Télévangélisme

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Un télévangéliste (en anglais televangelist, mot formé à partir de television et evangelist) est un ministre religieux qui consacre une partie importante de son ministère à des émissions de télévision régulières. Certains télévangélistes sont aussi pasteurs dans leurs propres temples, mais leurs ouailles sont majoritairement des téléspectateurs.

Historique[modifier | modifier le code]

Les prédicateurs utilisent les télécommunications pour susciter des conversions depuis les premiers jours de la radio. L'un des plus célèbres prédicateurs radiophoniques du début du XXe siècle est le prêtre catholique Charles Coughlin dont les émissions au ton fortement anticommuniste touchaient des millions d'auditeurs durant la Grande Dépression des années 1930.

Dans les années 1950, l'archevêque catholique américain Fulton Sheen anima des diffusions de haute qualité qui donnèrent une excellente réputation à la télévision comme moyen de communication sociale et d'évangélisation. Le style de Sheen était très différent de celui des pasteurs protestants ou celui de Coughlin. Il est encore cité comme un brillant exemple à imiter dans le domaine télévisuel[1].

Dans les années 1970 et 1980, la montée du christianisme evangelical a permis à des télévangélistes de devenir des personnages de grande envergure, propriétaires de leur propre chaîne, jouissant d'une visibilité médiatique et de l'influence politique qui y est associée. Pour nombre d'entre eux, ce succès a perduré jusqu'à nos jours.

Le télévangélisme aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le télévangélisme est un phénomène à l'origine spécifiquement américain. Toutefois, la forte progression du protestantisme évangélique en Amérique latine a entraîné l'apparition de télévangélistes dans ces pays (surtout dans le sud de l'Amérique centrale et au Brésil). Enfin, depuis les années 1990, les chaînes des télévangélistes américains implantent progressivement des antennes locales en Europe. De nombreux networks (réseaux de chaînes de télévision couvrant l'ensemble du territoire) religieux existent et leurs programmes sont constitués principalement par des prêches de télévangélisme.

Bien qu'à prédominance catholique dans le nord des États-Unis, c'est un phénomène presque entièrement évangélique (evangelical) dans le Midwest et le Sud, où il constitue un avatar des mouvements de réveil prêchés sous des chapiteaux itinérants (revival tent preaching) qui connurent un regain durant la grande dépression, les prédicateurs se déplaçant de ville en ville et vivant des offrandes des fidèles. Ce mouvement a été magnifiquement décrit par le cinéaste Richard Brooks dans son film Elmer Gantry le charlatan (1960) avec Burt Lancaster (qui reçoit grâce à ce film l'Oscar du meilleur acteur) et Jean Simmons, adaptation du roman éponyme (1927) de Sinclair Lewis).

Controverses liées aux télévangélistes[modifier | modifier le code]

Certains télévangélistes ont été la source de graves controverses portant sur les pratiques de guérison. Ils sont accusés de charlatanerie par les sceptiques et des fraudes ont pu être prouvées comme dans le cas de Peter Popoff.

Dans les années 1980, des scandales financiers ont ruiné la réputation de certains d'entre eux, dont Jim Bakker qui a dû faire de la prison. Jimmy Swaggart est devenu célèbre pour l'aveu de ses relations avec des prostituées. Ils continuent de prêcher, mais avec une audience moindre. Leurs pratiques sont dénoncées par la chanson Jesus He Knows Me du groupe Genesis, qui met en scène un télévangéliste amoral détournant les dons de ses téléspectateurs.

Pat Robertson et Jerry Falwell se sont fait remarquer en 2001 par leurs déclarations interprétant les attentats du 11 septembre 2001 comme une sanction divine.

Dans l'islam[modifier | modifier le code]

Le télévangélisme existe aussi dans l'islam, bien qu'il soit question de Coran en lieu et place d'Évangile. Plusieurs émissions sont notamment développées au Pakistan[2] ou en Égypte[3] ; Amr Khaled est l'un des plus célèbres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. « Au Pakistan, la "bataille" des télévangélistes musulmans », Dépêche AFP,‎ 4 août 2013 (lire en ligne)
  3. (en) « Holy smoke : Islamic preachers are drawing on a Christian tradition », The Economist,‎ 29 octobre 2011 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]