Publius Crassus

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Publius Licinius Crassus.

Publius Licinius Crassus Dives est l'homonyme de son grand-père, Publius Licinius Crassus Dives, qui fut consul en 97 av. J.-C., censeur en 89 av. J.-C., et qui décéda en 87 av. J.-C.. Publius Crassus est le second fils de Marcus Licinius Crassus, le triumvir immensément riche. Le cognomen dives (riche en latin) laisse entendre que la famille était, d'ores et déjà, aisée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Publius Crassus suit une éducation classique dont il apprécie les cours de rhétorique. Il admire profondément Cicéron et amène son père, qui pourtant le haïssait, à se rapprocher du consul en pleine conjuration de Catilina (63-62 av. J.-C.).

En 59 av. J.-C., Publius apparaît dans les « Commentaires sur la Guerre des Gaules » sous la formule « le jeune[1] Publius Crassus ». Il est, quand les opérations débutent en mars 58 av. J.-C., l’un des légats qui secondent César. Lors de la bataille de l'Ochsenfeld, qui oppose les Romains aux Germains d’Arioviste dans la plaine d’Alsace, il commande la cavalerie et prend l’initiative d’envoyer la troisième ligne des légions à l’appui de l’aile gauche qui perd pied. Cette initiative assure la victoire sur Arioviste[2].

L’année suivante (57 av. J.-C.), Publius Crassus est envoyé avec la 7e légion en Armorique, la partie occidentale de la Gaule entre Seine et Loire. Les peuples côtiers lui font soumission et lui livrent des otages[3] et il en profite pour traverser la Manche, mettre un pied en Bretagne et pousser jusqu’aux îles Cassitérides, les actuelles Scilly[réf. nécessaire]. Publius Crassus passe l’hiver 57/56 avec sa légion chez les Andes, (actuelle région de l’Anjou), et envoie des tribuns militaires chercher du ravitaillement chez les nations gauloises voisines. Les Vénètes retiennent captifs les tribuns espérant les échanger contre les otages qu'ils avaient dû livrer à Crassus et incitent les autres peuples à les imiter. Informé, César entame une campagne contre les Vénètes, et envoie Publius Crassus en Aquitaine avec douze cohortes et une nombreuse cavalerie, avec comme mission d’empêcher les peuples d’Aquitaine d’apporter leur aide aux Vénètes[4].

En Aquitaine, Crassus renforce son armée en mobilisant des vétérans résidant à Toulouse et à Narbonne, assiège les Sotiates dans leur capitale et en obtient la reddition. Il défait ensuite les Vocates et les Tarusates, soutenus par un contingent de Cantabres venus d’Espagne, et assure ainsi à Rome la soumission de l’Aquitaine[5].

Fin 56 av. J.-C., Publius Crassus est envoyé à Rome par César avec des soldats soutenir la candidature au consulat de son père Crassus et de Pompée[6]. En 55, Publius Crassus épouse Cecilia Metella (ou Cornelia Metella), fille de Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio Nasica, très jeune, mais belle et fort cultivée[7].

Fin 54 av. J.-C., il quitte définitivement la Gaule pour rejoindre son père Marcus, le triumvir, en Syrie avec mille cavaliers gaulois[8]. Marcus veut, en attaquant les Parthes, gagner la gloire obtenue par ses collègues triumvirs, César et Pompée. Les Crassus traversent l’Euphrate en 53 av. J.-C. avec 30 000 hommes et leurs cavaliers gaulois et tombent en juillet dans le piège tendu par les Parthes. C’est la bataille de Carrhes (aujourd’hui Harran).

Dans la seconde phase des combats du premier jour, le 9 juin, Publius Crassus, piégé en menant une contre-attaque, est tué ou se suicide. Sa tête est alors plantée sur une pique et portée sous le regard de son père, qui suivra son fils dans la mort le surlendemain[9].

La veuve de Publius épousera Pompée l’année suivante, en 52 av. J.-C.[7].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jules César emploie le qualificatif adulescens, qui en latin désigne un homme jeune, entre 17 et 30 ans
  2. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre I, 52
  3. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre II, 34
  4. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre III, 7-9, 11
  5. Jules César, Commentaires sur la Giuerre des Gaules, livre III, 20-27 ; Dion Cassius, Histoire romaine, livre XXXIX, 46
  6. Dion Cassius, Histoire romaine, livre XXXIX, 31
  7. a et b Plutarque, Vie de Pompée, 58
  8. Plutarque, Vie de Crassus, 21
  9. Plutarque, Vie de Crassus, 35 ; Dion Cassius, livre XL, 22-24

Références[modifier | modifier le code]