Bartolomé de las Casas

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Bartolomé de las Casas
Image illustrative de l'article Bartolomé de las Casas
Portrait de Bartolomé de las Casas (anonyme, XVIe siècle).
Biographie
Naissance 11 novembre 1484
Séville
(Monarchie catholique espagnole Flag of Cross of Burgundy.svg)
Ordination sacerdotale 1512
Décès 17 juillet 1566 (à 81 ans)
Madrid
Consécration épiscopale 30 mars 1544
Autres fonctions
Fonction religieuse
Prêtre, Moine, Missionnaire
Fonction laïque
Écrivain, Apologiste, Historien

Bartolomé de las Casas (Séville, 1484 – Madrid, 17 juillet 1566), est un prêtre dominicain, missionnaire, écrivain et historien espagnol, célèbre pour avoir dénoncé les pratiques des colons espagnols et avoir défendu les droits des Amérindiens.

Le 2 octobre 2002, son procès en béatification a été ouvert par l'Église catholique[1]. Il est fêté le 20 juillet selon le calendrier des Saints de l'Église d'Angleterre et le 17 juillet selon le calendrier luthérien[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et origines familiales[modifier | modifier le code]

La date de naissance de Bartolomé de las Casas à Séville est controversée[3]. Jusqu'en 1975, on a cru qu'il était né le 24 août 1474, parce que c'est la date indiquée par son premier biographe, Antonio de Remesal. En 1975, l'historienne Helen R. Parish a trouvé aux Archives des Indes de Séville un document daté du 15 septembre 1516 où le clerc Las Casas "jure par Dieu et les saints ordres qu'il a reçus, et par les Évangiles, qu'il a trente-et-un ans passés"[4]. La majorité des sources contemporaines affirment, depuis, que la date de naissance probable de las Casas est 1484[5].

Il est le fils de Pedro de las Casas, modeste marchand qui appartenait semble-t-il[évasif] à une famille marrane, c'est-à-dire de Juifs convertis par la contrainte après 1492. À 9 ans, il voit le retour de Christophe Colomb à Séville après son premier voyage. Son père et son oncle ont participé au deuxième voyage de Colomb qui part de Cadix, le 25 septembre 1493. Bartolomé de las Casas a gardé une relation intime avec les fils de Colomb. Au retour de son père, il reçoit un esclave indigène et, en 1502, il part pour le nouveau monde avec le nouveau gouverneur. Il a alors 18 ans.

Le propriétaire et colon devenu prêtre[modifier | modifier le code]

En 1503, il y devient propriétaire d’une encomienda, c’est-à-dire un titre de propriété attribué à un Espagnol sur des terres indigènes avec les habitants qui y sont rattachés pour exploiter ces terres. Il exploite cette encomienda durant 10 ans avec son ami Pedro de la Rentería. Elle se situe à Concepción de La Vega sur l'île d'Hispaniola, et rapporte 100 000 castellanos[6] par an. Mais cette situation personnellement favorable est loin d'être générale. Sur les 2 500 Espagnols, « plus de mille moururent et les autres étaient dans de grandes angoisses » écrit-il. Il retourne en Europe et est ordonné prêtre à Rome en 1510. Il retourne en Amérique et devient de ce fait le premier prêtre à célébrer sa première messe au Nouveau Monde[7].

Lors du IIIe dimanche de l'Avent 1511, il entend le dominicain Antonio Montesinos prêcher. En accord avec sa communauté, il dénonce les injustices dont il a été témoin en annonçant « la voix qui crie dans le désert de cette île, c'est moi, et je vous dis que vous êtes tous en état de pêché mortel à cause de votre cruauté envers une race innocente »[8]. Il paraît évident que ce discours a marqué Las Casas même s'il n'a pas immédiatement mené ce dernier à la lutte pour laquelle il est si connu.

L'aumônier des conquistadores choqué par la condition indigène[modifier | modifier le code]

Appelé par Diego Velasquez, lieutenant de Diego Colón, Casas part pour Cuba en 1512[9] et devient aumônier des Conquistadores. La même année, le juriste Juan Lopez de Palacios Rubios écrit le texte du Requerimiento qui, selon lui, permet aux Espagnols d'avoir un accès aux terres des Indes qui ont été attribuées par le Pape à la Couronne espagnole. Les indiens doivent reconnaître l’Église. S’ils refusent on peut leur imposer la foi par « le fer et le feu ».

Le service de Las Casas est apprécié puisqu’il reçoit par « repartimiento » (partage des terres conquises) une nouvelle encomienda avec les indigènes qui y sont rattachés même s'il tente de limiter les massacres. En s'appuyant sur le texte du Requerimento, malgré une évangélisation et des baptêmes massifs, il ne peut empêcher le massacre de Caonao en 1513 qui le choque.

En 1514, alors qu’il prépare son sermon sur Ecc 34, Las Casas lit «  Celui qui offre un sacrifice tiré de la substance du pauvre agit comme s’il sacrifiait un fils en présence de son père » qu'il s'applique à lui-même. C'est sa première conversion: il prend alors conscience de la condition indigène, renonce à son encomienda et et décide de partir pour la métropole avec Antonio de Montesinos.

Le défenseur des indigènes[modifier | modifier le code]

Bartolomé de las Casas s’engage alors dans une lutte de cinquante ans durant laquelle il fera plus de quatorze voyages entre les deux continents, voyages qui pouvaient durer entre soixante et quatre vingt dix jours dans des conditions souvent éprouvantes.

Ses nouvelles convictions l'ont rapproché des dominicains du nouveau monde. Mais le combat s’annonce difficile, il faut sauvegarder à la fois les intérêts de la couronne et la vie des indigènes. Selon Las Casas, Indiens et colons sont liés. En effet les Espagnols ont besoin de main d’œuvre pour s’enrichir et ils doivent en prendre soin pour qu’ils travaillent. Or la population baisse à vue d’œil, il y avait 1 100 000 Indiens en 1492 et il en reste 16 000 en 1516 selon l’homme d’église. Il cherche donc à s’adresser au roi Ferdinand II d'Aragon mais celui-ci meurt en 1516 laissant le trône à son petit-fils, Charles Ier âgé de 16 ans. Il se voit alors opposé au régent qui ne s’intéresse pas à ce combat. Il va alors voir le Cardinal Cisneros, ancien confesseur d’Isabelle la Catholique qui le soutient, ainsi qu’Adrien, le précepteur du jeune roi Charles Ier, et futur pape Adrien VI.

Il rédige un plan de réformes intitulé le « Mémoire des quatorze remèdes » où il prône :

  • la fin des encomiendas,
  • la réglementation du travail,
  • la fin des travaux forcés,
  • l'envoi de fermiers espagnols avec leurs familles pour exploiter en commun des terres avec les Indigènes,
  • la destitution des administrateurs en place,
  • de combiner évangélisation et colonisation,
  • de prendre des Noirs comme esclaves pour compenser la mortalité des indigènes (Las Casas prendre conscience de son erreur lorsqu'il connaître les conditions de la guerre menée en Afrique. Il prendra alors la défense des Noirs aussi bien que des Indios et se repentira jusqu'à la fin de ses jours de cette erreur[10]).

En 1516 il est nommé «  procureur et protecteur universel de tous les Indiens des Indes » » et est mis à la tête d’une commission d’enquête aux « Indes » avec des Ermites de saint Jérôme, membres d'un ordre espagnol important, mais qui se laissent influencer par les colons et rejettent Las Casas l’accusant de ne pas voir l’intérêt économique de la politique actuelle dans les « Indes ». En 1517 il rentre en Espagne pour se justifier.

De 1517 à 1519 il est à la cour chargé de « remédier aux maux des Indiens ».

En 1519, à la mort de son grand-père paternel, Maximilien Ier du Saint-Empire et après une lutte farouche avec le roi François Ier de France, Charles Ier d'Espagne est élu empereur sous le nom que retiendra l'Histoire : Charles Quint.

Casas s’oppose alors à l’évêque Juan de Quevedo sur le sort des indigènes et sort vainqueur du débat devant l’Empereur.

Il prend conscience que les îles sont perdues, tous les indigènes qui y vivaient sont soit morts, soit des esclaves. Mais il ne veut pas que ce phénomène se reproduise sur les terres en découverte et demande un secteur de conquête et de conversion pacifique avec des Dominicains et des Franciscains. Au Conseil des Indes, l’institution créée en Espagne pour rédiger les lois propres aux « Indes » et contrôler les colonies, Las Casas obtient du roi le pouvoir d’exercer les pressions nécessaires pour obtenir cette terre de paix.

Après l'échec de Cemana, l'entrée dans l'ordre Dominicain[modifier | modifier le code]

En 1520, à force de pressions, il obtient par des capitulations de la couronne, 200 lieues autour de Cemana et promet de pacifier 10 000 Indigènes en dix ans et de verser un tribut à la couronne au bout de trois ans. Il part l’année même avec cinquante compagnons et soixante dix paysans. Mais il ne peut joindre son territoire, perd ses paysans qui deviennent des chasseurs d’esclaves et doit faire des concessions par besoin d’argent. De plus, avant son arrivée les conquistadores ont fait de nombreux massacres, ce qui rend toute évangélisation impossible et, alors qu’il retourne vers Hispaniola ou Saint Domingue, une révolte indigène massacre les frères franciscains.

Cet échec le secoue terriblement. Il entre alors chez les dominicains en 1522 et y passe dix en formation et en silence. C’est sa « seconde Conversion ». Il a 48 ans.

L’ordre des Dominicains est un Ordre religieux qu’il connaît et qui l’apprécie. Il y suit une formation juridique, théologique et biblique. En 1527, il est chargé de l’implantation d’un nouveau couvent au nord de l’île. Il y consigne le souvenir des drames qu’il a vécus et de ceux qui sont parvenus jusqu’à lui.

Le prédicateur de la liberté des Indiens[modifier | modifier le code]

Durant son temps de formation, il rédige le « De Unico Modo » qui signifie « de l’unique façon d’attirer tout le genre humain à la véritable religion » qu’il enrichit en 1537 de la bulle du pape Paul III « Sublimis Deus » qui proclame l’humanité des Indiens et leur aptitude à recevoir la foi chrétienne : « Considérant que les Indiens, étant de véritables hommes sont aptes à recevoir la foi chrétienne, mais encore, d’après ce que nous savons le désirent fortement... nous décidons et déclarons, nonobstant toute opinion contraire, que les dits Indiens... ne pourront être en aucune façon privés de leur liberté ni de la possession de leurs biens... et qu’ils devront être appelés à la foi de Jésus-Christ par la prédication de la parole divine et par l’exemple d’une vie vertueuse et sainte. »

Il s’appuie sur les évangiles, « Rien n’est bon que ce qui est libre... que personne ne contraigne les infidèles à croire », et fait cinq propositions :

  • le prédicateur doit apparaître comme une personne qui ne veut pas asservir ses auditeurs mais qui suit le modèle du Christ, prêt à mourir pour ses frères,
  • il ne doit avoir aucune intention de posséder des richesses,
  • il doit être doux, affable, pacifique, bienveillant, écouter avec respect et plaisir la doctrine,
  • sa vie et son comportement doivent être en accord avec ce qu’il enseigne (le Christ),
  • les auditeurs voyant l’action du maître se convertiront d'eux-mêmes,
  • les conquistadores et les faux évangélisateurs doivent se convertir.

Le 20 janvier 1531 de las Casas écrit une lettre au Conseil des Indes[11] car, devant l’extension du mouvement colonial et des nouvelles conquêtes tel que le Guatemala, le Mexique, le Chili, le Pérou qui s’accompagne du développement de l’encomienda, il voit un monde plus vaste pour les prédicateurs, mais un monde condamné à mort. C’est une lettre passionnée, dure et violente pour marquer la métropole. Il veut évangéliser quand il dit « la foi pourrait sans grands efforts être exaltée et diffusée parmi ces peuples païens ». Il s’appuie sur le testament d’Isabelle la Catholique en 1503 qui oblige l’évangélisation dans le respect des personnes. Il utilise un ton de réquisitoire en disant que si le Conseil était sur place il agirait différemment et que des hommes de confiance sont nécessaires sur place tout en demandant pourquoi les envoyés de la "sainte Espagne" font tant preuve de violence. Si Las Casas n’y refuse toujours pas le principe de colonisation, il veut pacifier le continent par des protecteurs, les « Caballeros ». Pour lui, il y aura reconnaissance du roi quand il y aura reconnaissance de Dieu et qu'ainsi les indigènes paieront avec plaisir un impôt d’une valeur d’un joyau.

Le retour à l'action[modifier | modifier le code]

De 1534 à 1536, de las Casas entreprend un voyage au Pérou. Parti de Panama, les mauvaises conditions de navigation l'obligent à changer de cap et à se réfugier au Nicaragua[12].

De 1536 à 1540. Casas arrive au Nicaragua avec deux disciples nommés Angulo et Ladrada et assiste à Granada au départ des esclaves pour les mines du Pérou. Ils meurent en masse sur les routes. De las Casas ne le supporte pas et, alors qu’il prépare une prédiction sur l’évangélisation pacifique, le gouverneur prépare une attaque contre les tribus insoumises et lui propose de s’y joindre comme aumônier. De las Casas manifeste et s’insurge contre une telle proposition et menace d’excommunier tous ceux qui s’engageraient dans une telle lutte. Au bout de dix mois la situation est intolérable et il doit partir.

Ils vont à Santiago au Guatemala où ils ont l’appui de l’évêque Maroquin qui a appris le Quechua. En 1537, en métropole, les colons sont mis en cause par toute l’église à la suite de la promulgation de la bulle Sublimis Deus qui reconnaît l’humanité des Indiens. D’ailleurs, l’année précédente, la réapparition en Floride du trésorier de Narvaez et de trois de ses commandants après neuf ans de disparition grâce aux indigènes appuie les thèses des indigènistes.

Devant cette levée de boucliers les colons défient de las Casas d’évangéliser la « Terre de Guerre », un territoire non conquis. Le prêtre obtient alors du gouverneur cinq ans sans conquêtes dans ce territoire, seuls les religieux y sont autorisés. En deux ans seulement quatre caciques (des chefs de tribus) sont baptisés aux abords de la zone.

Las Casas fait modifier la législation impériale[modifier | modifier le code]

Il retourne en Espagne en mars 1540. Son but est de recruter de nouveaux missionnaires. Il part avec plusieurs lettres de recommandation. Il se fera remplacer dans cette tâche par Louis Cancer. À son arrivée en Espagne, Charles Quint est en Flandres, et en attendant son retour, Las Casas étudie à Salamanque notamment. Il y rencontre le père Francisco de Vitoria (1480-1546) un théologien-juriste de Salamanque, créateur du droit international moderne. Il commente Saint Thomas d'Aquin et aboutit à des idées proches de celles de de las Casas sur l’évangélisation des Indes en opposition à l’impérialisme. Il définit la guerre juste et annonce qu’elle doit être déclarée par l’autorité légitime, son objectif est de rétablir la paix. Elle doit être conduite avec des intentions droites et doit viser la réparation d’injustices graves. Il n’y a donc pas de guerre juste aux Amériques. Il se heurte cependant à des intérêts économiques importants : les mines d'argent mexicaines où travaillent les indigènes enrichissent les grands négociants d'Anvers, première place financière mondiale, car il sert à importer des biens de l'Inde, où les marchands sont friands d'argent-métal.

C’est à cette époque qu’il écrit la « Brevísima relación de la destrucción de las Indias » où il explique que les indiens sont bons, gentils, ouverts. Ce sont des brebis dont l’Église et l’Empereur sont les pâtres et les conquistadores des loups[13]. Il retranscrit des témoignages, par régions conquises, avec l’Hispañola, Cuba, la Terre Ferme, la Nouvelle-Espagne et ainsi de suite, pour toutes les provinces des colonies espagnoles. Il y présente les cruautés dont sont victimes les indigènes et les structures qui les exploitent. C’est sa publication, dix ans plus tard, qui sera en partie à l’origine de la légende noire. Les ennemis de l’Espagne y ont vu un moyen d’attaquer l’Espagne sur ses comportements vis-à-vis des indigènes. En effet, la France ou l’Angleterre ont pu nourrir leur haine de l’Espagne en argumentant principalement sur les dires de Las Casas.

Le « huitième remède » est un autre écrit de l’époque où de las Casas attendait le retour de l’Empereur. Il y explique au roi qu’il a été trompé par les encomenderos, qu’il ne protège pas les Indiens comme le recommande la mission qui lui a été donné par le Pape et ce malgré lui. Il pousse son argumentation, « même si Votre Majesté devait perdre sa domination royale sur ces peuples et renoncer à leur conversion, cela vaudrait mieux pour Elle que la situation actuelle où les Indiens sont voués à une destruction complète, car la loi chrétienne défend absolument de faire le mal pour que le bien s’ensuive ».

Fin 1541, l’Empereur est de retour. Le 26 janvier 1542 de las Casas est introduit auprès de Charles Quint. L’Empereur est indigné par le résumé de la « Brevissima » et réforme le Conseil des Indes. Treize hommes en commission sont chargés d’une nouvelle législation. La première session est présidée par l’Empereur et Las Casas. En novembre 1542 sont rédigés les « lois Nouvelles » qui se composent de quarante articles qui peuvent se diviser en quatre dispositions principales : elles proclament :

  • la liberté naturelle des Indiens et oblige la remise en liberté des esclaves ;
  • la liberté du travail, limitent les charges et interdisent les pêcheries de perles ;
  • la liberté de résidence et la libre propriété des biens, punissant ceux qui seront violents ou agressifs envers les Indiens ;
  • elles abolissent le système des encomiendas.

L'échec de l'application des lois au Chiapas[modifier | modifier le code]

La nouvelle de la parution de ces lois provoque au Nouveau Monde des révoltes. Las Casas est fustigé. Une guerre civile éclate au Pérou, des Espagnols rentrent sur le vieux continent, des Noirs, oubliés par les lois se révoltent. C’est l’anarchie dans les vice-royaumes. En 1546, ces lois seront abrogées; l’encomienda, juste interdite aux curés.

Le prince héritier Philippe, 19 ans, chargé de la régence du royaume en l'absence de son père qui combat les princes protestants du Saint Empire, est entouré d’opposants à Las Casas. Pour qu’il soit moins dangereux ou inquiétant pour les richesses des colonies, on lui propose le riche évêché de Cuzco (actuel Équateur). Il refuse pour cette raison car c’est en opposition avec ses prêches. On lui propose alors, au sud du Mexique, un nouvel évêché au Chiapas dont la capitale est Ciudad Real. Le climat y est dur, la population y est pauvre mais les plantations prospèrent. Il accepte ce poste pour l’application de « ses » lois nouvelles.

Il rêve d’une république chrétienne par la fondation de monastères et s’entoure de trente-quatre religieux, dominicains et franciscains. La nomination a lieu le 19 décembre 1543 et est consacrée le 21 mars 1544. Le voyage se fait en convoi mais il doit attendre quatre mois avant le départ.

Le 11 juillet 1544 il embarque. Son bateau, le San Salvador, est mal arrimé et mal piloté. À son arrivée au Mexique, il est très mal accueilli et doit se réfugier chez les Franciscains où il apprend la suspension des lois nouvelles. Il prend la route pour le Chiapas. Un navire fait naufrage et neuf missionnaires meurent. Son voyage annonce les difficultés de sa tâche.

Il arrive le 12 mars 1545, le dimanche de la Passion. Il demande la libération de tous les esclaves, en vain. Il désigne un seul confesseur, le Doyen Perera et menace d’excommunier les colons, ce qui les effraie. Mais le doyen absout les colons et se fait excommunier par Las Casas. Les colons, fous de rage, envahissent l’évêché et l’évêque manque de mourir. Il est obligé de fuir en « terre de guerre » qui a été convertie et qui est devenue la vraie paix ou « Vera Paz ». L’hostilité dont il est victime au Nouveau Monde l’oblige à retourner en Espagne dès 1547 après avoir appris le revirement de l’Empereur sur les lois nouvelles.

Les lois nouvelles ne sont pas totalement un échec, les tribûts des indigènes restent réglementées, et l’encomienda tend à disparaître.

L'homme de la Controverse de Valladolid[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Controverse de Valladolid.

En 1547, Las Casas rentre définitivement en Espagne, à l’âge de 63 ans. Il ne rentre pas pour sa retraite mais pour continuer le combat depuis le Vieux Continent. Francisco de Vitoria mort en 1546, Las Casas continue sa lutte pour une conquête pacifique par l’évangile avec comme modèle la « Vera Paz ». Il s’installe au couvent dominicain de Valladolid où il mène une vie de recueillement, de silence, de travail et de prières. Il reste cependant proche de la cour, non loin des maîtres de théologie et des docteurs de Salamanque.

Vers 1547, à la suite de la célèbre controverse avec Sepulveda au sujet de la légitimité des guerres de conquête, Bartolomé de las Casas présente ses "Trente propositions très juridiques".

En 1550, il demande à être déchargé de ses obligations épiscopales et se rend à Séville afin de s'occuper de l'envoi de religieux dominicains. Il est d’abord chargé de recruter des missionnaires franciscains, dominicains ou augustins ce qui lui permet de circuler à travers les différents couvents. Mais cette tâche ne lui suffit pas, il pense que pour que sa doctrine soit efficace, il lui faut l’enseigner lui-même. Il fait alors publier son « Manuel du confesseur » et pour que ses missionnaires ne soient pas corrompus au Nouveau Monde, il continue de leur envoyer ses écrits. Mais, malgré tout, il perd de l’influence sur la cour. Le régent, le Prince Philippe, sous l’influence de son précepteur l’impérialiste Sepulveda, se désintéresse de la cause indienne au profit de celle des colons et des fonds substantiels qu’ils rapportent des Indes.

En 1547, les « Trente propositions juridiques » sont un traité de droit chrétien adressé au Conseil des Indes, où il annonce que les guerres au nouveau monde ont été injustes et qu’il faut libérer les esclaves. Il se justifie par le traité de Tordesillas de 1494 où l’autorité du roi se fait par l’accord des Caciques. Le sujet sera abordé à nouveau en 1553 dans le « Tratado Comprobatorio » ou « traité prouvant l’empire souverain que les rois de Castille possèdent sur les Indes ».

Sépulveda est un chanoine de Cordoue, traducteur d’Aristote. Il a longtemps séjourné à Rome où il s’est fait de nombreux amis. Il se fait avocat des conquistadores dans « Démocrates Alter » : « des justes causes de la guerre ». Selon lui, la guerre est juste lorsqu’elle est ordonnée par l’autorité légitime, faite pour une juste cause et inspirée par une intention pure. Les indigènes sont des idolâtres qui commettent les pires crimes, ils sont de nature inférieure et donc appelés à être soumis à des hommes plus évolués, les Espagnols. « C’est un devoir de libérer les innocents. » Cet ouvrage reçoit l’approbation de l’archevêque de Séville, président du Conseil des Indes, et est bien reçu à la cour, mais il se voit refuser « l’imprimatur » par les universités, notamment celle de Salamanque. Las Casas y répond immédiatement en déclarant que la guerre est injuste à partir du moment où elle est l’instrument d’oppression.

L'historien de la découverte des Amériques[modifier | modifier le code]

En 1553, il quitte Séville où il préparait ses missionnaires, et s’en retourne à Valladolid où il se lance dans la rédaction de « l’histoire des Indes » et « l’histoire apologétique ». Il veut y rétablir la vérité sur la conquête des Indes, « la colonisation des Indes dont l’unique objet était la conversion des infidèles, a totalement sacrifié cette fin spirituelle aux moyens temporels ». Il consulte les archives depuis Christophe Colomb et lui reproche, tout comme à lui-même, l’esclavage des indiens aussi bien que des noirs. Son ouvrage va de la découverte en 1492 jusqu’à sa conversion dominicaine en 1522. Il y cumule de nombreux détails sur la conquête et base son argumentation sur de nombreuses exagérations[14]. Selon lui, il y avait trois millions et demi d’habitants sur l’île Hispañola en 1492. Il l’achève en 1559 et interdit sa publication avant 1600. Probablement par peur de la censure à cause des conséquences de la « Brevissima ».

  • "Et mon intention est qu'elle ne sorte sous aucun prétexte du Collège, excepté pour être imprimée, quand Dieu le jugera bon, et que les originaux demeurent à tout jamais au collège." (BAE, t, CX,p. 540).

Elle restera en fait "interdite" de publication jusqu’au XIXe siècle. Mais en réalité le manuscrit de l'ouvrage majeur de Las Casas n'est pas resté enfermé au Collège San Grégorio. À l'encontre de la volonté de Las Casas, l'ouvrage fut remis en 1571 au Conseil des Indes. Le président de cet organisme, Juan de Ovando, a confié le manuscrit de las Casas au chroniqueur et Grand Cosmographe Juan Lopez de Velasco qui le conservera jusqu'en 1597. À cette date l'ouvrage fut remis au secrétaire Juan de Ibarra. Le manuscrit fut ensuite remis au Grand Chroniqueur Antonio de Herrera, récemment nommé à cette charge, dans le but d'écrire l'Histoire des Indes sur Ordre de sa Majesté et du Conseil ds Indes. Herrera a utilisé le manuscrit de Las Casas pour écrire une grande partie son ouvrage. Il donne l'impression d'avoir participé à certains événements alors que le spectateur en fut Las Casas. Herrera a plagié le manuscrit de façon si désinvolte que certains auteurs ont établi une liste des chapitres recopiés. On trouve une liste des passages concernés dans l'édition des travaux de Herrera publiée par l'Académie d"Histoire de Madrid en 1934. L'histoire des Indes sera publiée pour la première fois, en castillan, à Madrid, en 1875-1876, à l'initiative Feliciano Ramirez de Arellano, marquis La Fuensanta del Valle. Et pour la première fois en Français en 2002, à Paris.

Son autre ouvrage, L’Histoire apologétique a pour thèse ces quelques lignes : « ces peuples des Indes égalent et même surpassent beaucoup de nations du monde, réputées policées et raisonnables : ils ne sont inférieurs à aucun ». Il défend donc la cause des Indiens en leur attribuant des vertus que l’on ne trouve pas ailleurs, peut-être même pas dans l’Espagne catholique. Divisée en 237 chapitres, elle traite de sujets divers, et d’une histoire morale de l’humanité. Elle restera interdite, elle aussi, jusqu’au XIXe siècle.

La critique inlassable des excès des colons[modifier | modifier le code]

À partir de 1562, alors que Philippe II fait de Madrid sa capitale, Las Casas ne sort plus guère de son couvent. Il prend de plus en plus au sérieux son rôle de protecteur des Indiens et devient de moins en moins conciliant à l'égard des colons. Cependant il reçoit de nombreux courriers et appels de Nouvelle-Espagne, preuve que son combat n’est pas vain. Par exemple, un certain Zorita, ancien officier de justice au Nouveau Monde lui écrit: « Pourquoi les Aztèques sont-ils des barbares ? Si ce sont eux qui me parlent et que je ne comprends pas, je serai pour eux un barbare. »

Malgré ces preuves d’appui, le combat de l’ancien évêque du Chiapas n’est pas fini. Le franciscain Motolinia, de son vrai nom Toribio de Benavente, se vantait en 1532 de deux cent mille baptêmes et estime qu’entre 1524 et 1540 neuf millions d’âmes avaient été sauvées. C’est un des douze premiers missionnaires du Mexique. Il se considère comme choisi par Dieu pour instaurer la paix, pour redonner au catholicisme une nouvelle vigueur face à la religion réformée qui fait des ravages en Europe. Selon Motolinia, « mieux vaut un bien accompli de force qu’un mal perpétré librement. » Il s’oppose par là-même à la doctrine d’évangélisation pacifique de Las Casas.

De plus, le dominicain apprend à regret que les colons du Pérou offrent de l’argent au Prince Philippe pour obtenir la perpétuité des encomiendas. Le Prince va succéder à son père en 1556. Son confesseur, Bartolomé de Carranza (es) ami de Las Casas le tient au courant de toutes les affaires. Par son intermédiaire, il fait parvenir au Prince une « Grande Lettre » où il expose les devoirs du Prince, dictés par Dieu, vis-à-vis des Indes. Il y condamne aussi, une fois de plus, l’esclavage et la condition des indigènes. Philippe II, en arrivant au pouvoir, inaugure une nouvelle politique indienne. Le Conseil des Indes est chargé d’accorder les licences d’imprimer et il suspend l’interdiction des conquêtes nouvelles. Comme Las Casas est moins écouté qu’autrefois, il s’efforce d’agir sur les consciences du Nouveau Monde par l’envoi de missionnaires rattachés à sa cause. C’est désormais un des rares moyens qu’il ait pour continuer son combat. Le Conseil des Indes le considère d’ailleurs comme dangereux à cause justement de l’influence qu’il a sur le monde religieux.

Il continue à critiquer l’actualité du Nouveau Monde, comme les pillages des sanctuaires aztèques et incas par les conquistadores et l’exploitation abusive des mines et de la main-d’œuvre indigène. Il demande « la mainmise des Espagnols sur ces empires est-elle légale ? » et il rajoute « aucun roi, aucun seigneur, aucun village, aucun particulier de ce monde des Indes, depuis le premier jour de sa découverte jusqu’à aujourd’hui 30 avril 1562 n’a reconnu de façon libre et légitime nos illustres rois... toutes les décisions de ceux-ci sont invalides. » Il argumente ainsi l’illégitimité des vols dont sont victimes les peuples du nouveau monde. Ce traité intitulé « de thesauris » aboutira à ce que Philippe II retire tous ses fonctionnaires d’outre-mer.

En 1563 se profile son dernier combat. Un frère prêcheur du Pérou nommé De la Vega présente au conseil un mémorial nommé « Douze doutes », où il présente douze cas de conscience sur le comportement des conquistadores au Pérou. Il obtient des mesures de protection qui le laissent sceptique et confie son écrit à différents théologiens dont Las Casas. En janvier 1564 l’évêque rédige sa réponse. C’est une sorte de testament doctrinal où il reprend un à un les douze cas de conscience. Il précise les obligations de restituer, de réparer, et permet aux descendants d’Atahualpa de faire de justes guerres contre les Espagnols et affirme que le roi catholique doit réintégrer l’Inca dans ses fonctions. Il lui proposera de recevoir un enseignement de la foi chrétienne qu’il sera libre ou non de recevoir. S’il l’accepte, il pourra obtenir la reconnaissance de Philippe II comme monarque et protecteur. Il sera aussi libre d’accepter le pardon des injustices dont ont été victimes ses fidèles. Il joint à ce texte une supplique pour Philippe II réclamant une réunion de théologiens pour statuer définitivement sur le cas des Indes, ce qui n’a apparemment pas ému le roi.

Depuis 1560 Las Casas a quitté Valladolid pour suivre la cour à Madrid. Il s’installe au couvent de Notre-Dame d’Atocha où il rédige les Douze doutes, mais aussi un testament, le 17 mars 1564 en présence d’un notaire. Il y résume avec force un combat qui dure depuis plus de cinquante ans et reprend les grands thèmes de sa lutte.

Jusqu’à sa mort en 1566, âgé alors de 81 ans, Las Casas apparaît comme le médiateur privilégié de tous ceux qui, aux Indes, cherchent à modifier le statut de l’Indien et à arrêter l’extermination. Les attaques dont il fut victime, à la suite de la Légende Noire et de son influence sur la création des lois nouvelles, ne l’ont pas empêché de mener une lutte presque sainte et, selon lui, dictée par Dieu. Il reste un des hommes les plus controversés de son temps, mais aussi un des plus reconnus du nôtre.

Il fut aussi accusé d'avoir demandé et obtenu la mise en esclavage des Noirs à titre de substitution à la liberté des Indiens. En réalité cette requête dans son esprit valait exclusivement pour les prisonniers de guerre, dans le combat de l'Espagne contre la Turquie, dans la mesure où celle-ci mettait en esclavage ses propres prisonniers. Lorsqu'il se rendit compte de l'origine africaine donc vénale de nombre d'entre eux, dans l'Histoire des Indes, il n'eut pas de mots assez forts pour les critiquer et exprimer son repentir. Historiquement et géographiquement cette autre légende noire est un non-sens : l'introduction forcée de noirs d'Afrique s'est imposée dans les zones américaines où la population indienne a été exterminée (Antilles) ; dans toutes celles où Las Casas réussit à promouvoir sa politique pro-indienne, on n'importa pas de Noirs d'Afrique[15].

Œuvres (inventaire) [16][modifier | modifier le code]

Historia de las Indias[modifier | modifier le code]

  • Première édition: 1875-1876, Madrid, Imprimerie de N. Ginesta, 5 vol., Édition du marquis de la Fuensanta del Valle et Don José Sancho Rayôn (édition fondée sur une copie de l'original). Reproduite dans la Colección de documentos inéditos para la Historia de España, t. LXII-LXVI.

Éditions postérieures[modifier | modifier le code]

  • 1877, Mexico, Imprimerie d'Irénée Paz, 2 vol., par José Maria Vigil (réimpression de la première édition), s.d. ; et Madrid, Aguilar, 3 vol. (autre réimpression), avec prologue de Gonzalo de Reparaz, datée de Barcelone, 1927.
  • 1951, Mexico, Fondo de Cultura Económica, édition d'Augustin Millares Carlo fondée pour la première fois sur le manuscrit autographe de Las Casas, et prologue de Lewis RANKE.
  • 1957, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles, t. XCV-XCVI, édition de Juan PÉREZ DE TUDELA et Emilio L6PEZ OTO, également fondée sur le manuscrit autographe, et étude critique préliminaire de Juan Pérez de Tudela.

-1985 Ediciones del Continente, Alfa y Omega, Santo Domingo.

  • 1986, Caracas, Biblithèca Ayacucho.
  • 2002, Paris, Éditions du Seuil, 3 volumes. Cette édition française est la première édition moderne complète en français, annotée, de cet ouvrage.

Autres écrits de Las Casas[16][modifier | modifier le code]

Apologética Historia de las Indias[modifier | modifier le code]

  • 1909, Madrid, Nueva Biblioteca de Autores Españoles, t. XIII, édition de Manuel SERRANO y SANZ (première édition).
  • 1958, Madrid, Bib1ioteca de Autores Españoles, t. CV-CVI, édition et étude préliminaire de Juan Pérez de Tudela.
  • 1967, Mexico, UNAM, 2 vol., édition et étude préliminaire d'Edmundo O'Gorman.

De Unico Vocationis Modo[modifier | modifier le code]

  • 1942, Mexico, Fondo de Cultura Económica, introduction de Lewis Ranke, transcription latine d'Agustín Millares Carlo, traduction en espagnol d' Atenógenes Santamarîa (deuxième édition, . Mexico, 1975).

Apologia (Apologie latine contre Sepúlveda)[modifier | modifier le code]

  • 1975, Madrid, Editora Nacional, introduction, traduction espagnole et reproduction en fac-similé de l'original par Angel Losada (contient également l'Apologie latine de Sepúlveda).

Tratados, Cartas y Memoriales[modifier | modifier le code]

  • 1552, Séville, édition princeps, Octavo remedio, brevísima relación (avec un «morceau de lettre» d'un conquistador), Confesionario, Treinta Proposiciones, Tratado de los esclavos, Controversia Las Casas-Sepúlveda, Tratado comprobatorio, Principia Quœdam.

La plupart de ces traités ont eu de nombreuses traductions, souvent incomplètes et désordonnées, au cours des XVIe et XVIIe siècle. Ils ne sont pas mentionnés.

  • 1646, Barcelone: les traités sévillans, sauf le Confesionario. .
  • 1924, Buenos Aires: reproduction en fac-similé des traités sévillans par Emilio Ravignani.
  • 1958, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles, t. CX : collection de 55 «opuscules, lettres et mémoires» lascasiens, depuis les premiers mémoires de 1516 jusqu'à la Requête à Pie V de 1566 (contient les traités sévillans, sauf les Principia Quœdam et le Tratado de las Doce Dudas) ;
  • 1958, Madrid, CSIC, Los Tesoros del Perú, édition bilingue d'Angel Losada du traité De Thesauris in Peru.
  • 1965, Mexico, Fondo de Cultura Economica, 2 vol. : édition des traités sévillans avec une reproduction en fac-similé de l'édition princeps, prologues de Lewis Ranke et Manuel Giménez Fernández, transcription de Juan Pérez De Tudela et traduction des textes latins par Agustín Millares Carlo et Rafael Moreno.
  • 1969, Madrid, CSIC, De Regia Potestate o Derecho de autodeterminación, édition bilingue- de L. Perena, J. M. Pérez Prendes, V. Abril et J. Azcarraga.
  • 2011, Paris, Des Indiens que l'on a réduits en esclavage (1552), in Sur les traces du génocide amérindien, Éditions de l'Épervier, 2011.

Brevísima Relación de la destrucción de las Indias[modifier | modifier le code]

Bartolomé de Las Casas, Très brève relation de la destruction des Indes. Une de l'édition de 1552.

Elle figure dans plusieurs collections de Traités. On trouve aussi plusieurs éditions isolées en espagnol au XIXe et XXe siècle; parmi les plus récentes, on peut citer :

  • 1966, Buenos Aires, Editorial Universitaria, prologue de Gregorio Weinberg.
  • 1977, Madrid, Fundación Universitaria Española, édition de Manuel Ballesteros Gaibrois.
  • 1979, Barcelone, Fontamara, prologue d'Olga Camps.
  • 1982, Madrid, Cátedra, édition d'André Saint-Lu.

À partir de 1578 et jusqu'à nos jours, les traductions dans diverses langues ont été très nombreuses. Certaines sont remarquables par les propos anti-espagnols. Il s'agit des traductions hollandaises, françaises, anglaises et allemandes des XVIe et XVIIe siècle.

Il en existe une version monographique publiée à La Havane en 1976 et traduite en Français en 1979 : Bartolomé de Las Casas, "Très brève relation de la destruction des Indes", Paris, Maspero-la découverte, 1979, préface de Fernando Retamar.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans le film También la lluvia réalisé par Icíar Bolaín, Bartolomé de las Casas est interprété par l'acteur espagnol Carlos Santos.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Bartolomé de las Casas :
    • Oeuvres de Don Barthelemy de Las Casas, évêque de Chiapas, défenseur de la liberté des naturels de l'Amérique, précédées de sa vie, et accompagnées d'additions, de notes historiques, développements etc.etc.etc., avec portrait par Juan Antonio Llorente, auteur de L'histoire critique de l'inquisition d'Espagne, Paris A. Emery, 1822, 2 vols.
    • Obras escogidas de… V. Opúsculos, Cartas y Memoriales edición por Juan Pérez de Tudela Bueso, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles (BAE), 110, 1958.
    • (es) Bartolomé de las Casas (préf. Consuelo Varela), Brevísima relación de la destrucción de las Indias, Madrid, Castalia, coll. « Clásicos Castalia »,‎ 1999 (1re éd. 1552), 186 p. (ISBN 84-7039-833-4)
    • Très brève relation de la destruction des Indes, Paris, librairie Maspero, 1979 ; La Découverte/ Maspero 1983, préface de Roberto Fernando Retamar (9 juin 1976),traduit de l'espagnol par Fanchita Gonzalez Battle.
    • Obras Completas. 11.2. Doce Duas. Edición de J. B. Lassegue, O. P. Estudio preliminar, índices y bibliografía de J. Denglos, Madrid, Alianza Editorial, 1992.
    • Histoire des Indes / Bartolomé de las Casas ; (trad. de l'espagnol par Jean-Pierre Clément et Jean-Marie Saint-Lu, d'après "Historia de las Indias", Caracas,1986); 3 vol. (1076, 362, 886 p.) : cartes, couv. ill. ; 22 cm; Paris : Éd. du Seuil, 2002; (Bibliogr. vol. 3, p. 837-849. Index à la fin de chaque vol.); (ISBN 2-02-052539-9) (éd. complète). - (ISBN 2-02-020465-7) (vol. 1) (br.) - (ISBN 2-02-052537-2) (vol. 2) (br.). - (ISBN 2-02-052538-0) (vol. 3)- Notice BNF n° : FRBNF38895118. L'introduction d'André Saint-Lu(vol.1) qui comporte 47 pages est un historique de l'Histoire et de la vie de las Casas. Cette édition française est la première édition moderne complète en français de cet ouvrage.
    • La Destruction des Indes. Préface d'Alain Milhou, traduction de Jacques de Miggrode, gravures de Théodore de Bry et analyse iconographique de Jean-Paul Duviols, Chandeigne, 1995, nouvelle édition 2013.

Études[modifier | modifier le code]

  • Fray Antonio de Remesal, O. P. : Historia General de las Indias Occidentales, y particular de la Gobernación de Chiapa y Guatemala, Madrid, 1619 - Édition moderne: Biblioteca de Autores Españoles(BAE), 1., CLXXV et CLXXXIX, 1966, étude préliminaire de Carmelo Saenz de Santa Maria, S.J. Cette œuvre contient la première biographie importante de Las Casas.
  • Marcel Brion, Bartolomé de Las Casas, Père des Indiens, Plon, 1928
  • Marcel Bataillon & André Saint-Lu : Las Casas et la défense des Indiens, Paris, Julliard, 1971, 285 pages.
  • André Saint Lu :
    • Estudios sobre Fray Bartolomé de las Casas ; [Sevilla] : Universidad de Sevilla, 1974. (ISBN 8485057252).
    • Las Casas, indigéniste  ; études sur la vie du défenseur des Indiens, L'Harmattan, 2000.
  • Philippe-Ignace André-Vincent O.P. (1911-1986): Bartolomé de las Casas, prophète du Nouveau Monde, préface par André Saint-Lu; Paris, Tallandier, 1980. (ISBN 2235008542).
  • Francis Orhant, Bartolomé de Las Casas ; de la colonisation à la défense des Indiens Paris, Editions ouvrières, 1991.
  • Marianne Mahn-Lot :
    • Bartolomé de Las Casas, une théologie pour le Nouveau Monde, Desclée de Brouwer, 1991, coll. Prophète pour demain.
    • L'Évangile et la Force / Bartolomé de Las Casas, présentation, traduction, choix de textes, éditions du Cerf, 1991 (3e éd.).
    • Bartolomé de Las Casas et le droit des indiens, Payot, 1995 (nouvelle édition), coll. le regard de l'histoire.
  • Charles Gillen, Bartolomé de Las Casas ; une plume à la force d'un glaive, Paris, Éditions du Cerf, 1996 ; collection sagesse chrétienne.
  • Nestor Capdevila : Las Casas, une politique de l'humanité, l'homme et la foi, Paris, Cerf, 1998.
  • Nicole Giroud : Une mosaïque de Fr. Bartolomé de Las Casas (1484-1566). Histoire de la réception dans l'histoire, la théologie, la société, l'art et la littérature. Éditions Universitaires Fribourg (Suisse), 2002.
  • Bernard Lavallé, Nathalie Cottrel, Bartolomé de las Casas : entre l'épée et la croix, Payot, 2007.
  • La controverse entre Las Casas et Sepúlveda [introduit, traduit et annoté par Nestor Capdevila], Vrin, 2007.
  • Juan Antonio Llorente : " Vida de Las Casas", dans Colección de Obras del venerable obispo de Chiapa Don Bartolomé de las Casas, defensor de la libertad de la América, Paris, 1822. Édition récente de la Vida de Las Casas'(, Barcelone, Fontamara, 1979 (avec la Brevísima Relación).
  • Manuel José Quintana : "Fray Bartolomé de las Casas", in Vidas de españoles célebres, t. III, Madrid, 1833, Biblioteca de Autores Españoles, t. XIX.
  • Antonio Maria Fabié :Vida y escritos de Fray Bartolomé de las Casas, obispo de Chiapas, Madrid, 1879,2 vol. (Cet ouvrage constitue les t. 70 et 71 de la « Colección de Documentos Inéditos para la Historia de España »).
  • Manuel Giménez Fernández :
    • Bartolomé de las Casas; 1, Delegado de Cisneros para la deformación de las Indias ; II, Capellán de Carlos l, poblador de Cumana; Séville, Escuela de Estudios Hispanoamericanos, 1953 et 1960.
    • Breve biografía de Bartolomé de las Casas, Sevilla, Facultad de Filosofa y Letras, 1966.
  • Manuel Maria, Martínez, O.P. : Fray Bartolomé de las Casas, Padre de América, Madrid, La Rafa, 1958.
  • Ramon Menéndez Pidal : El Padre Las Casas. Su doble personalidad, Madrid, España Calpe, 1963.
  • Helen Rand Parish, et Henry Wagner : The Life and Writings of Bartolomé de las Casas, Albuquerque, New Mexico Press, 1967.
  • L'anticolonialisme européen de Las Casas à Karl Marx, textes choisis et présentés par Marcel Merle,(professeur de droit à la faculté de droit et des sciences économiques de Paris), Paris, Armand Colin,1969 (collection U).
  • Henry Mechoulan : À propos de la notion de barbare chez Las Casas,,S.l. : s.n., s.a.] (Voir informations à BNE).
  • Henri Grégoire (abbé) : Apologie de Bartolomé de Las Casas, évêque de Chiapas, lue à l'Institut National par le citoyen Grégoire, le 22 floréal an VIII-12 mai 1800. (Les Œuvres de l'abbé Grégoire, sous la direction d'Albert Soboul,1977, 14 vol, tome VI- Écrits sur les Noirs sous la direction de Rita Hermon-Belot, L'Harmattan, 2 vol, 2009, tome 1-1789-1808 ; également publiée en 1822 dans les œuvres de don Bartholome de Las Casas 2 vol, tome 2.
  • Bernard Plongeron : « Apologie de Barthelemi de Las Casas, Évêque de Chiapas, par le citoyen Grégoire », dans Yves Benot & Marcel Dorigny (dir)Grégoire et la cause des Noirs (1789-1831), combats et projets, Société française d'Histoire d'Outre-mer, 2000, p.37-50.
  • Jean-Daniel Piquet : "Controverses sur l'apologie de Las Casas lue par l'abbé Grégoire", dans Revue d'Histoire et de Philosophie Religieuses, tome 82, n° 3-juillet-septembre 2002, p. 283-306[17].
  • Nestor Capdevila, "Las Casas et la tolérance", dans L’invention de la tolérance – Maïmonide, Averroès, Las Casas, Voltaire, Lincoln, Fondation Ostad Elahi (dir), Paris, L'Harmattan, 2008.

Références[modifier | modifier le code]

  • Sauf indication contraire, l'ouvrage de référence utilisé pour les notes et les remarques est l'édition française de Histoire des Indes de Bartolomé de las Casas, traduite de l'espagnol par Jean-Pierre Clément et Jean-Marie Saint-Lu. Paris, Éd. du Seuil, 2002; 3 volumes en coffret :1076 pages, 362 pages, 886 pages; (ISBN 2-02-052539-9) (éd. complète).

Principaux passages et chapitres de référence utilisés :

  • L'introduction d'André Saint-Lu dans le volume 1 ; elle comporte 47 pages. C'est un historique détaillé de l'Histoire des Indes et de la vie de las Casas.
  • Vie et œuvre de Bartolome de las Casas, par André Saint-Lu, dans le volume 3, p. 817 à 826.
  • Bibliographie abrégée des œuvres de las Casas, vol. 3, p. 838-839.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À l'église du couvent de San Pablo de Séville (selon Herminio de Paz Castaño, dans Causa de beatificación del siervo de Dios Fray Bartolomé de las Casas, in Conferencia Interprovincial Dominicana de América Latina y El Caribe : Actas del XV Encuentro, CIDALC, p.118.
  2. Philip H. Pfatteicher, The New Book of Festivals and Commemorations: A Proposed Common Calendar of Saints, Fortress Press, 2008, p.337.
  3. (en) Helen Brand Parish et Harold E Weidman, S. J., « The Correct Birthdate of Bartolomé de las Casas », Hispanic American Historical Review, vol. 56, no 3,‎ août 1976, p. 385–403 (lire en ligne)
  4. René Luneau, « Las Casas (Bartolomé de) Très brève relation de la destruction des Indes. », sur www.persee.fr, Archives des sciences sociales des religions, 1998, vol. 102, no 1, pp. 119-120.,‎ 1998 (consulté en 15 février 2011)
  5. Pedro Borges, Quién era Bartolomé de las Casas, Rialp, 1990,p.21 et Luis Iglesias Ortega, Bartolomé de las Casas: Cuarenta y cuatro años infinitos, Fundación José Manuel Lara, 2007, p.23-24 (cités par Miguel Menéndez Méndez, « El trato al Indio y las Leyes Nuevas: Una aproximación a un debate », Tiempo y sociedad, 2009, no 1, p. 34-35).
  6. Equivalent à 1/50e de marc d'or
  7. Isacio Pérez, Bartolome de las Casas, viajero por dos mundos: Su figura, su biografia sincera, su personalidad (Archivos de historia andina), 1998, Introduction
  8. Voir pages 62-63 in Christianity, the other, and the Holocaust, Michael R. Steele, Greenwood Press, 2003
  9. "Histoire des Indes", version française, Paris, 2002, livre III, page 818
  10. Isacio Perez Fernandez, 1991, "Bartolome de las Casas: Contra los negros? : revision de una leyenda".
  11. Lettre d'admonition au Conseil des Indes
  12. "Histoire des Indes", version française, Paris, 2002, livre III, p. 820
  13. « Le miroir de la cruelle et horrible tyrannie espagnole perpétrée au Pays-Bas par le tyran duc d'Albe et autres commandants du roi Philippe II », sur World Digital Library,‎ 1620 (consulté en 25 août 2013)
  14. (es) Bartolomé de las Casas (préf. Consuelo Varela), Brevísima relación de la destrucción de las Indias, Madrid, Castalia, coll. « Clásicos Castalia »,‎ 1999 (1re éd. 1552), 186 p. (ISBN 84-7039-833-4), p. 36-37
  15. voir les annexes du livre de Philippe André Vincent, Bartholomé de Las Casas prophète du Nouveau-Monde, Paris, Tallandier, 1980
  16. a et b Source principale: « Histoire des Indes » ; édition française, 2002. Bibliographie Livre III, pages 837-849, (extrait) et catalogue des grandes bibliothèques nationales
  17. . Il s'agit des commentaires par trois auteurs, du texte de l'abbé Grégoire réimprimé en 1822 dans le tome 2 des œuvres de Las Casas : Don Gregorio Funes, Don Servando Mier, Juan Antonio Llorente.