Gio Ponti

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Gio Ponti Molteni&C

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ponti (homonymie).
Denver Art Museum (Denver, Usa).
la chaise Superleggera

Gio Ponti (18 novembre 1891, Milan - 16 septembre 1979, Milan) est un architecte, designer industriel, auteur, enseignant italien. Il a mené une carrière unique, participant de manière active au renouveau du design d’après-guerre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Milan en 1891, Gio Ponti est diplômé de l’École polytechnique de Milan en 1921. En 1925 il est nommé directeur à la biennale de Monza en Italie, responsabilité qu’il conservera jusqu’à sa mort en 1979. Grâce à son implication, la Biennale connaît un formidable développement : déplacée à Milan en 1933, rebaptisée Triennale d’art et d’architecture moderne, elle devient un lieu privilégié d’observation de l’innovation au niveau international.

En 1928, il lance également DOMUS, revue d’architecture encore publiée aujourd’hui qu’il dirige jusqu’en 1979 et dont il fait une référence internationale. Créée à l’origine pour promouvoir les idées du Novecento, répercutant et encourageant les projets modernistes d’après la guerre, Domus joue un rôle important dans l’évolution du design et de l’architecture italiens et internationaux. Ponti y fait découvrir le travail de Charles Eames ou celui du décorateur Piero Fornasetti avec qui il réalise de nombreux projets.

Ses projets architecturaux[modifier | modifier le code]

Gio Ponti commence son activité d’architecture au sein de l’agence d’Emilio Lancia et Mino Fiocchi. Jusqu’en 1945, associé aux ingénieurs Antonio Fornaroli et Eugenio Soncini, il réalise de nombreux projets architecturaux : l’École de Mathématique de l’Université de Rome (1934), le premier immeuble de Montecatini (1936), les ensembles d’appartements Domuses à Milan (1931-1936).

Gio Ponti réalise aussi l'Hotel della Città et de la Ville avec le Centro Studi Fondazione Livio e Maria Garzanti, à Forlì (1953-1957). Son œuvre la plus connue est le gratte-ciel Pirelli, construit de 1956 à 1960 à Milan, en collaboration avec l'ingénieur Pier Luigi Nervi.

Dans les années 1960 et 1970, Ponti crée les façades « en dentelle » de la cathédrale de Taranto (1970) et de la chapelle de l’hôpital de San-Carlo à Milan. (1967). En collaboration avec les fabricants de céramiques, dont Pozzi et d’Agostino, il mène des expérimentations sur les revêtements et réalise les façades du musée d’art de Denver (1971) et celle du magasin Shui-Hing de Singapour (1978).

Sa carrière de designer[modifier | modifier le code]

Directeur artistique de 1923 à 1930 pour Richard Ginori, fabricant de céramiques, il adapte l’ensemble des créations de l’entreprise à la production en série et conçoit des pièces néoclassiques couronnées d’un grand prix à l’Exposition internationale des Arts décoratifs (Expositions universelles de Paris) en 1925.

En 1928, il est fondateur de DOMUS, une revue d'architecture. En 1930, il crée pour Fontana des meubles et des luminaires et devient en 1933 directeur artistique de la filiale Fontana Arte pour qui il conçoit une lampe cylindrique cernée de disques de cristal et de miroirs. Enseignant de 1936 à 1961 à l’École Polytechnique de Milan, il forme plusieurs générations de designers. De 1946 à 1950, il conçoit pour Venini des bouteilles de verre, des lustres, dont un chandelier multicolore en verre de Murano.

En 1948, il crée la célèbre machine à expresso pour La Pavoni (it) dont les cylindres chromés évoquent l’univers industriel. Exportée dans le monde entier, elle devient pour les adolescents qui fréquentent les cafés, le symbole de la « dolce vita ». Les années 1950 sont les plus prolifiques de sa vie : avec Piero Fornasetti, il crée des aménagements intérieurs néoclassiques, du mobilier. Au même moment, Ideal Standard lui confie la conception d’une gamme de sanitaires. Sa salle de bains « Série B », éditée en 1953, offre une ligne sobre et fonctionnelle à l’opposé du style néoclassique.

Dès 1955, la chaise Superleggera conçue pour Cassina, toujours en production aujourd’hui, arrive sur le marché. Ses qualités que sont ses lignes à la fois classiques - inspirées du mobilier traditionnel des pêcheurs de Chiavari, le village d’origine de Gio Ponti - et ultra-modernes ainsi que son poids plume (1,7 kg) font de la Superleggera un classique du design.

Gio Ponti contribua, par ailleurs, à créer en 1954 l'une des récompenses les plus importantes du design : le prix Compasso d'Oro. Gio Ponti meurt le 16 septembre 1979. une partie de ses meubles est actuellement fidèlement refabriqué par Molteni&C

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Charlotte Fiell, Peter Fiell, Design of the 20th Century, Cologne, Tashen,‎ 1999 (ISBN 3-8228-5873-0)
  • Graziella Roccella, Gio Ponti : Maître de la légèreté, Cologne, Taschen, 2009 (ISBN 978-3-8365-0037-1).