Barzapharnès

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Barzapharnès est un général parthe de la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C.[1]. Au printemps 40 av, J.-C. Barzapharnès commande une invasion parthe du Levant, sous les ordres de Pacorus Ier, fils du roi Orodès II[2]. Alliés avec le romain hors la loi Quintus Labienus, ils s'emparent de la Syrie. Ils aident Antigone II Mattathiah à s'emparer du trône de la Judée. Par la ruse, Barzapharnès fait prisonnier Hyrcan II, qu'il envoie en Mésopotamie. Mais leurs succès est de courte durée, la contre-offensive romaine chasse Labienus d'Asie Mineure, puis en -38 les forces romano-parthes subissent une défaite cuisante lors de la bataille de Gyndarios, au cours de laquelle Pacorus est tué. On ignore si Barzapharnès a subi le même sort, ou s'il est parvenu à franchir l'Euphrate avec les maigres troupes parthes qui réchappèrent de cette aventure.

L'offensive Parthe de 40 av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La guerre romano-parthe de 40-38.

Au printemps de 40 av. J.-C., une grande armée Parthe, menée par Pacorus et Labiénus, franchit l'Euphrate[2] et pousse rapidement jusqu'à Apamée. Labienus obtient le ralliemment de nombreux vétérans romains des armées de Crassus et Brutus majoritaires sur place. Arguant de leur ancienne solidarité d'armes, il parvient rapidement à obtenir leur reddition volontaire. Ces ralliements entraînent la fuite de Saxa qui sert sur place en qualité de questeur. Le légat de Marc Antoine regroupe ses forces un peu plus loin, mais il est très vite submergé par le nombre et la valeur des cavaliers Parthes. À Apamée où l'on croit que le légat de Marc Antoine est mort, la garnison met bas les armes et la puissante cité ouvre ses portes aux forces combinées des Parthes et des Romains menés par Labiénus. Celui-ci remonte alors la vallée de l'Oronte jusqu'à Antioche dont il s'empare sans coup férir, comme il s'est emparé d'Apamée[3],[4].

Les forces romano-parthes se séparent alors pour mener leur offensive dans deux directions. Labiénus franchit les monts Taurus et à la tête d’une partie de l’armée, Quintus Labienus marche vers le nord à la poursuite de Saxa, qu’il élimine en Cilicie[5]. Après la mort de Saxa, Labienus conquiert sans rencontrer de résistance la moitié sud l’Asie mineure exception faite de quelques cités[6]. Il pousse son invasion dans le territoire de la Turquie actuelle, jusqu'à la province romaine d'Asie.

De leur côté, Pacorus et Barzapharnès s'avancent en direction du sud, vers la Phénicie et la Palestine. L'offensive de Pacorus suit les plaines côtières, tandis que Barzapharnès, s'avance par l'intérieur des terres. Les rois arabes se rallient comme Ptolémée Mennaeus, puis son fils Lysanias, rois d'Iturée. En Judée, le prince Hasmonéens Antigone II Mattathiah (Antigone ben Aristobule) qui s'était réfugié chez Ptolémée Mennaus, après le meurtre de son père par les romains et sa disgrâce au profit de son frère Hyrcan II, s'allie aux Parthes. Ses détracteurs indiquent qu'il aurait promis 1 000 Talents et 500 femmes issues de la noblesse juive à Pacoros, à condition qu'il l'aide à éliminer les fils d'Antipater, dont le célèbre Hérode le Grand[2]. Avec ses propres forces Antigone parvient à pénétrer à Jérusalem.

La campagne de Barzapharnès abouti aux portes de Jérusalem. Les partisans d'Hérode et d'Antigone s’affrontent dans Jérusalem. Le général Parthe appelé Pacoros, comme le fils d'Orodès II, invite Phasaël et Hérode à se rendre en Galilée auprès de Barzapharnès pour faire la paix. Hérode refuse, mais Phasaël accepte avec Hyrcan II. Ils constatent bientôt qu'ils sont en fait prisonniers[2].

Hérode parvient à sortir de Jérusalem avec 9 000 hommes[2] en emmenant sa famille avec lui. Le convoi tombe dans une embuscade où sera par la suite édifié l'Hérodion en souvenir de ce qu'Hérode appellera son plus grand combat[7]. Il parvient à mettre sa famille en sécurité à Massada et va chercher du renfort à Pétra[7]. Les Parthes s'emparent alors de Jérusalem, descendent le long de la côte jusqu'à Gaza et s'installent en Idumée. Pour une courte période toute la Syrie y compris la Judée a été subjugué, à quelques exceptions près, dont la ville fortifiée de Tyr.

« À Jérusalem, libérée ou occupée par les Parthes, selon le point de vue qu'on adopte, Antigone est intronisé à la fois comme roi et grand-prêtre. Le royaume hasmonéen a officiellement été restauré, mais dans les faits, c'est un protectorat Parthe[7]. » Constatant qu'il est prisonnier, Phasaël se suicide et Hyrcan II est emmené prisonnier par les Parthes en Parthiène[7]. Avant cela, son frère Antigone II Mattathiah obtient qu'une de ses oreilles soit tranchée, ce qui lui interdit définitivement de pouvoir exercer la fonction de Grand prêtre d'Israël[7].

Hérode, mal reçu par le roi de Nabatène Malichos Ier, rejoint Alexandrie puis Rome. Bien reçu par Antoine et Octave, il est proclamé roi de Judée à l'unanimité du Sénat romain en décembre 40 av. J.-C.[8]. La décision du Sénat « est exceptionnelle, les Romains ayant pour principe de n'accorder le titre royal qu'aux descendants des anciennes dynasties[8]. »

Mais le succès initial rencontré par les Parthes est sans lendemain : en 39 av. J.-C., le général romain Publius Ventidius Bassus contre-attaque et vainc Labienus, qui est tué dans la bataille[5],[9]. Il défait ensuite Pacorus Ier lors de la bataille de Gindarus en Syrie du nord, lors de laquelle celui-ci est tué[10],[11],[12]. On ignore si Barzapharnès a subi le même sort, ou s'il est parvenu à franchir l'Euphrate avec les maigres troupes parthes qui réchappèrent de cette aventure.

En Judée[modifier | modifier le code]

Hérode reprend pied en Palestine avec l'appui de l'armée romaine victorieuse des Parthes. Il débarque en 39 av. J.-C. à Ptolémaïs cité phénicienne qui a réussi à résister aux assauts des Parthes[13]. Cinq « lochoi » de soldats juifs (env. 2 500 hommes) l'y attendent, il enrôle aussi des mercenaires étrangers[13]. Longeant la côte en direction du sud, il s'empare de Joppé[13]. « Il pénètre ensuite en Idumée où il est accueilli en libérateur[13] » et délivre sa famille à Massada[13]. Mal soutenu par le général romain Silo, il doit abandonner l'attaque de Jérusalem. Pendant l’hiver 38 av. J.-C., maître de la côte, de l'Idumée et de la Samarie, il achève de prendre le contrôle de la Galilée en pourchassant les bandes de brigands et maquisards. Comme le général romain Machaeras a une attitude ambiguë, Hérode rencontre Antoine à Samosate et celui-ci donne des instructions précises à Sossius, le gouverneur de Syrie.

Pendant l'absence d'Hérode, la situation de ses partisans empire : Joseph, frère d'Hérode, est tué dans une embuscade près de Jéricho, la Galilée se révolte et les notables partisans d'Hérode sont noyés dans le lac de Tibériade. Renforcé par les deux légions de Caius Sosius, Hérode reprend le contrôle de la Galilée et de Jéricho et bat les partisans d’Antigone près d'Isana.

Au printemps 37 av. J.-C., il met le siège devant Jérusalem qui tombe au bout de cinq mois. La ville est livrée au pillage, mais Hérode parvient en payant les soldats à préserver le Temple de Jérusalem. Antigone se rend à Sossius qui l'emmène à AntiocheMarc-Antoine cède aux demandes d'Hérode et lui fait trancher la tête. Il a le privilège d'être le premier roi exécuté par les romains.

Hérode prend le titre de roi des Juifs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Moïse de Khorène, Barzapharnès est « chef de la satrapie des Reschdouni (Rechtouni) »; Histoire d'Arménie, livre II, § XIX.
  2. a, b, c, d et e Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011 (ISBN 9782756404721), p. 40.
  3. Plutarque, Vie d’Antoine, 30
  4. Appien, Guerres civiles, V, 65
  5. a et b Periochae de Tite-Live, 127.
  6. Dion Cassius, XXXVIII, Histoire romaine, 25-26
  7. a, b, c, d et e Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 41.
  8. a et b Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 42.
  9. Plutarque, Vie d’Antoine, 33.
  10. Clément Huart & Louis Delaporte, L'Iran Antique, Albin Michel, coll. « L'Évolution de l'Humanité », Paris, 1943 p. 325.
  11. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 78.
  12. Florus, Abrégé de l’Histoire romaine, IV, 9.
  13. a, b, c, d et e Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 44.