Le Gai Pied

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Le Gai Pied
(1979-1992)
Image illustrative de l'article Le Gai Pied

Pays Drapeau de la France France
Langue Français.
Périodicité Mensuelle puis hebdomadaire
Genre Spécialisé.
Prix au numéro 5 FF en 1979.
Diffusion environ 10 000. ex.
Fondateur Jean Le Bitoux

Franck Arnal
Yves Charfe
Jean-Pierre Joecker
Gérard Vappereau

Date de fondation 1979
Date du dernier numéro 1992
Éditeur Les Éditions du Triangle Rose.
Ville d’édition Paris

Directeur de publication Jean Le Bitoux.
Directeur de la rédaction Frank Arnal
Rédacteur en chef Jean Le Bitoux.
Comité éditorial Hugo Marsan, Gilles Barbedette

Le Gai Pied, devenu Gai Pied Hebdo, est un magazine français à destination des homosexuels, à périodicité mensuelle puis hebdomadaire, fondé en 1979 par Jean Le Bitoux. Il a cessé de paraître en 1992.

Histoire[modifier | modifier le code]

Son titre d’origine, Le Gai Pied, est suggéré par le philosophe Michel Foucault, qui écrit un article dans le premier numéro puis donnera ensuite quelques textes à la revue.

Le premier numéro sort dans 2 000 kiosques en France le premier avril 1979. Il est géré par un groupe de presse, Les Éditions du Triangle Rose, installé dans les locaux d’une ancienne boulangerie, 32, rue de la Folie-Méricourt dans le 11e arrondissement de Paris et imprimé par Rotographie, l’imprimerie de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire). Parmi les fondateurs historiques du Gai Pied figurent Jean Le Bitoux, Yves Charfe, Gérard Vappereau, Frank Arnal et Jean-Pierre Joecker.

Les collaborateurs réguliers du journal sont entre autres Jean-Paul Aron, Yves Navarre, Tony Duvert, Guy Hocquenghem, Renaud Camus, Alain Pacadis, Copi, Hugo Marsan, Gianni De Martino, Jean-Luc Hennig. Le journal connaît un succès grandissant parmi les homosexuels, dont il permet la visibilité et l’expression. Il publie de nombreuses petites annonces de rencontre non censurées et des photographies érotiques.

Jean-Paul Sartre lui accorde une entrevue en 1980. Des artistes, – David Hockney, Barbara, Serge Gainsbourg[1] – et des personnalités politiques, – Pierre Bérégovoy, Gaston Defferre – font de même, cherchant à montrer leur soutien et leur ouverture d'esprit.

Devant le succès et le soutien des lecteurs, le journal passe de mensuel à hebdomadaire et devient Gai Pied Hebdo ; il y aura même une édition québécoise.

En 1983, le fondateur Jean Le Bitoux est mis en minorité à la direction du journal. Il refuse en effet de renoncer à la liberté d'expression du journal, car il ne veut pas trahir les lecteurs en passant sous silence les pratiques discriminatoires, en pleine épidémie du VIH, qui se répandent dans certains commerces gay, malgré les recettes que ces annonceurs apportent au journal. Il démissionne finalement, suivi de presque tous les journalistes de l’équipe fondatrice[2].

À partir de ce moment, Gai Pied Hebdo s’ouvre largement aux pages « conso », avec des sujets sur la mode, les sorties, les voyages, au détriment, selon certains lecteurs, des sujets de société et des signatures célèbres. Le lectorat militant ne suit guère, malgré l’arrivée progressive des services télématiques complémentaires, les activités d’agence de voyages, etc.

En 1987, prétendant vouloir lutter contre le « laxisme moral » des gouvernements socialistes précédents, le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua décide d’interdire la parution de Gai Pied Hebdo[3]. Une manifestation le 19 mars, le soutien de plusieurs personnalités et du ministre de la Culture François Léotard empêchent la disparition de la revue.

Entre 1987 et 1990, Gai Pied Hebdo contrôle une radio destinée à la communauté homosexuelle, Fréquence Gaie.

La revue parvient difficilement à traiter de l’apparition du sida, et connaît des difficultés financières, malgré le recours aux services télématiques.

Ayant perdu son lectorat d’origine, et n’ayant pas su en trouver un autre, déjà capté par la profusion de revues gays commerciales, l’hebdomadaire disparait en octobre 1992.

Les actifs du Groupe Gai Pied, les marques associées et les archives ont été repris en 2002 par le site Gayvox.

L’association Act Up-Paris occupe aujourd’hui les locaux historiques du Gai Pied.

Les évolutions du journal[modifier | modifier le code]

  • Le Gai Pied, mensuel, du n° 0 (février 1979) au n° 12.
  • Gai Pied, mensuel du n° 13 au n° 44 avec un changement de format et de formule à partir du n° 37.
  • Gai Pied Hebdo, hebdomadaire, du n° 45 au n° 541 avec un changement de format et de formule à partir du n° 510 jusqu’au dernier numéro en vente en kiosques en 1992[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Le Bitoux, passeur de mémoire, 1948-2010, recueil de textes dirigé par Hussein Bourgi, Mémoire active 2010. (ISBN 9782908185474[à vérifier : isbn invalide])
  • Frédéric Martel dans Le Rose et le Noir, les homosexuels en France depuis 1968 (Le Seuil, 1996) a retracé l’histoire du journal Le Gai Pied.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’entretien eut lieu le 24 novembre 1981 [1], mais suite à un retournement du journaliste Kévin Kratz, qui le diffusa sans autorisation sur Radio Fréquence Gaie, il ne fut jamais publié.
  2. Le guêpier des années Gai Pied, Jean Le Bitoux, colloque public à l’Université euroméditerranéenne des Homosexualités, Marseille, 24 juillet 2002.
  3. Luc Pinhas, « Les ambivalences d’une entreprise de presse gaie : le périodique Gai Pied, de l’engagement au consumérisme », dans Mémoires du livre / Studies in Book Culture, Volume 3, numéro 1, automne 2011, sur le site erudit.org
  4. Les évolutions du journal Gai Pied. sur le site archiveshomo.info

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Rédacteurs[modifier | modifier le code]