Didier Lestrade

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Didier Lestrade

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Didier Lestrade en 2010.

Activités Journaliste, essayiste
Naissance 22 février 1958 (56 ans)
Burdeau, Drapeau de l'Algérie Algérie
Langue d'écriture français
Genres Essai, reportage, récit autobiographique

Didier Lestrade, né le 22 février 1958 à Burdeau (Algérie), est un journaliste et écrivain français. Militant engagé dans le domaine des droits des homosexuels, il est également activiste dans le domaine de la lutte contre le sida. Il a joué un rôle clé au sein de l'association Act Up-Paris, dont il est le cofondateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une enfance dans le sud-ouest de la France, Didier Lestrade quitte le Lot-et-Garonne en 1977 après deux échecs successifs au baccalauréat. Dès son arrivée à Paris, il collabore au journal underground Gaie Presse créé par Michel Bigot dit Misti et Jean-Philippe Coz dit Audrey Coz (publication antérieure à la création du Gai Pied), qui ne produira que quatre numéros. À 22 ans, frustré par l’arrêt de Gaie Presse à la suite de son interdiction à l'affichage et à la vente aux mineurs (1978), il décide de créer sa propre revue, Magazine, avec Misti qui deviendra par la suite directeur artistique du Gai Pied. La revue cesse de paraître en 1987 après sept numéros et plus de 90 interviews  : David Hockney, Bronski Beat, Brion Gysin, Divine, Gilbert & George, Tom of Finland, Pierre & Gilles, Patrick Sarfati, Groupe Dix10. L'influence de Magazine est souvent mentionnée dans l'essor des nouveaux fanzines gays tels que Butt, qui a d'ailleurs publié une interview de Didier Lestrade en janvier 2011. En 2010, la galerie 12 Mail a consacré une exposition sur l'impact de la revue sur la photographie masculine et l'art érotique des années 1980. Le site Web du New York Times a aussi annoncé l'exposition[1], ainsi que Vice[2], Brain[3] et Vogue[4].

Didier Lestrade a quitté Paris en 2002 et vit actuellement en Normandie, dans la région d’Alençon où il est redacteur en chef de Minorités. Il figure dans l'édition 2006-2007 du Who’s Who in France.

Il est homosexuel[5].

Le journaliste[modifier | modifier le code]

En 1986, à l’âge de 28 ans, Didier Lestrade apprend qu’il est séropositif. Sa carrière de journaliste indépendant prend parallèlement son essor à travers des collaborations régulières à Gai Pied, Rolling Stone et Libération où il participe au développement de la musique électronique, particulièrement la house. Il écrit aussi de nombreux articles sur le sida.

Il publie une chronique mensuelle dans le Journal du Sida, édité par l'association Arcat, de 1994 à 2009, date à partir de laquelle cette chronique est devenue trimestrielle.

En 1995, alors âgé de 37 ans, il crée le magazine gay et lesbien Têtu, avec l’aide de Pascal Loubet. Financé par Pierre Bergé, de la Fondation Yves Saint Laurent, le magazine est désormais la principale publication LGBT française. Cette collaboration s'est terminée en juillet 2008. Depuis 2009, il est rédacteur en chef de la revue en ligne Minorités.

Le militant[modifier | modifier le code]

En 1989, il se consacre presque entièrement à la lutte contre le sida en créant la branche parisienne d’Act Up, avec ses amis Pascal Loubet et Luc Coulavin[6]. Il assure la présidence de l’association pendant les trois premières années. En 1992, il joue un rôle important dans la création du groupe interassociatif TRT-5, qui rassemble les principales associations de lutte contre le sida françaises. Le but du TRT-5 est de représenter les droits des malades dans la recherche sur le sida. L’accès aux traitements en cours de développement est un des objectifs du groupe, qui aura une influence majeure au moment de l’arrivée des multithérapies. Didier Lestrade a été l’un des coordinateurs du groupe pendant plusieurs années. À partir de 2000, il se concentre sur les questions liées à la prévention du sida et devient la voix majeure contre le phénomène du bareback en France. Ce point l'amène à s'opposer publiquement à l'écrivain Guillaume Dustan. Cet affrontement est une source d'inspiration pour le roman de Tristan Garcia, La meilleure part des hommes, publié en 2008, et récompensé par le prix de Flore[7](ce livre a été publié sans l'accord de Didier Lestrade)[8].

L'écrivain[modifier | modifier le code]

En 2000, Didier Lestrade publie son premier livre, Act Up, une histoire[9] (Denoël), qui relate les onze premières années de l’association. Son second livre, Kinsey 6, journal des années 80 (Denoël, 2002) est un journal intime écrit pendant les années durant lesquelles est publié Magazine. Dans The End[10] (Denoël, 2004), il poursuit sa posture résolument critique face à l’échec de la prévention en milieu gay et sur le phénomène du bareback en France. Son quatrième livre, Cheikh, journal de campagne (Flammarion, 2007) est un récit personnel et polémique sur sa nouvelle vie à la campagne, à l'écart de la communauté gay parisienne. En 2010, un recueil de ses chroniques parues dans le journal Libération est édité par l'éditeur Singulier[11] sous le titre Chroniques du dance floor, Libération 1988-1999[12].

Le clubber[modifier | modifier le code]

En 2000, avec l'aide de Robert Renaud, Michel Cerdan, Christophe Vix, Philippe Laugier, Fabrice Gadeau et Julien Pot, Didier Lestrade crée la soirée mensuelle K.A.B.P. qui durera jusqu'en 2004. Ce club house gay mixte a pour DJ résident Patrick Vidal. En 2004, Robert Renaud fait appel à Didier Lestrade ainsi que Nick V (DJ résident) et Mohamed Benhamadi pour lancer la soirée Otra Otra. K.A.B.P et Otra Otra avaient pour résidence la Boule noire. Didier Lestrade a aussi signé deux compilations house avec Patrick Thévenin : Paradise Garage[13] (Pschent, 1997) et Paradise Garage 2[14] (Pschent, 1999). Une autre compilation, plus funk, est sortie en 2008 : Slow Jamz & Hot Songs[15] (WEA).

Le blogueur[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté Têtu, Didier Lestrade développe son travail sur Internet, car la plupart de ses articles durant les trois décennies précédentes ne sont pas accessibles en ligne. Il a ouvert un blog[16], considéré par l'édition française du site Web de GQ comme l'un des plus influents[17]. En 2010, il lance son site personnel, dédié au rassemblement des archives de l'ensemble de sa carrière, à propos de sujets aussi divers que la musique, la photographie, le militantisme sida et le porno gay.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Essais, reportages, récits autobiographiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur Act Up[modifier | modifier le code]

  • Christophe Broqua, Agir pour ne pas mourir ! Act Up, les homosexuels et le sida, Paris, Les Presses de Sciences Po, 2006 (ISBN 978-2724609813).
  • Barbara Gould, Moving Politics: Emotion and ACT UP's Fight against AIDS, Chicago, Chicago University Press, 2009 (ISBN 978-0226305301).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) http://tmagazine.blogs.nytimes.com/2010/05/05/department-of-back-issues-magazine Department of back issues - Magazine] sur nytimes.com
  2. Didier Lestrade est le fondateur du meilleur magazine pédé de tous les temps - et il n'a rien contre le mot pédé sur Vice
  3. Didier Lestrade sur Brain
  4. 12 Mail expose Didier Lestrade sur vogue.fr
  5. « Didier Lestrade », sur Minorités
  6. Didier Lestrade, "Le dimanche 27 février 1994, Luc Coulavin est mort du sida à l’âge de 32 ans", Action, 23, mars-avril 1994, p. 2.
  7. Tristan Garcia remporte le prix de Flore sur liberation.fr
  8. Les Inrockuptibles hors série Nouvelles littératures françaises mars 2010 p.69, interview de Tristan Garcia "J'avais envoyé le livre avant publication à Didier Lestrade, qui m'a répondu très intelligemment, en étant à la fois critique et en me reconnaissant une forme de droit à faire ce que je faisais."
  9. Act Up : L’épopée rose et noire de Didier Lestrade sur fluctuat.net
  10. Sans relâche sur liberation.fr
  11. Blog de l'éditeur Singulier
  12. News > Didier Lestrade : Chroniques du dancefloor (Libération 1988-1999) sur Soul Kitchen
  13. Paradise Garage sur discogs.com
  14. Paradise Garage 2 sur discogs.com
  15. Slow Jamz & Hot Songs sur discogs.com
  16. Blog de Didier Lestrade
  17. 20 blogs influents sur GQMagazine

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]