Sidi Larbi Cherkaoui

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Sidi Larbi Cherkaoui

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Sidi Larbi Cherkaoui à la fin du spectacle Apocrifu à Tivoli en juin 2009

Naissance 10 mars 1976
Anvers en Belgique
Activité principale Chorégraphe et danseur
Style Danse contemporaine
Lieux d'activité Anvers
Années d'activité Depuis 1995
Collaborations Damien Jalet, Akram Khan, María Pagés
Formation P.A.R.T.S.
Enseignement Anne Teresa De Keersmaeker
Récompenses Prix Nijinski 2002

Œuvres principales

Rien de rien
Foi
Tempus fugit et In memoriam
Zero Degrees
Origine

Sidi Larbi Cherkaoui, né à Anvers le 10 mars 1976[1], est un danseur et chorégraphe belge de danse contemporaine. En résidence à la Toneelhuis d'Anvers depuis 2007, il fait partie de la nouvelle génération émergente des chorégraphes flamands formés autour notamment d'Alain Platel et des Ballets C de la B et d'Anne Teresa De Keersmaeker à la fin des années 1990. Adepte d'une danse relativement physique notamment en termes de capacités de souplesse des membres, il collabore fréquemment avec de nombreux autres chorégraphes tels que Akram Khan et son complice de longue date Damien Jalet. Il fonde en janvier 2010, la compagnie Eastman.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sidi Larbi Cherkaoui est d'origine marocaine par son père, arrivé de Tanger dans la vague de l'immigration des années 1960 et flamande par sa mère. Enfant, il va à l'école coranique, pratique le dessin et reproduit les toiles des maîtres flamands[2],[3]. Ouvert à toutes les formes d'expression chorégraphique, il ne débute la danse qu'à l'âge de 16 ans, alors que la plupart des danseurs ont déjà plusieurs années de pratique derrière eux. En 1995, le danseur reçoit le premier prix pour le meilleur solo de danse belge à Gand[2], un concours lancé par Alain Platel.

Après des débuts de danseur et chanteurs dans des spectacles de variété à la télévision belge[4], il fait sa formation professionnelle de danse contemporaine aux P.A.R.T.S. de 1996 à 1999, fondés par la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker[5],[6]. Parallèlement à sa formation contemporaine, il travaille avec des compagnies de hip-hop et de modern jazz en Belgique. Son style reste marqué par cette époque, notamment en raison de ses capacités peu ordinaires de souplesse voire de réel contorsionniste[3].

Sidi Larbi Cherkaoui fait partie de cette jeune génération d'artistes néerlandophones et francophones qui représente une nouvelle vague dans le milieu de l'art chorégraphique belge et européen. Membre de Les Ballets C de la B (les Ballets Contemporains de la Belgique), compagnie de danse située à Gand en Belgique, Cherkaoui y participe en tant que danseur mais également en tant que chorégraphe. Sa première pièce en tant que chorégraphe est intitulée Anonymous Society et s'apparente à une comédie musicale où il danse sur des chansons de Jacques Brel. Il recevra pour cette création trois prix internationaux et verra sa carrière lancée auprès des institutions européennes qui décident rapidement de le programmer. Sidi Larbi Cherkaoui se révèle alors réellement au grand public en 2000, avec un pièce d'envergure, Rien de rien, qui l'imposera immédiatement sur la scène de la danse contemporaine[2],[7],[8]. Dès lors son travail s'attache aux notions de multiculturalité et de différence[3],[8].

Très apprécié par la critique internationale, surtout européenne[9],[3], Sidi Larbi Cherkaoui travaille avec les plus grandes compagnies et les plus grands théâtres qui lui commandent des chorégraphies. Peuvent être cités le Grand Théâtre de Genève ou encore les Ballets de Monte-Carlo. Par son ouverture à toutes les formes d'art scénique, le répertoire de Cherkaoui est fortement personnel, théâtral et éclectique, avec par exemple l'utilisation fréquente du plain-chant avec son complice Damien Jalet qu'il a rencontré lors de Rien de rien[3]. Les créations de Cherkaoui sont presque toujours en relation avec l'exploration de l'identité qu'elle soit culturelle, religieuse, ethnique, ou sexuelle[2],[3]. De même, pour certaines chorégraphies, dont Ook, il travaille avec des danseurs et des comédiens handicapés psychiques et mentaux issus du Theater Stap. Le comédien trisomique Marc Wagemans intègre ensuite sa troupe[10]. Une autre constante de Cherkaoui est l'humour, utilisé dans les mots, les gestes, et la musique[3],[11].

En 2005, Sidi Larbi Cherkaoui crée et danse un duo important avec Akram Khan, Zero Degree, qui rencontrera un succès mondial pour les deux chorégraphes montants des années 2000[5],[12],[13]. Il s'autonomise alors en 2006 des Ballets C de la B en s'installant en résidence à la Toneelhuis d'Anvers. En 2007, il travaille avec le plasticien Gilles Delmas sur une installation intitulée La Zon-Mai et créée pour la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, qui consiste en une maison de toile sur les faces de laquelle est projetée en boucle une mosaïque de performances chorégraphiques de vingt-un danseurs[14] filmées dans leurs propres maisons. L'esprit de ce travail est repris en partie l'année suivante dans le spectacle Origine de 2008 mettant en scène les thèmes de l'immigration et du départ, des gestes du quotidien et du chez-soi. Également 2007, il part dans le sud de la Chine travailler avec des moines d'un monastère Shaolin, le temple de Henan, pour l'écriture de son spectacle Sutra[15] qu'il crée en collaboration avec le sculpteur Antony Gormley.

L'année 2010, marque une importante transition dans la carrière de Sidi Larbi Cherkaoui avec la fondation en janvier de sa nouvelle compagnie intitulée Eastman qui est en résidence à la Toneelhuis d'Anvers. Il complète également cette même année avec un spectacle rempli d'humour intitulé Babel (Words) créé en collaboration avec Damien Jalet, qui remporte un vif succès[11], un triptyque informel initié en 2003 avec Foi et continué en 2007 avec Myth sur « la quête du salut » et le lien entre l'homme et Dieu[16],[3]. En 2011, le réalisateur britannique Joe Wright fait appel à lui pour chorégraphier les scènes de danse du film Anna Karénine. Pour 2013, il reçoit la commande du ballet de l'Opéra de Paris de revisiter le Boléro de Maurice Ravel[8].

Chorégraphies[modifier | modifier le code]

Lors des applaudissements d'Apocrifu avec les membres du groupe A Filetta sur la droite.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Biographie Sidi Larbi Cherkaoui sur Muzinger.de
  2. a, b, c et d Panorama de la danse contemporaine. 90 chorégraphes, par Rosita Boisseau, Éditions Textuel, Paris, 2006, (ISBN 2-84597-188-5), p.102-103.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Interview de Sidi Larbi Cherkaoui dans Esprit critique par Vincent Josse sur France Inter le 21 juin 2010
  4. Autobiographie à personnages multiples dans L'Humanité du 21 juillet 2004
  5. a et b Deux génies du geste se rencontrent par Frédérique Doyon dans Le Devoir du 7 octobre 2006.
  6. (en) Sidi Larbi Cherkaoui sur le site de P.A.R.T.S..
  7. Cherkaoui, double origine assumée dans Libération du 28 novembre 2008.
  8. a, b et c Sidi Larbi Cherkaoui, chorégraphe forte tête par Philippe Noisette dans Paris Match du 4 mai 2012.
  9. Grand écart dans Le Figaro du 14 octobre 2007.
  10. Un livre a été tiré de ces créations et rencontres avec le monde du handicap : Joël Kéouanton, Sidi Larbi Cherkaoui, rencontres, Paris, éditions L'Œil d'or, 2005.
  11. a et b "Babel (words)" fait un tabac par Rosita Boisseau dans Le Monde du 3 juillet 2010.
  12. (en) A World of Dancers, Stranded in a Transportation Limbo dans The New York Times du 25 avril 2008.
  13. (en) Humiliation and Death on a Fateful Journey dans The New York Times du 28 avril 2008.
  14. Comprenant notamment Akram Khan, des danseurs du Ballet Cullberg et du Ballets de Monte-Carlo.
  15. Sidi Larbi Cherkaoui à fond la caisse dans L'Humanité du 11 juillet 2008
  16. Cherkaoui signe son triptyque dans Le Figaro du 15 juin 2010
  17. En hommage au dessinateur japonais de mangas Osamu Tezuka.
  18. Le danseur belge Sidi Larbi Cherkaoui a été récompensé dans La Tribune de Genève le 2 décembre 2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joël Kéouanton, Sidi Larbi Cherkaoui, rencontres, Paris, éditions L'Œil d'or, 2005.
  • Sidi Larbi Cherkaoui avec Justin Morin, Pèlerinage sur soi, Paris, éditions Actes Sud, collection Le Souffle de l'esprit, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]