Achille Castiglioni

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Castiglioni.

Achille Castiglioni (né en 1918 à Milan et mort le dans la même ville) est un designer italien du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Achille Castiglioni étudie l'architecture à l'École polytechnique de Milan et obtient son diplôme en 1944. Il rejoint ses deux frères Livio (1911-1979) et Pier Giacomo (1913-1968) dans leur studio de design à Milan. Comme pour certains de leurs jeunes confrères architectes (Ettore Sottsass ou Marco Zanuso), le manque de projets architecturaux conduit les frères Castiglioni à développer des projets de design pour des fabricants italiens souhaitant relancer leur activité après la guerre. Livio quitte le studio familial en 1952.

Au cours des années 1950 et 1960, les frères Achille et Pier Giacomo Castiglioni créent un grand nombre d'objets pour des industriels comme Flos ou Zanotta. Le décès de Pier Giacomo en 1968 met fin à cette fructueuse collaboration.

Tout en continuant sa carrière de designer Achille Castiglioni se consacre également à l'enseignement du design à l'École polytechnique de Turin puis à l'École polytechnique de Milan.

Castiglioni a été récompensé par sept Compas d'or. Certaines de ses créations devenues des classiques du design sont exposées dans les musées (MoMA...)[1] et sont toujours fabriquées.

Son style[modifier | modifier le code]

Lampe Taccia (1962) produite par Flos.
Tabouret Mezzadro (1957)

Ce qui caractérise le travail des frères Castiglioni, c'est bien plus une approche qu'un style[2]. Cela se concrétise d'abord par une analyse logique (et sans idée préconçue) des fonctions que l'objet doit remplir et des moyens pour y parvenir[3]. Le travail du designer est ensuite de trouver le design minimal qui permettra à l'objet de remplir les fonctions requises. L'objectif des frères Castiglioni était d'atteindre le point où il n'est plus possible de faire moins —- « where you could not do less[4] » (déclaration que l'on peut rapprocher du célèbre « Less is More » de Ludwig Mies van der Rohe).

Les frères Castiglioni sont restés à la périphérie des courants importants du design de l'après-guerre comme le design radical et le Groupe de Memphis. Leur travail apparaît comme plus intemporel que ceux de leurs contemporains italiens (Ettore Sottsass ou Joe Colombo) plus engagés dans la recherche de la modernité.

Même si leur démarche est différente de Duchamp, le ready made paraît avoir beaucoup compté dans l'univers des frères Castiglioni. En 1957, ils dessinent Sella, un tabouret constitué d'une selle de vélo, fixée sur un tube posé sur un socle semi-sphérique. La même année, ils créent le célèbre tabouret Mezzadro, fabriqué à partir d’un siège de tracteur. Certaines de leurs créations peuvent être qualifiées de minimalistes comme la lampe Luminator (1955), un lampadaire fait d'un tube vertical posé sur un trépied. Ils tentent ainsi de ramener l'objet à sa plus simple expression. L'humour reste cependant présent dans beaucoup de leurs créations comme la lampe Snoopy ou l'appareil stéréo RR126.

Réalisations marquantes[modifier | modifier le code]

Appareil stéréo combiné RR126
  • Lampadaire Luminator (1955), Flos
  • Tabouret Sella (1957), Zanotta
  • Tabouret Mezzadro (1957), Zanotta
  • Lampadaire Toio (1962), Flos
  • Lampadaire Arco (1962), Flos
  • Appareil stéréo combiné RR126 (1965), Brionvega
  • Interrupteur Rompitratta (1968), VLM[5]
  • Cendrier Spirale (1971), Alessi
  • Parentesi (1979), récompensé par le Compasso d'Oro

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collection du MoMA
  2. « What you need is a constant and consistent way of designing, not a stylemoma.org »
  3. « Start from scratch. Stick to common sense. Know your goals and meansdesignmuseum.org »
  4. Interview dans De Padova
  5. Fabriqué à plus de 15 millions d'exemplaires, Castiglioni considère que c'est la réalisation dont il est le plus fier ; Classiques Phaidon du design, Phaidon,‎ 2007 [détail des éditions], III, 689

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]