarchie danubienne, qu'il considère avec le Royaume-Uni comme l'ennemi résolu de la France, impose à l'Autriche le traité de Presbourg. Celle-ci abandonne la Vénétie orientale au royaume d'Italie mais le traité stipule que les monarchies française et italienne seraient à jamais séparées. L'Autriche conserve Trieste mais abandonne la Dalmatie et les bouches de Cattaro, remises à la protection du royaume d'Italie. Le margraviat de Bade obtient l'Ortenau et le Brisgau. Le Wurtemberg annexe Constance et les multiples possessions habsbourgeoises en Souabe. La Bavière annexe le Vorarlberg, le Tyrol et le Trentin. L'empereur reconnaît l'entière indépendance de ces trois États du sud de l'Allemagne et le titre de roi pour Maximilien de Bavière et Frédéric de Wurtemberg et celui de grand-duc pour Charles-Frédéric de Bade. L'Autriche doit payer une indemnité de guerre de 40 millions de livres. En compensation, l'Autriche obtient le duché de Salzbourg pris à Ferdinand, l'ancien grand-duc de Toscane, qui obtient en compensation le grand-duché de Wurtzbourg, cédé par la Bavière.

Le Royaume-Uni et la Russie poursuivaient la guerre. Le Royaume-Uni perdait son premier ministre, mort peu après l'annonce de la victoire d'Austerlitz (les Britanniques disent : Austerlitz a tué Pitt).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bertrand Blanchard, L'Allemagne de 1789 à 1870, Paris, Éditions Ellipses, coll. « Les Essentiels de Civilisation allemande »,‎ 1er juin 2004, 106 p. (ISBN 2729816429), p. 34
  2. voir la lettre à Talleyrand http://www.histoire-empire.org/correspondance_de_napoleon/correspondance_de_napoleon.htm

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]