Le Schtroumpfissime
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| Le Schtroumpfissime | |
| 9e histoire de la série Les Schtroumpfs | |
| Scénario | Yvan Delporte |
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| Dessin | Peyo |
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| Langue originale | Français |
| Éditeur | Dupuis |
| Première publication | no 1378 de Spirou (1964) |
Le Schtroumpfissime est la neuvième histoire de la série Les Schtroumpfs de Peyo et Yvan Delporte. Elle est publiée pour la première fois du no 1378 au no 1414 du journal Spirou, puis dans l'album du même nom en 1965.
Sommaire |
[modifier] Univers
[modifier] Synopsis
[modifier] Personnages
Le Schtroumpf à Lunettes est un des personnages les plus en vue dans cette histoire. D'abord candidat moralisateur contre le futur Schtroumpfissime, il devient son premier soutien une fois les élections validés. Il va alors continuellement changer de camp tout au long de l'histoire jusqu'à finir en prison à partir de la vingt-deuxième planches, malgré un dernier changement de camp désespéré au moment de son arrestation. Il va passer le reste de l'histoire à penser que les Schtroumpfs rebelles vont venir le délivrer et le considérer comme un héros martyre, mais rien ne vas arriver[1].
[modifier] Historique
Quand débute la publication de l'histoire en 1964, Peyo est rentrée depuis douze ans aux éditions Dupuis et en est devenu un auteur de premier plan. D'abord avec la série Johan et Pirlouit, dont il a déjà publiée douze albums[Note 1], mais cette série, ou sont apparu pour la première fois les Schtroumpfs en 1958, ne va plus être une priorité pour lui, car il est totalement accaparé par le succès des Schtroumpfs. Les lutins bleues sont d'abord apparu dans six mini-récits, puis dans deux histoires de vingt planches intitulées Le Schtroumpf volant et Schtroumpfonie en ut. Pour Le Schtroumpfissime, il décide d'essayer autre chose et se lance pour la première fois dans une histoire de quarante-quatre planches des Schtroumpfs[2].
Le Schtroumpfissime commence sa publication dans le no 1378 du journal Spirou daté du 10 septembre 1964.
[modifier] Équipe de Peyo
Le principal membre du studio à travailler sur cette histoire est Derib. Il encre les planches préalablement crayonné par Peyo et dessine les décors. Il crée notamment, le graphisme du palais du Schtroumpfissime. Pour être l'assistant de Peyo, il a subi une véritable formation pour développer un trait spontané proche de celui du maître[3]. Par contre François Walthéry qui a travaillé sur l'histoire précédente Schtroumpfonie en ut, ne prend pas part à l'élaboration de cette histoire, car Peyo constate qu'il a des difficultés à des dessiner correctement des Schtroumpfs et l'oriente vers la série Jacky et Célestin[4]. Au moment de la réalisation du Schtroumpfissime, son équipe va faire des essais pour redessiner entièrement l'histoire Le Lutin du Bois aux Roches de la série Johan et Pirlouit qui date de 1955, mais les essais ne seront pas concluants et Derib peu ce concentrer uniquement sur Le Schtroumpfissime[5].
[modifier] Analyse
[modifier] Humour
C'est dans cette histoire qu'apparaissent pour la première fois, à la planche cinq, les cadeaux explosifs du Schtroumpf farceur qui vont rapidement devenir l'un des running gag les plus connus de la série[6]. Dans cette histoire est parodié la politique et le pouvoir, ainsi dans la planche sept ce sont les discours démagogiques des candidats aux élections qui sont moqués. En deux cases et en langage schtroumpf, l'ensemble les phrases toute faite des politicien sont passées en revue par le futur Schtroumpfissime[7]. Dans la planche no 13, est brocardé l'opportunisme à travers le personnage du Schtroumpf à Lunettes qui après s'être présenté à l'élection contre le Schtroumpfissime devient son allié le plus fidèle[8]. A partir de la planche vingt-deux, un running gag est présent. Le Schtroumpf à Lunettes emprisonné attend sa libération par les rebelles, qui ne viendra pas. Par contre les auteurs font de temps en temps un point avec une ou deux cases le montrant dans sa cellule, n'hésitant pas à couper une action en cours pour le montrer et faire un effet comique sur cette situation qui n'évolue pas[1].
[modifier] Influence
Il est fort probable que les auteurs ont été influencés par les Looney Tunes des studios Warner Bros pour créer les cadeaux explosifs Schtroumpf farceur. Dans les courts métrages d'animation de Bugs Bunny ou Bip Bip et Coyote les pièges explosifs sont extrêmement nombreux. Les Aventures de Tintin sont sans aucun doute l'autre source d'inspiration, Peyo ayant révélé à plusieurs reprises être un grand lecteur d'Hergé, ici les cigares explosifs d'Abdallah dans Tintin au pays de l'or noir pour les cadeaux[6]. Autre influence direct, la réunion secrète de la planche dix-neuf avec celle présente dans l'histoire Les Cigares du pharaon, mais si celle d'Hergé est sérieuse et grave, celle de Peyo est coupé de gag avec un Schtroumpf à Lunettes reconnaissable malgré son masque et un autre Schtroumpf qui ne comprend rien et pose des questions sans rapport[9].
Le thème de la campagne électorale avait été traité quelques années auparavant en 1958 par Morris et René Goscinny dans l'histoire Lucky Luke contre Joss Jamon avec des similitudes avec Le Schtroumpfissime, dans cette histoire Lucky Luke affronte électoralement la bande de Joss Jamon dans la ville de Frontier City. Comme scène commune il y a celle des meetings entre les deux candidats dont l'un plein (celui de Joss Jamon et du futur Schtroumpfissime, le premier contraint les habitants par la force et l'autre promettant du jus de framboise) alors que l'autre (Lucky Luke et le Schtroumpf à Lunettes) ne contient qu'une personne. Pour permettre l'effet comique, les planches des deux histoires sont découpées et cadrées en contre-plongée de la même façon[10].
Les rebelles dans la forêt sont inspirés par Robin des Bois et sa bande caché dans la forêt de Sherwood. Dans la planche vingt-six, un Schtroumpf rebelle guette dans un arbres l'arrivée des hommes du Schtroumpfissime, un clin d'œil au film Les Aventures de Robin des Bois sortie en 1946 en Belgique, ou les compagnons de Robin des Bois, Petit Jean et Frère Tuck guettent le Shérif de Nottingham et ses troupes. Peyo avoue plus tard avoir vu ce film dans sa jeunesse et avoir été « durablement marqué »[11].
Peyo s'inspire aussi de ses propres créations, ainsi la planche vingt-huit qui voit les gardes du Schtroumpfissime suivre des panneaux indiquant que le camp rebelle n'est pas dans la direction est une réminiscence de l'histoire Le Voleur de Schtroumpfs paru en 1959. Dans cette histoire, des Schtroumpfs suivent des panneaux indiquant un champ de salsepareille qui est enfaîte un piège de Gargamel. Dans Le Schtroumpfissime le gag varie et les panneaux indiquent de ne pas les suivre, mais par contradiction les gardes et le Schtroumpfissime les suivent et tombent dans le piège des rebelles puisqu'ils mènent directement dans un ruisseau avec un dernier panneau ou il est marqué « On vous avait prévenus. HA ! HA ! HA ! ». C'est aussi une inspiration de court-métrage animé de Disney avec Donald Duck ou Dingo. Il n'était par rare que Peyo loue des dessins animés pour les diffuser dans son atelier[12].
[modifier] Style
[modifier] Graphisme
L'une des particularités du dessin de Peyo est de réussir à dessiner des grandes scènes de bataille extrêmement détaillés. Déjà dans Johan et Pirlouit des histoires comme Le Châtiment de Basenhau ou La Guerre des sept fontaines c'étaient terminés par des scènes de bataille. Peyo disait souvent « Si on ne comprend pas une page du premier coup d'œil, ça ne sert à rien de la dessiner ! ». Dans Le Schtroumpfissime la scène de bataille a lieu dans la planche trente-sept, quand les rebelles attaquent le camp du Schtroumpfissime. Dans l'œuvre de Peyo, les scène de bataille vont devenir de plus en plus rare. Ce dernier trouvant que ces scènes étaient beaucoup trop longues à dessiner[13].
[modifier] Narration
Comme dans la plus part des histoires de Peyo, les scènes d'actions sont pleines de gags subtils, mais qui ne coupe pas la fluidité de l'histoire, comme la fuite de la planche vingt-et-une ou le Schtroumpf Farceur, qui vient d'être libéré par les rebelles et qui sont poursuivis par les gardes du Schtroumpfissime, trouve le moyen d'offrir l'un de ses cadeaux à un rebelle. Il y a aussi le cas du Schtroumpf à Lunettes qui trébuche pendant la fuite et une fois fait prisonnier par les gardes retourne une nouvelle fois sa veste en faveur du Schtroumpfissime[14].
[modifier] Publication
[modifier] Revues
L'histoire commence sa publication dans le no 1378 daté du 10 septembre 1964, avec deux planches publiées dans ce numéro. A cette époque la moitié des pages du journal sont en couleurs et l'autre partie en noir et blanc avec un peu de rose et de gris. Les séries vedettes ne sont pas favorisées et un roulement est fait chaque semaine pour éviter que ce ne soit chaque semaine les mêmes séries qui paraissent en couleur. Ainsi, et malgré que le rédacteur en chef Yvan Delporte en soit le scénariste, Le Schtroumpfissime parait au gré des semaines en couleur ou en noir et blanc[8]. Dans le no 1388 du 19 novembre 1964 parait une publicité pour les chocolateries Kwatta en lien avec l'histoire. Il s'agit d'un grand dessin représentant le personnage du Schtroumpfissime entrain de rêver ce faisant servir du chocolat par les autres Schtroumpfs réduis au simple état de serviteurs[15]. La publication est lente, au rythme d'une planche toute les semaines, alors que les autres séries sont le plus souvent publiées au rythme de deux plancher par semaine. Cela s'explique par le fait que, malgré qu'il possède des aides pour produire, Peyo dessine lentement et laborieusement et qu'il lui faut donc plus de temps pour produire une planche que pour un autre dessinateur[16]. Peyo travaille aussi beaucoup sur le marchandisage des Schtroumpfs qui peuvent l'occuper presque trois heures par jour au moment de la réalisation du Schtroumpfissime[17].
En cours de la publication de l'histoire, la série fait pour la première fois la couverture du numéro spécial Noël de l'hebdomadaire, preuve de sa nouvelle notoriété. Le 17 décembre 1964, Les Schtroumpfs font donc la couverture du no 1392 avec un grand dessin en trois volets dépliant sur papier glacé. Pour l'occasion, Peyo se fait aider par Michel Matagne qui est d'ailleurs le seul à signer cette illustration. Ils représentent une forêt enneigée ou sont représentés des Schtroumpfs entrain de jouer. Cette collaboration est du au fait que Peyo ne sait pas manier les couleurs comme il le souhaite[18]. La série refait la couverture du no 1398 du 28 janvier 1965 avec un dessin de Roba qui chaque semaine s'occupe du dessin présent dans la moitié supérieur de la couverture[Note 2]. Pour l'occasion il dessine un Schtroumpf rebelle qui affirme « Il se schtroumpfe quelque chose au village schtroumpf ! » invitant le lecteur à lire la page trois. Dans ce même numéro, parait aussi le référendum des lecteurs ou le lecteur est invité à juger les séries du journal dont Les Schtroumpfs[19]. L'histoire fait pour la troisième et dernière fois la couverture de Spirou dans le no 1405 du 18 mars 1965 toujours avec un dessin de Roba. On n'y voit un Schtroumpf s'enfuir après avoir tagué en noir « À bas le Schtroumpfissime ! »[20].
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[modifier] Album
[modifier] Notes et références
[modifier] Références
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 72.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 4.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 46.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 48.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 60.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 12.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 16.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 28.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 40.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 18.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 54.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 58.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 76.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 44.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 30.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 70.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 74.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 38.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 50.
- Le Schtroumpfissime édition commenté, p. 64.
[modifier] Notes
- Sur les treize albums sortie de son vivant
- La moitié inférieure est occupé par un gag de la série Gaston.
[modifier] Annexes
[modifier] Bibliographie
[modifier] Ouvrages
- Hugues Dayez, Le Schtroumpfissime : Commenté par Hugues Dayez, Italie, Dupuis, juillet 2011, 84 p. (ISBN 978-2-8001-5166-3)