Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques

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Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (IFRAP)
Image illustrative de l'article Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques

Création 1985
Dissolution 2011
Type association
Siège 5 rue Cadet, à Paris 9e
Langue(s) français
Budget environ 800 000 € en 2004[1]
Effectifs 10 permanents dont : 7 salariés, 2 bénévoles, et Bernard Zimmern[1]
Dirigeant(s) Agnès Verdier-Molinié
Personne(s) clé(s) Bernard Zimmern
Site web ifrap.org

L'Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques est un think tank libéral créé en 1985 par Bernard Zimmern sur le modèle des think tanks anglo-saxons, et dissout en 2011. Il est remplacé par la Fondation IFRAP, qui publie la revue mensuelle Société civile. Il est consideré comme proche des milieux patronaux.

Organisation et activités[modifier | modifier le code]

Le président de la Fondation IFRAP est Olivier Mitterrand et la directrice Agnès Verdier-Molinié.

Sandrine Gorreri dirige la rédaction de Société civile.

Les activités de l'IFRAP sont les suivantes :

  • publication d'ouvrages, de la revue mensuelle Société civile, et de notes sur son site web ;
  • lobbying (interventions auprès du parlement et du gouvernement, présence dans les médias[2]).

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement est privé et l'IFRAP dit ne pas chercher à bénéficier de subventions publiques.

Elle a en revanche demandé et obtenu le caractère de fondation reconnue d'utilité publique en 2009[3], ce qui permet aux donateurs de bénéficier de déductions fiscales.

L'IFRAP ne publie pas sur son site internet de liste des principaux donateurs.

Positionnement[modifier | modifier le code]

L'IFRAP argumente notamment en faveur des mesures suivantes :

  • réduire la taille de l'administration : réduire les effectifs d'agents public, aligner le droit des organismes publics et des organismes privés (par exemple : même tarification pour un même service pour les hôpitaux publics et privés), supprimer le statut des fonctionnaires[4]
  • Changement de la fiscalité pour favoriser le financement de des nouvelles entreprises[5].
  • Baisse des allocations des chômeurs
  • Ouverture des magasins le dimanche
  • Supprimer l’Impôt sur les grandes fortunes [6]
  • Suppression du SMIC [7]
  • Privatisation de l'eau, de l'electricité, de la santé, et de l'éducation [8]

Analyses et critiques[modifier | modifier le code]

La Lettre du secteur public présente l'IFRAP comme « un réseau très militant très engagé pour la réduction de la sphère publique et des interventions de l'État »[9] et l'Observatoire français des think tanks le qualifie de libéral, cherchant à limiter le rôle de l'État là où le marché et la responsabilité individuelle peuvent mieux s'appliquer[10]. Selon la même source, l'IFRAP n'est cependant pas opposée par principe à toute forme de service public.

Pour sa part, le site satirique Bakchich le qualifie d'« ultralibéral » et de « club de gens de bonne compagnie », s'appuyant sur un appel au don ciblant explicitement les personnes assujetties à l'ISF[11]. Le site remet également en cause l'indépendance de la fondation en faisant état du licenciement d'un collaborateur de l'IFRAP pour avoir critiqué Nicolas Sarkozy[11].

Pour Franck Ramus, professeur au CNRS :

  • "aucun des « chercheurs » de l’IFRAP examinés ci-dessus n’a jamais publié le moindre article dans une revue internationale d’économie (...) j’hésiterais à dire que l’IFRAP est un institut de recherche, et que ses membres sont des chercheurs au sens usuel du terme. Lobbyistes serait sans doute un terme plus juste. Notez qu’il n’est pas honteux d’être lobbyiste. En revanche il est plus discutable de le dissimuler derrière une étiquette fallacieuse de « chercheur », et de faire passer ses opinions pour des connaissances scientifiquement établies [12]"

Quelques membres[modifier | modifier le code]

Parmi les membres de l'IFRAP figure[13] : Emmanuel Combe, Jacques de Trentinian, Jean-Claude Rouzaud (Champagne Roederer), Jean-Michel Fourgous.

Partenaires au sein de la société civile[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre-Emmanuel Moog et fondation Prometheus (dir.), Les groupes de réflexion et d'influence en Europe, Paris, L'Expansion / groupe Express,‎ 2008–2009, 2e éd., 523 p. (ISBN 978-2-84343-540-9), p. 192–194.
  2. « Interventions » sur le site de l'iFRAP.
  3. Décret du 17 novembre 2009 portant reconnaissance d'une fondation comme établissement d'utilité publique, JORF no 268 du 19 novembre 2009, p. 19958, texte no 13, NOR IOCD0903247D, sur Légifrance.
  4. « Réforme de la Fonction publique » sur le site de l'IFRAP.
  5. « Financement des entreprises » sur le site de l'iFRAP.
  6. « Supprimer l’ISF », sur Ifrap.org,‎ Octobre 2001
  7. « Supprimer le Smic universel et confier la négociation des bas salaires aux seuls partenaires sociaux », sur Ifrap.org,‎ 21 octobre 2011
  8. « Multiplier les délégations de service public (éducation, crèches, transports, santé…) », sur Ifrap.org,‎ 21 octobre 2011
  9. « iFRAP », La Lettre du secteur public,‎ 8 octobre 2009 (consulté le 4 février 2011).
  10. Selim Allili, « iFRAP - Institut français pour la recherche sur les administrations publiques », Observatoire français des think tanks,‎ 7 juin 2007 (consulté le 4 février 2011).
  11. a et b Louis Cabanes, « Donnez, l'État vous le rendra », Bakchich,‎ 19 juillet 2010 (consulté le 4 février 2011).
  12. « L’iFRAP fait-elle de la recherche scientifique? »
  13. Weronika Zarachowicz, « L'influence des think tanks, cerveaux des politiques », Télérama no 3231, 16 décembre 2011.