Anacaona

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Anacaona (14641504) fut cacique du Xaragua à Hispaniola (Haïti et République dominicaine) après la mort de son frère Bohechio. Elle fut pendue sous l'ordre du gouverneur espagnol Nicolás de Ovando en 1504.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née sur l'île d'Hispaniola, où se trouvent aujourd'hui Haïti et la République dominicaine.

Anacaona, dans la langue des Taïnos, signifie Fleur d'Or. Elle était la sœur du cacique Bohechio et fut l'épouse du cacique Caonabo, avec qui elle eut une fille nommée Higüenamota.

Elle se distinguait par sa beauté, son intelligence et son talent pour la poésie; elle connaissait de nombreux poèmes par cœur et les récitait lors des fêtes religieuses (areitos en espagnol), devant les autres aborigènes.

À la suite de la mort de son frère Bohechio, Anacaona le remplaça et gouverna le Caciquat (cacicazgo en espagnol) du Xaragua. À l'arrivée de Colomb sur l'île en décembre 1492, Anacaona fit preuve de curiosité et de grande admiration à l'égard des Espagnols, car elle trouvait que ces hommes étaient très avancés et possédaient de nouvelles connaissances. Toutefois, les abus que certains d'entre eux commirent envers les femmes des Caraïbes poussèrent Anacaona à remettre son admiration en question; elle les vit dorénavant comme une menace. Elle parvint à convaincre son époux Caonabo de les chasser de l'île. À son retour le 28 novembre 1493, Colomb trouva le fort de La Navidad (La Nativité en français) détruit et ses 39 occupants assassinés.

Quelques années après, le gouverneur de l'île, Nicolás de Ovando, apprit qu'Anacaona était en train d'élaborer un plan pour attaquer la colonie espagnole. Nicolás de Ovando annonça alors à Anacaona qu'il allait au Cacicazgo de Xaragua pour leur rendre une visite amicale. Il arriva avec plus de trois cents cinquante hommes et fut reçu par de grandes festivités. Quand tous furent réunis à la fête, les hommes d'Ovando mirent le feu à la demeure du chef (caney).

Quelques autchtones réussirent à sauver Anacaona; parmi les autres survivants se trouvaient la fille de Anacaona, Higüenamota; son neveu Guaorocuya, qui fut remis au frère Bartolomé de las Casas, qui le convertit au christianisme sous le nom de Enriquillo; Mencia, petite fille d'Anacaona et le leader tribal Hatuey, qui plus tard fuit vers Cuba et y organisa la résistance, mais fut capturé lors d'un combat et mourut sur ordre de Diego Velázquez de Cuéllar.

Mort[modifier | modifier le code]

Anacaona pendue à une branche.

Nicolás de Ovando apprit qu'Anacaona s'était échappée et commença une poursuite acharnée jusqu'on réussise à la capturer. Contrairement à ses confrères, Anacaona ne fut pas éxécutée sur-le-champs. Ovando lui offrit de l'épargner seulement si elle acceptait de devenir sa concubine. Elle refusa, et Nicolás de Ovando la condamna publiquement à la pendaison en 1504 alors qu'elle avait 29 ans.

Homonymie[modifier | modifier le code]

Anacaona est également le nom d'une maison d'édition basée en France, les Editions Anacaona, clairement inspirée de la guerrière haïtienne. "Anacaona est une immense figure symbolique dans toutes les Caraïbes – c’est l'une des premières résistantes aux conquistadors espagnols, et en plus, c’est une femme ! Femme du cacique d’Haïti, c’est elle qui prit la tête de l’insurrection haïtienne après la mort de son mari. C'est une figure dramatique mais admirable,qui se sera battue jusqu’au bout. Je dis souvent en plaisantant que c’est la Jeanne d’Arc des Caraïbes ! Et aujourd’hui, dans beaucoup de pays du bassin des Caraïbes, le nom est synonyme de féminisme, de femmes à forte personnalité…." [1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interview avec Paula Anacaona. Amina, mai 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • F.A. Kirkpatrick, Les conquistadors espagnols, Éd. Payot, Paris, 1935.
  • Jean Métellus, Anacacona, Collection Monde Noir, 2002, ISBN 2747301893
  • William Robertson, L'histoire de l'Amérique, Janet et Colelle Librairie, 1834.

Liens externes[modifier | modifier le code]