Biscuiterie nantaise

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Biscuiterie nantaise
(BN)

Description de cette image, également commentée ci-après

Logotype de BN depuis fin 2011.

Création 1896
Personnages clés Pierre Cossé
Siège social Drapeau de France Nantes (historique),
Z. I. de la Vertonne (actuel)
27 route du Mortier Vannerie
Vertou (France)
Direction Antony Francheterre
Directeur général de UB-Europe du Nord
Activité Agroalimentaire, production de biscuits, biscottes et pâtisseries de conservation
Produits Choco BN, Mini BN, BN Casse-Croûte, etc.
Société mère United Biscuits (Yildiz Holding)
Effectif 450
Site web bn-biscuits.fr

La Biscuiterie nantaise (BN) est une biscuiterie industrielle française, emblématique de la ville de Nantes, qui fabrique des biscuits, notamment la marque commerciale « choco BN ». Depuis 1997, la marque appartient au groupe britannique United Biscuits, en 2014, la marque est revendue au groupe turc Yildiz Holding.

Activité[modifier | modifier le code]

Paquet de BN au chocolat.

La biscuiterie nantaise - BN - est une fabrique de biscuits historiquement implantée à Nantes (aujourd'hui à Vertou). Longtemps entreprise à capital familial, elle est désormais adossée à des multinationales (General Mills à partir de 1969, PepsiCo en 1992 puis depuis 1998 à United Biscuits lui-même contrôlé par PAI et Blackstone) depuis fin 2006. Elle n'est aujourd'hui plus dirigée par les familles nantaises fondatrices Cossé et Lotz.

La fabrique est connue pour avoir produit durant les deux guerres mondiales les fameux pains de guerre, le « hard bread », destiné à nourrir les soldats au front, puis les biscuits caséinés riches en calories et peu coûteux. Durant les périodes de rationnement, ils étaient distribués dans les écoles et aux prisonniers de guerre. La biscuiterie connut un essor commercial avec son Cas’ Croûte, puis un nouvel essor Choco BN dont le biscuit est désormais fourré au chocolat.

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts prometteurs[modifier | modifier le code]

Choco BN.

La biscuiterie nantaise est fondée en 1896 à Nantes, dans le quartier de la place François-II dans l'île de la Prairie-au-Duc (au nord-ouest de l'actuelle île de Nantes), par un groupe de négociants locaux[1].

Dix mois après sa création en 1897 la fabrique est dissoute et reprise par Pierre Cossé et Pierre Pelletreau (issu de familles de raffineurs de sucre nantais). Le nom d’usage, Biscuiterie Nantaise (ou BN), est conservé. La même année, le petit breton de BN est lancé. De 1898 à 1902 le chiffre d’affaires de la biscuiterie est multiplié par trois grâce à des produits comme les madeleines, les boudoirs, les macarons… Le 13 juillet 1902 un important incendie provoque l’arrêt de l'activité de l’usine pendant quatre mois. Pierre Cossé (petit-fils du fondateur des candiseries Cossé-Duval), alors seul aux commandes de la fabrique, fait reconstruire l’usine dans un nouveau matériau : le béton armé. À la fin de l’année, André Lotz-Brissonneau, issu d'une famille de grands industriels nantais de la construction mécanique (Brissonneau et Lotz), fils d'Adolphe Lotz-Brissonneau et petit-fils de Mathurin Brissonneau, rejoint Pierre Cossé à la tête de la biscuiterie qui devient la Société P. Cossé, A. Lotz et Compagnie, avec comme simples commanditaires : Mme Thomas, Mme veuve Dominique Cossé, M. Lotz père, Maurice Cossé, Paul Cossé, Dominique Cossé, M. Marc, M. Degouley, M. Bretesche, M. Barau et M. Ceineray.

Durant la Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918, la production de l’usine est bouleversée. Les jeunes ouvriers sont réquisitionnés et la BN se voit attribuer la fabrication du fameux pain de guerre, le « hard bread », qui est destiné à nourrir les soldats pour le front. L’armée américaine s’intéresse de près à la BN, et signe un premier gros contrat en 1916 pour la fabrication de 500 tonnes de biscuits. Puis en 1918 le partenariat avec l’armée américaine se poursuit, entraînant une production en masse de biscuits qui seront partiellement envoyés vers les États-Unis.

Entre-deux-guerre[modifier | modifier le code]

Logo BN d'origine.

Lancement en 1922 du fameux « Casse-Croûte BN », biscuit simple et économique qui devient l’emblème de la biscuiterie. Démarrage du premier four à gaz en 1925 qui remplacera progressivement le four à charbon, dans le cadre de la modernisation de l’outil de production.

À partir de 1932 BN connaît un succès national avec son « Choco Cas’ Croûte ». En 1936, une unité de fabrication de 5000 m² est construite à Compiègne, rue Carnot pour ouvrir un an plus tard dans le but de renforcer la présence du BN sur le marché parisien. André Lotz se retire de l’entreprise et laisse la cogérance à son fils Raymond Lotz, qui récupère une entreprise performante. L'année 1939 voit l'innovation par l'acquisition de fours à bandes, qui permettent la production en continu. Mais en septembre 1939 la seconde guerre mondiale éclate entraînant la reprise de la fabrication du « hardbread » et de biscuits caséinés. Ces biscuits riches en calories et peu coûteux, en période de rationnement ont été distribués dans les écoles par le Secours National et aux prisonniers de guerre. Le principal fondateur de la biscuiterie, Pierre Cossé, décède en 1947. C'est son fils, Georges Cossé, qui prend sa suite aux côtés de Raymond Lotz. C'est le cinquantième anniversaire de la BN.

Les Trente Glorieuses[modifier | modifier le code]

À la fin de la reconstruction, BN lance à partir l'été 1952 une campagne promotionnelle novatrice : la tournée des plages. En allant au contact de la population en vacances et en assurant la promotion du Choco BN, « le goûter complet, le goûter tout prêt », la société se pose comme l’un des précurseurs du marketing direct. En 1955 afin de relancer les ventes du « Casse-Croûte BN », le produit change de positionnement et est désormais montré comme un aliment du petit déjeuner (trempé dans le lait, avec du beurre…). Démarrage en 1959 sur le site de Nantes d’une ligne entièrement automatisée pour faire face à la demande croissante.

De 1961 à 1963 voit la construction d’une nouvelle unité de production de 4000 m² à Vertou, dans la zone industrielle de la Vertonne, au 27 route du Mortier Vannerie. Cette nouvelle usine située au sud-est de Nantes, à l’origine consacrée à la pâtisserie industrielle, va progressivement s’orienter vers la production de goûters (notamment le Choco BN) puis à la diversification des parfums fraise, à la vanille, à l'abricot. La diversification est accélérée grâce à l'adossement de la biscuiterie à l'américain General Mills à la fin de la décennie. En 1965 sort le premier paquet « familial » contenant seize Chocos. En 1966 un projet de fusion entre les biscuiterie BN, l'Alsacienne et Brun est abandonné ; les deux dernières se grouperont avec LU deux ans plus tard en 1968.

Arrivée de General Mills[modifier | modifier le code]

En 1968, la biscuiterie est rachetée par le groupe américain General Mills[1]. De nouvelles méthodes de gestion sont appliquées. Le marketing fait aussi son apparition. BN se recentre sur le marché du goûter qui est en plein essor, au détriment de la pâtisserie industrielle. Toujours à la direction de la biscuiterie avec la famille Lotz, la famille Cossé voit Lionel Cossé succéder à son père Georges en tant que président-directeur général aux côtés de Raymond Lotz[2].

En 1970, BN devient majoritaire dans les établissements MBR maîtres biscottiers réunis à Carquefou, qui fabrique la biscotte « La Clochette »[réf. nécessaire]. 1971 est l'année du lancement de la première gamme de biscuits salés, sur le marché du snacking, « Crakitos ». (cinq variétés : pizza, fromage, cacahuète, hotchas, barbecue) gamme variée pour l'époque. En 1972, BN lance son premier spot publicitaire télévisé[3]. La biscotterie MBR à Carquefou est rachetée à 100 % par la BN pour augmenter la capacité de production. Sous l'impulsion de Louis Linÿer, Directeur Général, de grandes tournées sont organisées sur toutes les plages de France. Le choco est le "quatre heures" national des enfants. En 1974, le site de Carquefou est réaménagé pour se spécialiser dans la fabrication des salés.

En 1977, une nouvelle unité de production est mise en service à Compiègne. En 1980, un centre de recherche et développement est créé sur le site de Vertou. Le site historique de la place François-II ferme en 1981, le nouveau siège social est inauguré sur l’île Beaulieu, à Nantes. Guy Scherrer est nommé à la Direction générale de BN. En 1986, en réaction au déclin des ventes du « Choco BN », notamment dû à l'arrivée choco Prince de LU sur le marché, un plan d’action pour « Sauver le BN » est lancé. L'emballage du produit est retravaillé, la saveur du biscuit est améliorée grâce aux équipes de recherche et développement, et une communication efficace est menée. Ce plan est un succès pour le « Choco BN ». Des parts de marché sont vite regagnées (elles passent de 27 % à 35 % en l’espace de deux ans). Cette hausse s’explique en partie par l'arrivée de la « BN Box » (la Boîte à BN). C'est un boîtier rigide qui permet de transporter un ou deux chocos, pratique pour les écoliers.

Regroupement en 1991 de l’activité « snacking salé » autour de trois grandes marques : Fritelle, Cahouète et Bugles.

De Pepsi à United Biscuits[modifier | modifier le code]

Logo de 2006 à fin-2011.

La BN est l'objet d'un rachat par le groupe américain PepsiCo en 1992, et le « Choco BN » est agrémenté d'un sourire pour relancer les ventes. Pepsi développe la branche "salé" avec fabrication notamment de chips, la production de biscuits sucrés est délaissée.

Nouveau changement de propriétaire en 1998 : les marques de la branche "salé" de la BN sont conservées au sein de PepsiCo, le site de Carquefou (principalement dédié à la gamme salée) est fermé et les unités de production sucrées sont transférées à Compiègne. La Biscuiterie Nantaise est l'objet d'un rachat par le britannique United Biscuits, opération par laquelle ce dernier cède à PepsiCo l'australienne The Smith's Snackfood Company (en), et reçoit en échange la BN appartenant à PepsiCo. Cet échange entre les sociétés mères de la Smiths Snackfood et la BN (branche "sucré" uniquement) est l'objet de la vente.

Fermeture du site de Compiègne[Quand ?] où il ne restait plus qu'une seule ligne production de biscuits Choco Cas'Crôute. En décembre 2006, la société mère de la BN, United Biscuits, est rachetée en association par les groupes d'investissements américain Blackstone et français PAI partners.

En 2014, Blackstone et PAI partners revendent la société mère de BN, United Biscuits, au groupe turc Yildiz Holding pour environ 2,55 milliards d'euros[4].

BN Troc's[modifier | modifier le code]

Verso de différents BN troc's.

Au milieu des années 1990, en pleine mode des Pog, BN offrit les BN Troc's. Contrairement aux Pog classiques en carton dur, ceux-ci étaient en plastique. Certains d'entre eux étaient munis d'interstices qui permettaient de les faire voler à l'aide d'un second. Plusieurs séries ont été éditées, aux effigies de Sonic (BN Troc's fluorescents), d'Indiana Jones, de The Mask (BN Troc's volants) ou de Spider-Man (Spider-BN). Ils étaient offerts dans les paquets de biscuits.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Du Casse-croûte au choco BN, la petite histoire des biscuits nantais », sur http://www.usinenouvelle.com (consulté le 26 janvier 2015).
  2. Florent Reyne, « Affaire de la Biscuiterie Nantaise : procès reporté », sur Respect Mag,‎ 17 janvier 2014 (consulté le 22 février 2015).
  3. « Choco BN », sur LSA Conso (consulté le 22 février 2015).
  4. « Les biscuits BN deviennent turcs »,‎ 3 novembre 2014 (consulté le 5 novembre 2014).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]