Joël Le Tac

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Joël Le Tac
Fonctions
Député de la 26e circonscription de Paris
9 décembre 195822 mai 1981
Législature 1re, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e (Ve République)
Groupe politique UNR-UDR-RPR
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Bertrand Delanoë
Biographie
Date de naissance 15 février 1918
Lieu de naissance Paris
Date de décès 8 octobre 2005 (à 87 ans)
Lieu de décès Maisons-Laffitte dans les Yvelines
Parti politique UNR
Profession Journaliste

Joël Le Tac, né le 15 février 1918 à Paris et mort le 8 octobre 2005 à Maisons-Laffitte dans les Yvelines, est un journaliste, résistant français, Compagnon de la Libération et homme politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Joël Le Tac naît le 15 février 1918 à Paris. En 1939, il est étudiant en droit.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la déclaration de guerre, il est mobilisé. Il passe par Saint-Jean-de-Luz pour rejoindre la Grande-Bretagne et s'engage dans les FFL. Il est affecté à la 1re compagnie d'infanterie de l'Air formée le 29 septembre 1940 par le vice-amiral Muselier, commandant provisoire des FAFL.

Il est l'un des cinq soldats français de l'équipe parachutée le 15 mars 1941 près de Vannes pour l'Opération Savanna, montée par le Deuxième Bureau du commandant Dewavrin et par le Special Operations Executive : il s'agit d'abattre les pilotes de la Kampfgeschwader (escadrille de combat) 100, basés à l'aérodrome de Meucon[1]. Il reste en France.

En mai 1941, il aide l'Opération Joséphine B — un commando français libre de la 1re compagnie de parachutistes — à détruire la centrale de Pessac (en Gironde) qui alimente en électricité les U-Boot[2].

Il rejoint la Grande-Bretagne en passant par l'Espagne.

Joël Le Tac, « Joe », et son radio, Alain de Kergorlay, « Joe X », viennent organiser en Bretagne le premier réseau-action en zone occupée, le réseau Overcloud (dépendant du Special Operations Executive, section RF). Quatre opérations sont réalisées[3] :

  • leur arrivée en Bretagne, dans la nuit du 13/14 octobre 1941 : c'est la première arrivée par voie maritime d'agents du service Action du BCRA.
  • le retour en Angleterre de Fred Scamaroni, réussi le 30 décembre 1941,
  • le retour en Angleterre de sept agents, dans la nuit du 4/5 janvier 1942.
  • le retour en France, le 1er février, de Joël Le Tac (qui se rend à Rennes pour des missions de sabotage), avec son frère Yves (qui va à Paris, chargé d'une mission de propagande pour la France Libre) et Peulevey (agent du MI6, qui va à Rennes).

Le 5 février 1942, il est arrêté, ainsi que ses parents, son frère et sa belle-sœur. Il est détenu à Angers, puis à Fresnes jusqu'en juillet 1943. Il est alors envoyé au camp du Struthof en Alsace, et en septembre 1944 est transféré à Dachau, puis à Neuengamme et finalement à Gross-Rosen en Silésie. Lors du "convoi de la mort" de janvier 1945, il est le seul survivant d'un wagon de 100 personnes. Il va ensuite à Dora, puis à Bergen-Belsen, où il est libéré par les Anglais le 15 avril 1945.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

En 1953, il travaille comme journaliste pigiste pour Paris-Presse et Paris Match.

En 1958, il est élu député de la Seine UNR (qui deviendra l'Union démocratique pour la Ve République de 1967 à 1971, l'Union des démocrates pour la République de 1971 à 1976 puis le RPR), dans le 18e arrondissement, à Montmartre, et est réélu sans interruption jusqu'en 1981, année où il est battu par Bertrand Delanoë avec 46,4 % des voix au 2e tour, contre 53,6 % à son adversaire. En 1959, il devient secrétaire général de la fédération UNR de la Seine.

En 1981-1983, il est président de l'Institut national de l'audiovisuel.

Il meurt le 8 octobre 2005 à Maisons-Laffitte.

Mandats de député[modifier | modifier le code]

  • Seine : 30 novembre 1958-9 octobre 1962
  • Paris : 12 mars 1967-30 mai 1968
  • Paris : 23 juin 1968-1er avril 1973
  • Paris : 11 mars 1973-2 avril 1978
  • Paris : 19 mars 1978-22 mai 1981

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

France
Royaume-Uni

Hommage[modifier | modifier le code]

Depuis le 2 février 2012, le square situé Place Constantin-Pecqueur, dans le 18e arrondissement de Paris porte le nom de Joël Le Tac

Sources principales et liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michael R. D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8) / EAN 13 : 9782847343298. Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version officielle britannique de l’histoire du SOE en France. Une référence essentielle.
  • Paul Bonnecarrère, Qui ose vaincra. Les Parachutistes de la France Libre, Paris, Fayard, 1971

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Broche, Georges Caïtucoli, Jean-François Muracciole, La France au combat, de l'Appel du 18 juin à la victoire, Paris, Perrin/SCÉRÉN-CNDP, 2007, p. 403-404. Les pilotes allemands faisaient un trajet journalier entre Vannes, où ils étaient logés, et l'aérodrome. Entre-temps, des logements avaient été montés dans la base, et leur trajet, au cours duquel devait avoir lieu l'attaque, avait cessé.
  2. François Broche, Georges Caïtucoli, Jean-François Muracciole, La France au combat, de l'Appel du 18 juin à la victoire, Paris, Perrin/SCÉRÉN-CNDP, 2007, p. 404
  3. Les Réseaux Action de la France Combattante, 1986, p. 108-112.