Walser (peuple)

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Walsers

Populations significatives par région
Drapeau de l'Autriche Autriche Plus de 10 000
Drapeau de la Suisse Suisse 10 000 à 20 000 selon certaines estimations
Drapeau de l'Italie Italie 3 400 à 5 000 selon certaines estimations
Liechtenstein Liechtenstein 1 300
Population totale Plus de 25 000
Autres
Langues

Walsertitsch (dialecte alémanique), allemand, italien

Religions

Catholicisme

Ethnies liées

Germanophones

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de répartition

Les Walser sont un peuple germanophone qui, au cours du Moyen Âge, a colonisé différentes vallées alpines de Suisse, d'Italie, du Liechtenstein et d'Autriche.

Leur nom dérive du gentilé Walliser, « Valaisan ».

Autour de l'an mille, des groupes de Burgondes venant de l'Oberland bernois se sont installés dans la vallée de Conches (Goms en allemand), dans le Haut-Valais. Après avoir colonisé peu à peu la vallée supérieure du Rhône, une partie d'entre eux a commencé à migrer dans toutes les directions à partir du XIIIe siècle, favorisés par le climat relativement doux dans les Alpes à cette époque.

Les migrations des Walser[modifier | modifier le code]

Différentes théories tentent d'expliquer le départ des Walser du Valais.

Certains attribuent leur migration à des problèmes de surpopulation, voire à des catastrophes naturelles. D'autres avancent que les migrations ont été encouragées par les seigneurs féodaux locaux qui souhaitaient peupler des vallées encore inhabitées afin de contrôler les cols alpins. En contrepartie, les Walser ont obtenu des droits et libertés importants.

D'autres dont La Gazette universelle d'Augsbourg écrivait en 1844 "que les Valsaner du Tyrol sont d'origine valaisanne et que leurs descendants habitent deux vallées de la forêt de Bregenz. Au val de Vals, on rend un culte à Saint Théodule ou "Théodol" (appelé communément par le peuple Joder) comme en Valais. Les ducs de Montfort eurent d'eux de nombreuses preuves d'attachement. Quoiqu'après la mort du comte Rodolphe de Montfort-Feldkirch, les Valaisans fussent tombés sous la puissance de l'Autriche, ils ont conservé presque partout la bannière des Montfort. "Plus frappante encore est la lettre d'un homme qui est de cette peuplade et qui écrivait le 16 octobre 1844 à la cure de Rarogne (VS) "dans "l'intérêt de la science et l'histoire". Nous voulons parler de M. Joseph Bergmann, conservateur du cabinet des antiques et des monnaies du Belvédère de WIEN qui écrivait : « on demande des renseignements sur le dialecte des Hauts-Valaisans du pays de Rarogne et de Moerel, pour aider à une recherche historique au sujet des colonies haut-valaisannes qui doivent être venues vers 1290 dans le Vorarlberg, et plus tard aussi. Ce petit pays auquel j'appartiens par ma naissance, compte dans ses montagnes 6000 Valsaner divisé en quatre groupes qui remontent au XII° siècle. A l'aide des documents des archives impériales (Autriche) et des communications écrites des curés de ce pays, j'ai pu arriver à des résultats interessants, les principales localités de nos Valsaner sont Raggal, Maruol qui rappelle involontairement Moerel, Sonntag et Buchboden, Lateres et Damüls, Tannberg et Mittelberg, Silberthal et en Tyrol même Galtöer ». Des valaisans ont été envoyés par les barons de Rarogne (VS) au baron de Vatz (Tyrol)en 1250, et, un peu plus tard par le comte Hugo de Werdenberg cousin de Rodolphe de Habsbourg, qui possédait le territoire de Pludenz et plaça ces Valiser laborieux et alpicoles, sur ses montagnes, dont les particularités de langage, habitats et vêtements s'effacent lentement pour disparaître complètement après quelques générations.

Caractéristiques du peuplement walser[modifier | modifier le code]

Les Walser se sont installés en haute altitude, souvent à plus de 1 500 mètres, dans des vallées reculées, inhospitalières et jusqu'alors inhabitées.

Le peuplement se caractérise souvent par un habitat dispersé, la topographie permettant rarement l'établissement de villages (manque de terrains plats). Bien qu'il n'existe pas un type unique de maison chez les Walser, les constructions en bois sont très fréquentes.

Dans bon nombre de communautés, l'usage d'une forme archaïque de dialecte alémanique, le Walsertitsch, s'est perpétué jusqu'à nos jours.

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

Quittant la vallée supérieure du Rhône, les Walser ont migré par vagues successives pour fonder de nombreuses petites colonies :

Musées[modifier | modifier le code]

Instituts d'études[modifier | modifier le code]

Deux instituts ayant pour but l'étude de la langue et de la culture walser sont présents au sein de la communauté walser de la haute vallée du Lys, en Vallée d'Aoste (Italie). Le plus ancien est l'association Augusta à Issime (fondé en 1968), le second est le Centre de culture walser - Walser Kulturzentrum des Aostatals à Gressoney-Saint-Jean (fondé en 1982). La collaboration entre les experts linguistiques de ces deux centres a permis la rédaction de deux dictionnaires du titsch gressonard et du töitschu issimois, publiés en 1988.

La langue walser[modifier | modifier le code]

«Méin oalten atte ischt gsinh van in z'Überlann, un d'oaltun mamma ischt van Éischeme, ischt gsing héi van im Proa. Stévenin ischt gsinh dar pappa, la nonna ischt gsinh des Chamonal. [...] D'alpu ischt gsinh aschua van méin oalten pappa. Ich wiss nöit ol z'is heji... Ischt gsinh aschuan d'oaltu, un d'ketschu, gmachut a schian ketschu in z'Überlann. Méin pappa ischt gsinh la déscendance, dschéin pappa, aschuan méin oalten atte, ischt gsinh aschuan doa .. Vitor van z’Uberlann. Un té hedder kheen a su, hets amun gleit das méin pappa hetti kheisse amun Vitor. Eer het dschi gwéibut das s’het kheen sekschuvöfzg joar un het kheen zwia wetti das .. zwienu sén gsinh gmannutu un zwianu sén nöit gsinh gmannutu. Dsch’hen génh gweerhut middim un dschi pheebe middim. Un darnoa ischt mu gcheen a wénghjen eina discher wettu.[1]»

Traduit en français :

« Mon grand-père venait de Gaby, ma grand-mère d'Issime, du hameau Praz. Stévenin était le père, mémé provenait de la famille de Chémonal. [...] L'alpage [au vallon de Bourines] appartenait sans doute à mon grand-père. Je ne sais pas si c'était du côté de mon père. Elle appartenait aux vieux, ils avaient une très belle maison à Gaby. Victor, mon père, était de la descendance, son père, mon grand-père, venait de là-haut... Victor le gabençois. Ensuite il a eu un fils, auquel il a donné son prénom, donc mon père s'appelait lui aussi Victor. Il s'est marié à l'âge de 56 ans, et il avait quatre sœurs, dont deux étaient mariées et deux ne l'étaient pas. Elles ont toujours travaillé et vécu avec lui. Ensuite l'une d'elles est morte. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrage collectif (Walser Kulturzentrum de Gressoney-Saint-Jean), Greschôneytitsch und d'Eischemtöitschu, 1988-1998
  • La Gazette universelle d'Augsbourg, 1844 ; Schloss Belvedere Wien ; Histoire du Valais par le R.P. Furrer, Provincial de l'Ordre des Capucins en Suisse. Sion 1873.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]