La Controverse de Valladolid (téléfilm)

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La Controverse de Valladolid (1992) est un téléfilm réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe, sur un scénario et d'après le roman éponyme de Jean-Claude Carrière qui s'inspire de faits réels, la controverse de Valladolid.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, soixante ans après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, règne sur l’Espagne Charles Quint qui convoque une assemblée sous l’égide du légat pontifical, afin de débattre de la question fondamentale : les indigènes indiens, dont elle a colonisé les territoires en Amérique, ont-ils une âme (sont-ils des hommes) ? De la réponse doit découler l'arrêt ou non de l’esclavage dont ils sont alors les victimes.

La controverse verra s'affronter le point de vue conservateur[réf. nécessaire] du chanoine Juan Ginés de Sepúlveda et celui humaniste[réf. nécessaire] du dominicain Bartolomé de Las Casas. Un des grands intérêts du film est de montrer comment des hommes a priori honnêtes et sincères peuvent arriver à une conclusion qui paraît, au niveau de l'élévation morale alléguée du XXe siècle, parfaitement abjecte. Le verdict mêle la faiblesse de la conscience morale du XVIe siècle et les enjeux économiques. L’Église acceptera l’accession des indiens au statut d’être humain, mais l'issue de cette controverse en forme de procès sera marquée par un coup de théâtre qui aura des conséquences sur des millions d'hommes : il légitimera l'esclavage des noirs.

Téléfilm et la réalité historique[modifier | modifier le code]

L'auteur du roman dont s'inspire ce téléfilm précise en note préliminaire que le livre est une interprétation romancée de faits historiques. En réalité, si Las Casas et Sépulvéda ont largement échangé sur la question, on ignore s'ils se sont réellement rencontrés. En tout cas le débat a été essentiellement épistolaire. Surtout, le débat n'a pas porté sur l'humanité des indiens (cela avait déjà été tranché par le Pape Paul III), mais sur le mode d'évangélisation qu'il était nécessaire de mettre en place.

L'humanité des Indiens, l'existence de leur âme donc, n'a en réalité jamais été l'objet du débat puisque sans cela, Sepúlveda n'aurait jamais parlé du devoir de les évangéliser et ne se serait jamais autant étendu sur leur « péché d'idolâtrie ». Las Casas comme Juan Ginés de Sepúlveda s'accordèrent sur le devoir de conversion des Indiens qui incombe aux Espagnols mais diffèrent sur le moyen d'y parvenir : colonisation pacifique et vie exemplaire pour le premier et colonisation institutionnelle où la force est légitimée par le réalisme et la nature même des civilisations précolombiennes, pour le second.

Il convient de rappeler qu'il n'y a jamais eu, chez les théologiens chrétiens, de débat portant sur la présence de l'âme dans une catégorie humaine (peuples étrangers, femmes,...). Le roman de Jean-Claude Carrière est en réalité marqué par des clichés anti-cléricaux ne correspondant à aucune réalité historique.

En raison du relai qu'elle a trouvé dans les collèges et lycées, de nombreuses personnes croient réellement aujourd'hui à l'existence d'une "controverse de Valladolid" : la supercherie littéraire a pris la dimension d'un mythe fondateur.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Réalisation : Jean-Daniel Verhaeghe
  • Scénario : Jean-Claude Carrière
  • Pays d’origine : France
  • Genre : Drame
  • Durée : 90 minutes
  • Date de diffusion : 2 mai 1992 (sur France 2)

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 7 d’or 1993 : Meilleur téléfilm, meilleur réalisateur, meilleur scénariste, meilleur acteur (Jean-Pierre Marielle).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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