Génépi

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Génépi
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Génépi » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Ici l'espèce Artemisia genipi
Ici l'espèce Artemisia genipi
Taxons concernés

Dans le genre Artemisia :

Le terme génépi, ou genépi (en Vallée d'Aoste, Génépy), est le nom vernaculaire qui désigne différentes espèces d'armoises du genre Artemisia (famille des Astéracées), que l'on rencontre exclusivement en montagne. Le genre Artemisia compte aussi des espèces de plaine et en particulier l'absinthe.

Ce nom désigne aussi la liqueur obtenue par la macération de ces plantes.

La plante se trouve en particulier sur les moraines, monticule de pierres bordant les glaciers.

Espèces ayant pour nom « génépi »[modifier | modifier le code]

Artemisia eriantha : génépi laineux (génépi mâle, génépi bourru, génépi à fleurs cotonneuses)

C'est le plus vigoureux, sa taille peut dépasser 20 cm et comporte de nombreux capitules sur tout le long de la tige. Couvert d’une abondante pilosité blanche et soyeuse, il se rencontre uniquement sur sols siliceux (principalement granites et gneiss) et est très odorant. C'est aussi le seul qui soit totalement protégé dans les Alpes française.

Artemisia genipi (artemisia spicata) : génépi noir (génépi vrai)

Ses fleurs sont groupées en haut d'une tige courte (ce qui le distingue du génépi laineux), il a des feuilles supérieures non pétiolées et des écailles noirâtres sur le calice (d'où son nom). Il exhale un parfum d'absinthe et se rencontre sur les rochers, les gravières et les moraines.

Artemisia umbelliformis (artemisia mutellina) : génépi jaune (génépi blanc, génépi mutellin, génépi femelle)

Gracile, c'est le plus frêle. C'est l'espèce la plus courante sur le massif des Écrins. Ses capitules peu fournis forment un épi lâche et ses senteurs seraient des plus sensuelles.

Artemisia glacialis : génépi des glaciers

C'est l'espèce la plus rare, mais la moins parfumée. Ses capitules d'un jaune franc terminent de courtes tiges émergeant d'une sorte de coussinet de feuilles assez compact. On en trouve plus particulièrement dans la partie orientale du département des Hautes-Alpes et en Vanoise, dans les éboulis et les moraines. Il possède de gros capitules jaunes groupés par 2 à 9 tout en haut de la tige.

Floraison[modifier | modifier le code]

L'apogée de la floraison du génépi se situe généralement début août. En 2013, année plutôt tardive, ce fut au environs du 20 août près de La Grave. Dans le Valbonnais il est coutume de dire que l'on peut aller cueillir le génépi quand, dans la vallée, les blés courbent la tête.

Protection[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Aucun génépi ne fait partie de la liste des espèces végétales protégée sur le plan national, toutefois le génépi laineux est protégé :

Les autres espèces peuvent faire l'objet de différents arrêtés préfectoraux qui en limitent la cueillette. 

Dans les parcs[modifier | modifier le code]

La réglementation peut dépendre d'un parc à l'autre. Par exemple la cueillette est tolérée dans le parc national des Écrins...

D'une façon générale, la cueillette des végétaux et le prélèvement de fossiles et minéraux sont interdits dans le cœur du Parc national des Écrins. Pour autant, des "dérogations" existent pour permettre la cueillette modérée de certains petits fruits, baies sauvages et de génépis. Pour le génépi la cueillette est limitée pour 3 des 4 espèces à 100 tiges fleuries, la cueillette du génépi laineux étant interdite. Cette même réglementation s'applique dans les Hautes-Alpes et en Isère, que l'on se trouve ou non dans le cœur du Parc national. Cueillir et prélever avec modération et À propos des génépis... 

...mais est rigoureusement interdite dans le parc national de la Vanoise. A propos de la cueillette à usage artisanal : Le décret 2009-448 du 21 avril 2009 pris pour l’adaptation de la délimitation et de la réglementation du Parc national des Écrins aux dispositions du code de l’environnement issues de la loi no 2006-436 du 14 avril 2006 prévoit la possibilité de réglementer la cueillette des escargots, champignons et végétaux non cultivés qui n’appartiennent pas aux espèces protégées par la loi. Cette disposition est spécifique au Parc national des Écrins. Elle ne figure pas dans le décret du Parc national de la Vanoise 67 et la charte ne prévoit aucune disposition en ce sens. Mémoire du Bureau du Conseil d'administration du Parc national de la Vanoise en réponse aux questions posées par la Commission d'enquête publique. Cela vaut également pour les réserves naturelles de la Grande Sassière, de Tignes-Champagny, du Plan de Tuéda, des Hauts de Villaroger et de la Bailletaz.

Pour le parc national du Mercantour c'est plus compliqué : 

jusqu'en 2009 la cueillette est interdite pour les visiteurs mais pas pour les locaux. De 2009 à 2011 elle l'est pour pour tout le monde (Nice matin : La cueillette du génépi est interdite dans le Mercantour jusqu'en 2012). En 2012 adoption de la charte - [la] cueillette est réglementée par le conseil d’administration dans les conditions suivantes : pour les génépis, les baies et la camomille du Piémont, des sites et des périodes de cueillette sont définis ainsi que des quantités et des techniques de prélèvement... (Charte du Mercantour).

 A l'heure actuelle [1], une charte en vigueur et une réglementation spécifique a été mise en place pour permettre la cueillette de petites quantités de myrtilles, génépi, camomille du Piémont et champignons sur certains sites du parc." Parc du Mercantour : 100 questions/réponses. La charte est approuvée le 28 décembre 2012 et a été finalement adoptée par le conseil d'administration du parc le 27 juin 2014 .

La charte du parc régional du Queyras ne fait pas mention de protection particulière. On peut supposer que que c'est l'arrêté préfectoral des Hautes-Alpes (mentionné ci-dessus) qui s'applique. C'est au moins le cas pour la réserve naturelle de Ristolas - Mont-Viso.

En Suisse et Italie[modifier | modifier le code]

La cueillette du génépi est interdite en tous lieux et en toutes périodes.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Si l'on évoque ainsi la nécessaire protection du génépi c'est évidemment que, comme toutes les plantes alpines, elle est fragile. Aussi même dans les départements (Savoie et Haute-Savoie) où il n'y a pas d'arrêté préfectoral il est judicieux de respecter les quelques principes suivants :

  • Cueillir (et donc boire) avec modération : 100 brins par personne permet de préparer 2,5 litres de liqueur, ce qui devrait amplement suffire pour une année.
  • Ne ramasser qu'un brin sur deux pour permettre la dissémination. Ceci suppose de ne rien ramasser du tout  (et de chercher un autre coin) si quelqu'un est passé avant vous.
  • Couper avec une paire de ciseaux ou un couteau pour éviter l'arrachage. 

Utilisation[modifier | modifier le code]

Liqueur de Génépi produite par Dolin

Dans le massif alpin, les principales espèces rencontrées sont:

Seules les deux premières espèces sont suffisamment aromatiques pour être récoltées pour la fabrication de liqueurs.

La recette de la liqueur de génépi universellement (mal) connue est "40 brins, 40 sucres, 40 jours". En français : faire macérer 40 brins de génépi fleuri dans 1 litre d'alcool à 40° pendant 40 jours et rajouter 40 sucres. Ceci appelle quelques correctifs :

  • prendre de l'alcool pur (90-95°) au goût aussi neutre que possible : on fera donc macérer les 40 brins dans 1/2 litre d'alcool coupé (immédiatement ou plus tard) avec 1/2 litre d'eau.
  • Au bout de 40 jours il faut retirer les brins de génépi, surtout s'ils ont macérés dans de l'alcool pur, pour éviter un surcroît d'amertume (on peut en laisser 2 ou 3 pour la décoration).
  • Une variante, utilisée notamment dans le massif du Taillefer (Isère) est de suspendre les brins dans une gaze au-dessus de l'alcool, dans un bocal fermé, au lieu de les faire macérer.
  • 40 sucres c'est beaucoup. Beaucoup trop selon l'avis de bien des amateurs. La bonne proportion semble être entre 15 et 25 sucres, soit entre 90 et 150 g.
  • Quelques jours après le sucrage peut se développer un léger dépôt dans la bouteille. Cela n'a aucune incidence sur le goût mais n'est pas très appétissant : mélanger ou passer à travers un filtre à café autant de fois que nécessaire.
  • Si l'on coupe l'alcool après la macération le plus simple est de le faire avec un sirop. Diluer le sucre dans de l'eau chaude mais bien laisser refroidir avant de mélanger le sirop avec l'alcool.

Au fait : l'alcool pur ne se trouve quasiment plus en France mais est en vente libre en Italie et en Suisse... où la cueillette du génépi est interdite.

Les Chartreux, qui distillent les plantes depuis plus de 400 ans, ont une recette secrète de liqueurs, comportant plusieurs macérations et distillations.

Cette plante peut aussi se trouver dans les Andes et, en particulier, dans certains massifs de Bolivie.

Utilisation en infusion pour soigner rhumes, toux et autres troubles de l'appareil respiratoire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]