Madeleine de Scudéry

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Madeleine de Scudéry

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Portrait de Madeleine de Scudéry, École française (Bibliothèque municipale du Havre).

Autres noms Georges de Scudéry, Sappho
Activités romancière
Naissance
Le Havre, Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Décès (à 93 ans)
Paris, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Langue d'écriture Français
Mouvement Préciosité
Genres Roman à clef
Distinctions prix de l’éloquence de l’Académie française, Académie des Ricovrati

Madeleine de Scudéry, née au Havre le et morte à Paris le , est une femme de lettres française. Son œuvre littéraire marque l'apogée du mouvement précieux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fille de Georges de Scudéry († 1613) et de Madeleine de Martel de Goustimesnil[1] (1569 - 1614), elle est orpheline dès l'âge de 6 ans et c'est son oncle, un ecclésiastique, qui élève Madeleine de Scudéry, lui fait découvrir les lettres, la danse, la musique et qui, par ses entrées à la Cour, lui fait rencontrer des personnes influentes et intégrer le salon de l'hôtel de Rambouillet, au milieu des années 1630. Elle s'installe définitivement à Paris en 1640[2], suivant son frère Georges.

Elle apprend également la danse. Elle est pressentie pour être la gouvernante des nièces du cardinal Mazarin[3].

Salon littéraire[modifier | modifier le code]

Sapho, d'après la poétesse Sappho, était le surnom, selon la mode du temps, de cet auteur du XVIIe siècle qui est une habituée de l’hôtel de Rambouillet avant de lancer, en 1652, son propre salon littéraire, qui donna longtemps le ton de la préciosité, dont elle était l’une des plus célèbres représentantes.

La plupart des célébrités de l’époque, Mme de La Fayette, Madame de Sévigné, et les Montausier, La Rochefoucauld, Conrart, Chapelain, Pomponne et Pellisson honorèrent régulièrement les « samedis de Mlle de Scudéry » de leurs conversations érudites et galantes, se désignant également par des surnoms. Le salon se passe dans Le Marais, d'abord rue du Temple, puis rue de Beauce.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Elle participe en 1642 à la rédaction du Recueil des femmes illustres, plus particulièrement à la partie de « L'épitre aux Dames »[2]. Elle accompagne son frère à Marseille, entre 1644 et 1647, qui y exerce une charge de gouverneur.

Elle est, sous le nom de son frère Georges, qui n’a jamais hésité à endosser la paternité d’un grand nombre d’écrits de sa sœur, l’auteur à succès de longs romans galants à clé dépourvus de toute vraisemblance historique où se reconnaissent aisément les portraits de personnages tels que Condé, Mme de Longueville, etc. transposant dans l’Antiquité la vie de la société mondaine de son temps : Ibrahim ou l’Illustre Bassa (4 volumes, 1642) ; Artamène ou le Grand Cyrus (1649-1653), le plus long roman de la littérature française (10 volumes) ; Clélie, histoire romaine (10 volumes, 1654-1660) ; Almahide ou l’esclave reine (8 volumes, 1660) ; Mathilde d’Aguilar, histoire espagnole (1667).

Lieux d’analyses raffinées de la vie intérieure des personnages dont les portraits ont souvent un étonnant relief, ces œuvres ont donné vie à des émotions nouvelles, telles que la mélancolie, l’ennui, l’inquiétude et certaines douces rêveries qui préfigurent Rousseau. Publiées à part dans la Morale du monde ou Conversations (10 volumes, 1680-1682), les conversations pleines de sens et d’esprit de ses personnages sont devenues une sorte de manuel de la société élégante. Ces romans ont donné lieu à une vogue de romans précieux proposant une vision idéalisée de l’amour et une peinture poétisée de la société mondaine. C’est dans Clélie, histoire romaine que figure la fameuse « Carte de Tendre » à la géographie galante, confinant parfois au mièvre, qui a détourné le courant précieux de son modernisme originel. L'abbé d'Aubignac lui dispute l'invention de cette carte.

Résonance politique[modifier | modifier le code]

Madeleine de Scudéry a néanmoins fait tenir, dans Artamène ou le grand Cyrus, des propos contre le mariage très violents à son héroïne du nom de Sapho, qui va jusqu’à dire que cette institution est une tyrannie. Sur ce point, elle sera cohérente avec elle-même en restant célibataire jusqu’à sa mort. Ce roman est également considéré par certains critiques littéraires comme le premier roman moderne dans la mesure où, sa publication n’ayant pas été interrompue par la Fronde, cette œuvre, sans faire l’apologie de la sédition politique, laisse transparaître les sympathies sans illusions de Madeleine de Scudéry pour les Frondeurs. Le personnage de Sappho constitue la première indication attestée de la prise de conscience du fait qu’après la Fronde, les femmes n’auraient plus le droit d’appliquer leurs talents qu’aux sujets intellectuels et uniquement dans la sphère privée. Au demeurant, la « retraite » de Sappho au royaume des Sauromates — la demeure légendaire des Amazones — dans le dixième volume d’Artamène coïncide avec la « retraite » de la Grande Mademoiselle. Avec Pellisson, avec qui elle a entretenu une relation de grande fidélité, elle a influencé La Fontaine et Molière qui semble pourtant l’avoir ridiculisée sous le nom de « Magdelon », diminutif de Madeleine, dans les Précieuses ridicules. Elle a également été la première femme à recevoir le prix de l’éloquence de l’Académie française, pour son Discours sur la Gloire. Elle a été membre de l’Académie des Ricovrati.

Décès[modifier | modifier le code]

Selon la légende, elle décède en embrassant le crucifix donné par le prêtre lui donnant l'extrême-onction. Elle est inhumée au cimetière de l'église Saint-Nicolas-des-Champs (dans l'actuel IIIe arrondissement de Paris).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. D’après Eveline Dutertre, Scudéry dramaturge, Genève, Librairie Droz,‎ 1988, p. 19-20.
  2. a et b http://lesmadeleines.free.fr/littterature/scudery.htm
  3. http://www.cosmovisions.com/Scudery.htm

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