Culte presbytérien

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Le culte presbytérien est l'ensemble des pratiques du culte dans les Églises presbytériennes. Les pratiques de beaucoup de ces Églises proviennent de l'Église d'Écosse du temps de la Réforme écossaise. Le terme « presbytérien » , traduction littérale de l'anglais presbyterian correspond à celui de « réformé » dans le monde francophone.

Théologie du culte[modifier | modifier le code]

Historiquement, le principe conducteur qui guida l'établissement des normes du culte presbytérien est le principe régulateur du culte, lequel stipule que, dans le culte, ce qui n'est pas ordonné est interdit[1].

Les presbytériens ne reconnaissent historiquement que deux sacrements :

Histoire[modifier | modifier le code]

Culte au temps de la Réforme[modifier | modifier le code]

Au début de la Réforme écossaise en 1560, il n'existait pas de modèle réformé pour le culte en Écosse. La forme que l'Église prit initialement dépendait donc des pasteurs locaux[2].

Écrivant depuis Genève où il s'était exilé, John Knox décrivit en détail ce qui devrait être effectué lors du culte hebdomadaire, dans sa Letter of Wholesome Councell datée de 1556. Les prêcheurs protestants fuyant les persécutions mariales qui avaient lieu en Angleterre, ramenèrent avec eux le second Livre de la prière commune (1552) d'Édouard VI, qui était recommandé par les Lords of the Congregation. Knox soutint aussi cet ouvrage dans un premier temps (il semble en effet qu'il en ait influencé certains aspects). Cependant, avant de quitter Genève, et avec les encouragements de Jean Calvin, il avait écrit son propre Livre de l'ordre commun[3] et c'est celui-ci qui fut imprimé et approuvé par l'Assemblée générale de l'Église d'Écosse de 1562. Enrichi, il fut réimprimé avec les confessions de foi et les psaumes métriques en 1564, et constitua le livre officiel pour le culte jusqu'à son remplacement par le Directoire de Westminster en 1643[2].

Le principe régulateur du culte a écarté beaucoup des anciennes pratiques héritées de l'Église catholique romaine. Il impliquait deux éléments majeurs, qui pourraient sembler étonnants aujourd'hui :

  • la psalmodie exclusive c'est-à-dire la doctrine selon laquelle, dans le culte, seuls les psaumes (de la Bible) doivent être chantés ; chanter d'autres paroles étant seulement autorisé en dehors du culte[4].
  • le chant a cappella c'est-à-dire la doctrine selon laquelle aucun instrument autre que la voix humaine ne doit être utilisé lors du culte.

Ces deux règles furent introduites, au moins en partie, pour empêcher que l'on ne chante les hymnes honorant Marie ou les saints.

Introduction des chants continus[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps, la méthode de chant habituelle suivie lors du culte presbytérien était le lining out, selon lequel un precentor lit ou chante une ligne et l'assemblée la répète après lui. À ce propos, le Directoire du culte public énonce ceci[5] :

« Que l'ensemble de l'assemblée puisse s'unir, tous ceux qui peuvent lire doivent avoir un livre des psaumes ; et tous les autres, non handicapés par l'âge ou autre, doivent être encouragés à apprendre à lire. Mais pour le moment, où beaucoup dans l'assemblée ne savent pas lire, il convient que le ministre, ou toute autre personne nommée par lui, ou les autres responsables en chef, lisent le psaume, ligne par ligne, avant qu'il ne soit chanté. »

La formulation employée indique qu'il s'agit davantage d'une mesure pratique en 1650 qu'une position doctrinale. Le lining out était aussi utilisé par d'autres dénominations pour des raisons pratiques, beaucoup de gens n'étaient pas suffisamment lettrés et à cause d'un manque de livres des cantiques disponibles.

À partir d'environ 1720, beaucoup défendirent l'introduction du chant continu (ou régulier)[6]. Le chant continu fut introduit dans beaucoup d'Églises presbytériennes à travers le monde, même dans celles qui se considèrent comme adhérant aux règles traditionnelles du culte presbytérien. Certaines pratiquent encore le lining out comme l'Église fondée par David Steele.

Introduction des hymnes[modifier | modifier le code]

Dans ce contexte, le terme « hymnes » désigne les hymnes qui ne font pas partie de la Bible. Le mot « hymne » est employé dans la Bible mais les partisans de la psalmodie exclusive assurent que cela fait référence à un type de psaumes spécifique[7].

Après avoir chanté des psaumes durant deux cents ans, en 1861 l'Église d'Écosse adopta officiellement les hymnes, suivie par l'Église libre d'Écosse en 1872[8]. Les hymnes et d'autres chants extra-bibliques sont maintenant largement utilisés dans les cercles presbytériens ; les détails variant suivant les dénominations.

Introduction des instruments[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, le révérend R. William Ritchie de l'église de Saint-Andrew de Glasgow, tenta d'introduire un orgue dans son église, mais fut informé par le Presbytère de Glasgow que « l'utilisation d'orgues lors du culte public de Dieu est contraire à la loi et à la constitution de notre Église établie[9]. »

En 1863, le révérend Robert Lee introduisit un harmonium pour le culte à la Greyfriars Kirk d'Édimbourg. Lee défendit la musique instrumentale à l'Assemblée générale de 1864, laquelle déclara alors que « de telles innovations devraient seulement être empêchées lorsqu'elles perturbent la paix de l'Église et l'harmonie des assemblées. » Un orgue fut par la suite installé à Greyfriars et utilisé pour la première fois en 1865[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Confession de foi de Westminster, chapitre XXI, paragraphe I
  2. a et b (en) J.H.S. Burleigh, A Church History of Scotland, p. p160–163.
  3. « Book » in Martin R. Gabriel, Le dictionnaire du christianisme, Publibook, 2007 (ISBN 9782748338508) p. 58
  4. Confession de foi de Westminster, chapitre XXI, paragraphe V
  5. (en) Of the Singing of Psalms, Directoire du culte public
  6. (en) Linda R. Ruggles, « The Regular Singing Controversy: The Case Against Lining-Out »
  7. (en) Ronald Hanko, Psalms, hymns, and Spiritual songs, site officiel des Protestant Reformed Churches in America.
  8. (en) John W. Keddie, Sing the Lord's Song! Part 7
  9. (en) The Anecdotage of Glasgow: Rev. Dr. Wm. Ritchie of St. Andrew's Church and his Violin
  10. (en) [PDF] Laurence James Moore, Sing to the Lord a New Song: A Study of Changing Musical Practices in the Presbyterian Church of Victoria, 1861-1901