Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen

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Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen[1] (Münchhausen) est un film allemand de Josef von Báky sorti en 1943.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film raconte la vie du baron de Münchhausen, basée en partie sur ce que raconte la littérature de ce menteur célèbre.

Le film commence au XXe siècle, dans le château de Bodenwerder : au cours d'un bal costumé, le baron de Münchhausen, en présence de sa femme visiblement plus âgée, fait à un jeune couple le récit des aventures de son ancêtre, le baron Hiéronimus, à ses amis. Celles-ci ont commencé au XVIIIe siècle en Russie, sous le règne de la Grande Catherine. L'action se transporte alors au XVIIIe siècle où le baron, en compagnie de son serviteur Christian, se rend pour le compte du prince de Brunswick à la cour de Russie où règne la Grande Catherine, curieusement rencontrée sous des habits de servante, avec laquelle il a des relations où l'intrigue et l'amour s'emmêlent.

Le baron fait la connaissance de Cagliostro, l'illustre magicien, et le met en garde contre une menace d'arrestation. Pour ce service, il reçoit de ce dernier la jeunesse éternelle, et une bague rendant son porteur invisible. Il obtient de la tsarine le commandement d'un régiment dans la guerre contre les Turcs et participe au siège d'Ortchakoff. Il prend à son service un étrange coureur d'une rapidité surprenante. Sur un boulet de canon, Münchhausen vole et pénètre sans le vouloir dans la forteresse tenue par les Turcs, et y est fait prisonnier. Au bout de quelque temps, alors qu'il est entré au service personnel du sultan, il retrouve ses deux serviteurs, Christian et le fameux coureur, grâce auxquels il gagne un pari contre le sultan : lui rapporter dans le délai d'une heure une bouteille de Tokay de la cour de Marie-Thérèse à Vienne.

Le baron obtient sa liberté, mais on ne lui donne pas le droit, comme le sultan l'avait promis, d'emmener avec lui la belle princesse italienne Isabella d'Este ; il la libère cependant du harem à l'aide d'un anneau magique reçu de Cagliostro et qui lui confère l'invisibilité. Avec elle et son serviteur il arrive en bateau à Venise, où il retrouve un Casanova vieillissant. Il entre en conflit avec la famille d'Este, qui voudrait marier Isabelle avec un homme plus âgé. Au cours d'un duel avec le frère de la princesse, il humilie ce dernier dont il met en pièces les vêtements à l'aide de son épée. Münchhausen et Christian s'enfuient avec un ballon à air chaud, qui les dépose sur la lune. Dans un décor surréaliste ils rencontrent l'homme de la lune et sa femme, à la fois êtres humains et plantes, capables de séparer leur tête de leur corps. Sur la Lune un jour équivaut à une année sur terre, si bien que Christian vieillit rapidement et meurt tandis que le baron éternellement jeune revient sur sa planète.

200 ans plus tard, le baron avoue au jeune couple qu'il n'est pas le descendant du baron, mais bien le protagoniste de l'histoire qu'il leur a racontée. Épouvantés les jeunes gens s'enfuient, mais le baron, lassé de sa jeunesse éternelle, y renonce de lui-même et vieillit rapidement. Conformément à ce qu'il désirait, il peut désormais vieillir avec sa femme.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

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Ce film en couleur, riche en vedettes et produit à grands frais grâce à la technique encore nouvelle de l'Agfacolor, a été réalisé sur l'ordre du ministre de la propagande lui-même, Joseph Goebbels, à l'occasion du 25e anniversaire du studio cinématographique UFA. Le budget, de l'ordre de 6,5 millions de Reichsmarks, est énorme alors que le film a été tourné au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les décors très nombreux sont dus à Emil Hasler et Otto Gülstorff. Il faut mentionner aussi les nombreux et spectaculaires effets spéciaux, remarquables par rapport aux possibilités techniques de l'époque.

Fritz Hippler intervint pour que l'auteur du scénario soit l'écrivain Erich Kästner, pourtant sous le coup d'une interdiction d'exercer ; il reçut une autorisation spéciale et prit le pseudonyme de « Berthold Bürger » (son nom ne figure pas au générique). Dans de telles circonstances, le film ne présente aucun caractère de propagande ; au contraire, on trouve dans certains dialogues des déclarations d'un libéralisme et d'une tolérance étonnants, qui ont d'ailleurs été d'abord coupés. De même, bien qu'elle fût alors en guerre contre l'Allemagne hitlérienne, la Russie n'est pas présentée de façon négative (il est vrai qu'à l'époque de l'histoire c'est une Allemande qui y règne, la Grande Catherine). Enfin contrairement aux usages de l'époque en Allemagne, on trouve de nombreuses allusions sexuelles et plusieurs scènes montrent des femmes seins nus (scènes toutefois coupées au cinéma). En raison de l'engagement insuffisant de Kästner, Hippler perdit son poste de directeur des films du Reich et fut envoyé sur le front en tant que soldat.

Le film est considéré comme l'un des sommets de la carrière de Hans Albers, qui joue le rôle principal. On compare quelquefois Münchhausen à des films fantastiques américains et britanniques parus quelques années plutôt, Le Magicien d'Oz (1939) et Le Voleur de Bagdad (1940). Après une première tentative en 1978, ce n'est qu'après la réunification allemande et avec l'aide des archives d'Europe de l'Est que toutes les parties perdues du film ont été retrouvées, et qu'une version intégrale a pu être reconstituée.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Également orthographié Münchausen avec un seul « h » ou Munchausen sans Umlaut.