Starmania

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Starmania
Livret Luc Plamondon
Lyrics Luc Plamondon
Musique Michel Berger
Mise en scène Tom O'Horgan
Chorégraphie Serge Gubel Mann
Décors Bill Stabile
Costumes Randy Barcelo
Lumières John Mac Lain
Producteur(s) Roland Hubert
Première
Palais des congrès de Paris
Langue d’origine français
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau du Canada Canada

Starmania est un opéra rock franco-québécois de Michel Berger et Luc Plamondon, créé en 1978.

Joué à différents endroits dans le monde, il a fait l’objet de multiples adaptations tant en anglais qu’en français. L’album studio original de 1978 s’est vendu à plus de 2,2 millions d'exemplaires rien qu’en France, se positionnant ainsi à la septième place des meilleures ventes d’albums au niveau national[1]. Starmania fut l'un des tout premiers opéras rock francophones entièrement chantés[2]. La trame du projet initial de Michel Berger Angelina Dumas sera peu exploitée dans l'œuvre coréalisée avec Luc Plamondon. L'histoire initiale s'inspirait de celle de Patricia Hearst, qui avait fait la une des journaux en 1975 après s'être ralliée à la cause de ses ravisseurs.

Tycoon[modifier | modifier le code]

Tycoon est, en 1992, l’adaptation en anglais par Tim Rice de Starmania, jamais montée en territoire anglophone, mais jouée au théâtre Mogador par la troupe française tous les vendredis soirs de la saison 1993-1994 de Starmania. Peu de temps après, Peter Kingsbery participe à Tycoon, le CD de Starmania dans son adaptation en anglais par Tim Rice. Il y interprète Only The Very Best, appelé à devenir un très grand succès, et Ego Trip. Une version anglophone, Tycoon, sur un livret de Tim Rice, a été créée en 1992 et une version lyrique, Starmania Opéra, le au Grand Théâtre de Québec (voir chronologie).

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un futur proche, l’Occident n’est plus qu’un seul pays. Dans ce monde où planent les spectres du terrorisme et du totalitarisme, trois histoires d’amour sont vécues en parallèle. Chacun aura à décider de ce qu’il fera de sa vie.

Monopolis, nouvelle capitale de l’Occident, est terrorisée par les Étoiles Noires, une bande ayant pour chef Johnny Rockfort qui agit sous l’emprise de Sadia, une étudiante agitatrice et issue de la haute société, qui se travestit le soir pour descendre dans les souterrains et donner ses ordres. Ils se rencontrent à l’Underground Café sous le regard amusé de Marie-Jeanne, la serveuse automate.

Au-dessus de ce café souterrain s’élève la Tour Dorée, un édifice de 121 étages au sommet duquel se situe le bureau de Zéro Janvier, milliardaire qui se lance dans la politique en devenant candidat à la présidence de l’Occident. Il base sa campagne sur le retour à l’ordre et sur l’édification du Nouveau Monde atomique. Zéro Janvier devient ainsi l’ennemi juré de Johnny Rockfort et des Étoiles Noires.

C’est dans ce contexte que se nouent et se dénouent les trois histoires d’amour :

  • L’amour impossible de Marie-Jeanne pour Ziggy, jeune disquaire androgyne et mythomane ; amour impossible car Ziggy est homosexuel.
  • L’idylle sensationnelle de Zéro Janvier avec Stella Spotlight, un sex-symbol qui vient de faire ses adieux au cinéma et qui souffre de se voir vieillir.
  • Enfin, l’amour-passion de Johnny Rockfort et de Cristal, véritable nœud de l’intrigue.

Cristal, présentatrice-vedette de l’émission télévisée Starmania, reçoit un coup de fil de Sadia, qui lui propose une entrevue exclusive et clandestine avec Johnny Rockfort, dont nul ne connaît le visage. Le rendez-vous a lieu à l’Underground Café. Cristal et Johnny ont aussitôt le coup de foudre. Elle s’enfuit avec lui. Sadia perd ainsi son emprise sur Johnny.

Cristal décide de devenir le porte-parole des Étoiles Noires en envoyant des messages pirates, cela grâce à une caméra à neutrons qui lui permet de s’emparer des ondes de la télévision.

Sadia, furieuse de jalousie, débauche Ziggy grâce à ses connexions haut placées, lequel quitte Marie-Jeanne pour devenir DJ du Naziland, une gigantesque discothèque tournante qui surplombe Monopolis, du haut de la Tour Dorée de Zéro Janvier. Sadia l’entraîne dans sa vengeance. Selon les révélations faites par Ziggy à Marie-Jeanne, elle travaille pour Zéro Janvier, pourtant son « ennemi juré », et devient par la même occasion la nouvelle animatrice de Starmania. Sadia décide de dénoncer Johnny et Cristal à Zéro Janvier le soir où celui-ci célèbre ses fiançailles avec Stella Spotlight au Naziland, les Étoiles Noires ayant choisi cette soirée pour faire exploser une bombe dans la Tour Dorée.

Les hommes armés de Zéro Janvier poursuivent les Étoiles noires. Cristal perd la vie au cours de la poursuite[3]. L’ombre de Johnny Rockfort planera sur la victoire de Zéro Janvier, élu président de l’Occident.

Johnny se lance alors dans des méditations et interrogations philosophiques sur le sens et la raison de la vie, il témoigne de son mal-être face à l’existence et la société. Marie-Jeanne trouve alors le monde « stone » en rendant visite à Johnny en prison.

Stella Spotlight, dégoûtée du pouvoir, retourne à son rêve d’immortalité. Marie-Jeanne, déçue et sans amour, quitte le monde des souterrains pour partir à la recherche du soleil. Elle assiste impuissante au suicide de Stella au milieu des ruines...

Terrorisme contre totalitarisme, deux forces vives qui s’opposent, deux dangers qui menacent le monde.

Personnages[modifier | modifier le code]

Sans oublier le grand gourou marabout de la version 1978[4] qui a disparu dans les versions suivantes.

Numéros musicaux[modifier | modifier le code]

Version originale[5][modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

  • Ouverture (instrumental)
  • Il se passe quelque chose à Monopolis (la speakerine, l'évangéliste)
  • Quand on arrive en ville (Johnny Rockfort, Sadia)
  • Communiqué de l'évangéliste (la speakerine, l'évangéliste, Marie-Jeanne)
  • Travesti (Sadia)
  • Banlieue nord (Marie-Jeanne, Johnny Rockfort)
  • Sadia et Johnny (Sadia, Johnny Rockfort)
  • La Serveuse et les Clients (Marie-Jeanne, troupe)
  • Complainte de la serveuse automate (Marie-Jeanne)
  • Conférence de presse de Zéro Janvier (Zéro Janvier, troupe)
  • Le Blues du Businessman (Zéro Janvier, troupe)
  • Communiqué de l'évangéliste (l'évangéliste)
  • Starmania-Starmania (la speakerine, Cristal, troupe)
  • Un garçon pas comme les autres (Marie-Jeanne)
  • Voulez-vous jouer avec moi? (Cristal)
  • La Chanson de Ziggy (Ziggy)
  • Le Coup de téléphone (Sadia, Johnny Rockfort, Cristal, Marie-Jeanne)
  • Interview de Johnny Rockfort (Cristal, Johnny Rockfort)
  • Un enfant de la pollution (Ziggy)
  • Coup de foudre (Cristal, Johnny Rockfort)
  • Communiqué de l'évangéliste (l'évangéliste)
  • Le Meeting de Zéro Janvier (Zéro Janvier)
  • Le Bulletin spécial de Télé Capitale (la speakerine, Marie-Jeanne)
  • Petite musique terrienne (Cristal, Johnny Rockfort)
  • Besoin d'amour (Cristal, Johnny Rockfort)

Acte II[modifier | modifier le code]

  • La Procession du grand gourou / Paranoïa (le grand gourou, troupe)
  • Communiqué de l'évangéliste (l'évangéliste, le grand gourou, troupe)
  • Marie-Jeanne et les clients du café (Marie-Jeanne, Ziggy, troupe)
  • Les Adieux d’un sex-symbol (Stella Spotlight)
  • Le Télégramme de Zéro à Stella (Stella Spotlight, Zéro Janvier)
  • Communiqué de l'évangéliste (l'évangéliste, Marie-Jeanne)
  • Trio de la jalousie (Je suis avec Johnny Rockfort) (Sadia, Cristal, Johnny Rockfort, troupe)
  • S.O.S. d'un terrien en détresse (Johnny Rockfort)
  • Jingle de Stella (Si vous voulez un homme nouveau) (Stella Spotlight, Zéro Janvier, troupe)
  • Le Débat télévisé (l'évangéliste, Zéro Janvier, le grand gourou, Cristal, Marie-Jeanne, troupe)
  • Sex shops, cinéma pornos (Stella Spotlight)
  • Les Parents de Cristal (On était des vieux si heureux) (l'évangéliste, les parents de Cristal)
  • Quand on n’a plus rien à perdre (Johnny Rockfort, Cristal)
  • L'Adieu de Marie-Jeanne à Ziggy (Marie-Jeanne)
  • Les Uns contre les autres (Marie-Jeanne, Ziggy)
  • La Demande de Zéro à Stella (Zéro Janvier, Stella Spotlight)
  • Ego Trip (Stella Spotlight, Zéro Janvier)
  • Communiqué de l'évangéliste (L'évangéliste)
  • Petite musique terrienne (Marie-Jeanne, Cristal, Johnny Rockfort)
  • Monopolis (Cristal)
  • Communiqué de l'évangéliste (l'évangéliste)
  • Disc-jockey’s song (Ziggy)
  • Ce soir on danse à Naziland (Sadia, Zéro Janvier)
  • Tango de l'amour et de la mort (Stella Spotlight, Sadia)
  • Ce soir on danse à Naziland (suite) (Sadia)
  • Le monde est stone (Marie-Jeanne)
  • Victoire électorale (Stella Spotlight, Zéro Janvier)
  • Le Rêve de Stella Spotlight (Stella Spotlight)
  • Final (troupe)

Version anglaise[6][modifier | modifier le code]

  • Overture (instrumental)
  • A Little Damage Done (Quand on arrive en ville)
  • You Get What You Deserve (Travesti)
  • Working Girl (La Complainte de la serveuse automate)
  • I Would Love To Change The World The Businessman’s Blues (Le Blues du businessman)
  • Ziggy (Un garçon pas comme les autres)
  • Pollution Child (Un enfant de la pollution)
  • Nobody Chooses (Banlieue Nord)
  • Farewell To A Sex Symbol (Les Adieux d’un sex-symbol)
  • Ego Trip
  • You Have To Learn To Live Alone (Les Uns contre les autres)
  • Tonight We Dance Extravagance! (Ce soir on danse au Naziland)
  • Only the Very Best (SOS d’un terrien en détresse)
  • The World Is Stone (Le monde est stone)[6]

« Voulez-vous jouer avec moi au jeu de la Starmania ? »[modifier | modifier le code]

C'est le préambule inclus dans le programme 1979 du Palais des congrès de Paris.

  • Luc Plamondon : « Celle qui vous invite, c’est Cristal, le sourire de Télé-Capitale. Mais elle sera prise au piège de son propre jeu quand sa Starmania la fera tomber amoureuse d’un chef terroriste, Johnny Rockfort, vedette de l’actualité. Cette histoire d’amour et de mort est un prétexte pour vous présenter toute une galerie de personnages qui symbolisent un peu l’univers dans lequel nous vivons, où l’argent, le sexe et la violence sont au pouvoir.
    Je ne prétends pas vouloir changer le monde, il m’amuse beaucoup tel qu’il est, tel qu’il se donne en spectacle. J’aime le Cirque…
    Par l’intermédiaire des Mass Media, et surtout de la télévision, la Starmania est devenue la maladie du siècle. Chacun se bat pour faire briller son étoile. L’univers est un gigantesque Star System où notre petitesse n’a d’égale que notre ambition. À quoi ça sert de vouloir être si beau, de vouloir monter si haut, c’est là toute la question.
    La passion de Johnny Rockfort n’est pas une nouvelle Bible cosmique. Ce n’est qu’une bande dessinée à peine futuriste où vous vous reconnaîtrez peut-être. C’est un opéra baroque où le comique et le tragique se confondent, où le rock, le pop et le classique font un joyeux ménage à trois. »
  • Michel Berger : « La rencontre entre la plus grande équipe de Broadway, un prestigieux auteur québécois, des interprètes de tous les horizons, et une musique française, pour une création mondiale à Paris, c’est la grande expérience que nous tentons avec Starmania.
    Pour échapper à l’univers anonyme de demain, tout le monde rêve d’être une star, et face aux violences du dictateur ou de l’apprenti terroriste pour affirmer leur « Ego », il n’y a que notre besoin d’amour, mais il est immense et c’est lui, bien sûr, qui est aussi le moteur de tous les auteurs et participants à ce spectacle. »

Chronologie[modifier | modifier le code]

1978[modifier | modifier le code]

Le premier album Starmania, avec comme sous-titre Starmania ou la passion de Johnny Rockfort selon les évangiles télévisés, est mis en vente.
Les interprètes sont :

Il existe un enregistrement vidéo d’une émission télé où Luc Plamondon et Michel Berger présentent ce qui va devenir Starmania.

1979[modifier | modifier le code]

Le spectacle est présenté à partir du 12 avril pendant un mois au Palais des congrès de Paris avec 40 chanteurs, danseurs, musiciens et choristes évoluant dans une mise en scène « à l’américaine » : audiovisuel Akai (3 écrans géants, 60 téléviseurs), affichage électronique, un laser et une scène inclinée s’ouvrant lors des actions à l’Underground Café et à la discothèque géante Naziland[7]. Son succès est controversé dans la presse[8],[9].

Distribution
Production

Il n’existe aucun enregistrement vidéo complet de ce spectacle.

1980[modifier | modifier le code]

Le spectacle est joué à la Comédie Nationale (Station C) de Montréal (Québec) dans une mise en scène d’Olivier Reichenbach avec, comme interprètes :

1986-1987[modifier | modifier le code]

Le spectacle est présenté au Festival de Lanaudière à Joliette à l'été 1986, puis au Théâtre Maisonneuve de Montréal en 1987 dans une mise en scène minimaliste de Claude Girard avec, comme interprètes:

1988-1989[modifier | modifier le code]

Michel Berger et Luc Plamondon mettent en scène une nouvelle et deuxième version de Starmania au théâtre de Paris avec, comme interprètes :

1990[modifier | modifier le code]

Diffusion à la télévision de l'opéra-rock sur La Cinq (partenaire du spectacle), [11]. Le spectacle est présenté à travers toute la France ainsi qu’à Moscou et à Saint-Pétersbourg en langue française.

1991[modifier | modifier le code]

Starmania est présenté en allemand à l’Opéra d’Essen dans une mise en scène de Jurgen Schwalbe. La longueur des phrases en allemand étant contraignante par rapport au tempo des chansons, la musique, sur le modèle de la version 1988, sera arrangée par Achim Gieseler.

Distribution 

1992[modifier | modifier le code]

Sortie de l’album Tycoon, adpatation anglaise de Starmania sur des paroles de Tim Rice. Les principaux interprètes sont :

En 1997, le disque est rebaptisé Starmania, version anglaise.

1993[modifier | modifier le code]

Le , une nouvelle version de Starmania, la troisième, est créée au théâtre Mogador, mise en scène par Lewis Furey, avec des costumes de Philippe Guillotel (cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques d’Albertville).

Cette nouvelle production est élue meilleur spectacle musical de l’année 1994 aux Victoires de la musique. Un album studio est édité. À la scène, ses interprètes sont :

Ces mêmes interprètes joueront en alternance les versions française et anglaise sur la scène du théâtre Mogador. Interprétée tous les vendredis soirs à la rentrée 1993, la version anglaise ne restera cependant que quelques semaines à l’affiche. C’est Muriel Robin qui prête sa voix à Roger-Roger, et Tim Rice pour les représentations anglophones.

1993-2001[modifier | modifier le code]

  • Entre 1993 et 2001, la version scénique de Lewis Furey a été montée plusieurs fois dans des lieux différents (théâtre Mogador, Palais des congrès de Paris, Palais des sports de Paris, Casino de Paris). La mise en scène de Lewis Furey connaît une modification pour la tournée de 2001, avec des décors minimalistes et des costumes différents. Roger-Roger est supprimé et ce sont les personnages qui reprennent les parties du robot-présentateur.
  • Le , cette production fête sa 500e représentation et son millionième spectateur.
  • En 1996 puis 1997, cette version reçoit une Victoire de la musique pour le spectacle ayant attiré le plus grand nombre de spectateurs. La troupe triomphe également au théâtre Mogador et au Canada.
  • En 1997, cette version fut vue et applaudie par plus de 3,5 millions de spectateurs.
  • Deux saisons ont été exclusivement parisiennes (saison 1993/1994 au théâtre Mogador, saison 1998/1999 et 1999/2000 au Casino de Paris), et en 2000/2001, le spectacle a été joué uniquement en tournée. Les autres saisons, le spectacle a d’abord été joué à Paris (généralement d’octobre à janvier) avant de faire l’objet d’une tournée (de février à juin).
  • En 1998, cette version du spectacle fait l’objet d’un nouveau CD Live pour le 20e anniversaire de Starmania.

2004-2005[modifier | modifier le code]

En novembre 2004, le 25e anniversaire de Starmania est souligné par une adaptation symphonique présentée en version concert à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts à Montréal. L'Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Jacques Lacombe, fait entendre l'orchestration somptueuse de Simon Leclerc. En , cette version est présentée à Paris avec un orchestre et un chœur français, ainsi qu’un chef d’orchestre et des solistes québécois.

2009[modifier | modifier le code]

Le , France 2 diffuse une émission consacrée aux 30 ans de Starmania, présentée par France Gall, parcourant tous les plus grands tubes de l’opéra rock, interprétés par des chanteurs de la nouvelle génération (Christophe Willem, Amel Bent, Julien Doré, Amandine Bourgeois, Nolwenn Leroy, Jenifer, Grégoire, Pauline, la troupe de la comédie musicale Mozart) mais aussi des chanteuses confirmées (Lara Fabian, Catherine Ringer) ainsi que des chanteurs qui ont participé aux spectacles de 1979 (Diane Dufresne) et 1988 (Maurane, Renaud Hantson) ou à la version anglaise en studio (Peter Kingsbery).

Le film[modifier | modifier le code]

C'est au journal La Charente libre que Luc Plamondon annonce l'adaptation cinématographique de Starmania et dans un format 3D. Il aurait trouvé des producteurs prêts à investir dans le projet. Ni la liste des comédiens, ni les dates de tournage ou de sortie ne sont connues.

Le 12 novembre 2013, lors d'une interview relative au montage du spectacle en version concert par une troupe amateur, Luc Plamondon confirme le préparation d'un film : « Aujourd'hui, on n'a plus besoin de se demander comment on va construire Monopolis au cinéma. […] Ça n'a plus besoin d'être futuriste. »

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Certains observateurs ont fait remarquer, dès la première version en 1978, que la présence d’un réseau souterrain et d'édifices pourrait être une allusion à la ville de Montréal (en raison aussi de la forte participation québécoise dans la genèse de l’œuvre, ainsi que dans sa distribution), ou au forum des halles de Paris, véritable cité souterraine inaugurée quelques années auparavant.

Comme expliqué par Plamondon lui-même à la télé française France 2 pendant le spectacle à l’occasion des 25 ans de l’opéra rock, il existe des similitudes prophétiques frappantes entre Starmania et certains événements de nos jours, entre la tour de Zéro Janvier et les tours jumelles du 11 septembre 2001. Dans le DVD du spectacle de Marigny, la représentation même physique de Zéro Janvier fait penser à certains leaders politiques d’aujourd’hui qui possèdent et savent bien jouer avec les médias. Avec ses réflexions au sujet de l’impact des manipulations médiatiques sur les opinions publiques, de l’utilisation par des politiques de la peur pour se maintenir au pouvoir, la comédie musicale Starmania reste toujours d’actualité[12].

Starmania et non Star Académie[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’émission Starmania (dans l’histoire), présentée par Cristal, n’est pas l’équivalent de la Star Académie actuelle, ou encore de la Nouvelle Star. Le concept imaginé par Michel Berger et Luc Plamondon ressemble plutôt à une émission qui révélerait des destins « hors du commun » ou « exemplaires ». Comme le dit Cristal : « Qu’est-ce qu’il a que tu n’as pas toi ? » ou encore « Écrivez-moi, racontez-moi votre vie et vos envies, et dites-moi qui vous voudriez-être et, qui sait, vous serez peut-être, la star d’un soir. » Cette émission relève donc plus du récit que de la chanson.

Dans l’opéra rock, deux émissions Starmania sont présentées par Cristal.

  • Dans la première, c’est Zéro Janvier qui est l’invité. Il évoque sa formidable ascension d’homme puissant, riche et célèbre mais aussi son regret de n’avoir pas fait ce qu’il voulait.
  • Une deuxième émission présente l’interview exclusive de Johnny Rockfort, qui raconte son passé, sa personnalité, les raisons de son mal-être, de sa haine destructrice envers la société...

On est donc loin des concours de chant (même si bien sûr les personnages chantent, puisqu'il s'agit d'un opéra rock).

Sadia, travesti[modifier | modifier le code]

Une incertitude se présente quant à l'identité réelle de Sadia. L'histoire laisse planer une possibilité : le personnage de Sadia ne serait pas une fille de la bourgeoisie qui se travestit en signe de rébellion, mais un homme qui se travestit en femme. Ce qui rendrait alors encore plus complexe sa relation avec Johnny Rockfort. Il est ici important de préciser qu’il est difficile de « connaître à coup sûr » la véritable identité de Sadia. La chanteuse Wenta, interprète de Sadia en 1988, explique que pour elle, Sadia était bien un travesti, mais que Michel Berger, moins à l’aise sur la thématique de l’identité sexuelle, la représentait comme une jeune étudiante se faisant passer pour un travesti par provocation.

En revanche, Lewis Furey avait tout d’abord souhaité un homme pour ce rôle en 1993, avant de se rabattre sur Jasmine Roy, bien plus violente et agressive lors des auditions que tous les hommes pressentis. Le fait qu’un tel rôle n’ait été d’ailleurs exclusivement interprété que par des femmes n’est pas innocent. Il s’agit bien de créer un climat de malaise, tout en excitant une certaine curiosité voyeuriste chez le spectateur (« est-ce un homme ou une femme ? ») de la même manière que les hommes qui croisent Sadia murmurent : « Est-ce une star en déconfiture / Est-ce une étoile du futur ? » La nature même de Sadia reste imprécise, tout comme son appartenance à un clan « politique », ce qu’on découvre à la fin, la chanson Travesti pouvant également être interprétée comme un indice de cette duplicité.
Si, lors de la création de l’opéra rock, on n’a pas mis l’accent sur la « vraie nature » de Sadia, une hypothèse possible : ce serait d’avoir cherché, à cet effet, à se réconcilier les réserves d’un audimat plus conservateur. Il suffit d’écouter les paroles[13] de sa chanson de présentation, Travesti :

Si vous pouviez me voir toute nue
Me voir sous toutes mes coutures
Messieurs vous n’seriez pas déçus
De découvrir ma vraie nature. [...]
N’m’app’lez pas Madame
Sans savoir qui je suis
Je n’suis pas une femme
Je suis... un travesti.

Ceci éclaire ensuite sur sa coalition avec Ziggy, ouvertement homosexuel. Si le texte n’est pas explicite (les protagonistes désignent Sadia comme entité féminine, toujours « elle », puisque c’est son apparence), on est en droit de penser que sa relation avec Ziggy n’est pas platonique [citation requise]. Cette relation n’est cependant évoquée qu’à partir de 1988. Auparavant, on ne savait rien de ce qui motivait ses adieux à Marie-Jeanne ni comment il devenait le disc jockey résident du Naziland. Le spectateur comprend mieux l’opportunisme de ce dernier, obtenant, par la même occasion, une rapide ascension sociale, une promotion professionnelle convoitée et sans doute plus, ce qui reste, en revanche, surprenant et totalement incompréhensible pour Marie-Jeanne :

Ziggy (à Marie-Jeanne)
Tu sais, j’ai revu Sadia quelques fois
Elle m’a fait engager
Comme disc-jockey
Au Naziland
La discothèque de Zéro Janvier.
Marie-Jeanne
Qu’est-ce que Sadia vient faire dans cette histoire ?
Ziggy
Elle a des amis au pouvoir.

On peut dire que c’est l’autre histoire d’amour qu’on ne cite pas, car peut-être plus dérangeante, mais ni plus ni moins insolite que les autres, que ce soit celle de l’animatrice TV s’alliant avec son ravisseur ou celle de la star déclinante s’acoquinant avec l’homme puissant au pouvoir.... Il a donc été envisagé que le rôle de Sadia soit tenu par un homme lors de la version de 1993, avant que cette idée soit abandonnée puisque le spectacle était joué en anglais certains soirs, et que la version anglaise du spectacle ne fait aucunement allusion à l'ambigüité sexuelle de Sadia.

Une opposition à ces thèmes controversés eut tout de même lieu en 1979, la presse jugeant la thématique sexuelle par trop développée durant le spectacle : Stella Spotlight est censée être apparue nue dans tous ses films (sauf le dernier) et elle participe à l’hystérique séance de « group-thérapie » (sic) Sex shops, cinémas pornos, emblématique de la liberté sexuelle des années 1970[14]. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la critique accueillit initialement avec réserve Starmania. S’ensuivit une série de critiques d’ailleurs peu fondées : laideur des costumes, nullité des chorégraphies....

La mort de Cristal[modifier | modifier le code]

Le destin tragique d'une des héroïnes du spectacle a évolué en même temps que des mises en scènes. En 1979, elle est jetée du haut de l'édifice par les gardes, alors que Marie-Jeanne et Stella Spotlight errent au milieu des ruines de la surface. En 1988, elle est touchée par les tirs des gardes lors de la soirée au Naziland. Dans la mise en scène de Lewis Furey (1993), elle est touchée par l'explosion alors qu'elle s'échappe de la soirée avec Johnny. Pour la mise en scène de la tournée 2000-2001, elle est étranglée par Zéro Janvier en personne.

Les musiciens[modifier | modifier le code]

Enregistrements[modifier | modifier le code]

L’année est celle où l’enregistrement a été réalisé.

Discographie[modifier | modifier le code]

Les chansons supprimées ou modifiées[modifier | modifier le code]

Le tout premier album vinyle contient des titres qui n'ont pas été réédités. Starmania (L'Air de l'extra-terrestre) est présent sur les deux éditions québécoises ultérieures, alors que le personnage de l'extra-terrestre ne fait partie d'aucune mise en scène ; c'est la raison pour laquelle Le Rêve de Stella Spotlight (« toi qui sais déjà la fin de mon histoire, emmène-moi avec toi dans le ciel... ») est raccourci par la suite. L'album contenait également le titre Paranoïa (supprimé des versions ultérieures, dans la mesure où le personnage du Grand Gourou n'a jamais été repris - Conservé néanmoins dans le spectacle au palais des congrès de 1979) ainsi qu'un final avec la version instrumentale de Monopolis. Le titre Starmania sera remplacé sur les éditions CD par SOS d'un terrien en détresse, alors que le titre Besoin d'amour interprété par France Gall sera ajouté à la track list finale après la sortie de l'album. La chanson "Paranoïa" interprétée par M. Berger sera la seule à être réarrangée lors de la la sortie de l'album simple (pochette rose).

En dehors des aménagements de mise en scène et de la refonte totale de 1988, la chanson Duo d'adieu sera changée, renommée et rallongée à l'occasion du single Nos planètes se séparent en 1998.

Certains titres écrits et composés par Michel Berger : Au revoir Angelina, Comme des loups, et À qui donner ce que j'ai ? faisaient partie du projet originel intitulé Angelina Dumas. Cela constituaient une première ossature du projet Starmania. L'album "Angélina Dumas", enregistré à Los Angeles, n'est jamais sorti, Michel Berger trouvant le travail pas suffisamment abouti, notamment au niveau des textes. C'est à ce moment la qu'il est entré en contact avec Luc Plamondon pour lui proposer de signer le livret de la comédie Musicale... la suite on la connait !

DVD[modifier | modifier le code]

  • 1989 : Starmania, intégrale live de la deuxième version 1988-1989 (Warner Vision).

Il existe aussi un enregistrement en public de la dernière saison de 2000, remis en « souvenir » aux artistes présents lors de cette saison.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : infodisc.fr.
  2. Précédemment, il y a eu le double album de Johnny Hallyday, Hamlet (1976), qui ne fut jamais monté sur scène.
  3. Selon les mises en scènes, Cristal est jetée du haut de l'édifice (1979), touchée par les tirs des gardes (1988) ou par l'explosion (1993), ou bien encore étranglée par Zéro Janvier en personne (2001).
  4. Paroles de Starmania au Palais des congrès, 1979
  5. Ordre chronologique des textes du spectacle original mis en scène par Tom O'Horgan et présenté au Palais des congrès de Paris au printemps 1979.
  6. a et b Titres figurant sur l’album paru en 1992.
  7. Source : France-Soir du .
  8. Dans le no 1271 du magazine hebdomadaire Jours de France du Michel Berger et France Gall figurent en couverture, le journaliste Paul Giannoli consacre un article à Starmania et écrit (extrait) : « Chaque soir près de quatre mille spectateurs sont magnétiquement attirés par le Palais des Congrès. Les indices de location laissent deviner qu'il en sera ainsi pendant les trente représentations. Lorsque le rideau ne se baissera pas (car il n'y a pas de rideau) sur la dernière représentation, mais que la constellation de projecteurs s'éteindra, toute une troupe de garçons et de filles pourront s'embrasser ; ils auront gagné, ils auront fait plus que cela en prouvant que le « musical » peut réussir ailleurs qu'à Broadway. »
  9. Tandis que Le Parisien consacre sa une à Starmania se jouant « devant des salles vides », photos à l'appui.[réf. nécessaire] Cela étant, aucune prolongation n'aurait été possible, les ballets du Bolchoï prenant immédiatement le relai.
  10. Décès en octobre 2011, inhumation le à l'Église Saint-Pierre-de-Chaillot de Paris (XVIe arr.). Source : article Le Post.fr du .
  11. [1], Liberation.fr, consulté le 26 janvier 2013
  12. « Starmania » avait tout prévu, LeMonde.fr, publié le 23 avril 2009
  13. Extraits du texte intégral de l’opéra rock publié par Le Cherche midi.
  14. Tableau scénique et chanson seront définitivement supprimés de tous spectacles et enregistrements ultérieurs.
  15. a, b et c Studio 1978, live 1979.
  16. a et b Tycoon 1992.
  17. Live 1988/1989, Tycoon 1992.
  18. Live 1988/1989.
  19. Studio 1978, live 79, live 1988/1989, Tycoon 1992.

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