Solennité

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Pour la grande majorité des catholiques, qui suivent la forme ordinaire du rite romain (FORM), « la Solennité est le degré supérieur de célébration des fêtes : elle commence la veille par des premières Vêpres et parfois par une messe propre de Vigile »[1]. Le calendrier liturgique en comporte au moins quinze mais leur nombre peut être plus élevé selon les Églises locales[2]. Parmi ces solennités, on compte les « fêtes » d'obligation ou de précepte auxquelles les catholiques se doivent d'assister. Les célébrations moins importantes portent les titres de fête et de mémoire (ou commémoration). Certaines des fêtes, appelées « fêtes du Seigneur » peuvent occasionnellement devenir des solennités si elles ont lieu un dimanche.

Dans la forme extraordinaire du rite romain (FERM), la notion de solennité est différente et peut prendre deux sens distincts. En effet, avant le concile Vatican II, toutes les célébrations du temporal étaient appelées fêtes et le terme deuxième classe, troisième classe ou quatrième classe. Les « fêtes de première classe », l'équivalent en importance des solennités de la FORM, étaient alors toutes des fêtes d'obligation.
Le motu proprio Rubricarum Instructum du pape Jean XXIII aboutit, en 1961, à l'entrée en vigueur du « Code des rubriques de 1960 ». Il eut, en outre, pour effet de transformer la, grosso modo, trentaine de « fêtes de première classe » et d'obligation en une trentaine de « fêtes de première classe » mais dont une dizaine seulement restait d'obligation. Ainsi, comme la majorité des catholiques appellent leurs 11 célébrations les plus importantes « solennités », les traditionalistes font maintenant généralement de même (pas tous, puisque certains sédévacantistes se réfèrent au missel romain de 1955) mais ce terme s'appliquent donc à la trentaine de célébrations (les « fêtes de première classe »).

Pâques est considérée comme la plus solennelle des solennités.

Solennités selon la Forme ordinaire du rite romain[modifier | modifier le code]

La Forme ordinaire du rite romain concerne les célébrations liturgiques auxquelles participent la majorité des catholiques. Elle a été promulguée par Paul VI suite au concile vatican II.

Solennités[modifier | modifier le code]

Les solennités sont les très grandes fêtes de l'Église. Elles sont plus importantes que les dimanches du temps ordinaire[2]. Ainsi, par exemple, si une solennité est fêtée un dimanche du temps ordinaire, ses lectures priment sur celles prévues habituellement pour la messe de ce dimanche[2].

Le calendrier liturgique compte au moins quinze solennités mais d'autres peuvent être ajoutées dans le calendrier liturgique des églises locales. Par exemple, la fête du saint suisse Nicolas de Flue est une solennité dans son pays uniquement. En France, la fête de plusieurs saints, dont sainte Geneviève ou saint Rémi, figurent parmi les solennités du calendrier liturgique français[2]. Ou encore, la fête du saint patron d'un diocèse ou d'un ordre religieux est célébrée par ceux-ci comme une solennité.

Les solennités inscrites au calendrier universel de l'Église catholique romaine sont les suivantes[2] :

La semaine sainte, qui commence au Dimanche des Rameaux, et l'octave de Pâques (semaine qui suit le dimanche de Pâques), priment sur les solennités. Ainsi, si le 25 mars tombe dans la semaine sainte ou la semaine de Pâques, la solennité de l'annonciation, habituellement fêtée ce jour, est reportée au lundi qui suit de huit jours le dimanche de Pâques[4].

De même, les dimanches de l'avent, du carême, et du temps pascal sont prééminents, dans l'ordre liturgique, par rapport aux solennités. Si le 25 mars tombe un dimanche de carême, l'Annonciation est alors fêtée le lendemain.

Le Triduum pascal, du jeudi saint au dimanche de Pâques, est le temps liturgique le plus important de l'année. La Vigile pascale du samedi saint, et le dimanche de Pâques, sont considérés comme la solennité des solennités. Le dimanche de Pâques, dimanche de la résurrection du Seigneur, se déploie pendant tout le temps pascal, jusqu'à la Pentecôte, cinquante jours plus tard[5].

Fêtes de précepte ou d'obligation[modifier | modifier le code]

La plupart des solennités sont aussi des fêtes de précepte, fêtes en sus du dimanche qui est le principal jour de fête de précepte. Les fêtes de précepte (ou d'obligation) de l'Église universelle sont désignées comme telles par le Code de droit canonique de 1983[6] :

Nota : Pâques et Pentecôte sont toujours célébrées le dimanche et ne sont pas donc pas spécifiées, en sus, parmi les fêtes de précepte.

Solennités selon la Forme extraordinaire du rite romain[modifier | modifier le code]

Voir article détaillé sur la Forme extraordinaire du rite romain (FERM).

Solennité à Morat dans le Canton de Fribourg, Suisse[modifier | modifier le code]

Fête de la jeunesse et des écoles, la Solennité de Morat commémore la bataille de Morat (1476) chaque 22 juin, ou la veille s’il s’agit d’un dimanche. La journée est ponctuée de 22 coups de canon, dont le premier est tiré à 5 heures du matin et qui sont donnés sur le pré dit « Kanonemätteli » à côté de l’école à certains moments particuliers Cérémonie officielle, concert de la fanfare, défilés d’écoliers et de cadets au son des tambours et des cuivres, allocutions, concours de tir à l’arbalète, hymne national, danses et représentations diverses sont au programme de ce jour férié, qui voit bon nombre de Moratois de l’extérieur revenir pour l’occasion. Le matin, le cortège en vieille ville voit défiler les écoliers – les garçons vêtus de blanc ou en uniforme (classes primaires et CO) et les filles toutes en blanc et portant des fleurs –, qui sont suivis par les autorités communales, régionales et cantonales. Le soir, la population se retrouve volontiers à la Pinte de la Solennité, sur la place de l’école primaire, pour boire un verre ou manger quelque chose.

La ville est particulièrement fleurie, surtout les fontaines, décorées avec soin et enthousiasme par les habitants des différentes parties de la vieille ville, qui se retrouvent pour cela dans la rue la veille de la Solennité et organisent une quête pour couvrir les frais (la commune apporte également une contribution). Selon certains, il arrive que, dans ces mêmes fontaines, soient jetées les « Solischätzlis » par leurs amoureux ! Mais d’autres garçons plus pacifiques préfèrent, et de longue date, offrir une glace à leur élue.

Si la ville fête depuis la seconde moitié du 16ème siècle la victoire des Confédérés et de leurs alliés sur Charles le Téméraire, c’est seulement en 1835 que s’installe la tradition d’une fête de la jeunesse organisée par les écoles. Auparavant, un corps de cadets, appelé Äusseres Regiment et composé de jeunes gens issus des familles patriciennes de Morat, s’en chargeait. La commémoration avait lieu près du monument de la bataille et au Restaurant « Champ Olivier ».

Le programme de la Solennité évolue avec son temps, il en va ainsi de la disco du CO, des productions des élèves et de leur tenue vestimentaire lors du défilé ; depuis 1994, ils ont le choix de défiler en blanc ou en uniforme – alors que quelques années plus tôt, les garçons devaient encore dès l’âge de 10 ans porter un uniforme gris-vert avec cravate noire et bonnet de police. Témoignage du passé, la « Soli », véritable institution, est avant tout une fête vivante et incontournable pour les Moratois.

Chant de la Solennité (traduit par l’enseignante du CO Danielle Croci-Pfeil) 1ère strophe chantée en français et en allemand par les élèves durant la fête de commémoration depuis les années 1990:

Voici le beau jour annoncé, Tout de fleurs vous vous garnissez. Des jeunes c’est le glorieux jour, Heureux contents du gai retour, Livrée de fête à notre cité Chantons la Solennité !

Mais aussi :

  • la fête du Patron principal du Pays. Sous le vocable Notre Dame de l'Assomption, la Vierge Marie est aussi fêtée le 15 août en tant que Sainte Patronne (principale) de la France. En effet, c'est en 1922 que le pape Pie XI dédia la France à la Sainte Vierge Marie, suite, entre autres, au Vœu de Louis XIII.
  • la fête du Patron principal du diocèse.
  • l’anniversaire de la dédicace de l’église cathédrale.
  • la fête du Patron principal de la ville.
  • l’anniversaire de la dédicace de l'église ou chapelle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD
  2. a, b, c, d et e Théo, encyclopédie catholique pour tous, Éditions Mame, 2009, p.16-18
  3. a et b Proclamé Patron de l'Église universelle par Pie IX en 1870, Saint Joseph fait figure de témoin, de confident et d'acteur pendant l'enfance de Jésus-Christ ; c'est pourquoi une fête lui a été dédiée
  4. Site Nominis Annonciation
  5. Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de Liturgie, Editions CLD Dictionnaire de la liturgie. Entrée "Pâques"
  6. Code de droit canonique de 1983, article 1246 - § 1. <http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P4K.HTM>

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Psautier du Bréviaire Romain, J. Weber, Desclée & Cie, 1937.
  • Missel -Rituel et Vespéral, Abbé A. Guilhaim & H. Sutyn, 1962. Réédition 2007, Éditions D F T.
  • Variationes du Décret du 26 juillet 1960 de la Sacrée Congrégation des Rites, traduit en français dans La Maison-Dieu n°63bis (Cahier supplémentaire), 1960.
  • Théo, encyclopédie catholique pour tous, Ed Mame, 2009, p.16-18
  • Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de Liturgie, Editions CLD