Guerre des Pâtisseries

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Le bombardement du fort de Saint Jean d'Ulloa vu depuis la corvette la Créole.
Blocus maritime français en 1838

La guerre des Pâtisseries (en espagnol Primera Intervención Francesa en México ou Guerra de los Pasteles, littéralement « guerre des gâteaux ») fut une invasion du Mexique par les armées françaises en 1838.

Sommaire

Contexte [modifier]

La guerre survint du désordre généralisé qui existait dans les premières années de la République mexicaine, entre la fin de la guerre d’indépendance avec l’Espagne, et le début de la colonisation des territoires du nord par les États-Unis d’Amérique. Les étrangers dont les propriétés étaient endommagées ou détruites étaient le plus souvent dans l’impossibilité d’obtenir le moindre dédommagement ; les gouvernements successifs n’avaient ni la volonté ni les moyens d’indemniser qui que ce soit, Mexicains ou étrangers. Ceux-ci firent appel à leur propre pays pour obtenir de l’aide[1].

Un pâtissier français, affirmant que sa boutique avait été ravagée par des pillards, fit appel à la France de Louis-Philippe Ier. Venant au secours de son ressortissant, la France demanda 600 000 pesos en réparation (soit 3 millions de francs-or) puis, quand le paiement ne vint pas, envoya d'abord le capitaine de vaisseau Bazoche, à bord de la frégate l'Herminie pour faire le blocus et faire connaitre les exigences de la France. Mais ses moyens étant insuffisants et l'équipage étant atteint de la fièvre jaune, Bazoche demanda son rappel[2],[3]. Le gouvernement français envoya alors une escadre de la marine française sous le commandement du contre-amiral Charles Baudin, pour faire le blocus de tous les ports mexicains de l’océan Atlantique depuis le Yucatán jusqu’au Río Grande[4]. Cette escadre comportait une corvette : la Créole, commandée par le Prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe.

Article détaillé : Bataille de San Juan de Ulúa.

Cette flotte réussit facilement à venir à bout de la garnison de la forteresse mexicaine de San Juan de Ulúa car son artillerie était obsolète et qu’elle était construite en coraux (piedra mucara), ce qui la rendait plus vulnérable que si elle avait été construite en pierre. Les troupes purent débarquer dès le 4 décembre 1838 et prendre le port de Veracruz.

Leur commerce interrompu, les Mexicains commencèrent à faire passer leurs marchandises depuis le port de Corpus Christi au Texas, puis à travers le Río Bravo. Craignant que la France ne bloque aussi les ports du Texas, une milice texane commença à patrouiller dans la baie de Corpus Christi pour empêcher le commerce mexicain. L’une de ces bandes abandonna sa marchandise d’une centaine de tonneaux de farine sur la plage à l’embouchure de la baie, donnant alors ce nom à la falaise.

Cependant, sans l'autorisation explicite du gouvernement mexicain du président Anastasio Bustamante, Antonio López de Santa Anna mena des troupes contre les Français. Dans un combat, Santa Anna fut blessé à une jambe, qui dut être partiellement amputée. Les dernières fortifications furent libérées en avril 1839.

Avec l'intervention diplomatique de la Grande Bretagne, le President Bustamante promit finalement de payer les 600 000 pesos et les forces françaises se retirèrent le 9 Mars 1839.

Le gouvernement mexicain, suite à ces événements, donna le titre d’« héroïque » (toujours en vigueur aujourd’hui) au port de Veracruz.

Une deuxième intervention des Français aura lieu en 1861.

Composition de l’escadre [modifier]

Pertes [modifier]

  • Mexicaines : environ 95 morts
  • Françaises : 12 morts

Notes et références [modifier]

  1. Documents relatifs à la guerre entre la France et le Mexique et le blocus des ports du dernier par la première (copies et traductions authentiques publiées successivement à Paris), faisant partie du Nouveau recueil des traités depuis 1808 jusqu'à présent - Tome XV 1830 - 1838, publié à Goettingen dans la librairie de Dieterich en 1840, pp. 803-817
  2. J. E. Jenkins, Histoire de la Marine française , Albin Michel 1977, p. 344
  3. René Jouan, Histoire de la Marine française, Payot, 1950, p. 275
  4. Jean Meyer et Martine Acera, Histoire de la Marine française des origines à nos jours, éditions Ouest-France, 1994

Annexes [modifier]

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Articles connexes [modifier]