Séquence (liturgie)

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La séquence, sequentia en latin, est une pièce liturgique de la liturgie catholique romaine. Elle est chantée à certaines fêtes.

Le genre textuel de la séquence est la première apparition d'un texte rimé, à l'origine de toutes les formes poétiques modernes.

Utilisation liturgique[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, la séquence était chantée à la suite de l'Alléluia. Depuis la troisième édition du missel romain, les séquences sont chantées (quand elles le sont) à la suite de la deuxième lecture, avant l'Alléluia (paragraphe 64 de l'introduction générale). La séquence est donc à présent le chant de méditation qui suit la seconde lecture.

Les séquences, très nombreuses avant le Concile de Trente (1545-1563), sont rares, mais toutes célèbres. Elles ont été limitées au nombre de cinq :

Les séquences sont des pièces plutôt longues, et sont rarement interprétées intégralement dans les célébrations liturgiques modernes. Sur le plan de la liturgie, les séquences ne sont obligatoires que le jour de Pâques et de la Pentecôte, et peuvent être omises les autres jours où elles sont proposées.

Caractéristiques du genre musical[modifier | modifier le code]

Séquence "Lauda Sion" (Fête-Dieu).

La séquence "Lauda Sion" est typique de la structure de ce genre musical, assez proche de celui des hymnes.

  • Le style est nettement syllabique. Il n'y a aucun récitatif sur une note constante, et on voit à peine apparaître ici et là des neumes simples, moins d'un par incise: quelques podatus et clivae. Le climacus sur la deuxième ligne est la figure la plus complexe.
  • Le texte est divisé en vers, qui non seulement sont scandés, mais où de plus les fins de vers (sur chaque segment) sont rimées. C'est la séquence qui a inauguré ce procédé, qui était inconnu en poésie latine.
  • Chaque segment mélodique est répété deux fois.
  • Le nombre de pieds de chaque strophe n'est qu'approximativement constant, et des notes supplémentaires (dans les vers 3 & 4, en blanc) doivent être insérées dans la mélodie, ou des syllabes doivent être fusionnées en un podatus, pour rétablir le compte.

Les séquences sont une création tardive du plain chant, et n'en respectent guère les principes esthétiques:

  • Le lien entre l'accentuation textuelle et l'accentuation mélodique, si important pour l'interprétation des pièces grégorienne (voir rythmique grégorienne) est rompu : le texte et la mélodie sont à présent pratiquement indépendants.
  • La tonalité est très indécise, et la mélodie se déroule sans référence réelle à des teneurs. C'est le flottement mélodique qui caractérisera la musique moderne, axé sur une gamme sans référence à une dynamique modale.