Peisey-Nancroix

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Peisey-Nancroix
Vue générale de Peisey-Nancroix
Vue générale de Peisey-Nancroix
Blason de Peisey-Nancroix
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Albertville
Canton Aime
Intercommunalité Communauté de communes du canton d'Aime
Maire
Mandat
Laurent Trésallet
2014-2020
Code postal 73210
Code commune 73197
Démographie
Gentilé Peiserots
Population
municipale
652 hab. (2012)
Densité 9,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 32′ 50″ N 6° 45′ 25″ E / 45.5472222222, 6.7569444444445° 32′ 50″ Nord 6° 45′ 25″ Est / 45.5472222222, 6.75694444444  
Altitude Min. 1 100 m – Max. 3 779 m
Superficie 70,64 km2
Localisation

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Peisey-Nancroix

Peisey-Nancroix est une commune française située dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Peisey-Nancroix est une vallée suspendue au-dessus de l'Isère, au cœur de la Haute Tarentaise. Son territoire s'étend de 1 100 à 3 779 mètres d'altitude, au sommet du Mont Pourri qui, avec Bellecôte (3 417 m) ferme la vallée.

Peisey regroupe les hameaux suivants : le Villaret, les Arches, le Frenay, le Moulin. Nancroix est composé des hameaux suivants : le Passieu, la Chenarie, le Pracompuet ou Pracompuis, les Lanches, le Beaupraz, les Bettières, Rosuel, la Guraz, les Loyes, les Esserts, le Tovet.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune viendrait de pesetum, lieu où abondent les épicéas.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette section est rédigée à partir des informations fournies par le blog de Laurent Silvin[1] et l'ouvrage Peisey-Nancroix autrefois d'Alain Richermoz[AR 1]

La vallée de Peisey est une ancienne vallée glacière dite en U par sa forme. Son accès a toujours été difficile depuis Landry. Il n'y avait qu'un sentier de largeur moyenne (de 1 à 2 m) appelé le « le Grand Raccourci ».

Primitivement la vallée était habitée par les Ceutrons, population locale d'origine celtique puis vinrent se mélanger les Burgondes et même les Sarasins (GONTHARET et RICHERMOZ). Arrivés aux environs de l'an mil, les Peiserots avaient progressivement développé une organisation démocratique: chaque année les chefs de famille élisaient deux d'entre eux comme syndics pour gérer les « fruits communs », c'est-à-dire les alpages communaux qui appartenaient à la collectivité; ils en tiraient une certaine aisance financière qui supprimait la misère. C'est ainsi qu'ils ont pu en 1685, dans le cadre du grand mouvement de la "Contre-réforme" qui a suivi le Concile de Trente, reconstruire une église plus grande et la décorer de sept rétables dont trois dorés à l'or fin, réalisés notamment par des artistes venus du Val Sésia en Italie.

Au début du XVIIIe siècle, ils édifient également un sanctuaire marial auprès d'une « source miraculeuse » située à 1 600 m d'altitude, Notre Dame des Vernettes, où se déroule un grand pèlerinage chaque 16 juillet.

En 1792, à l'arrivée des Français, ceux-ci n'ont pas été bien accueillis car les Peiserots avaient déjà racheté les droits féodaux à leur seigneur. Grâce à leur mobilisation, ils ont pu limiter la fureur destructrice des révolutionnaires à la perte des cloches de l'église tout en préservant leur clocher qui est le plus haut de Tarentaise.

À la même époque commence l'exploitation d'une mine de plomb argentifère, d'abord concédée par le gouvernement sarde à une compagnie anglaise. C'est ce qui explique le nom de Monts d'argent donné par les révolutionnaires français. Napoléon Bonaparte alors Premier Consul décide en 1802 d'y installer le siège de l'École Française des Mines, aujourd'hui Mines ParisTech qui sera rapatriée à Paris lorsque la Savoie retourne à la Maison de Savoie en 1815. La population atteint alors 1 600 habitants, mais les filons sont de plus en plus difficiles d'accès et des problèmes d'inondation des galeries amènent la fermeture définitive de la mine en 1866 soit six ans après le rattachement de la Savoie à la France.

Ayant acquis des compétences dans le domaine de la fonderie, de nombreux peiserots partent alors travailler à Paris où ils s'installent dans les 3e et 11e arrondissements pour ouvrir des ateliers de « bronze imitation ». Certains reviennent ensuite au pays et y construisent de belles bâtisses agrémentées de balcons en fer forgé. Le couple Jourdan offre à la municipalité le bâtiment du Ramonard et celui de la poste. Le village connaît alors un fort exode rural et la population tombe à 400 habitants.

Pour rejoindre Peisey ou Nancroix depuis Paris, le voyage en train à vapeur durait une douzaine d'heures, en passant par Chambéry, puis Albertville (avec inversion en gare du côté de la locomotive), en s’arrêtant en « omnibus » à chaque petite gare intermédiaire, enfin Moutiers, son terminus. Ensuite, on devait prendre la « diligence » sur des routes en terre.

Par la suite, de nombreux travaux de tunnels forés traversant les montagnes, permirent d'étendre la ligne de train jusqu'à Aime, puis Bourg-Saint-Maurice (qui devint même ensuite le TGV en 1992 pour honorer les Jeux Olympiques d'Albertville, permettant d'effectuer le voyage depuis Paris en seulement 6 heures), en passant par Landry, d'où commence la départementale pour Peisey, puis Nancroix.

La route actuelle date de 1900 et elle a été élargie à deux reprises.

Plus tard fut goudronnée celle de Peisey à Nancroix et enfin, en 1972, celle de Nancroix à Rosuel (auparavant carrossable, mais en chemin de terre).

Tourisme et ski[modifier | modifier le code]

Le tourisme commence à se développer dès les années 1920, d'abord à Nancroix : c'est pourquoi en 1934 la commune prend officiellement le nom de Peisey-Nancroix. Le premier télésiège français (de 1 place seulement par nacelle), faisant office également en alternance de téléski, a été construit à Peisey-Le Villaret en 1948[AR 2]. En 1963 débute la création de la station de Plan Peisey. Depuis décembre 2003, elle abrite une gare du Vanoise Express, l'un des plus grands téléphériques du monde, à deux niveaux qui relie les stations de ski des Arcs et de La Plagne, en créant le domaine Paradiski. Depuis quelques années, ce développement touristique a permis une remontée de la population qui s'élève aujourd'hui à plus de 620 habitants.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La Commune fait partie de la communauté de communes du canton d'Aime dont le siège se trouve dans la ville voisine d'Aime.

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours :

Élections législatives, résultats des deuxièmes tours :

Élections européennes, résultats des deux meilleurs scores :

Élections régionales, résultats des deux meilleurs scores :

Élections cantonales, résultats des deuxièmes tours :

Élections municipales, résultats des deuxièmes tours :

Élections référendaires :

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 500 et 1 499, le nombre de membres du conseil municipal est de 15[2].

Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du conseil municipal à la suite des élections municipales et communautaires de 2014 :

Groupe Président Effectif Statut
SE Laurent Tresallet 15 majorité

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1946 1963 Roger Collin SE ...
1963 mars 1971 Francis Poccard-Marion SE ...
mars 1971 mars 1983 Maurice Coutin SE ...
mars 1983 mars 1989 Roland Parfier SE ...
mars 1989 juin 1995 Jean-Yves Richermoz SE ...
juin 1995 mars 2008 Patrick Givelet SE ...
mars 2008 mars 2014 Gérard Collin DVD ...
mars 2014 en cours
(au avril 2014)
Laurent Tresallet SE ...

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 652 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
1 017 1 113 1 142 1 389 1 631 1 511 1 180 1 479 1 125
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
965 912 821 757 697 630 538 557 543
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
466 442 433 417 420 503 476 423 450
1982 1990 1999 2006 2008 2012 - - -
481 521 614 642 648 652 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Fête du Costume et de la Montagne, le 15 août[modifier | modifier le code]

Cette fête de l'Assomption, perpétue la tradition depuis de très nombreuses décennies[1].

Elle commence par une messe à 9 h 30. Puis à 10 h 30, le défilé démarre depuis l'église, en suivant la route en lacets du village. Avec en tête, la fanfare champêtre villageoise d'Albertville ou Bourg-Saint-Maurice, précédée du défilé des « tarines » ou jeunes femmes habillées d'un des célèbres et lourds costumes en velours foncé richement brodés de décors dorés ou fleuris et dentelles, et coiffées de la « frontière » (que portaient tous les jours plusieurs villageois autrefois), d'un ensemble folklorique avec accordéon diatonique du crû, puis des guides de haute-montagne et moniteurs de ski.

Lors de l'après-midi à partir de 14 heures, près du Pont de Poncet au dessus de Nancroix et près des Lanches, puis à Rosuel en fond de vallée, se succédaient(ent) un concert champêtre de la fanfare, puis un groupe de danseurs folkloriques et chorale sur un podium dansant les airs régionaux de Savoie au son de l'accordéon et des instruments locaux (La Montfarine, La Badoise...).

Simultanément a lieu une loterie avec tirage au sort d'un jambon et emmental gratuits des tickets gagnants. Enfin, plusieurs démonstrations d'escalade, voire d'équilibre ont lieu sur les rochers abruptes environnants.[5]

Sports[modifier | modifier le code]

La gare d'arrivée du téléphérique Vanoise Express.

La station de Peisey-Vallandry est située au cœur du domaine skiable Paradiski, formé par la réunion des domaines des Arcs Peisey-Vallandry et de la Plagne, grâce au téléphérique Vanoise Express, et offre ainsi un accès direct aux 420 km de pistes, 3 glaciers, 2 sommets de plus de 3000 m et de nombreux versants en forêt. La commune a également un site de ski nordique dans le lieu-dit des Chabottes.

Économie[modifier | modifier le code]

Économie basée sur le tourisme saisonnier et le pastoralisme.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune compte trois monuments et treize objets répertoriés à l'inventaire des monuments historiques[6],[7] :

L'ancienne mine de plomb et d'argent, exploitée aux XVIIe et XVIIIe siècles. Dans ses bâtiments fut installé le premier siège de l'école française des Mines de 1802 à 1814. Un parcours pédestre de découverte archéologique du site est proposé aux touristes (Palais de la Mine et circuit des Monts d'argent). Un projet d'art contemporain de Hubert Duprat y est en train de naitre. Une deuxième galerie parallèle y sera creusée. Elle reliera la première par un conduit poli qui mettra en valeur la pierre, sa couleur verte issue de chlorite et les inclusions de pyrite ferreuse qu'elle contient. Le palais de la mine, la fonderie, le bâtiment annexe, la galerie d'écoulement et l'allée de mélèzes, ainsi que les parcelles qui les portent sont « inscrits » depuis le 20 décembre 1990[8].

Le sanctuaire de Notre-Dame des Vernettes a été édifiée au début du XVIIIe siècle auprès d'une source « miraculeuse » située à 1 816 m d'altitude à une heure de marche facile de Peisey. C'était à l'origine un sanctuaire marial d'inspiration art baroque savoyard. Haut-lieu de dévotion depuis le XVIIe siècle, les peintures murales ont été réalisées par Luca Valentino en 1733 et restaurées à plusieurs reprises. Le retable majeur a été édifié entre 1739 et 1743 par Joseph-Marie Martel et dédié à Notre-Dame-de-Pitié. Les autels latéraux (1750) sont dédiés à Saint-Jean-Baptiste et Saint-Nicolas. Un grand pèlerinage s'y déroule chaque 16 juillet. les façades et toitures du presbytère, la grande chapelle votive, la petite chapelle et l'oratoire sont « inscrites » depuis le 27 juin 1983[9]. Ce sanctuaire contient deux des treize objets « classés ».

L'église de la Trinité et son cimetière avec son chemin de croix situé autour de l'église sont « inscrits » depuis le 14 juin 1972 [10]. On peut également citer son clocher le plus haut de Tarentaise. Cette église contient dix des treize objets « classés » dont le retable du maître-autel sculpté et doré par Jacques-Antoine Todesco et Jean-Baptiste Guallaz en 1700.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • David Poisson (1982), skieur alpin, originaire du ski-club de Peisey Vallandry.
  • Alexandre Pouyé, membre de l'équipe de France de ski de fond, plusieurs fois médaillé aux championnats de France[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Richermoz, Peisey-Nancroix autrefois, éditions La Fontaine de Siloë, 2003, (ISBN 2-84206-239-6), [lire en ligne]
  • (en) Article de Ian Thompson, « New occupants in the commune of Peisey-Nancroix (Savoie), in relation to innovation in resource use (1800-2006) / Nouveaux habitants dans la commune de Persey-Nancroix, Savoie » (pp. 537-546), paru dans Colloque Franco-Britannique de Géographie Rurale, Les étrangers dans les campagnes. Actes du colloque franco-britannique de géographie rurale, Vichy, 18-19 mai 2006, vol. 25, Presses Universitaires Blaise Pascal, coll. « CERAMAC - Centre d'Etudes et de Recherches Appliquées au Massif Central, à la Moyenne Montagne et aux Espaces Fragiles »,‎ , 643 p. (ISBN 978-2-84516-373-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrage d'Alain Richermoz[modifier | modifier le code]

  1. p. ??, [lire en ligne].
  2. p. 1949, [lire en ligne].

Autres sources[modifier | modifier le code]