Académie palatine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L’Académie palatine est le nom qui fut donné ultérieurement à un groupe de lettrés entourant Charlemagne et animé par Alcuin, considéré comme en ayant été le fondateur[1] en 782.

Pour certains historiens, surtout à l'époque romantique, elle était présentée comme une institution présidée et fondée par l'empereur lui-même et prise comme le modèle de toutes les académies occidentales[2]. Il semble plutôt qu'elle ait eu une structure plus informelle quoique réelle dans l'entourage de l'empereur[3].

Ce groupe marquait toutefois son existence structurée en suivant certaines règles, ainsi chaque membre prenait comme surnom le nom d'un poète, l'empereur Charles y avait le nom de David[4], Angilbert d'Homère, Alcuin de Flaccus, Théodulphe de Pindare. D'autres étaient Naso, ou Ménalque.

Les membres[modifier | modifier le code]

Le latin comme langue universelle de l'Occident en était la langue unique (le latin vivant) comme instrument de langage et d'étude.

Parmi ses membres l'on compte : Charlemagne, Alcuin, Anségise, Adalard de Corbie (ou Adélard), Angilbert, Paul Diacre, Paulin d'Aquilée, Pierre de Pise, Théodulphe et les Irlandais Dungal et Clément, Angilbert, Alcuin, Théodulphe

Activités[modifier | modifier le code]

Les activités littéraires de l’Académie s'organisaient autour de Charlemagne, pour l'essentiel dans le palais d'Aix-la-Chapelle, mais pas forcément dans un bâtiment précis : Charlemagne aimait entendre des poèmes au bain, mais aussi à table. L’école du palais éduquait les enfants du souverain et les « pensionnés » (nutriti en latin), fils d’aristocrates destinés à servir la royauté.

L’expression d’académie palatine n’apparaît qu’au XVIIIe siècle par interprétation d’une lettre d’Alcuin à Charlemagne : « Si beaucoup se pénétraient de vos intentions, une nouvelle Athènes se formerait en Francie. Que dis-je ? Une Athènes encore plus belle que l'ancienne. Car, ennoblie par l'enseignement du Christ, la nôtre surpasserait toute la sagesse de l'Académie. L'ancienne n'avait pour s'instruire que les disciplines de Platon. Pourtant formée par les sept arts libéraux ele n'a cessé de resplendir. La nôtre serait dotée en outre de la plénitude septiforme de l'Esprit et dépasserait toute la dignité de la sagesse séculière »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J.B. de Chantal, 1839 : "ALCUIN (Alcuinus-Flaccus), le maître et l'ami de Charlemagne, né en 732 à York ou à Londres, fonde à la cour de France l'académie palatine vers 782".
  2. Théodore Juste, Histoire de Belgique: Illustrée par l'élite des artistes Belges, 1848, p. 39 : "L'académie palatine, créée en 780, et présidée par le prince lui-même, fut le modèle de toutes les autres".
  3. Charles Stallaert et Philippe van der Haeghen, De l'instruction publique au Moyen Âge, Mémoires couronnés de l'Académie Royale de Belgisue, volume XXIII, 1848-1850, Bruxelles, 1850 : ""'Ce concours d'hommes savants et studieux, qui accompagnaient sans cesse Charlemagne, même dans ses voyages; des conférences littéraires présidées par Alcuin, par Amalaire ou par d'autres, conférences auxquelles assistaient Charlemagne, ses fils Pépin, Charles et Louis, sa sœur Gisla, sa fille Gisla et les amies de cette princesse, Richtrude et Guntrade, ont fait supposer l'existence d'une académie, d'une école palatine, ou d'une école ambulatoire. Quelques auteurs français ont même voulu rattacher à cette école l'origine de l'université de Paris. Les historiens contemporains, cependant, ne voient dans cette prétendue académie palatine qu'un cercle littéraire sans organisation, sans stabilité dans sa composition ni dans sa résidence. C'étaient, pensent-ils, de simples entretiens scientifiques amenés par le hasard, par les circonstances, par le goût de la cour, résultat naturel de la réunion des sommités intellectuelles de l'époque"
  4. Jean Ignace Joseph Bourgon , Abrégé de l'histoire de France, 1832, volume I, p. 230 : "Tous ces savans faisaient partie d'une académie palatine dont le roi était membre sous le nom de David, et dont chaque académicien avait pris un surnom allégorique".
  5. Pierre Riché, Dictionnaire des Francs. Les Carolingiens, p. 26-27, Bartillat, 1997 (ISBN 2-84-100125-3), lettre dans Monumenta Germaniae Historica Epist. IV, p. 471