Triennale de Milan

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La Triennale de Milan est une institution culturelle italienne qui a son siège au palazzo dell'Arte situé dans le parc Sempione de Milan.

Elle propose des expositions internationales, des conférences et des événements artistiques, de design, de mode, d'architecture, de cinéma, de communication et de société. L'édifice accueille aussi le Triennale Design Museum, musée du design italien inauguré en 2007 ; le Teatro dell'Arte, centre de recherche théâtrale ; la Triennale Bovisa, créée en 2006, qui est le nouveau siège de la Triennale de Milan consacré à l'art contemporain.[pas clair]

L'entrée.
Escalier principal du palazzo dell'Arte.
Exposition Opening soon par Andrea Branzi et Luisa Collina, organisée par Benetton Group avec la collaboration de POLI.design (27 janvier au 15 février 2009).

Unique institution de ce genre à être reconnue[1] par le Bureau International des Expositions (BIE), l’« Exposition des Arts Décoratifs et de l’Architecture Moderne » de la Triennale de Milan, abandonnée depuis plus de trois décennies, devrait renaître[2] dès 2016, selon le nouveau directeur De Albertis.

La fondation[modifier | modifier le code]

La Triennale de Milan est l'héritière directe de la Biennale des arts décoratifs de Monza, organisée depuis 1923 par le Consorzio Milano-Monza-Umanitaria (CAMMU). Celle-ci a été transférée à Milan en 1933, année de la construction du palazzo dell'Arte par l'architecte Giovanni Muzio (it), réalisé grâce à l'héritage de l'industriel du textile Antonio Bernocchi (it).

La Triennale a comme objectif, depuis sa création, la stimulation de l'interaction entre l'industrie, le milieu de la production et les arts appliqués. Dans cette optique la Triennale a assumé au cours des années un rôle d'« amplificateur » médiatique pour l'environnement innovateur italien, en catalysant peu à peu la rencontre entre les différents courants en développement.

Le rôle novateur de l'exposition s'est manifestée dès la première exposition, de sorte que dès 1933 des artistes comme Giorgio De Chirico, Mario Sironi, Massimo Campigli et Carlo Carra y ont exposé leurs œuvres. L'attention envers la réalité actuelle a également conduit la Triennale à participer à la reconstruction de l'après-guerre, au cours de laquelle elle a assumé un rôle de premier plan dans la création du district QT8 de Milan. C'est de cette expérience qu'est né l'intérêt de la Triennale pour la planification urbaine et l'innovation technologique appliquée à la construction, qui devient l'un des thèmes fondamentaux des années 1950. La Triennale de ces années-là est un point de référence pour le design industriel, l'habitat, avec notamment l'exposition des créations récompensées par le prix Compasso d'Oro.

Le champ d'intérêt de la fondation s'est élargi plus récemment à la nouvelle excellence du design italien, avec une entrée dans la mode et le monde des médias. Depuis 1999, la Triennale assume la personnalité juridique de la Fondation[3].

Médaille d'or[modifier | modifier le code]

La médaille d'or a été créée en 1923 à l'occasion de la première Exposition des arts décoratifs pour offrir un prix aux exposants pour la qualité et l'innovation des produits présentés. La sélection est faite par un Grand Jury International.

Les Triennales[modifier | modifier le code]

I Biennale : 1923[modifier | modifier le code]

Vers la modernité : Première exposition internationale des arts décoratifs

Organisée par l'ISIA (Institut Supérieur pour les Industries Artistiques) à la Villa Reale (it) de Monza du 19 mai au 21 octobre 1923, elle est organisée en sections régionales : on essaie de donner confiance aux ressources de chaque lieu, en compétition avec le redouté marché étranger.

Treize régions y participent : Pouilles, Sardaigne, Vénétie, Piémont, Toscane, Émilie-Romagne, Sicile, Calabre, Latium, Abruzzes, Lombardie, Ligurie, Campanie, ainsi que treize états étrangers : Pologne, Roumanie, Russie, Belgique, Hongrie, France, Autriche, Tchécoslovaquie, Suède, Pays-Bas, Allemagne, Angleterre, Norvège.

Parmi les artistes présents, on retrouve Gio Ponti, Marcello Nizzoli (it), Fortunato Depero, Vittorio Zecchin.

II Biennale : 1925[modifier | modifier le code]

Au-delà du folklore : Deuxième exposition internationale des arts décoratifs

Villa Reale de Monza, du 19 mai au 20 octobre 1925, en même temps que l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris.

À la différence de l'exposition française, à Milan, on met en exergue l'aspect artisanal. En plus des sections régionales, s'ajoutent les colonies italiennes. Dix-sept régions y participent : Abruzzes, Sicile, Pouilles, Lombardie, Campanie, Vénétie, Trentin-Haut-Adige, Piémont, Marches, Latium, Toscane, Ombrie, Sardaigne, Calabre, Émilie-Romagne, Ligurie, Frioul-Vénétie julienne et quinze pays étrangers : Lituanie, Finlande, Pologne, Russie, Yougoslavie, Allemagne, France, Angleterre, Autriche, Belgique, Hongrie, Suisse, Norvège, Mexique et Maroc.

III Biennale : 1927[modifier | modifier le code]

La simplification formelle : Salon international des Arts Décoratifs

Villa Reale de Monza, du 31 mai au 16 octobre 1927. Augmentation de l'importance de l'architecture.

Dix régions y participent : Abruzzes, Calabre, Émilie-Romagne, Frioul-Vénétie julienne, Latium, Ligurie, Piémont, Toscane, Ombrie et Sicile, ainsi que huit pays étrangers : Suisse, Danemark, Suède, Union des républiques socialistes soviétiques, Allemagne, France, Espagne et Hongrie.

IV Triennale : 1930[modifier | modifier le code]

Synthèse des arts et des fonctionnalités : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes

Dernière édition ayant eu lieu à la Villa Reale de Monza, du 11 mai au 2 novembre 1930.

L'édition, de bisannuelle devient trisannuelle, pour permettre une meilleure organisation et un meilleur financement. La gestion de l'évènement devient étatique. L'intérêt pour l'industrie augmente aux dépens de l'artisanat qui commence à devenir de moins en moins présent sur le marché. L’organisation de l'évènement devient étatique.

Il y a un vaste espace pour l'architecture: il gruppo 7 expose la Casa elettrica, construite par Luigi Figini (it) et Gino Pollini (it), sous le patronage de la Maison Edison. D'autres maisons sont présentées, comme la Casa Vacanze, œuvre de Gio Ponti, et la Casa del Dopolavorista de Luisa Lovarini.

Participation de 10 pays étrangers : Allemagne, Autriche, Suède, Union des républiques socialistes soviétiques, Grande-Bretagne, France, Danemark, Belgique, Brésil e Hongrie.

V Triennale : 1933[modifier | modifier le code]

Style - Civilisation : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

L'exposition est transférée au Palazzo dell'Arte de Milan, œuvre de l'architecte Muzio et a lieu du 6 mai au 30 septembre 1933.

La Triennale devient autonome avec sa propre entité juridique.

Les expositions présentées sont : l'exposition de l'art décoratif, l'exposition d'architecture, la peinture murale qui orne les salles monumentales, l'exposition de la maison moderne. Importante présence de Gio Ponti, qui y apporte le rationalisme italien et de Mario Sironi, avec la peinture murale. Participation de 10 pays étrangers : Grande-Bretagne, Pays-Bas, Suède, Suisse, Allemagne, Autriche, Finlande, Belgique, Hongrie et France.

VI Triennale : 1936[modifier | modifier le code]

Continuité-modernité : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne.

Palazzo dell'Arte de Milan du 30 mai à octobre 1936.

Cette édition est incontestablement liée à la figure de deux architectes: : Giuseppe Pagano (it) et Edoardo Persico, qui impliquent aussi dans l'organisation la revue Casabella. Paganoa a personnellement assisté à l'exposition sur l'architecture rurale, en donnant des exemples de l'architecture rationnelle comme les trulli. Participation de 10 pays étrangers: Autriche, Belgique, Suède, Espagne, Hongrie, France, Finlande, Allemagne, Tchécoslovaquie.

Parmi les artistes participant : Salvatore Fancello (it) (Grand Prix) et Luigi Veronesi.

VII Triennale : 1940[modifier | modifier le code]

Ordre-tradition : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 6 avril au 30 juin 1940.

Parmi les artistes récompensés figure Salvatore Fancello (diplôme d'honneur). Elle est fermée prématurément, en raison de la guerre. Ce qui y est proposé est lié à la propagande nationaliste et impérialiste du régime fasciste.

VIII Triennale : 1947[modifier | modifier le code]

L'Habitat : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 31 mai au 14 novembre 1947.

Elle est incontestablement liée à la figure de Piero Bottoni (it). Le thème est la reconstruction comme problème social. Création du quartier QT8 (it), un quartier expérimental de Milan.

IX Triennale : 1951[modifier | modifier le code]

Marchandise-standard : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 12 mai à septembre 1951.

Parmi les artistes participants, le céramiste napolitain Giuseppe Macedonio (it).

X Triennale : 1954[modifier | modifier le code]

Préfabriqué - Design Industriel : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 28 août au 15 novembre 1954.

Quatorze pays étrangers participent : Espagne, Canada, Angleterre, France, Allemagne, Israël, Hollande, Belgique, Autriche, Suisse, Finlande, Norvège, Danemark et Suède.

XI Triennale : 1957[modifier | modifier le code]

Éclectisme - Formalisme : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 27 juillet au 4 novembre 1957.

Dix-neuf pays étrangers participent : Espagne, Suisse, Tchécoslovaquie, Pologne, Hollande, Finlande, Danemark, Suède, Roumanie, Allemagne, Yougoslavie, Belgique, Autriche, France, Norvège, Canada, Japon, le Mexique et les États-Unis d'Amérique.

Marcello Nizzoli (it) remporte le Grand Prix avec la machine à coudre de Necchi.

Médailles d'or : Marco Zanuso, Achille Castiglioni, Bruno Munari, Roberto Sambonet (it), Gillo Dorfles, Pier Giacomo Castiglioni (it), Heinrich Löffelhardt (de).

XII Triennale : 1960[modifier | modifier le code]

La Maison et l'École : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 16 juillet au 4 novembre 1960.

Les expositions sont consacrées à : Franco Albini, Figini et Pollini (it), Pietro Lingeri, Giovanni Michelucci, Carlo Mollino (it), Ludovico Quaroni, Mario Ridolfi (it) et Carlo Scarpa.

Il y a également une exposition à la mémoire d'Adriano Olivetti.

Les sections étrangères sont : la Suisse, le Japon, la Tchécoslovaquie, la Belgique, la Finlande, la Suède, le Danemark, la Norvège, France, Hollande, Mexique, Grande-Bretagne, Etats-Unis, l'Autriche, la Pologne et l'Allemagne.

XIII Triennale : 1964[modifier | modifier le code]

Temps libre : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 12 juin au 27 septembre 1964.

XIV Triennale : 1968[modifier | modifier le code]

Le grand nombre : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Dirigée par Giancarlo De Carlo, elle devait se tenir à l'Immeuble de l'art de Milan du 30 mai au 28 juillet 1968, mais elle fut détruite par une manifestation quelques heures avant l'inauguration.

L'exposition, consacrée au thème du « grand nombre », traite des questions liées à l'industrialisation et aux changements induits par l'augmentation de la quantité, phénomène qui caractérise, dans tous les secteurs, la condition contemporaine.

XV Triennale : 1973[modifier | modifier le code]

L'espace habitable : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 20 septembre al 20 novembre 1973.

50e anniversaire de La Triennale.

C'est la dernière fois qu'est attribuée la médaille d'or, qui est remportée par Roberto Sambonet. Parmi les médailles d'argent, on retrouve Gae Aulenti, Marco Zanuso, Achille Castiglioni et Nanda Vigo (it).

XVI Triennale : 1979 - 1982[modifier | modifier le code]

Ville, architecture, design, mode, audiovisuel : Exposition Triennale Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes et de l'Architecture moderne

Palazzo dell'Arte de Milan du 15 décembre 1979 au 14 février 1982.

XVII Triennale : 1983 - 1988[modifier | modifier le code]

Les villes du monde et le futur des métropoles : Exposition Internationale de la XVII Triennale

Palazzo dell'Arte de Milan du 23 octobre 1983 au 18 décembre 1988.

XVIII Triennale : 1992[modifier | modifier le code]

La vie et la nature des choses, le projet et le défi de l'environnement : Exposition Internationale de la XVII Triennale

Palazzo dell'Arte de Milan du 6 février au 3 mai 1992.

XIX Triennale : 1996[modifier | modifier le code]

Identité et différence, intégration et diversité dans les formes de notre temps, les cultures entre éphémère et permanence

Palazzo dell'Arte de Milan du 22 avril 1996 au 23 avril 1996.

XX Triennale : 2002[modifier | modifier le code]

La mémoire et le futur

Expositions accueillies[modifier | modifier le code]

Quelques-unes des grandes expositions organisées par l'organisation ces dernières années :

2004[modifier | modifier le code]

2005[modifier | modifier le code]

2006[modifier | modifier le code]

2007[modifier | modifier le code]

2008[modifier | modifier le code]

Alberto Burri, (11 novembre 2008 - 7 février 2009)

2012[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la Triennale de Milan[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Agnolodomenico Pica, Storia della Triennale 1918-1957, Milano, Edizioni del Milione, 1957.
  • Elena Del Drago, La Triennale di Milano. Design, territorio, impresa, Roma, Luca Sossella, 2004.
  • Paola Nicolin,Castelli di carte. La XIV Triennale di Milano, 1968, Macerata, Quodlibet, 2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]