Syndrome de Stockholm

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Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers.

L'expression « syndrome de Stockholm » a été inventée par le psychiatre Nils Bejerot en 1973. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d'otage fut décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain Frank Ochberg, en relation avec un fait-divers qui eut lieu en cette même ville.

Inversement, le syndrome peut s'appliquer aux ravisseurs, qui peuvent être influencés par le point de vue de l'otage. On parle dans ce cas du syndrome de Lima[1].

Sommaire

[modifier] Le fait-divers à l'origine

Le 23 août 1973, un évadé de prison, Jan Erik Olsson, tente de commettre un braquage dans l'agence de la Kreditbanken du quartier de Norrmalmstorg à Stockholm. Lors de l'intervention des forces de l'ordre, il se retranche dans la banque où il prend en otage quatre employés. Il obtient la libération de son compagnon de cellule, Clark Olofsson, qui peut le rejoindre. Six jours de négociation aboutissent finalement à la libération des otages. Curieusement, ceux-ci s'interposeront entre leurs ravisseurs et les forces de l'ordre. Par la suite, ils refuseront de témoigner à charge, contribueront à leur défense et iront leur rendre visite en prison. Une relation amoureuse se développa même entre Jan Erik Olsson et Kristin, l'une des otages. La légende veut même qu'ils se soient mariés par la suite, mais ce fait fut démenti.[réf. nécessaire]

[modifier] Autres exemples

  • Patricia Hearst ;
  • Intervention des Sabines lors de l'affrontement entre les Romains et les Sabins (voir Tite-Live, Enlèvement des Sabines) ;
  • Louis XVII (1785-1795) se prit d'affection pour son nouveau précepteur Simon, après avoir été séparé de sa mère, et ira jusqu'à « témoigner » à charge à son procès ;
  • Certains enfants, victime d'abus dans leur famille ;
  • Certaines victimes de violences conjugales.

[modifier] Analyse du syndrome

Trois critères :

  • le développement d'un sentiment de confiance, voire de sympathie des otages vis-à-vis de leurs ravisseurs ;
  • le développement d'un sentiment positif des ravisseurs à l'égard de leurs otages ;
  • l'apparition d'une hostilité des victimes envers les forces de l'ordre.

Pour que ce syndrome puisse apparaître, trois conditions sont nécessaires :

  • l'agresseur doit être capable d'une conceptualisation idéologique suffisante pour pouvoir justifier son acte aux yeux de ses victimes.
  • il ne doit exister aucun antagonisme ethnique, aucun racisme, ni aucun sentiment de haine des agresseurs à l'égard des otages.
  • il est nécessaire que les victimes potentielles n'aient pas été préalablement informées de l'existence de ce syndrome (dans certains cas, l'agresseur peut faire preuve d'une conceptualisation idéologique capable de convaincre une victime préalablement informée du syndrome).

Il apparaît plus difficilement si les victimes potentielles sont préalablement informées de l'existence de ce syndrome.

Le syndrome de Stockholm semble être une manifestation de l'inconscient, poussé par le premier but de l'être humain : la survie. En effet, dans les fantasmes du sujet concerné, en s'attirant la sympathie de l'agresseur, l'agressé se croit hors du danger, croyant contrôler, même inconsciemment, les émotions de l'agresseur. Ce qui lui vaudra peut-être l'épargne de sa vie au profit d'une pacification pouvant être poussée à une fraternisation. En fait, c'est de l'angoisse que le sujet se protège, car le danger est toujours réel.

Le syndrome de Stockholm est un syndrome émergent psychotique, comme tant d'autres pouvant émerger dans une situation limite, même si le sujet qui le subit n'a pas une personnalité psychotique.

C'est Erich Fromm qui en 1940, dans La Peur de la liberté établit les bases psychologiques donnant origine à ce syndrome, même s'il ne parle pas de syndrome de Stockholm, terme vulgarisé des décennies plus tard. Le sujet étant prêt à renoncer à sa propre identité par peur de l'autorité.

[modifier] Mécanismes sociologiques et psychologiques similaires

  • Relation entre le dictateur et son peuple : le dictateur finit par devenir l'objet d'amour et d'admiration que l'on s'interdit de critiquer ou de haïr. Ce n'est pas par hasard que les dictateurs comptent avec un grand nombre d'apologistes (artistes, écrivains) et pas les grands hommes d’État.

Dans ces trois derniers cas, les individus battus ne se plaignent pas, n'osent pas résister ou dénoncer et, malgré des moments de doute, continuent à aimer leur tortionnaire.

[modifier] Culture populaire

[modifier] Musique

[modifier] Films et séries

[modifier] Autres

  • Un roman de Stephen King, Rage, dans lequel un collégien abat l'un de ses professeurs et prend l'ensemble de la classe en otage ; à la fin du roman, la quasi-totalité des élèves otages prennent fait et cause pour leur camarade qui les séquestre.
  • La bande dessinée Inspecteur Moroni, Tome 3 : Le syndrome de Stockholm de Guy Delisle sur ce sujet.

[modifier] Références

  1. N. Kato, et al 2006, Ptsd: Brain Mechanisms and Clinical Implications, p. 149, Springer Publishers ISBN 4-431-29566-6
  2. http://lecourrier.ch/index.php?name=News&file=article&sid=446212
  3. http://pikereplik.unblog.fr/2010/06/17/syndrome-de-stockholm/


[modifier] Articles connexes

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