Pasteur chrétien

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Le pasteur est celui qui exerce des fonctions de gestion et d'enseignement dans une église chrétienne. Le terme est plus souvent appliqué aux serviteurs protestants ou évangéliques, mais il peut être utilisé dans une certaine mesure pour des serviteurs catholiques. Le pasteur a pour mission de prendre soin des chrétiens de son église ; conseil, enseignement, célébration des mariages et des baptêmes d'eau.

Origine[modifier | modifier le code]

Dans la Bible hébraïque (Ancien Testament dans la dénomination chrétienne), le Dieu d'Israël est fréquemment comparé à un berger. « La métaphore pastorale apparait d'abord comme un titre divin, bien avant l'institution de la monarchie, contrairement à ce que l'on considère généralement en y voyant un titre spécifiquement royal […]. L'origine de ce titre est double : il est d'abord lié à la vieille conception du Dieu des Pères qui s'est maintenu en Canaan à côté de la religion officielle des dieux El et Baal, il représente ensuite une transposition sur le nouveau Dieu YHWH d'un attribut royal cananéen. Le fait que ce titre ait été repris et amplifié avec une certaine prédilection peut s'expliquer par sa particulière aptitude à exprimer les expériences de l'exode et de la marche dans le désert […]. Désormais c'est à la fois comme Dieu de Jacob et comme Roi d'Israël que YHWH sera le berger de son peuple. » (Philippe de Robert. Le Berger d'Israël : Essai sur le thème pastoral dans l'Ancien Testament)

Le Psaume 23, un des Psaumes les plus connus et les plus cités dans les églises protestantes, en particulier au cours des cérémonies funèbres commence par « L'Éternel (YHWH) est mon berger ».

Dans le Nouveau Testament, le mot pasteur est employé à plusieurs reprises, y compris par Jésus lui-même.

  • Dans ses paraboles sur les brebis (La brebis perdue et retrouvée ; les brebis qui écoutent et reconnaissent la voix du pasteur).
  • Quand Jésus parle de lui-même en tant que guide : « Je suis le bon pasteur ». Par extrapolation et dans une certaine naïveté théologique peu compatible avec les principes de laïcité propres aux protestants, il deviendrait le modèle du pasteur.
  • Lorsqu'il dit par trois fois à Pierre : « sois le pasteur de mes brebis ».

L'apôtre Paul, dans sa lettre aux Éphésiens, parle également des « pasteurs et maîtres », qui auront pour charge de « former les saints pour l’œuvre du ministère » (Ep 3.10,11). Selon ce texte biblique, le ministère pastoral n'aurait donc pour fonction principale que de former les chrétiens afin qu'ils puissent, chacun selon son appel, vivre ce pour quoi Dieu les a appelés.

Le mot pasteur est employé dans ce sens dans le christianisme en général.

Finalement, le pasteur est un ministère donné par Dieu pour l'Église : "Et il (Dieu) a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ (l'Église)". Éphésien 4:11-12

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Dans la religion catholique, le mot peut désigner, dans une certaines mesure toute personne chargée de conduire spirituellement une communauté religieuse, et est donc utilisé quelques fois pour parler du prêtre ou de l'évêque.

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Les protestants ne connaissent pas de clergé, au sens de personnes que leur fonction séparerait radicalement des fidèles. Chaque protestant se considère comme engagé dans le sacerdoce universel. Martin Luther a développé radicalement ce principe très tôt en affirmant : « le baptême seul fait le chrétien. Tous nous sommes prêtres, sacrificateurs et rois. Tous nous avons les mêmes droits […]. L’État ecclésiastique ne doit être dans la chrétienté qu’une sainte fonction. Aussi longtemps qu’un prêtre est dans sa charge, il paît l’Église. Le jour où il est démis de ses fonctions, il n’est plus qu’un paysan. » (Manifeste à la nation allemande, 1520)

De ce fait, le pasteur, dont le tire officiel est « ministre du saint Évangile », ne saurait être comparé chez les protestants à un prêtre. Pasteur est finalement un nom d'usage, le mot propre est ministre, étymologiquement : serviteur. Le mot latin ministerium « fonction de serviteur [minister], service, fonction » a aussi donné le mot métier. Le pasteur est simplement quelqu'un dont le métier est le service du culte (prédication et sacrements) ainsi que la direction et l'accompagnement d'une Église sur un territoire donné.

« Le pasteur de demain sera peut-être, en vertu de sa formation théologique, celui qui est, auprès de ses frères, le témoin de la Parole, celui qui y renvoie et cherche avec eux la voie de la fidélité au Seigneur. Cela ne signifie aucunement que tout fidèle devrait s'en remettre à lui du soin de fonder ses attitudes et ses options dans la foi. Cela signifie seulement que la lecture de la Bible n'est pas seulement naïve et qu'on ne saurait se passer de l'aide d'un technicien qui est, en même temps, homme de foi et soucieux de la vie de la communauté. Le pasteur servira ses frères en restant à sa place de serviteur de la Parole. Il ne prétendra pas savoir mieux qu'eux ce qu'ils ont à faire, mais seulement les reconduire sans cesse à la Parole[1]. »

Le statut du pasteur est différent selon les confessions protestantes et surtout selon le régime de gouvernement de l'Église considérée :

Dans les courants historiques, le pasteur est nommé par un conseil presbytéral (lui-même élu par l'assemblée générale locale) en concertation avec un conseil régional (ou synodal)qui est son véritable employeur. Il doit avoir satisfait à diverses conditions d'études et de diplômes. En Europe, la maîtrise en théologie (bac+4) est exigée partout. Le niveau exigé est fréquemment plus élevé (master professionnel, bac+5, pour les Églises luthéro-réformées en France). Les diplômes reconnus ne suffisent cependant pas pour être pasteur, il faut aussi un agrément d'une commission des ministères. Dans l'Église réformée de France, le pasteur doit, après son master pro, faire encore deux ans de proposanat (stage) en paroisse pour enfin être agréé (ou pas) par la commission des ministères et reconnu comme ministre.

Les Luthériens, les Anglicans, les Moraves, les Méthodistes et les Adventistes pratiquent une ordination ; l'Église protestante unie de France célèbre une consécration-reconnaissance de ministère. Les protestant conservateurs (Libristes ou Réformés) maintiennent le concept de consécration pastorale.

Dans la plupart des Églises protestantes, les femmes peuvent aujourd'hui être pasteurs.

Évangélisme[modifier | modifier le code]

Le pasteur chrétien évangélique est d'abord celui qui a reçu un appel de Dieu[2]. Une formation théologique dans une école biblique est ensuite délivré selon une durée de deux à trois ans en moyenne[3],[4]. La consécration pastorale se fait généralement dans une église locale.

Le ministère pastoral féminin est présent dans certains courants baptistes et dans la majorité des églises pentecôtistes.

La première femme pasteur française fut Madeleine Blocher-Saillens, reconnue pasteur de plein droit par l'Église Évangélique Baptiste Indépendante du Tabernacle, à Paris, en 1929[5].

Pasteurs célèbres[modifier | modifier le code]

(Par ordre alphabétique)

Les pasteurs dans des œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Dans des romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

  • Colorado série télévisée américaine (1978) de Frank Skimerhorn, interprété par Richard Crenna, The Massacre, pasteur et colonel, responsable du massacre d'une tribu cheyenne à Sand-Creek en novembre 1864 (John Chivington dans l'Histoire)
  • Moby Dick,1998, mini-série télévisée en trois épisodes de Franck Roddam, avec Gregory Peck dans le rôle du père Mapple.
  • Les châtaigniers du désert, téléfilm français de Caroline Hupert, 2010, avec Elodie Navarre dans le rôle d'une pastourelle
  • Moby Dick, téléfilm américain, de Mike Barket, 2011, Donald Sutherland dans le rôle du père Mapple.
  • L'Épouvantail, série télévisée américaine de James Neilson, 1964, interprété par Patrick McGoohan, pasteur durant le jour et justicier masqué durant la nuit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Luigi Dubied, Le pasteur : un interprète, Labor et Fides, Genève, 1990, 134 p. (ISBN 978-2-8309-0606-6)
  • Didier Halter, Ministère pastoral et théologie : identité personnelle et identité de fonction, Université de Genève, 2002, 331 p. (thèse de doctorat)
  • Yves Krumenacker (dir.), Dictionnaire des pasteurs dans la France du XVIIIe siècle, H. Champion, Paris, 2008, 459 p. (ISBN 978-2-7453-1683-7)
  • Raphaël Picon, Ré-enchanter le ministère pastoral : fonctions et tensions du ministère pastoral, Éd. Olivétan, Lyon, 2007, 85 p. (ISBN 978-2-915245-67-7)
  • Bernard Reymond (avec la collab. de Marie-Claude Baatard), La femme du pasteur : un sacerdoce obligé ?, Labor et fides, Genève ; Cerf, Paris, 1991, 101 p. (ISBN 978-2-8309-0649-3)
  • Bernard Reymond, Le protestantisme et ses pasteurs : une belle histoire bientôt finie ?, Labor et Fides, Genève, 2007, 116 p. (ISBN 978-2-8309-1233-3)
  • Jean Rilliet, Le pasteur et son métier, A. Fayard, Paris, 1961, 179 p.
  • Élisabeth Schmidt, Quand Dieu appelle des femmes : le combat d'une femme pasteur, Éditions du Cerf, Paris, 1978, 181 p. (ISBN 978-2-204-01303-1)
  • Gwendoline Malogne-Fer, Les femmes dans l'église protestante ma'ohi. Religion, genre et pouvoir en Polynésie française, Karthala, Paris, 2007, 512 p. (ISBN 978-2-84586-938-7)

Notes[modifier | modifier le code]