Marquise (film)

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Marquise est un film français de Véra Belmont sorti en 1997.

Synopsis[modifier | modifier le code]

À Lyon, Marquise-Thérèse de Gorla, une jeune danseuse, prostituée à l'occasion par son père, attire l'attention de Molière. Un des comédiens de la troupe, Du Parc dit Gros-René tombe aussitôt sous son charme et l’épouse. Sous le nom de Mlle Du Parc, elle va intégrer la troupe de Molière et sillonner la France. Mais lors de sa première représentation, elle reste muette. Dès lors Molière ne lui confiera plus aucun rôle.

Cependant, alors qu'elle danse pour distraire le public pendant un entracte, elle est remarquée par Monsieur, frère du Roi qui commande alors une comédie-ballet pour son frère, Louis XIV.

Molière refusant toujours de lui confier du texte, elle s’enfuit. Sa rencontre avec le dramaturge Jean Racine va tout changer : elle accepte finalement de danser devant le roi qui sera lui aussi ébloui. Racine, tombé amoureux, lui écrit une pièce : Andromaque.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Marquise a été filmé en grande partie dans les studios de Cinecittà, à Rome, et dans les villes avoisinantes en Italie :

Plusieurs scènes ont également été tournées au château de Vaux-le-Vicomte. Près de 5 000 figurants figurent dans le film.

Accueil et polémique[modifier | modifier le code]

Quelques jours avant sa sortie, Sophie Marceau renie le film : « Ce tournage a été un enfer. J’en ai gardé l’un des pires souvenirs de ma vie. Je ne me suis absolument pas entendue avec Véra Belmont […]. Sincèrement, je ne tiens pas à défendre le film[1]. » « Sa mise en scène me paraissait absurde[2]. »

Pour Véra Belmont, « Sophie Marceau fait cela à la sortie de tous ses films, avec tous ses réalisateurs. Elle m’aime un jour, le lendemain, elle me hait. Je crois qu’elle n’aime pas être dirigée par une femme. Il faudrait presque faire un film, une psychanalyse sur les bébés-stars, qui n’ont jamais quitté le giron du cinéma, qui ne se rendent pas compte de la vie réelle qu’il y a autour d’eux. Elle voyait Marquise beaucoup plus petite bourgeoise que je ne l’imaginais. C’est le genre d’actrice, quand vous la dérangez dans ce qu’elle a décidé de faire sur le plateau, elle vous déteste[3]. »

Doté d'un budget important (70 millions de francs), son score au box-office fut décevant : 9 619 entrées dans 47 salles, soit la 5e place pour le premier jour d'exploitation à Paris.

Analyse du film[modifier | modifier le code]

Le film est une libre inspiration de la vie de Marquise Du Parc (1633-1668), comédienne du XVIIe siècle[4]. Le sujet n’avait encore jamais été porté à l’écran, même si le personnage apparaît dans le film d’Ariane Mnouchkine intitulé Molière (joué par Lucia Bensasson). Il raconte l’ascension formidable d’une femme, d’autant plus étonnante pour l’époque, mais retrace aussi l’histoire du théâtre avec ses rivalités entre auteurs et entre comédiens, avec à l’arrière-plan, un roi capricieux qui s’amuse avec les histoires de cœur de ses sujets.

Objet des hommes, ballottée entre la folie contagieuse de Molière et la complexité de Racine partagé entre ambition et religion, Marquise trouve sa liberté dans la mort. « Marquise était une fille que ses parents vendaient, moitié prostituée, moitié danseuse de foire. Un jour elle a eu de la chance. Il faut dire qu’elle était particulièrement ravissante. »[5]Cette vision du personnage en fait un film féministe, comme les films précédents de Véra Belmont : Milena et Rouge Baiser.[réf. nécessaire]

« Je cherchais un film à faire avec Sophie Marceau et [Jean-François Josselin] m’a dit : “Écoute, je connais une histoire qui va t’intéresser, c’est l’histoire vraie de Marquise Du Parc et Sophie Marceau pourrait très bien faire ça.”[6] » La réalisatrice ne tient cependant pas à faire un film historique ennuyeux : « Si c’est pour n'avoir que des images historiques qu’on voit dans les musées, qu’on voit partout, ce n’est pas la peine »[6]. De même, elle privilégie la psychologie des personnages à leur ressemblance physique avec leur modèle : « Je ne cherchais pas la ressemblance physique ni sur Racine, ni sur Molière, ni sur Gros-René, mais je pensais qu’elle devait venir de l’intérieur[6] ».

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Les comédiens portent des perruques « en cheveux naturels » et les acteurs ont dû répéter en costume afin que ces derniers paraissent plus usés.
  • Le décorateur Gianni Quaranta a fait fabriquer des verres à pied en Murano pour une seule scène de banquet.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Parisien, 21 août 1997.
  2. Télérama, 21 août 1997.
  3. Interview sur France Inter
  4. Entre autres différences, Marquise Du Parc a en réalité bien joué dans la troupe de Molière et est morte en couche.
  5. Véra Belmont dans une dépêche AFP du 14 août 1997.
  6. a, b et c Commentaires audios du DVD