Claude de Turin

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D'origine hispanique, mais établi dès 799-800 à Lyon, où il fut formé à l'école biblique de l'évêque Leidrade, Claude (Claudius) fut évêque de Turin de 816 à sa mort, survenue vraisemblablement à la fin de l'an 827 ou en 828[1]. Sa féconde activité d'exégète à la cour de Louis le Pieux peut être tenue pour une contribution à la renaissance carolingienne. Il était un tenant virulent de l'iconoclasme[2], qu'il mit en pratique dans son diocèse piémontais, où il combattit avec la même véhémence le culte la Croix[3]. Sa contestation s'étendit au culte des saints et au pèlerinage à Rome, dans une controverse qui l'opposa au pape Pascal Ier [4]. On ne peut nier que Claude, par certaines de ses idées, préfigure la Réforme[5]. Il fut attaqué comme hérétique par Dungal et par Jonas d'Orléans dans des écrits parvenus jusqu'à nous[6] et se défendit dans une apologie (Apologeticum) dont ses deux détracteurs nous ont conservé des passages.

Biographie[modifier | modifier le code]


Éditions[modifier | modifier le code]

Les extraits de l'Apologeticum de Claude se lisent dans les M.G.H., Epistolae, IV (= Karolini aevi II), p. 610-613 (Dümmler) ; on en trouvera une traduction française chez P. Boulhol, Claude de Turin (2002), p. 325-330. Les lettres-préfaces de Claude placées en tête de ses commentaires bibliques, ont été éditées par Dümmler dans les M.G.H., Epistolae, IV (1895), p. 590-610. La préface de l'Expositio in libro Ruth a été éditée par Ian M. Douglas, dans Sacris erudiri, 22 (1974), p. 305-313, et par Pierre Monat, Raban Maur. Claude de Turin. Deux commentaires sur le livre de Ruth. Paris, Cerf, 2009 (= Sources Chrétiennes, n° 533), p. 164-182. Le Commentaire sur Josué se lit chez P. Boulhol, Claude de Turin (2002), p. 359-418.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Boucaud, «Factus est homo in animam viventem : anthropologie chrétienne et psychologie dans l'exégèse de Claude de Turin (mort v. 827/8)», dans Ineke van't Spijker (éd.), The Multiple Meaning of Scripture. The Role of Exegesis in Early-Christian and Medieval Culture, Coll. Commentaria, vol. 2, Leiden & Boston, Brill, 2009, p. 125-151.
  • Pascal Boulhol, Claude de Turin. Un évêque iconoclaste dans l'Occident carolingien. Paris, Institut d'Études Augustiniennes, 2002 (Collection des Études Augustiniennes, Série Moyen Âge et Temps Modernes, 38).
  • Pascal Boulhol, « Pratiques et enjeux de l'invective dans la controverse théologique à l'époque carolingienne : Dungal et Jonas d'Orléans contre Claude de Turin », dans Lalies, 20 (1999/2000), p. 223-252.
  • Emilio Comba, Claudio di Torino, ossia la protesta di un vescovo. Cenno storico. Firenze, Tipografia Claudiana, 1895 ; Torino, Claudiana editrice, 20042.
  • Michael Gorman, «The Commentary on Genesis of Claudius of Turin and Biblical Studies under Louis the Pious», dans Speculum, 72/2 (1997), p. 279-329.
  • Giuliana Italiani, La tradizione esegetica nel commento ai Re di Claudio di Torino. CLUSF, Cooperativa Editrice Universitaria, 1979 (= Quaderni dell'Istituto di Filologia Classica "Giorgio Pasquali" dell'Università degli Studi di Firenze, 3).
  • Edith Ann Matter, « Theological freedom in the Carolingian age : the case of Claudius of Turin », in La notion de liberté au Moyen Âge. Islam, Byzance, Occident. Penn, Paris & Dumbarton Oaks Colloquia, IV. Session des 12-15 octobre 1982. Paris, 1985, p. 51-60.
  • Suzanne F. Wemple, «Claudius of Turin's Organic Metaphor or the Carolingian Doctrine of Corporations», dans Speculum, 49/2 (1974), p. 222-237.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Boulhol, Claude de Turin (2002), p. 15-31.
  2. Id., ibid., p. 97 et 104-114.
  3. Id., ibid., p. 131-155.
  4. Id., ibid., p. 115-131.
  5. Emilio Comba, Claudio di Torino (1895).
  6. Dungal, Responsa contra peruersas Claudii Taurinensis episcopi sententias, PL 105, col. 463-530 ; Jonas d'Orléans, De cultu imaginum, PL 106, col. 305-388.

Liens externes[modifier | modifier le code]