Que la fête commence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher

Que la fête commence… est un film historique français réalisé par Bertrand Tavernier, sorti en 1975, avec Philippe Noiret, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle. Il s’inspire de l'histoire vraie de la conspiration de Pontcallec au XVIIIe siècle.

Sommaire

[modifier] Synopsis

En France, pendant le premier quart du XVIIIe siècle. Le roi Louis XV (arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV) étant mineur, la régence est assurée par son grand-oncle, le duc d'Orléans, (Philippe Noiret), débauché notoire, entouré d'une cour de prostituées et de jouisseurs délurés. En Bretagne, le marquis de Pontcallec (Jean-Pierre Marielle) fomente un complot destiné à renverser le duc au profit du roi Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV et oncle du jeune souverain. Il espère ainsi redonner son indépendance à la Bretagne – en la libérant de ses devoirs de vassalité envers le pouvoir parisien – et y proclamer la république. L’abbé Dubois (Jean Rochefort), premier ministre complaisant du régent et manipulateur ambitieux, se charge de mettre fin à la conspiration tout en l'utilisant pour assouvir ses propres ambitions.

[modifier] Commentaires

Dans une atmosphère d'arrogance et de libertinage, des interprètes admirables servis par des dialogues d'esprit dans des scènes jubilatoires. Au milieu de la crise des finances publiques, un ministre sans scrupule (l’abbé puis archevêque Dubois) obtient du pouvoir patelin la tête du marquis de Pontcallec. C'est sans illusion que Philippe d'Orléans, débauché mais fin politique, laisse faire son ministre et complice.

L'intrigue débute en juillet 1719 avec la mort de Marie Louise Élisabeth d'Orléans, fille aînée du Régent, dont Tavernier montre l'autopsie dans une scène d'un macabre carnavalesque. Victime de ses excès alimentaires et amoureux, "Joufflotte" est trouvée à nouveau enceinte, comme Madame de Saint-Simon l'apprend au Régent. Le délabrement physique de la jeune princesse est à l'image du pourrissement de l'Ancien régime, 70 ans avant la prise de la Bastille... Son fantôme "hante" le Régent tout au long du film, suggérant des relations équivoques entre le père et sa fille.

Contée par l'homme de cour et mémorialiste Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, ami d'enfance de Philippe d'Orléans, c'est une chronique tragi-comique particulièrement hostile à l'institution telle qu'elle a évolué après règne de Louis XIV. La séquence finale, où des paysans indignés incendient un carrosse se veut quasiment pré-révolutionnaire : « on va en bruler beaucoup d'autres »(sic). En réalité, l'action se déroulant en 1720, il faudra attendre… 69 ans.

Lors de sa sortie, en mars 1975, beaucoup reconnurent dans le personnage incarné par Philippe Noiret, le nouveau président Valéry Giscard d'Estaing, un dirigeant moderne à l'époque comparé à ses prédécesseurs. L’action réformatrice de son gouvernement (loi sur l’avortement, majorité à dix-huit ans, position pro-européenne) étant elle aussi contrariée par les intérêts de ses alliés gaullistes représentés à l’époque par son premier ministre et ennemi intime, Jacques Chirac. Le nom de celui-ci est d’ailleurs utilisé dans le film pour un des personnages secondaires, le chirurgien du Régent, personnage ayant réellement existé mais qui n'est pas l'ancêtre du futur Président de la République, malgré l'homonymie [1].

[modifier] Erreurs historiques

L'action se déroule à Versailles alors que le jeune roi n'y retourne qu'en 1722. À cette époque, il vit avec la cour à Paris

La duchesse de Berry est caractérisée comme une grosse gamine écervelée dont son père est trop amoureux. En fait, la princesse, veuve depuis 1714 et connue pour nombreuses "passades" amoureuses meurt dans sa vingt-quatrième année des mauvaises suites d'un accouchement très laborieux survenu dans son palais du Luxembourg fin mars 1719. Le scandale public de ses couches et sa santé déclinante poussent la princesse à se retirer au château de la Muette où elle s'éteint le 21 juillet.

[modifier] Fiche technique

[modifier] Distribution

[modifier] Autour du film

[modifier] Récompenses, nominations

[modifier] Lien externe

[modifier] Références

  1. Michel Cadé, Une critique de la réforme giscardienne : Que la fête commence et Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier, 2003, p. 267-278 
  2. Aux XVIIIe et XIXe siècles, on appelait « mirebalais » les hommes qui s’occupaient des dames dans les « parties galantes » lorsque les autres messieurs étaient hors combats.
Outils personnels
Espaces de noms
Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues