Sardine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sardine (homonymie).

La sardine (Sardina pilchardus) est une espèce de poisson de la famille des Clupeidae, qui comprend également le hareng, l'alose, notamment. Selon la région elle prend les noms de célan, célerin, pilchard, royan, sarda, sardinyola.

Son nom provient de la Sardaigne car les Grecs avaient remarqué qu'elle abondait dans ses eaux côtières. Ce n'est pas une espèce considérée comme menacée, mais à la suite d'une surpêche (surexploitation de la ressource) elle a fortement régressé dans une grande partie de son aire de répartition où elle a été très abondante jusqu'au début du XXe siècle (en Baie de Douarnenez en France par exemple où elle a fait vivre plusieurs milliers de pêcheurs et ouvrières de conserveries. Douarnenez est une commune bretonne du Finistère qui fut longtemps le premier port de pêche mondial de la sardine, et précurseur en matière de conserverie industrielle de poissons). La régression des sardines a des effets sur les réseaux trophiques (chaines alimentaires) et la structure des écosystèmes. Sa disparition pourrait contribuer à l'extension des zones marines mortes. Inversement, certains scientifiques pensent que restaurer leurs populations pourrait contribuer à améliorer l'état des eaux, et notamment limiter les émissions de méthane (puissant gaz à effet de serre) des zones très dégradées (dystrophisées)[1].

Description[modifier | modifier le code]

Sardina pilchardus

Mesurant au plus une vingtaine de centimètres de long, la sardine possède un ventre argenté et un dos bleuté. Elle se caractérise par :

  • un opercule strié,
  • des caches sombres sur le dos,
  • une carène ventrale peu aigüe,
  • des écailles sessiles,
  • les deux derniers rayons de l’arête anale plus longs.

Lieux de vie, et lieux de pêche[modifier | modifier le code]

Banc de sardines
Sardina pilchardus1.jpg
Sloop sardinier Grand Norven de Piriac-sur-Mer

Ce poisson vit :

  • en Méditerranée où il est le second poisson le plus pêché (16 %) parmi les « petits pélagiques » (qui constituent 50 % de la pêche totale), loin derrière l'anchois (Engraulis encrasicolus) qui constitue 59 % des captures de petits pélagiques)[2]. Au début des années 2000, pour la Méditerranée les scientifiques ont recommandé de ne pas augmenter l'effort de pêche (tableau B5.1 ; Observations et recommandations ; Évaluations présentées à la réunion du SAC (2001–2004)[2],[3]
  • dans presque tout l'Atlantique nord, de l'Irlande jusqu'aux Açores, en zone tropicale (devant le Sénégal et la Mauritanie) et entre les côtes Atlantique Marocaine et Européenne en zone pélagique côtière de 15 à 35 m de profondeur.

C'est au Maroc plus de 62 % du tonnage débarqué par la flotte côtière du pays, mais pour seulement environ 10 % de la valeur marchande du total débarqué[4]. Le stock de sardine traditionnellememnt prélevés au nord d'El Ayoun est considéré par la FAO comme « intensément exploité » et celui situé entre les caps Bojador et Barbas est « pleinement exploité », ce qui pose la question de la surexploitation et de durabilité de cette pêche dans cette zone[5].

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Il évolue au large, au sein de bancs parfois très compacts, entre 10 et 50 mètres sous la surface.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La reproduction a lieu en haute mer et peut advenir toute l'année, avec une période maximale en fin d'automne et début d'hiver au large de l'Afrique. Au large de l'Afrique, la reproduction semble maximale de novembre à février[6]. Dans cette zone la maturité sexuelle semble atteinte à 16,3 ±0,31 cm pour les mâles et à 17,5 ±0,35 cm pour les femelles qui se reproduisent dans une eau dont la température est de 16,3°C à 18,9°C (avec certaines variations annuelles). La réussite de la reproduction[7] dépend aussi des remontées d'eau froide (upwellings en anglais)[6],[8],[9]. Après une phase planctonique[10], les alevins rejoignent les côtes au printemps, et y restent jusqu'au début de l'hiver.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La sardine se nourrit de plancton, d'œufs et de larves de crustacés.

Histoire[modifier | modifier le code]

La pêche à la sardine remonte à l'Antiquité. C'est un poisson bon marché, riche en Oméga-3, phosphore, vitamine B3 et vitamine B6. On peut la conserver dans l'huile durant plusieurs années (voir décennies) dans une boîte conditionnée par l'industrie sardinière, notamment en Bretagne dans la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle[11].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La sardine peut se préparer au barbecue. Les avis sont partagés quant à la nécessité de la vider et de l'écailler avant de la griller[12], quoique pour les plus grosses le vidage s'avère nécessaire pour éviter que les tripes du poisson ne parfument trop la chair. On peut également les cuire en friture (dans l'huile d'olive, idéalement). Les arrêtes de la sardine sont très petites et souples, et peuvent être mangées sans aucun problème.

Selon la tradition les sardines à l'huile sont parées à la main, frites, séchées, rangées une à une dans la boîte métallique puis recouvertes d'huile d'olive vierge extra. Des sardines de qualité se bonifient avec le temps et atteindront leur pleine saveur confites au bout de dix longues années d'affinage.

En Belgique, on appelle pilchards les sardines en conserve préparées à la sauce tomate (par opposition aux sardines qui sont les classiques sardines à l’huile décrites ci-dessus). Les pilchards sont traditionnellement emballés dans des boites à conserve de forme ovale typique.

On appelle royan (ou « sardine Royan », « sardine de Royan ») un type réputé de sardine pêché depuis le milieu du XVIIIe siècle[1] dans le golfe de Gascogne (et avant cela exclusivement dans le port de Royan, d'où son nom). Cependant, le terme n'étant pas une AOC, il est aussi employé abusivement pour d'autres sardines.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)[PDF] Christopher Dudley Sardines May Prevent Toxic Gas Eruptions off the California and African Coasts,October 18, 2004, (consulté 2009/06/18)
  2. a et b L'état des ressources halieutiques marines mondiales... ; chapitre : Revues par région /Méditerranée et Mer noire ; Zone statistique 37 de la FAO, par Jordi Lleonart
  3. Cingolani, N., Santojanni, A., Arneri, E., Berlardinelli, A., Colella, S., Donato, F., Giannetti, G., Sinovčić, G. et Zorica, B. 2004a. Sardine (Sardina pilchardus, Walb.) stock assessment in the Adriatic Sea: 1975–2003. Papier occasionnel AdriaMed, 13: 9p.
  4. Le Royaume du Maroc ; Données d'économie, données sur les pêches, Infosamak (consulté 2009 09 10)
  5. Belvèze, H. et J. Bravo de Laguna, Les ressources halieutiques de l'Atlantique centre-est. 1980 ; 2ème partie: les ressources de la côte ouest-africaine entre 24ème et le Détroit de Gibraltar. FAO Doc. Tech. Pêches, (186.2) :64 p.
  6. a et b Khadija Amenzoui, Fatima Ferhan-Tachinante, Ahmed Yahyaoui, Abdel Hakim Mesfioui & Souad Kifani ; Étude de quelques aspects de la reproduction de Sardina pilchardus (Walbaum, 1792) de la région de Laâyoune (Maroc) ; Bulletin de l’Institut Scientifique, Rabat, section Sciences de la Vie, 2004-2005, n°26-27, 43-50.
  7. Larraneta M.G. 1976. Size and age of first maduration and relative fecundity in Sardina pilchardus (Walb.) off Castellon (Spanish Mediterranean coast). ICES, C. M. 1976/J: 4.
  8. Chavance P. 1980. Production des aires de ponte, survie larvaire et biomasse adulte de la sardine et de l’anchois dans l’est du golfe du Lion, Méditerranée occidentale. Tethys, 9, 4, 399-413.
  9. Roy C. 1992. Réponses des stocks de poissons pélagiques à la dynamique des « upwellings » en Afrique de l’ouest : analyse et modélisation. ORSTOM, Collection Etudes et Thèses Paris 95-96.
  10. Ettahiri O. 1996. Étude de la phase planctonique de la sardine, Sardina pilchardus (Walb.), et de l’anchois, Engraulis encrasicolus (L.) des côtes atlantiques marocaines. Thèse Doct., Univ. Bretagne occidentale, Brest, 262 p.
  11. Pierre Cadoret, L'industrie sardinière en Bretagne, A. Rousseau, 1912, 174 p.
  12. « Sardines grillées au barbecue », sur You Barbecue.org (consulté le 3 août 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]