Guerre des Pâtisseries

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Le bombardement du fort de Saint Jean d'Ulloa vu depuis la corvette la Créole.
Blocus maritime français en 1838

La guerre des Pâtisseries (en espagnol Primera Intervención Francesa en México ou Guerra de los Pasteles, littéralement « guerre des gâteaux ») fut un blocus naval du port de Veracruz au Mexique par les armées françaises en 1838.

Contexte[modifier | modifier le code]

La guerre survint durant l'instabilité politique et économique qui existait dans les premières années de la République mexicaine, entre la fin de la guerre d’indépendance avec l’Espagne et avant la Guerre américano-mexicaine.

Les opérations de la guerre des pâtisseries interviennent dans le cadre des tentatives françaises d'obtenir des privilèges économiques en Amérique hispanique, elle fait suite aux blocus de Buenos Aires et de l'Uruguay (es) (18 mars 1837)[1].

Les étrangers dont les propriétés étaient endommagées ou détruites étaient le plus souvent dans l’impossibilité d’obtenir le moindre dédommagement ; les gouvernements successifs n’avaient ni la volonté ni les moyens d’indemniser qui que ce soit, Mexicains ou étrangers. Ceux-ci firent appel à leur propre pays pour obtenir de l’aide [2].

En 1832, sous prétexte que, profitant de troubles en ville de Mexico, des officiers n'avaient pas payé leurs consommations d'un montant de 60 000 pesos, un pâtissier français du nom de Remontel fit appel à la France de Louis-Philippe Ier. Un autre incident eut lieu a Tampico en 1837 où un citoyen français accusé d'actes de piraterie fut fusillé [3].

Prenant ces incidents pour prétextes, la France demanda 600 000 pesos[4], en réparation (soit plus de trois millions de francs-or)[5]

Quand le paiement ne vint pas, on envoya d'abord le capitaine de vaisseau Bazoche à bord de la frégate l'Herminie pour faire le blocus et faire connaître les exigences de la France.

Mais ses moyens étant insuffisants et l'équipage atteint de la fièvre jaune, Bazoche demanda son rappel[6],[7]. Le gouvernement français envoya alors une escadre de la marine française sous le commandement du contre-amiral Charles Baudin, pour faire le blocus de tous les ports mexicains de l’océan Atlantique depuis le Yucatán jusqu’au Rio Grande[8]. Cette escadre comportait une corvette : la Créole, commandée par le Prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe.

Article détaillé : Bataille de San Juan de Ulúa.

Cette flotte réussit facilement à venir à bout de la faible garnison de la forteresse mexicaine de San Juan de Ulúa, car son artillerie était obsolète et qu’elle était construite en coraux (piedra mucara), ce qui la rendait plus vulnérable que si elle avait été construite en pierre. Les troupes purent débarquer dès le 4 décembre 1838 et prendre le port de Veracruz.

Leur commerce interrompu, les Mexicains commencèrent à faire passer leurs marchandises depuis le port de Corpus Christi au Texas, puis à travers le Rio Bravo. Craignant que la France ne bloque aussi les ports du Texas, une milice texane commença à patrouiller dans la baie de Corpus Christi pour empêcher le commerce mexicain.

Selon le Journal des débats du 11 août 1838, suite à leur blocus les Français comptèrent en deux mois 30 navires marchands qui ne purent décharger leurs marchandises estimant à 1 900 000 francs les sommes perdues par le commerce du port de Veracruz [9],[10]

Cependant, sans l'autorisation explicite du gouvernement mexicain du président Anastasio Bustamante, Antonio López de Santa Anna mena des troupes contre les Français. Dans un combat, Santa Anna fut blessé à une jambe, qui dut être partiellement amputée. Les dernières fortifications furent libérées en avril 1839.

Avec l'intervention diplomatique de la Grande-Bretagne, le président Bustamante promit finalement de payer les 600 000 pesos et les forces françaises se retirèrent le 9 mars 1839. Cette somme ne fut jamais payée et intégra le nouveau catalogue de réclamations françaises qui servit de prétexte à la seconde intervention française au Mexique.

Suite à ces événements, le gouvernement mexicain, donna le titre d’« héroïque » (toujours en vigueur aujourd’hui) au port de Veracruz.

Une deuxième intervention française aura lieu en 1861.

Composition de l’escadre[modifier | modifier le code]

Pertes[modifier | modifier le code]

  • mexicaines : environ 95 morts
  • françaises : 12 morts

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CARI : Historia general de la República Argentina (ISBN 950-694-612-2[à vérifier : isbn invalide])
  2. Documents relatifs à la guerre entre la France et le Mexique et le blocus des ports du dernier par la première (copies et traductions authentiques publiées successivement à Paris), faisant partie du Nouveau recueil des traités depuis 1808 jusqu'à présent, Tome XV, 1830-1838, publié à Göttingen, Dieterich Verlag (1840), pp. 803-817
  3. [1]
  4. Henry B. Parkes, Histoire du Mexique, Payot, Paris, p. 219. (ISBN 2-228-12790-6)
  5. 1 peso or mexicain équivalait à 1,692 grammes d'or au titre de 875/1000, soit 1,48 gramme d'or pur - le franc français équivalait à 0,3225 g d'or à 900/1000, soit 0,290 gramme d'or pur. Soit 600 000 x 1,48 gramme (peso or) = 888 000 grammes divisés par 0,290 (franc-or) 3 062 068 francs-or. Lire : T.V. Buttrey & Clyde Hubbard - A Guide Book of mexican coins 1822 to date - Thomas Michael Editor (ISBN 0-87341-193-5)
  6. J. E. Jenkins, Histoire de la Marine française , Albin Michel 1977, p. 344
  7. René Jouan, Histoire de la Marine française, Payot, 1950, p. 275
  8. Jean Meyer et Martine Acera, Histoire de la Marine française des origines à nos jours, éditions Ouest-France, 1994
  9. Journal des Débats du 11 août 1838 Paris
  10. Vicente Riva Palacio (es) México a través de los siglos, tome IV, p. 418, Editorial Cumbre, reprint 1979, Mexico

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]