Antiochos Ier de Commagène

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Antiochos Ier
Antiochus Theos, serrant la main d'Héraclès, British Museum.
Antiochus Theos, serrant la main d'Héraclès, British Museum.
Titre
Roi de Commagène
ca. 69 – ca. 40 av. J.-C.
Prédécesseur Mithridate Ier
Successeur Antiochos II
Biographie
Père Mithridate Ier
Mère Laodicé VII
Conjoint Isias Philostorgue
Enfant(s) Antiochos II, Mithridate II, un fils, une fille, Antiochis

Antiochos Ier Théos Dikaios Épiphane Philorhomaios Philhellène (règne v. 69– v. 40 av. J.-C.) (grec : о Αντίοχος Θεός Δίκαιος Επιφανής Φιλορωμαίος Φιλέλλην) fut le roi le plus important du petit royaume de Commagène, situé dans une région au centre sud de l'actuelle Turquie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Antiochos est le fils du roi Mithridate Ier Kallinicos Philhellène Philorhomaios et de Laodicé VII Théa Philadelphe. D'ascendance séleucide par sa mère, orontide et achéménide par son père, il tente par sa politique de conserver l'indépendance de son royaume vis-à-vis du puissant voisin romain, mais doit finalement se résoudre à voir la Commagène devenir un client de Rome.

Ce n'est pas sans raisons qu'Antiochos Ier de Commagène se proclame philorhômaios, « ami des Romains », notamment dans la grande inscription cultuelle retrouvée sur le Nemroud Dagh, montagne au sommet de laquelle il fit installer son tombeau. Il figure sans doute parmi les douze rois barbares qui viennent saluer Pompée en 66. À Pharsale, Pompée dispose de deux cents Commagéniens dans ses troupes. En 51, Antiochos Ier annonce par lettre à Cicéron, alors gouverneur de Cilicie, que les Parthes ont franchi l'Euphrate. Cependant, Antiochos est accusé d'avoir aidé les Parthes, et Marc Antoine mène une expédition romaine contre lui en 37, mais en vain : Samosate se révèle imprenable. Il est probable qu'Antiochos Ier meurt peu après.

Culte[modifier | modifier le code]

Antiochos Ier, qui se fit officiellement surnommer Theos (« Dieu »), fut l’initiateur d’une réforme religieuse originale comprenant l’instauration d’un culte royal en l'honneur de sa propre personne et de ses ancêtres divinisés, ainsi qu’un syncrétisme total, ou « théocrasie » entre les divinités grecques et celles du panthéon iranien. Cette réforme nous est connue grâce à plusieurs inscriptions grecques retrouvées dans les principaux sanctuaires (hiérothésia) du royaume, notamment sur le Nemroud Dagh et à Arsaméia du Nymphaios (Eski Kale). C.-G. Schwentzel qualifie le régime mis en place par Antiochos Théos de théocratie[1].

Descendance[modifier | modifier le code]

Antiochos Ier a épousé Isias Philostorgos, qui est vraisemblablement sa sœur, dont il a eu des enfants :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur le sanctuaire du Nemroud Dagh, voir D.H. Sanders (éd.), Nemrud Daǧi. The Hierothesion of Antiochus I of Commagene. Vol. I : Text ; vol. II : Illustrations, Winona Lake, 1996. Sur Arsaméia du Nymphaios, voir F.K. Dörner et Th. Goell, Arsameia am Nymphaios : Die Ausgrabungen im Hierothesion des Mithridates Kallinikos von 1953-1956, Istanbuler Forschungen 23, Berlin, 1963 ; W. Hoepfner, Arsameia am Nymphaios II : Das Hierothesion des Königs Mithridates I. Kallinikos von Kommagene nach den Ausgrabungen von 1963 bis 1967, Istanbuler Forschungen 33, Tübingen, 1983. Sur les fouilles récentes menées en Commagène, voir J. Wagner (éd.), Gottkönige am Euphrat. Neue Ausgrabungen und Forschungen in Kommagene, Mayence, 2000. Les inscriptions cultuelles sont étudiées dans deux ouvrages fondamentaux : H. Dörrie, Der Königskult des Antiochos von Kommagene im Lichte neuer Inschriften-Funde, Göttingen, 1964 ; H. Waldmann, Die Kommagenischen Kultreformen unter König Mithradates I. Kallinikos und seinem Sohne Antiochos I, EPRO, Leyde, 1973 ; sur la théocratie d'Antiochos, voir C.-G. Schwentzel, « Théocraties et rois clients : Antiochos Ier de Commagène et Hérode le Grand », Dialogues d’Histoire Ancienne n°36/1, 2010, p. 119-136.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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