Raban Maur

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Raban Maur (gauche), soutenu par Alcuin (milieu), dédicace son œuvre à l'archevêque Otgar de Mayence (droite).

Raban Maur (né vers 780 à Mayence, et mort le 4 février 856 à Winkel) est un moine bénédictin et théologien allemand. Archevêque de Mayence en 847, son œuvre contribue au développement de la langue et de la littérature allemande[1]. Surnommé le « Précepteur de la Germanie, » il est un des principaux artisans de la Renaissance carolingienne. Son encyclopédie, intitulée De natura rerum (De la nature des choses), sera considérée comme un classique jusqu'au XIIIe siècle[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Raban Maur nait à Mayence de parents nobles vers 780. Après des études à l'abbaye bénédictine de Fulda[3], il est nommé diacre et se rend à l'abbaye Saint-Martin de Tours en 802 afin de recevoir l'enseignement d'Alcuin. Ce dernier lui donne le surnom de « Maurus » en mémoire du disciple préféré de Saint Benoît[4]. En 803, Raban Maur prend la direction de l'école monastique de l'abbaye de Fulda, au nord d'Aix-la-Chapelle, et fait de ce lieu un des principaux foyers culturels d'Europe occidentale[1].

Après avoir obtenu la prêtrise en 814, Raban Maur est élu abbé de Fulda en 822. Grâce à lui, l'abbaye jouit d'une certaine prospérité. Les bâtiments commencés par son prédécesseur sont terminés, de nouveaux bâtiments sont construits, décorés de riches mosaïques, tapisseries et reliquaires, fabriqués par ses propres moines et étudiants. Il augmente le nombre de prêtres dans les campagnes, étend le secours accordé aux pauvres par le monastère, et amasse un grand nombre de livres dans la bibliothèque[1][4].

Conseiller politique de l'empereur Lothaire Ier dans la lutte pour la succession de l'Empire carolingien, Raban Maur est contraint à l'exil en 840 lorsque Lothaire est vaincu par les forces de Louis le Germanique. Après une courte retraite consacrée à l'ascétisme et à l'écriture à Petersberg[1], Raban Maur se réconcilie avec Louis en 845 et est nommé archevêque de Mayence en 847 à la succession de Otgar de Mayence. Pendant la famine de 850, il fait distribuer aux pauvres la majeure partie de ses revenus et nourrit plus de trois cent personnes[4]. Il meurt le 4 février 856 à Winkel[1].

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

  • Le De rerum naturis (De la nature des choses), ou De Universo, composé en 842-847 est une encyclopédie inspirée d'Isidore de Séville synthétisant l'ensemble des connaissances jusqu'au IXe siècle[1]. Elle est la seule encyclopédie de l'époque carolingienne[5] ;
  • Le De laudibus Sanctae Crucis (Louanges de la Sainte Croix) est une œuvre en forme de calligramme ou de « poèmes carrés[6]» ;
  • Le De institutione clericorum (De la formation des clercs), composé vers 810, est un traité de pédagogie[1] ;
  • Le De arte grammatica (De l'art grammatical), inspiré de l'œuvre du grammairien Priscien (VIe siècle), contribuera au développement médiéval de la logique[1].
  • De nombreux commentaires sur la Bible[1] ;
  • Des poèmes (parmi lesquelles l'hymne Veni Creator Spiritus, chantée pour la fête de la Pentecôte, et utilisée dans la Huitième Symphonie de Gustav Mahler) ;

Il fit peindre dans une église, autour d'un autel les images de saint Boniface et de ses compagnons; dans un quatrain il recommandait aux fidèles qui voulaient savoir les noms des personnages peints, de lire les tituli qui accompagnaient ces figures[7].

Littérature[modifier | modifier le code]

Dante Alighieri place Raban Maur dans son Paradis à côté de Saint Bonaventure et de Joachim de Flore[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) « Rabanus », Encyclopaedia Britannica, 15th edition, 2010.
  2. Marie-Pierre Laffitte, Charlotte Denoël, Marianne Besseyre, Jean-Pierre Caillet, « Les principaux acteurs », Trésors carolingiens, BNF, 2007. [lire en ligne]
  3. (it) Nicolò Mineo, « Rabana Mauro », Enciclopedia Dantesca, 1970. [lire en ligne]
  4. a, b et c (en) Michael Ott, « Bl. Maurus Magnentius Rabanus », Catholic Encyclopedia (1913) [lire en ligne]
  5. BNF, Tous les savoirs de monde. [lire en ligne]
  6. Alain Michel, Bulletin de l'Association Guillaume Budé, vol. 1, 1989, p. 309-317. [lire en ligne]
  7. " In ecclesia sanctæ Mariæ quæ in loco qui vocatur Holzkiricha est constructa juxta introitum ejus hi descripti sunt versus... In sinistro altare:
    Clarus in orbe soli martyr Bonifacius istud
    obtinet altare cum sociis pariter
    Quorum si lector tu noscere nomina quaeris
    Iuspice picturam et relege titulos
    " Hrabani Mauri Carmina, dans Mon. Germ. Hist., Pœtæ latini medii aevi, t. II, c. XLIX, p. 215. - Schloser, Chriftquellen ibid., p. 353, n° 974.
  8. Dante, Paradiso, XII, 129.

Éditions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Perrin, L'iconographie de la “Gloire à la sainte croix” de Raban Maur, Turnhout : Brepols, 2009.
  • Raban Maur et son temps, sous la direction de Philippe Depreux, Stéphane Lebecq, et Michel J.-L. Perrin, Turnhout : Brepols, 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]