Pic du Canigou

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Pic du Canigou
Pic du Canigou depuis le pic des Set Homes.
Pic du Canigou depuis le pic des Set Homes.
Géographie
Altitude 2 784,66 m[1]
Massif Massif du Canigou
Pyrénées
Coordonnées 42° 31′ 08″ N 2° 27′ 24″ E / 42.51889, 2.45667 ()42° 31′ 08″ Nord 2° 27′ 24″ Est / 42.51889, 2.45667 ()  [1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Ascension
Première Vers 1280 par Pierre III

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Orientales

(Voir situation sur carte : Pyrénées-Orientales)
Pic du Canigou

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Pic du Canigou
Le Canigou vu du Montou.

Le pic du Canigou (catalan : Pica del Canigó) est le haut sommet oriental de la chaîne des Pyrénées, sur le massif du Canigou. Il est situé dans le Conflent, département des Pyrénées-Orientales, et culmine à 2 784,66 mètres d'altitude[2]. Sa situation géographique offre une fantastique vue sur la plaine du Roussillon, permettant même, par temps clair, d'apercevoir Barcelone.

Ce sommet célèbre chez les Catalans est aussi renommé pour héberger sur son massif l'abbaye de Saint-Martin du Canigou (monestir de Sant Martí del Canigó), le prieuré de Serrabone et un ensemble de sentiers de grande randonnée.

Le pic du Canigou est le point culminant du massif du Canigou qui fait partie du Réseau des grands sites de France.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom viendrait de la racine indo-européenne KN (kan, « montagne ») dédoublée par les Phéniciens pour former un superlatif, kankan : « mont des monts ». Le mot kankan aurait subi deux évolutions phonétiques par les Grecs, le transformant en kanigan[3] avec une prononciation atone du -an final, qui pousse les Romains à appliquer leurs déclinaisons sur le radical canigon.

Les premiers écrits datent de 949 avec Montis Canigonis et Monte Canigone en bas latin. Le premier écrit ayant subi la catalanisation du nom date de 1300 avec Canigó, dont la transcription donne Canigou en français. Le 22 mars 2012, la Commission supérieure des sites rendait à Paris un avis très favorable à la démarche de labellisation du Canigó, Grand Site de France, le terme Canigó dans sa graphie catalane étant officiallisé [4], car Canigou est une marque commerciale.

Explications alternatives[modifier | modifier le code]

Des explications peu probables ont été proposées et rejetées :

  • du grec gonis (« angle ») ou gônos (« cône »). Le radical cani resterait sans explication en grec ;
  • du latin canis (« chien »). Si le radical kan a été très utilisé pour par les Phéniciens pour composer des noms de montagnes, le canigou serait le premier massif à utiliser la référence à la dentition canine dans son nom. De plus, la fin en -go reste inexpliquée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé près de Prades, à la limite des communes de Taurinya et de Vernet-les-Bains, le massif du Canigou domine toute la plaine de la Têt (dont Perpignan), à moins de 50 km de la mer. De ce fait, on le voit de très loin dans tout le Roussillon, depuis les Corbières et même le mont Aigoual, et jusqu'à 188 km au-dessus de la mer Méditerranée (Voir courbure terrestre). Le phénomène de réfraction le rend visible deux jours par an depuis Marseille[5].

Topographie[modifier | modifier le code]

Le pic du Canigou se trouve sur un axe orienté nord-sud allant du pic Joffre (2 362 m) au nord jusqu'au Puig dels Tres Vents (2 731 m) au sud.

Une croix forgée trône au sommet du pic, elle y fut montée durant la Seconde Guerre mondiale par les scouts de la troupe Notre Dame la Real de Perpignan (1943).

Géologie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Bien que le climat dominant soit largement méditerranéen à sa base, l'ampleur et l'altitude du massif du Canigou le soumettent à plusieurs microclimats bien tranchés :

  • climat méditerranéen de 0 à 800-1 000 m ;
  • montagnard de 1 000 à 1 700 m ;
  • subalpin (de 1 700 à 2 300 m) ;
  • alpin de 2 300 m jusqu'au sommet.

Il n'existe pas d'étage nival. Toutefois on notera la présence, remarquable, d'un petit glacier suspendu (vers 2 450-2 500 m), situé à la base des faces nord du pic du Canigou (2 784 m) et du pic Barbet (2 712 m).

Bien que variable d'une année à l'autre, l'enneigement est généralement continu au-dessus de 1 800 m, de la mi-novembre à la fin mai. Les températures sont de 12 °C en moyennes en juillet à −5 °C en janvier[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Vers 1280 : Première ascension attestée du Canigou par Pierre III d'Aragon, roi de la Couronne d'Aragon (Pere III el Gran). Cette ascension est évoquée dans une chronique épique d'un moine italien du XIIIe siècle, Fra Salimbene. Il semble cependant que le monarque ne soit pas allé jusqu'au sommet du pic. En effet, le chroniqueur franciscain écrit que Pierre III vit au sommet un dragon sortant d'un lac. Cette indication pourrait correspondre au lieu-dit "les estanyols" (les étangs), environ 500 m en contrebas.
  • Durant la seconde guerre mondiale, les scouts de la Troupe Notre Dame la Real, accompagnés de leur aumônier, partent de leurs locaux de Perpignan, afin de monter au pic du Canigou la croix forgée qui y trône toujours. Depuis lors, chaque année, les scouts de la Real gravissent le pic.
  • En 2011, il est désigné comme site Natura 2000 massif du Canigou par arrêté du 25 mars 2011[7].

Randonnée[modifier | modifier le code]

Cette escalade est accessible à des randonneurs peu expérimentés, l'été, où de nombreuses personnes se pressent pour gravir son sommet à partir du refuge des Cortalets, notamment pour la fête de la Saint-Jean, le 22 juin, où des centaines de personnes montent au sommet du Canigou pour allumer un feu et le surveiller toute la nuit. Au lever du jour, des groupes descendent du Canigou et vont avec des torches dans toutes les directions pour transmettre les différents feux de la Saint-Jean répartis en Catalogne.

On peut également accéder au sommet par sa face sud à partir du refuge de Mariailles. Très fréquenté en été, cet itinéraire est accessible à tout randonneur endurant.

L'hiver, le sommet est plus difficilement accessible, notamment par la face Sud.

Chaque année se déroule la Course du Canigou, une épreuve de trail (course nature) sur une boucle d'environ 30 km avec un dénivelé cumulé de plus de 4 200 m, sur les chemins forestiers et sentiers de montagne entre Vernet-les-Bains (650 m) et le pic du Canigou (2 784 m)[8].

Culture[modifier | modifier le code]

Le Canigou est un véritable symbole national en Catalogne, inspirant des poètes comme Jacint Verdaguer (Canigó), ou des chansons populaires.

Muntanyes de Canigó, fresques són i regalades

Photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cartes IGN à l'échelle au 1:25000 disponibles sur Géoportail
  2. L'altitude de 2 784,66 m est obtenue d'après les dernières mesures GPS
  3. « Étymologie de Canigou »
  4. « Le massif du Canigó devient Grand Site de France »
  5. Le Massif du Canigou vu de Marseille n'est pas une galéjade, site dédié à ce phénomène atmosphérique.
  6. Station Météo France située à 2 160 m, à proximité du chalet des Cortalets
  7. Journal officiel du 8 avril 2011.
  8. Site de la course du Canigou

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Delaplace, « L’alpinisme et le thermalisme comme expression de la vie mondaine dans les Pyrénées-Orientales avant 1914 : l’épopée du Canigou (1881-1914) » in Christian Desplat (directeur), L'homme du Midi. Sociabilités méridionales, 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques de 2001, Toulouse, 2003, p. 83-95

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]