Les Français parlent aux Français

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Les Français parlent aux Français fut une émission quotidienne radiophonique en français sur les ondes de la BBC (Radio Londres). Elle fut diffusée du 14 juillet 1940 au 31 août 1944.

Après la défaite française et la signature de l'armistice le général de Gaulle réfugié à Londres lance l'appel du 18 juin pour poursuivre la bataille. Dans la foulée, une émission quotidienne, indépendante de la France libre est diffusée à partir du 14 juillet, date de la fête nationale française appelée « Ici la France » puis à partir du 6 septembre 1940 « Les Français parlent aux Français ».

Cette émission a joué un très grand rôle pour faire connaître les nouvelles du front expurgées de la propagande nazie, transmettre des messages codés à la résistance intérieure française mais aussi soutenir le moral des Français.

Le Générique de cette émission "pon pon pon ponnnn les français parlent aux français" débute par "pon pon pon ponnnn" qui signifie en morse : " . . . -" qui est la lettre "v" pour "victoire".

Participants[modifier | modifier le code]

Ont participé à cette quotidienne :

Ils seront rejoints par : Franck Bauer, Pierre Dac, Maurice Diamant-Berger et Maurice Schumann qui sera le porte-parole officiel de la France Libre.
Le Général de Gaulle s'exprimait aussi dans l'émission en moyenne une fois par semaine.

Messages personnels[modifier | modifier le code]

« Veuillez écouter tout d'abord quelques messages personnels. »

Messages en clair[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, les messages personnels diffusés par la BBC permirent aux soldats séparés de leur famille et de leurs proches d'échanger des nouvelles.

Messages codés[modifier | modifier le code]

Tout le monde a déjà entendu ces fameux messages codés énumérés par Franck Bauer, souvent amusants, sortant de tout contexte. Mais derrière ces phrases, se cache une signification importante, telle que :

  • transmettre un mot d'ordre, dans le cadre de la préparation d'opérations de Résistance,
  • accuser réception d'envois en provenance du terrain ;
  • communiquer une information secrète sur l'action ;
  • remercier ou féliciter les agents pour leur action ;
  • permettre aux agents sur le terrain d'apporter aux personnes avec qui ils sont en contact la preuve de leur authenticité et de leur sincérité ;
  • leurrer l'ennemi : noyés sous le flot des messages, les services de renseignements allemands étaient occupés, pouvant aussi bien se concentrer sur des opérations fictives aux contours indéfinis que de passer à côté de messages importants. En effet, les Nazis ne disposaient pas d'un nombre infini de postes radios ni d'un nombre d'opérateurs suffisant.

L'idée d'utiliser les messages personnels pour transmettre des messages codés est due à Georges Bégué, officier français du service secret action britannique SOE, premier agent de ce service parachuté en France en mai 1941.

Près de 2 000 agents du SOE ont été envoyés en mission sur le continent, souvent par voie aérienne mais aussi par la mer. Beaucoup furent démasqués et exécutés.

Si les Français, et les réseaux de résistance notamment, étaient à l'écoute des messages codés, c'était aussi le cas des nazis et du régime de Vichy. L'occupant mit en place un système de brouillage, mais il ne parvint jamais à couvrir l'indicatif sonore emprunté à la 5e symphonie de Beethoven. En morse, les quatre premières notes de cette mesure (trois brèves et une longue) représentent la lettre « V » pour victoire[1].. Il n'arrivait que rarement à décrypter et à comprendre la nature des messages. Quand il y parvenait, l'opération commanditée dans ces messages avait déjà eu lieu ; il décida donc de lutter contre ces messages par un autre moyen.

Opération Overlord

Pour activer la résistance juste avant le débarquement en Normandie, plusieurs centaines de messages codés ont été diffusés par Radio Londres :

  • le 1er juin, à titre de mise en alerte des réseaux,
  • le 5 juin, à 21 h 15, pour déclencher l'action la nuit même.

Comme exemple célèbre souvent cité, la première strophe du poème Chanson d'automne de Verlaine a été utilisée pour le plan rail du réseau VENTRILOQUIST de Philippe de Vomécourt en Sologne (celui-ci avait pour mission de saboter les voies ferrées allant vers la Normandie, afin de les rendre inutilisables pour l’envoi de renforts allemands), sous une forme légèrement altérée[2],[3] :

  • le 1er juin « Les sanglots longs des violons d’automne… » (Verlaine écrit : « … de l'automne »), invite les saboteurs ferroviaires à commencer les sabotages.
  • le 5 juin « Bercent mon cœur d'une langueur monotone. » (Verlaine écrit : « Blessent mon cœur... »), informe les résistants du réseau VENTRILOQUIST de passer à l'acte.
  • Le même jour un autre message a été diffusé pour prévenir tous les réseaux de l'imminence du débarquement. « Les carottes sont cuites » Autre code à partir du même légume. « Yvette aime les grosses carottes », qui annonce le parachutage d'armes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Pessis, Radio Londres, la guerre en direct, Albin Michel,‎ 2014, p. 163
  2. Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance, Paris, Tallandier, 2008, (ISBN 9782847347661), p. 521.
  3. Selon le compte-rendu allemand de l’écoute des messages, visible au musée du 5 juin 1944 à Tourcoing, le texte des messages aurait été conforme au poème de Verlaine, sans altération.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aurélie Luneau, Radio Londres - 1940-1944 - Les voix de la liberté, éd. Librairie Académique Perrin, 2005, 349 p. (ISBN 2262023875 et 978-2262023874)

Liens externes[modifier | modifier le code]